
Union africaine–Mali : Mahmoud Ali Youssouf en visite à Bamako pour relancer le dialogue politique.
Cette mission diplomatique intervient alors que l’Union africaine poursuit ses efforts en faveur d’un dialogue renforcé avec les autorités de la Transition malienne, avec pour objectif de maintenir les échanges politiques tout en accompagnant le retour progressif à l’ordre constitutionnel.
Une visite placée sous le signe du dialogue
À son arrivée dans la capitale malienne, Mahmoud Ali Youssouf a été accueilli par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop.
Les deux responsables ont eu un premier entretien consacré aux relations entre le Mali et l’Union africaine ainsi qu’aux principaux dossiers d’intérêt commun. Aucun détail n’a toutefois été communiqué sur le contenu précis de leurs échanges.
Au cœur de cette visite figure également une audience prévue avec le président de la Transition, le général Assimi Goïta. Cette rencontre devrait permettre d’aborder les perspectives de coopération entre Bamako et l’organisation continentale, même si l’ordre du jour officiel n’a pas été rendu public.
Une mission dans le prolongement des décisions du Conseil de paix et de sécurité
La visite du président de la Commission de l’UA s’inscrit dans la continuité des orientations définies par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine lors de sa réunion du 28 avril 2026.
À cette occasion, les États membres avaient demandé à la Commission d’intensifier les contacts de haut niveau avec les autorités maliennes afin de favoriser un dialogue politique constructif.
Les discussions devaient notamment porter sur les conditions du retour à l’ordre constitutionnel, l’élaboration d’un calendrier de transition crédible ainsi que les perspectives de normalisation des relations entre Bamako et l’organisation panafricaine.
Le Conseil avait par ailleurs réaffirmé son attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali, tout en plaidant pour un renforcement de l’appui technique et opérationnel au secteur de la sécurité, notamment dans les domaines du renseignement, de l’alerte précoce et du conseil stratégique.
Une suspension toujours en vigueur depuis 2021
Le Mali demeure suspendu de la participation aux activités, organes et institutions de l’Union africaine depuis le 1er juin 2021.
Cette décision avait été prise par le Conseil de paix et de sécurité après l’arrestation du président de la Transition, Bah N’Daw, et de son Premier ministre Moctar Ouane, à la suite de la prise de pouvoir du colonel Assimi Goïta, déjà acteur majeur du changement de régime intervenu en août 2020.
L’organisation avait alors conditionné la levée de cette suspension au rétablissement d’un ordre constitutionnel conforme à ses principes de gouvernance démocratique.
Toutefois, cette mesure ne remet pas en cause l’appartenance du Mali à l’Union africaine. Elle limite uniquement sa participation aux instances décisionnelles de l’organisation, tandis que les échanges diplomatiques et les mécanismes de coopération continuent d’être maintenus.
Une présence permanente de l’Union africaine au Mali
Malgré cette suspension, l’Union africaine poursuit ses activités au Mali grâce à son Bureau de liaison pour le Mali et le Sahel, dirigé par Mamadou Tangara, ancien ministre gambien des Affaires étrangères.
Également Haut Représentant et Représentant spécial du président de la Commission pour le Mali et le Sahel, il assure le suivi des initiatives de médiation, de coopération sécuritaire et de dialogue politique dans la région.
Le 15 mai 2026, Mahmoud Ali Youssouf avait reçu Mamadou Tangara afin d’évaluer l’évolution de la situation sécuritaire et politique au Sahel et de préparer la poursuite des initiatives diplomatiques de l’Union africaine auprès des États de la région.
Une stratégie de rapprochement avec les États du Sahel
Depuis son entrée en fonction, Mahmoud Ali Youssouf multiplie les initiatives destinées à préserver les canaux de dialogue avec les pays du Sahel.
Dès mai 2025, il avait engagé des consultations avec les ambassadeurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger accrédités auprès de l’Union africaine afin d’explorer les conditions d’une reprise progressive des échanges institutionnels.
Ces discussions visaient notamment à élaborer une feuille de route consensuelle permettant un retour progressif au fonctionnement constitutionnel, tout en tenant compte des réalités politiques et sécuritaires propres à chacun de ces États.
Une transition politique prolongée au Mali
Cette visite intervient également dans un contexte marqué par l’évolution du cadre juridique de la Transition malienne.
Promulguée le 8 juillet 2025, la révision de la Charte de la Transition prévoit que le général Assimi Goïta exerce les fonctions de chef de l’État pour une période de cinq ans, renouvelable autant de fois que nécessaire jusqu’au rétablissement de conditions sécuritaires permettant l’organisation d’une élection présidentielle.
Le texte précise que la Transition prendra fin après la tenue d’un scrutin présidentiel, la prestation de serment du président élu et la transmission effective du pouvoir.
La loi autorise également les responsables des institutions de la Transition, y compris le président de la Transition, à être candidats aux futures élections.
Une visite attendue pour clarifier les perspectives entre Bamako et l’Union africaine
Au-delà de son caractère protocolaire, la visite de Mahmoud Ali Youssouf constitue une nouvelle tentative de rapprochement entre l’Union africaine et les autorités maliennes.
Les conclusions de son entretien avec le général Assimi Goïta devraient permettre de mieux cerner les orientations futures des relations entre Bamako et l’organisation continentale, notamment sur les questions liées à la gouvernance, à la sécurité et à l’évolution du processus de transition.
Les déclarations officielles attendues à l’issue de cette mission pourraient également préciser les prochaines étapes du dialogue engagé entre les deux parties et les perspectives d’une normalisation progressive des relations institutionnelles.

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