Le gouvernement militaire nigérien a franchi une nouvelle étape stratégique dans la gestion de ses ressources naturelles. Après la nationalisation en juin 2025 de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), autrefois contrôlée majoritairement par le groupe français Orano, Niamey a annoncé la mise sur le marché international de l’uranium issu de ce site emblématique d’Arlit.
Cette décision marque un tournant majeur dans la politique minière du pays depuis le coup d’État de juillet 2023, qui avait déjà révélé la volonté de la junte de revoir en profondeur les partenariats économiques jugés « déséquilibrés ».
Un gisement stratégique désormais sous contrôle national
La Somaïr, créée en 1968, est l’une des principales mines d’uranium du Niger et un pilier historique de la présence française dans la région d’Arlit. En prenant le contrôle total de l’entreprise, les autorités nigériennes entendent renforcer leur souveraineté sur un secteur stratégique qui assure près de 5 % de la production mondiale d’uranium.
Selon les déclarations officielles, la nationalisation vise à garantir une meilleure valorisation des ressources du sous-sol et à permettre à l’État d’accroître ses revenus miniers, dans un contexte de réorientation diplomatique et économique.
Vers de nouveaux partenariats internationaux
En annonçant la mise sur le marché international de l’uranium nigérien, Niamey signale son intention de diversifier ses partenaires. Le pays, traditionnellement lié à la France pour l’exportation de ce métal essentiel au secteur nucléaire, pourrait désormais s’ouvrir à d’autres acteurs, notamment asiatiques, moyen-orientaux ou issus du bloc des BRICS.
Les autorités évoquent la possibilité de conclure des contrats bilatéraux plus avantageux, tout en réaffirmant que cette démarche s’inscrit dans la volonté de rompre avec ce qu’elles considèrent comme des relations économiques héritées d’une époque révolue.
Orano dénonce une opération “illégale”
Le groupe français Orano a rapidement réagi en condamnant ce qu’il qualifie de « transport illégal d’uranium entreposé sur le site de la Somaïr ». Depuis la rupture progressive de coopération avec Niamey, l’entreprise française déplore un manque de cadre réglementaire et rappelle que des produits stratégiques ne peuvent être commercialisés sans garanties de traçabilité et de sécurité.
Cette position laisse présager de nouvelles tensions juridiques et diplomatiques entre Niamey et Paris.
Un enjeu majeur pour l’économie nigérienne
Pour le Niger, l’uranium reste une ressource clé : malgré la baisse de ses cours au début des années 2020, la demande mondiale repart à la hausse grâce au regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. La junte voit dans cette conjoncture une occasion de renforcer les finances publiques tout en affirmant la souveraineté du pays.
Reste à savoir si les nouveaux partenaires potentiels répondront favorablement à l’appel d’offres nigérien, dans un contexte où la stabilité politique et la sécurité restent des enjeux cruciaux.

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