Ghana : huit entreprises candidates à la production de cannabis industriel sous contrôle de l’État.

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Le Ghana franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la filière du cannabis industriel. Huit entreprises ont officiellement soumis des demandes de licence pour cultiver du cannabis à usage industriel et médical, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Alhaji Muntaka Mohammed-Mubarak.

Les autorités ghanéennes rappellent toutefois que cette ouverture demeure strictement réglementée. La culture autorisée concerne uniquement les variétés de cannabis à faible teneur en tétrahydrocannabinol (THC), destinées exclusivement à des applications industrielles et médicales. Toute utilisation récréative reste interdite par la législation nationale.

Un cadre légal limité à une production contrôlée

Intervenant devant la Commission des assurances du Parlement, le ministre de l’Intérieur a précisé que la réglementation ghanéenne permet uniquement la production de cannabis dont le taux de THC ne dépasse pas 0,3 %.

Cette disposition vise à distinguer le cannabis industriel du cannabis destiné à un usage psychoactif. Selon les autorités, l’objectif n’est pas d’ouvrir la voie à une légalisation générale de la culture du cannabis, mais de créer un cadre légal permettant le développement d’une filière encadrée, sous la supervision de la Commission de contrôle des stupéfiants.

Les entreprises souhaitant obtenir une autorisation doivent ainsi se conformer à un processus de licence strict, comprenant des exigences en matière de contrôle, de traçabilité et de respect des normes en vigueur.

Le gouvernement mise sur la sensibilisation et la prévention

Parallèlement au développement de cette nouvelle filière, les autorités ghanéennes renforcent leurs actions de prévention contre l’usage abusif des substances interdites.

Le ministre a indiqué qu’en 2025, son département, en collaboration avec la Commission de contrôle des stupéfiants, a organisé 2 170 campagnes de sensibilisation et émissions radiophoniques, permettant d’informer près de 500 000 personnes sur les règles encadrant les stupéfiants ainsi que sur les risques liés à leur consommation.

Cette stratégie comprend également la mise en place de clubs de prévention contre les drogues dans les établissements scolaires afin de sensibiliser les jeunes aux dangers liés aux substances illicites.

Le gouvernement prévoit par ailleurs le recrutement de spécialistes du renseignement sur les stupéfiants dans les 261 assemblées métropolitaines, municipales et de district du pays, afin de renforcer la surveillance et la prévention au niveau local.

Une extension progressive du dispositif de contrôle

Selon Alhaji Muntaka Mohammed-Mubarak, la Commission de contrôle des stupéfiants dispose actuellement de représentations dans 66 collectivités locales.

L’objectif affiché par les autorités est d’étendre progressivement cette présence à l’ensemble du territoire dans un délai estimé entre cinq et sept ans, afin d’assurer un meilleur suivi des activités liées aux substances réglementées.

Cette expansion doit permettre de renforcer les capacités institutionnelles du pays face aux nouveaux enjeux liés au développement potentiel d’une industrie du cannabis à faible teneur en THC.

Une réforme inscrite dans la réglementation de 2023

La politique ghanéenne sur le cannabis repose principalement sur les réformes introduites en 2023, à travers la modification de la loi relative à la Commission de contrôle des stupéfiants (loi n°1100) ainsi que son règlement d’application (décret législatif n°2475).

Ces textes autorisent la culture contrôlée de cannabis présentant une faible concentration en THC, uniquement pour des usages industriels et médicaux, sous réserve de l’obtention d’une licence officielle.

À travers ce dispositif, le Ghana cherche à concilier deux objectifs : exploiter les opportunités économiques liées à une nouvelle filière agricole et industrielle, tout en maintenant un contrôle strict sur les risques sanitaires et sécuritaires associés aux stupéfiants.