Zlecaf : à Abuja, gouvernements et secteur privé appellent à lever les freins au commerce intra-africain.

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Réunis à Abuja à l’initiative de la banque Citi, des représentants des gouvernements du Nigeria, du Ghana et de la Côte d’Ivoire, aux côtés des banques centrales, d’institutions financières et d’acteurs du secteur privé, ont engagé une réflexion sur les principaux défis qui freinent encore le développement du commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Cette rencontre, tenue le 29 juin, intervient alors que la Zlecaf est appelée à devenir l’un des principaux moteurs de l’intégration économique du continent en favorisant la libre circulation des biens et des services entre les États africains.

Des obstacles persistants à l’intégration commerciale

Au cours des échanges, les participants ont dressé un état des lieux des contraintes qui limitent encore le potentiel des échanges régionaux.

Parmi les difficultés les plus fréquemment évoquées figurent les barrières non tarifaires, la complexité des procédures douanières, la fragmentation des normes réglementaires, les insuffisances des infrastructures de transport et de logistique ainsi que le déficit de financement du commerce.

Selon les intervenants, ces contraintes continuent de ralentir les flux commerciaux entre les pays africains, alors même que la Zlecaf offre un cadre favorable à une intégration économique plus poussée.

Miser sur la digitalisation et l’harmonisation des règles

Les participants ont insisté sur l’urgence d’accélérer les réformes destinées à fluidifier les échanges commerciaux.

Ils ont notamment recommandé la digitalisation des procédures douanières, l’harmonisation des réglementations commerciales entre les États membres ainsi que le déploiement à grande échelle du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), conçu pour faciliter les transactions transfrontalières en monnaies locales et réduire les coûts des paiements internationaux.

Le développement d’infrastructures logistiques modernes a également été identifié comme une condition essentielle pour améliorer la compétitivité des économies africaines et renforcer les chaînes d’approvisionnement régionales.

Le financement du commerce au cœur des priorités

Le vice-gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Yuguda, a souligné la nécessité de moderniser les mécanismes de paiement transfrontalier tout en améliorant l’accès des entreprises aux financements destinés au commerce.

Selon lui, ces deux leviers sont indispensables pour permettre aux entreprises africaines, notamment les petites et moyennes entreprises, de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la Zlecaf.

Transformer localement pour créer davantage de valeur

Le ministre nigérian délégué à l’Industrie, John Owan Enoh, a pour sa part plaidé en faveur d’une transformation locale plus importante des matières premières produites sur le continent.

Il a estimé que le développement des chaînes de valeur régionales constitue une étape essentielle pour renforcer l’industrialisation, créer davantage d’emplois et accroître la compétitivité des économies africaines sur les marchés internationaux.

Un appel à une mobilisation renforcée du secteur privé

Au terme des discussions, les autorités ont invité les entreprises, les institutions financières et les organisations professionnelles à contribuer plus activement aux réformes engagées dans le cadre de la Zlecaf.

Elles ont encouragé le secteur privé à produire des analyses et des propositions fondées sur des données concrètes afin d’accompagner les décideurs dans la mise en œuvre de politiques capables de lever les obstacles persistants au commerce intra-africain.

Pour les participants, une coopération plus étroite entre pouvoirs publics et acteurs économiques apparaît désormais indispensable afin de concrétiser les ambitions de la Zlecaf et d’accélérer l’intégration économique du continent.