Ce mercredi 4 février 2026, Washington devient le centre de gravité de la géopolitique minière mondiale. Sous l’impulsion de l’administration américaine, une quarantaine de délégations, dont plusieurs poids lourds africains, se réunissent pour un sommet ministériel décisif sur les minerais critiques.
Un front commun face à l’hégémonie chinoise
L’objectif affiché par le secrétaire d’État Marco Rubio est sans équivoque : sécuriser les chaînes d’approvisionnement en métaux indispensables à la transition énergétique et aux technologies de pointe (cobalt, lithium, cuivre, terres rares). Pour les États-Unis, il s’agit d’une course contre la montre pour briser la domination de la Chine sur ces ressources stratégiques.
« Nous bâtissons des partenariats fondés sur la transparence et l’investissement privé pour offrir une alternative durable aux modèles de dépendance actuels », a souligné le département d’État en amont de la réunion.
Les acteurs clés du continent à la table des négociations
Parmi les invités de marque, trois pays africains cristallisent toutes les attentions :
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La République Démocratique du Congo (RDC) : Le président Félix Tshisekedi a fait le déplacement en personne. Incontournable pour ses réserves mondiales de cobalt et de coltan, Kinshasa cherche à transformer ses accords de principe avec les États-Unis en projets industriels concrets, notamment la reprise de la mine de Chemaf par des intérêts américains.
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La Guinée : Représentée à haut niveau, Conakry souhaite attirer les capitaux américains dans la bauxite et le fer pour diversifier ses partenariats, historiquement très liés à Pékin.
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Le Kenya : Partenaire stratégique en Afrique de l’Est, Nairobi mise sur ce sommet pour renforcer sa coopération technologique et énergétique.
Les enjeux : « Trade not Aid »
Ce sommet marque un tournant dans la diplomatie économique américaine en Afrique. L’approche privilégie désormais le « commerce plutôt que l’aide ». Les discussions s’articulent autour de trois axes majeurs :
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La transformation locale : Les dirigeants africains exigent que les minerais ne soient plus seulement extraits, mais transformés sur place pour créer de la valeur et des emplois.
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Sécurité et souveraineté : En RDC notamment, le lien entre sécurisation des zones minières (Nord et Sud-Kivu) et exploitation stable est au cœur des débats.
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Investissements privés : Contrairement aux prêts d’État chinois, Washington pousse ses champions industriels à investir directement dans les infrastructures minières africaines.
Vers une nouvelle ère de coopération ?
Si l’enthousiasme est réel, le défi reste de taille : passer des déclarations diplomatiques aux chantiers opérationnels. Le succès de ce sommet se mesurera à la capacité des États-Unis à proposer des investissements plus attractifs et plus rapides que ceux de leurs concurrents asiatiques.

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