Face à la multiplication des attaques terroristes et à la vacance sécuritaire laissée par le retrait des forces françaises et onusiennes, l’Alliance des États du Sahel (AES) — composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger — confirme le déploiement progressif d’une force conjointe régionale de 5 000 soldats. Objectif affiché : reprendre l’initiative militaire face aux groupes djihadistes et restaurer la souveraineté des États membres.
Une réponse sahélienne aux défis sahéliens
Créée en 2023 après la rupture avec la CEDEAO, l’AES incarne désormais une alternative stratégique pour ces trois pays dirigés par des régimes militaires. Cette force conjointe est structurée autour de plusieurs piliers :
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Un état-major unifié basé à Niamey,
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Des bataillons mixtes composés d’unités maliennes, nigériennes et burkinabè,
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Une coordination renforcée du renseignement, de la logistique et de la couverture aérienne.
Selon les autorités de l’AES, les premières unités sont déjà opérationnelles dans les zones frontalières critiques (Liptako-Gourma, Tillabéri, Sahel burkinabè), avec des résultats jugés “encourageants”.
Un soutien croissant de la Russie
La mise sur pied de cette force bénéficie d’un appui militaire notable de la Russie, désormais principal partenaire sécuritaire des trois États. Moscou fournit :
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Des équipements militaires (drones, véhicules blindés, radars),
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Des formateurs et conseillers techniques,
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Une assistance en matière de cyberdéfense et guerre électronique.
Cette coopération est perçue comme un rééquilibrage géopolitique majeur dans une région historiquement sous influence occidentale.
Entre coordination militaire et souveraineté politique
La mise en place de cette force régionale se veut également un message politique : les membres de l’AES affirment leur volonté de prendre leur destin sécuritaire en main, hors de toute dépendance à l’égard de puissances extérieures.
Ils revendiquent :
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Une vision souverainiste de la lutte antiterroriste,
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Une refondation de la coopération régionale, axée sur des intérêts partagés,
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Et un modèle alternatif de gouvernance sécuritaire, fondé sur la proximité des peuples et des territoires.
Enjeux et défis
Malgré la volonté affichée, plusieurs défis subsistent :
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Le financement durable de la force,
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Le manque de couverture aérienne indépendante,
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Et les risques d’isolement diplomatique face à la communauté internationale.
Les observateurs s’interrogent également sur la capacité de l’AES à gagner la confiance des populations locales, dont le soutien est crucial pour toute victoire durable contre le terrorisme.
Avec cette force conjointe, l’AES veut transformer un vide sécuritaire en levier de reconstruction stratégique. Si la dynamique actuelle se confirme, elle pourrait redessiner les équilibres militaires et politiques dans le Sahel et au-delà.

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