Ghana : les producteurs de cacao risquent jusqu’à 20 ans de prison selon un projet de loi.

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Le Parlement ghanéen a adopté un projet de loi visant à renforcer la protection des exploitations cacaoyères, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement pour certains contrevenants. Le texte, dont le contenu a été rendu public dimanche, n’a toutefois pas encore été promulgué par le président John Mahama.

Selon une copie du projet de loi consultée par l’Associated Press, toutes les exploitations de cacao bénéficieraient d’un statut protégé. Leur conversion à d’autres usages sans autorisation gouvernementale constituerait une infraction pénale.

Des sanctions particulièrement lourdes contre l’orpaillage illégal

Les peines les plus sévères concernent notamment l’exploitation illégale de l’or sur des terres cacaoyères. Les personnes reconnues coupables pourraient être condamnées à une peine comprise entre 10 et 20 ans de prison, assortie d’une importante amende calculée en fonction du nombre de cacaoyers concernés.

Cette disposition suscite cependant des inquiétudes parmi certains producteurs, qui estiment que la protection des plantations doit s’accompagner d’un soutien accru de l’État.

« Si la loi reste telle qu’elle est actuellement, ce n’est pas juste », a déclaré Moses Djan Asiedu, administrateur de la Ghana Cooperative Cocoa Farmers and Marketing Association Limited et producteur de cacao. Il souligne que de nombreux agriculteurs financent eux-mêmes l’acquisition, la mise en valeur et l’entretien de leurs plantations, parfois pendant plusieurs années avant de générer des revenus significatifs.

Le cacao, un secteur stratégique pour l’économie ghanéenne

La mesure intervient dans un pays où le cacao constitue un pilier de l’économie agricole. Des centaines de milliers de producteurs en Afrique de l’Ouest dépendent de cette culture pour leurs revenus.

Au Ghana, les fèves de cacao représentent près de 15 % des recettes d’exportation, tandis qu’en Côte d’Ivoire voisine, premier producteur mondial, elles génèrent environ 40 % des recettes d’exportation.

Pour protéger les producteurs contre les fluctuations des cours internationaux, les autorités ghanéennes fixent chaque saison un prix d’achat et encadrent la commercialisation des fèves à travers des opérateurs agréés.

Des cours mondiaux très volatils

Le secteur reste toutefois exposé aux fortes fluctuations du marché international. En 2024, les contrats à terme sur le cacao ont dépassé 12 000 dollars la tonne, atteignant leur niveau le plus élevé depuis plusieurs décennies, avant de retomber autour de 4 000 dollars lorsque l’offre a commencé à dépasser la demande.

Le projet de loi doit désormais être soumis à la signature du président John Mahama. Son adoption définitive pourrait renforcer la protection du patrimoine cacaoyer ghanéen, mais ouvre également un débat sur l’équilibre entre la préservation d’une filière stratégique et les droits ainsi que les conditions de vie des producteurs.