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Commerce extérieur : une fin d’année 2025 marquée par un rebond spectaculaire des exportations.

Le Sénégal a enregistré, au cours des derniers mois de 2025, une nette amélioration de ses performances commerciales, portée par une forte progression des exportations. Selon les données publiées par Agence nationale de la statistique et de la démographie, cette dynamique a permis un redressement significatif de la balance commerciale en décembre.

Des exportations en hausse de 155 % en un mois

En décembre 2025, les exportations sénégalaises se sont élevées à 825,3 milliards de FCFA, contre 323,6 milliards de FCFA le mois précédent, soit une progression remarquable de 155 %. Cette performance s’explique principalement par la hausse des ventes d’or non monétaire, qui ont atteint 206,8 milliards de FCFA, contre 95,9 milliards en novembre.

Les expéditions d’huiles brutes de pétrole ont également fortement progressé, passant de 45,5 à 106,3 milliards de FCFA, tandis que celles de produits pétroliers raffinés ont atteint 90,4 milliards de FCFA, contre 49,7 milliards un mois plus tôt.

Cette tendance haussière a toutefois été partiellement atténuée par le recul des exportations de phosphates, en baisse à 2,2 milliards de FCFA contre 4,9 milliards, ainsi que par la diminution des ventes de produits halieutiques, notamment les crustacés et mollusques.

Sur une base annuelle, les exportations affichent également une forte progression de 104,1 % par rapport à décembre 2024. En cumul, elles s’établissent à 5 935,2 milliards de FCFA à fin 2025, contre 3 909,1 milliards un an auparavant, soit une hausse de 51,8 %.

Des partenaires commerciaux dominés par l’Europe et la sous-région

Les principaux produits exportés en décembre 2025 restent dominés par les ressources extractives et énergétiques, notamment l’or, le pétrole brut, les produits pétroliers raffinés et les acides phosphoriques.

Du côté des destinations, Suisse arrive en tête avec 19 % des parts de marché, suivie de la Belgique (16,1 %), du Mali (9,9 %), de l’Espagne (8,8 %) et du Royaume-Uni (7,0 %).

Un recul marqué des importations

Dans le même temps, les importations ont connu une baisse significative en décembre 2025, s’établissant à 544,8 milliards de FCFA contre 713,3 milliards le mois précédent, soit un recul de 23,6 %.

Cette diminution est principalement liée à la chute des achats de matériels de transport, passés de 195,9 milliards à seulement 7,3 milliards de FCFA. Les importations de produits pharmaceutiques et de sucres ont également reculé.

En revanche, certains postes ont enregistré une hausse, notamment les produits pétroliers raffinés (105,5 milliards de FCFA contre 77,0 milliards) et les métaux communs (45,0 milliards contre 18,6 milliards), limitant ainsi l’ampleur de la baisse globale.

Sur un an, les importations enregistrent une diminution de 24,6 % en décembre. Toutefois, en cumul annuel, elles progressent légèrement de 1,6 %, atteignant 7 279,1 milliards de FCFA à fin 2025.

Les principaux fournisseurs du Sénégal restent dominés par la Chine (21,4 %), suivie de la France (10,6 %), de la Russie (7,5 %), de l’Inde (5,1 %) et des Pays-Bas (4,4 %).

Une balance commerciale redevenue excédentaire

Portée par la forte hausse des exportations et la contraction des importations, la balance commerciale du Sénégal s’est nettement redressée en décembre 2025. Le solde est ainsi passé d’un déficit de 389,7 milliards de FCFA en novembre à un excédent de 280,5 milliards de FCFA.

Cette amélioration s’explique notamment par la résorption du déficit vis-à-vis de la Belgique et de l’Espagne, mais aussi par le renforcement des excédents commerciaux avec la Suisse, le Mali et le Royaume-Uni.

