Le ministre des Transports et porte-parole du Gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a reconnu les difficultés persistantes auxquelles est confronté le Port autonome de Conakry, après son classement parmi les plateformes portuaires les moins performantes au niveau international.
Invité à réagir à cette situation ce lundi 20 juillet 2026 sur les antennes de Télé 24, le ministre n’a pas éludé les critiques. Il a reconnu l’existence de dysfonctionnements structurels, tout en affirmant que des mesures sont progressivement mises en œuvre pour améliorer la fluidité du trafic maritime et réduire les délais d’attente des navires.
« C’est une accumulation de mauvaises pratiques, d’une faiblesse dans les investissements et d’un manque d’anticipation dans la politique publique du secteur », a déclaré Ousmane Gaoual Diallo.
Cette reconnaissance intervient alors que les performances du port constituent un enjeu majeur pour l’économie guinéenne. Principal point d’entrée et de sortie des marchandises du pays, le Port autonome de Conakry joue un rôle central dans l’approvisionnement du marché national et dans les échanges commerciaux.
Des délais d’attente en baisse, selon le Gouvernement
Malgré les difficultés persistantes, le ministre assure qu’une amélioration est déjà perceptible sur le terrain.
Selon lui, le temps d’attente des navires en rade, qui pouvait auparavant atteindre un mois, voire un mois et demi, aurait été ramené à environ cinq à six jours.
Cette évolution, si elle se confirme dans la durée, constituerait un premier signal positif pour les opérateurs économiques, confrontés depuis plusieurs mois aux conséquences de la congestion portuaire et à l’augmentation des coûts logistiques.
Le défi reste toutefois de parvenir à fluidifier durablement les opérations, alors que la croissance du trafic continue de mettre à rude épreuve les capacités actuelles de la plateforme portuaire.
Le Gouvernement veut s’appuyer sur les ports périphériques
Pour réduire la pression exercée sur le Port autonome de Conakry, l’exécutif entend désormais miser davantage sur les infrastructures portuaires situées en périphérie de la capitale.
Le plan envisagé repose notamment sur le développement des plateformes de Dubréka, Moribaya et Kamsar, qui pourraient progressivement accueillir une partie des opérations de traitement et de distribution des marchandises.
L’objectif est de favoriser le transbordement en amont et de limiter l’afflux de conteneurs vers le port de Conakry.
« Ça va réduire le coût du transfert des conteneurs en utilisant de petites barges pouvant transporter de 40 à 200 conteneurs pour les acheminer d’ici vers Dubréka, Moribaya et Kamsar, afin que ces endroits soient les lieux où l’on va dépoter, dédouaner et disperser la marchandise », a expliqué le ministre.
Cette stratégie de déconcentration logistique vise également à rapprocher les activités de stockage et de distribution des zones périphériques, afin de réduire la pression sur la capitale et d’améliorer la circulation des marchandises.
Une congestion liée aussi à la croissance économique
Pour Ousmane Gaoual Diallo, les difficultés actuelles du Port autonome de Conakry ne peuvent toutefois pas être dissociées de l’évolution de l’économie guinéenne.
Le ministre estime que l’augmentation de la demande et le développement de plusieurs secteurs industriels ont contribué à une hausse importante du trafic portuaire.
Il cite notamment la progression de la consommation de clinker par les cimenteries locales, qui aurait contribué à accroître significativement les volumes traités par le port.
Selon les chiffres avancés par le ministre, le trafic du Port autonome de Conakry aurait ainsi progressé de 47 % en six mois, une hausse qui aurait largement dépassé les capacités d’absorption des infrastructures existantes.
« S’il n’y avait pas de croissance importante, s’il n’y avait pas d’investissements massifs dans ce pays, on n’aurait jamais connu cette congestion », a-t-il soutenu.
Le ministre assume ainsi le paradoxe d’une économie en expansion confrontée à des infrastructures qui peinent encore à suivre le rythme de la demande.
« Nous préférons avoir les conséquences de la croissance que les conséquences de l’absence de croissance et de la pauvreté », a-t-il ajouté.
Les opérateurs économiques attendent des résultats concrets
Si le Gouvernement met en avant les premières améliorations et les projets de décongestion, la situation du Port autonome de Conakry demeure un sujet de préoccupation pour les acteurs économiques.
La congestion portuaire, les délais d’attente et les coûts liés au transport et au stockage ont des répercussions directes sur les entreprises et, in fine, sur les prix des marchandises.
La mise en œuvre effective des solutions annoncées sera donc déterminante. Le développement des ports périphériques, la modernisation des infrastructures et l’amélioration de la gouvernance portuaire devront permettre de transformer les annonces en résultats durables.
Pour les opérateurs économiques, l’enjeu est désormais clair : réduire les délais, maîtriser les coûts et garantir une meilleure fluidité des échanges. Autant de conditions indispensables pour accompagner la croissance économique du pays et renforcer la compétitivité de la Guinée dans la région.

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