Dans un contexte marqué par le développement des secteurs extractifs et énergétiques, ces résultats traduisent une transformation progressive de la structure des échanges extérieurs du Sénégal, désormais davantage tirée par ses ressources naturelles et ses exportations à forte valeur.

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Sénégal : le projet aurifère Diamba Sud franchit un cap décisif.

La société minière canadienne Fortuna Mining Corp. annonce une progression majeure dans le développement de son projet aurifère de Diamba Sud, situé dans l’est du Sénégal. Les ressources minérales indiquées ont bondi de 73 %, atteignant désormais 1,25 million d’onces d’or, un niveau qui renforce significativement la viabilité économique du projet et rapproche l’entreprise d’une décision finale d’investissement.

Des ressources mieux définies et plus fiables

Cette nouvelle estimation, arrêtée au 16 janvier 2026, repose sur une campagne intensive de forages menée entre juillet 2025 et janvier 2026. Elle porte les ressources indiquées à 26 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 1,50 gramme d’or par tonne.

Fait marquant, cette mise à jour intègre pour la première fois 367 000 onces issues du gisement Southern Arc, considéré comme la découverte la plus importante réalisée sur le site à ce jour.

Au total, 94 % des ressources sont désormais classées dans la catégorie « indiquée », reconnue pour sa fiabilité dans les études économiques. Les ressources dites « inférées », moins précises, représentent quant à elles environ 77 000 onces.

Une décision d’investissement en ligne de mire

Fortuna Mining prévoit de finaliser l’étude de faisabilité économique d’ici la fin du deuxième trimestre 2026. Cette étape clé conditionnera la décision finale d’investissement, préalable indispensable au lancement du projet.

Selon les projections actuelles, la mise en production pourrait intervenir à l’horizon 2028, avec une production annuelle moyenne estimée à 106 000 onces d’or. L’investissement initial est évalué à 283,2 millions de dollars.

Un futur pilier du secteur minier sénégalais

Pour le Sénégal, Diamba Sud pourrait devenir la quatrième mine industrielle d’or du pays, aux côtés de Sabodala-Massawa, Mako et Boto. Le projet devrait générer des recettes supplémentaires pour l’État, qui prévoit de détenir une participation d’environ 10 %.

Dans un contexte de diversification économique, le développement de nouvelles capacités extractives s’inscrit dans la stratégie nationale de valorisation des ressources naturelles et de renforcement des revenus miniers.

Une ambition de croissance pour Fortuna

Déjà présente en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, ainsi qu’en Amérique latine, Fortuna Mining entend faire de Diamba Sud un levier de croissance. L’entreprise vise, à terme, une production annuelle globale supérieure à 500 000 onces d’or, consolidant ainsi sa position parmi les producteurs intermédiaires du secteur.

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Sénégal : l’État mobilisé pour le rapatriement de supporters condamnés au Maroc.

En déplacement à Fatick dans le cadre d’une rencontre d’échanges avec des militants de Pastef sur les prochaines élections territoriales, le secrétaire d’État chargé des Sénégalais de l’Extérieur a évoqué la situation des supporters sénégalais condamnés au Maroc.

Face aux inquiétudes suscitées par cette affaire, Amadou Chérif Diouf s’est voulu rassurant, affirmant que les autorités sénégalaises restent pleinement mobilisées pour obtenir leur retour au pays.

Une action diplomatique en cours

Selon le membre du gouvernement, des démarches sont engagées à haut niveau, sous l’impulsion des autorités de l’État. « Depuis le début de cette affaire, nous travaillons en étroite collaboration, sur instruction du président de la République et du Premier ministre, afin de trouver une issue favorable », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la continuité des efforts diplomatiques et administratifs : « Nous travaillons sans relâche pour permettre à ces jeunes de regagner le Sénégal ».

Des condamnations liées à des violences lors de la CAN

Les dix-huit supporters sénégalais ont été condamnés à la suite d’incidents survenus au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Ces violences ont éclaté en marge de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2026, disputée le 18 janvier 2026 entre le Sénégal et le Maroc, pays hôte.

La rencontre s’était soldée par une victoire des Lions du Sénégal sur le score de 1-0, dans un contexte marqué par des tensions en tribunes.

Entre espoir et attente

Alors que les familles des condamnés restent dans l’attente d’une issue, les déclarations officielles laissent entrevoir une possible évolution du dossier. La résolution de cette situation dépendra toutefois des discussions en cours entre Dakar et Rabat, dans un cadre à la fois judiciaire et diplomatique.

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Sénégal : un projet de loi visant à durcir la répression des « actes contre nature » adopté en Conseil des ministres.

Le gouvernement du Sénégal, dirigé par le Pastef, a adopté en Conseil des ministres, mercredi 18 février, un projet de loi visant à durcir la législation sur l’homosexualité, conformément à une promesse électorale du parti au pouvoir.

Le texte modifie l’article 319 du Code pénal et propose d’augmenter considérablement les peines pour les personnes reconnues coupables d’« actes contre nature ». Les peines de prison pourraient désormais atteindre dix ans, contre cinq ans actuellement, tandis que les amendes maximales passeraient de 1,5 million à 10 millions de F CFA.

Extension des sanctions à l’apologie des relations homosexuelles

La nouveauté majeure du projet réside dans l’extension de la répression aux organisations et individus qui feraient l’« apologie » des relations homosexuelles. Selon Amadou Ba, ministre de la Culture, cette disposition concerne notamment les films, programmes télévisés, publications ou écrits promouvant la philosophie LGBT, jugée contraire aux mœurs, coutumes et culture sénégalaises.

Le texte introduit également des sanctions contre les accusations infondées d’homosexualité. Toute « dénonciation calomnieuse » serait punie de deux à trois ans de prison et d’une amende comprise entre 200 000 et 500 000 F CFA, afin de limiter les abus et préserver la présomption d’innocence.

Un processus législatif encore en cours

Pour entrer en vigueur, ce projet de loi doit encore être soumis à l’examen et à l’adoption de l’Assemblée nationale du Sénégal. Il s’inscrit dans un contexte de débats intenses autour des droits humains et des normes socioculturelles, alors que la criminalisation de l’homosexualité reste l’un des sujets les plus sensibles de la société sénégalaise.

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Eau et assainissement : le Sénégal désigné hôte du Congrès africain de 2028.

Le Sénégal a officiellement été investi pays hôte du Congrès africain de l’eau 2028, au terme d’un processus salué comme une réussite diplomatique et institutionnelle. L’annonce, relayée par la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES), consacre le retour de ce rendez-vous continental à Dakar, 32 ans après l’édition de 1994.

Les symboles traditionnels de transmission — la pirogue et la pagaie — ont été remis au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, marquant officiellement le passage de témoin et l’ouverture d’un nouveau cycle pour la gouvernance de l’eau en Afrique.

Une passation symbolique entre Yaoundé et Diamniadio

La cérémonie de remise s’est tenue à Yaoundé, au Palais des Congrès, avant une transmission officielle organisée en marge d’une rencontre à Diamniadio. Ce double temps fort illustre à la fois la dimension continentale de l’événement et l’ancrage national de sa préparation.

Le directeur général de la SONES, Abdoul Niang, également président du Comité Sénégal, a salué l’implication du ministre, soulignant le rôle déterminant joué par ce dernier dans le repositionnement stratégique du pays. Présent à Yaoundé, Cheikh Tidiane Dièye y participait également en sa qualité de président du Conseil des ministres africains en charge de l’eau, renforçant la portée institutionnelle de la candidature sénégalaise.

Une mise en scène artistique porteuse de sens

Parmi les temps forts de cette investiture, la présentation d’une fresque réalisée par le Cameroun a retenu l’attention. L’œuvre illustre un itinéraire symbolique « de Douala à Dakar », mettant en scène une pirogue voguant vers le Monument de la Renaissance africaine, en passant par le monument « J’aime mon pays le Cameroun » à Yaoundé.

Cette représentation artistique, accompagnée d’une performance de l’Ensemble lyrique traditionnel, met en avant la pirogue et la pagaie comme des symboles de continuité, de leadership et de coopération. Elle traduit une ambition partagée : naviguer collectivement vers des solutions durables en matière d’eau et d’assainissement sur le continent.

Dakar 2028 en ligne de mire

 

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Au-delà de l’organisation logistique, les autorités sénégalaises entendent faire de ce congrès une plateforme stratégique pour débattre des défis liés à l’accès à l’eau, au financement des infrastructures et à la résilience face aux changements climatiques.

Avec cette désignation officielle, le Sénégal se projette vers 2028 avec l’ambition de positionner Dakar comme un hub africain de réflexion, d’innovation et de décisions autour des enjeux hydriques. Un rendez-vous continental qui s’annonce déterminant pour l’avenir de « l’Afrique de l’eau ».

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Sénégal : lancement d’un projet stratégique pour la conservation des produits horticoles.

Le Sénégal accélère sa stratégie de souveraineté alimentaire avec la pose, ce mardi 17 février 2026 à Thiès, de la première pierre d’un réseau de stockage frigorifique et sous atmosphère contrôlée destiné à préserver 250 000 tonnes de produits horticoles. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a supervisé cette étape clé du projet Agricool, dont l’objectif est de sécuriser les stocks d’oignons (200 000 tonnes) et de pommes de terre (50 000 tonnes) et de réduire drastiquement les pertes post-récolte.

Un projet stratégique au service de la souveraineté alimentaire

Pour le ministre, ce projet dépasse la simple dimension infrastructurelle : il représente un levier d’innovation, de modernisation et de croissance pour le secteur agricole et agroalimentaire du pays. « Chaque pierre posée aujourd’hui symbolise notre détermination à garantir des revenus stables aux producteurs, à renforcer notre indépendance alimentaire et à bâtir un système agricole résilient et performant », a-t-il expliqué.

Selon lui, le développement d’infrastructures modernes de stockage est également un facteur clé pour faciliter l’accès au financement, sécuriser les investissements et renforcer la confiance des partenaires économiques. Il a insisté sur l’importance de disposer de ressources optimisées et de marchés régulés, afin de dynamiser les chaînes de valeur agricoles et de transformer les pertes post-récolte en opportunités de croissance.

Un déploiement national progressif et ambitieux

La première phase, située dans le village de Ngomène (commune de Keur Moussa), marque le démarrage d’un cycle vertueux de développement. À terme, 2 500 tonnes supplémentaires seront ajoutées d’ici 2027, renforçant le dispositif national de conservation et la compétitivité des filières horticoles. Par ailleurs, le marché de Noto sera modernisé avec le soutien de la coopération japonaise, pour un investissement de 4 milliards de FCFA, améliorant la commercialisation, réduisant les pertes et offrant un cadre moderne aux producteurs et commerçants.

Une réponse aux enjeux de souveraineté alimentaire

Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a rappelé que l’initiative répond à un enjeu majeur pour le pays. « Nos secteurs agricoles et industriels représentent plus de 80 % de l’emploi national, mais nous perdons encore plus du tiers de nos récoltes, faute d’infrastructures adaptées pour conserver les produits frais, notamment horticoles », a-t-il souligné.

L’ensemble de ces mesures traduit une vision cohérente : structurer la chaîne de valeur, de la production à la mise en marché, pour renforcer l’efficacité, la transparence et les revenus des acteurs économiques.

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Le Sénégal engage une dynamique structurée vers l’autosuffisance en blé

Le Sénégal amorce un tournant stratégique dans sa politique agricole. Longtemps dépendant des importations pour couvrir ses besoins en blé, le pays affiche désormais une ambition claire : produire localement une part significative de cette céréale essentielle à la consommation nationale.

Cette orientation a été réaffirmée par le chercheur Amadou Tidiane Sall, de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), à l’occasion d’une visite de terrain dans la zone de Dagana, au nord du pays. L’information a été relayée par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Une dépendance structurelle coûteuse

Le blé constitue la deuxième céréale la plus consommée au Sénégal, derrière le riz. Pain, pâtes alimentaires, farine industrielle : la demande nationale est soutenue et en constante progression.

Pourtant, la production locale demeure marginale. Le pays importe chaque année plusieurs centaines de milliers de tonnes de blé, représentant une facture estimée à plus de 150 milliards de francs CFA. Cette dépendance expose l’économie nationale aux fluctuations des marchés internationaux, aux tensions géopolitiques et aux perturbations logistiques mondiales.

Dans un contexte marqué par la volatilité des prix et les crises d’approvisionnement, la question n’est plus seulement agricole : elle est stratégique.

Des expérimentations techniques encourageantes

Pour inverser la tendance, des essais de culture de blé sont en cours dans la vallée du fleuve Sénégal, notamment sur des périmètres irrigués. L’approche repose sur :

  • l’introduction de variétés adaptées aux conditions agroclimatiques locales,

  • la maîtrise de l’irrigation,

  • l’accompagnement technique des producteurs.

L’ISRA a déjà homologué plusieurs variétés de blé tendre et de blé dur adaptées au contexte sénégalais. Les premiers résultats sont jugés prometteurs, démontrant que, malgré un climat tropical, une production viable est envisageable sous irrigation contrôlée.

Il ne s’agit pas d’une expérimentation symbolique, mais d’une démarche structurée visant à tester la rentabilité, la productivité et la durabilité du modèle.

Enjeux économiques et souveraineté alimentaire

Au-delà de la performance agronomique, l’enjeu est double :

  1. Réduction du déficit commercial : substituer progressivement les importations par une production nationale.

  2. Renforcement de la souveraineté alimentaire : sécuriser l’approvisionnement en produits de base.

La stratégie s’inscrit dans une vision plus large de transformation agricole, où la recherche scientifique, les politiques publiques et l’investissement privé doivent converger.

Toutefois, atteindre l’autosuffisance complète à court terme reste un défi ambitieux. Les contraintes sont réelles : compétitivité face au blé importé, coûts de production, structuration de la filière, mécanisation, accès aux intrants et financement.

La réussite du projet dépendra donc d’une coordination rigoureuse entre l’État, les instituts de recherche, les producteurs et les industriels meuniers.

Une ambition réaliste, mais progressive

L’objectif affiché n’est pas une rupture brutale avec les importations, mais une montée en puissance progressive. L’expérience d’autres filières agricoles montre que la durabilité repose sur la planification, la discipline et la constance dans l’exécution.

Le Sénégal pose ainsi les bases d’une politique agricole plus résiliente, ancrée dans l’innovation locale et la valorisation de ses ressources hydriques.

Le chantier est exigeant. Mais il répond à une évidence économique : produire ce que l’on consomme renforce non seulement l’économie, mais aussi la souveraineté.

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Armée : le général Mbaye Cissé fait ses adieux après près de quatre décennies de service.

La République a rendu, au Camp Dial Diop de Dakar, un hommage solennel au général d’armée Mbaye Cissé, qui quitte le service actif après 39 années sous les drapeaux. La cérémonie d’adieu du Chef d’État-major général des Armées (CEMGA) sortant s’est déroulée en présence d’autorités civiles et militaires, de membres de sa famille et de nombreux compagnons d’armes.

Sous les chapiteaux dressés aux couleurs nationales, dans le carré d’armes du camp, l’émotion était palpable. À l’issue du discours du ministre des Forces armées, le général Cissé s’est levé pour adresser un ultime salut aux drapeaux. Dans un silence chargé de solennité, il a parcouru une dernière fois les étendards, au rythme des fanfares militaires, marquant la fin d’un commandement entamé en avril 2023.

Il passera officiellement le témoin au vice-amiral d’escadre Oumar Wade, dont l’installation à la tête des Armées est prévue le 17 février.

Un message d’unité et d’exemplarité

Avant la cérémonie militaire, le général sortant a signé le livre d’or dans la salle des souvenirs du Camp Dial Diop, inscrivant symboliquement son nom dans l’histoire des Forces armées sénégalaises. Il a exprimé sa gratitude au chef suprême des Armées, au ministre des Forces armées, ainsi qu’aux différents commandements et partenaires, saluant leur engagement au service de la Nation, tant sur le territoire national qu’en opérations extérieures.

Dans son adresse aux troupes, il a rappelé les valeurs fondamentales du soldat : l’honneur, la discipline et le sens élevé du devoir. Il a exhorté les militaires à demeurer « unis dans l’effort » et « exemplaires dans la conduite », afin que l’institution conserve son rôle de pilier de stabilité et de confiance au Sénégal.

Un parcours d’excellence

Né en 1964 à Kaolack, Mbaye Cissé appartient à la 9e promotion de l’École nationale des officiers d’active (ENOA) de Thiès (1988-1990). Sa formation l’a conduit dans plusieurs établissements militaires de renom, notamment à l’École d’artillerie de Draguignan en France et à Fort Sill aux États-Unis. Ses performances académiques lui ont également ouvert les portes du Command and General Staff College de Fort Leavenworth et du Collège interarmées de défense à Paris.

Officier d’artillerie, il a occupé divers postes de commandement, participé à des opérations intérieures et extérieures, puis dirigé la zone militaire n°2 entre 2016 et 2019. Il a ensuite été chef de cabinet du CEMGA, avant de prendre la direction du Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS) en juillet 2020. En octobre 2022, il est nommé Chef d’État-major particulier du président de la République, avant d’accéder, le 6 avril 2023, à la tête des Armées.

La cérémonie d’hier marque ainsi la fin d’un commandement et d’une carrière militaire marquée par la rigueur, la loyauté et le sens du service, dans une institution considérée comme l’un des socles de la stabilité sénégalaise.

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Souveraineté alimentaire : le Sénégal chiffre ses ambitions à 2 500 milliards FCFA.

Le Sénégal devra mobiliser près de 2 500 milliards de francs CFA pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, réduire la pauvreté rurale et générer des centaines de milliers d’emplois, a déclaré le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.

S’exprimant mardi à Dakar lors du lancement du Pacte AgriConnect, en présence de responsables du Groupe de la Banque mondiale, le ministre a plaidé pour un engagement financier massif en faveur du secteur agricole. « Donnez-nous la moitié et testez-nous sur dix ans », a-t-il lancé, estimant qu’un investissement d’au moins 1 250 milliards de FCFA constituerait un signal fort pour enclencher une transformation structurelle du secteur.

Le Pacte AgriConnect vise à accélérer la modernisation des systèmes agroalimentaires sénégalais et à renforcer durablement la sécurité alimentaire. L’initiative s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » ainsi que dans la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire (2024-2028).

Pour Mabouba Diagne, l’enjeu ne réside pas uniquement dans le volume des financements mobilisés, mais aussi dans leur structuration. « La manière de syndiquer ce financement est vitale », a-t-il souligné, appelant à une meilleure coordination entre partenaires publics, privés et techniques. Il a insisté sur le rôle central de l’agriculture et de l’élevage, qu’il considère comme les secteurs les plus à même d’absorber la pression démographique et de créer massivement des emplois, notamment pour les jeunes.

Le ministre a également mis en avant la nécessité d’intégrer davantage les technologies numériques, la mécanisation et l’innovation agricole afin d’améliorer la productivité et la compétitivité des filières. « La jeunesse africaine et le monde rural demandent la modernisation et les moyens d’agir », a-t-il affirmé.

La Banque mondiale mise sur un effet catalytique

En réponse, le vice-président du Groupe de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, a rappelé l’engagement de l’institution à doubler ses financements annuels en faveur de l’agrobusiness pour atteindre 9 milliards de dollars, tout en mobilisant 5 milliards de dollars supplémentaires auprès du secteur privé et des partenaires d’ici 2030.

Reconnaissant que ces montants demeurent en deçà des besoins exprimés par les autorités sénégalaises, il a insisté sur le rôle catalytique que peut jouer la Banque mondiale pour attirer davantage d’investissements.

Selon lui, la transformation agricole ne peut reposer exclusivement sur l’État ou les bailleurs. « Elle se bâtit collectivement sur le terrain », a-t-il souligné, évoquant la nécessité d’impliquer producteurs, coopératives, PME, agro-industries, institutions financières, assureurs, start-up et diaspora.

Un pari décisif pour l’économie nationale

Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés agricoles mondiaux et les défis climatiques croissants, la quête de souveraineté alimentaire apparaît comme un enjeu stratégique pour le Sénégal. Au-delà de la sécurité alimentaire, il s’agit d’un levier majeur de stabilité sociale, de création d’emplois et de croissance inclusive.

Le Pacte AgriConnect se positionne ainsi comme un instrument central pour traduire cette ambition en actions concrètes, à condition que les engagements financiers et les réformes structurelles annoncés se matérialisent sur le terrain.

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Sénégal : la CSS rassure sur l’approvisionnement en sucre à l’approche du Ramadan et du Carême.

À quelques semaines du Ramadan et du Carême chrétien, périodes marquées par une hausse sensible de la consommation, la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) se veut rassurante. Son directeur général, Guillaume Ranson, a annoncé la disponibilité immédiate de 74 000 tonnes de sucre, jugées suffisantes pour alimenter le marché national dans les prochains mois.

Dans le détail, 58 000 tonnes sont actuellement stockées à Richard-Toll, principal site de production de l’entreprise, et 16 000 tonnes à Dakar, principal hub de distribution. À ces volumes s’ajouteront 75 000 tonnes supplémentaires d’ici la fin de la campagne sucrière, prévue en mai. « Cette capacité suffit largement pour approvisionner le marché national », a assuré le dirigeant.

Une production en cours et des objectifs ambitieux

Ces déclarations ont été faites à l’issue d’une journée portes ouvertes organisée à l’intention des commerçants partenaires de la CSS. La rencontre, qui s’est tenue en présence du préfet de Dagana, Ibrahima Ismaïl Ndiaye, et du directeur du Commerce intérieur, Ahmadou Bamba Ndaw, visait à renforcer la transparence autour des niveaux de stocks et du processus de production.

La campagne sucrière en cours, entamée en novembre, se poursuivra jusqu’à fin mai. Elle s’inscrit dans le cadre du plan de développement « KT220 », à travers lequel la CSS ambitionne de porter sa production annuelle à 220 000 tonnes, soit l’équivalent de la consommation nationale des ménages sénégalais. Un objectif stratégique dans un contexte où la sécurité alimentaire et la maîtrise des prix des produits de base demeurent des enjeux majeurs pour les autorités.

L’État appelle à une distribution plus flexible

De son côté, le directeur du Commerce intérieur a salué une initiative « transparente » et « pédagogique », estimant que les volumes observés à Richard-Toll et à Dakar sont suffisants pour couvrir les besoins du marché.

S’il a écarté toute inquiétude sur la disponibilité du sucre durant le Ramadan, Ahmadou Bamba Ndaw a toutefois insisté sur un point clé : la distribution. « Le défi réside dans la flexibilité afin d’assurer la disponibilité du sucre sur l’ensemble du territoire, en quantité suffisante, en qualité et à des prix abordables », a-t-il souligné.

Les autorités appellent ainsi à une collaboration renforcée entre l’État, la CSS et les distributeurs pour garantir un approvisionnement régulier et éviter toute tension sur les prix durant ces périodes de forte demande.