Ce jeudi 8 janvier 2026, les Béninois se rendent aux urnes pour un double scrutin législatif et local. Plus qu’une simple élection de proximité, ce vote constitue le premier acte d’un marathon électoral qui culminera avec la présidentielle d’avril prochain. Entre enjeux de représentativité et bataille pour les précieux parrainages, le pays retient son souffle.
C’est un tournant majeur pour la démocratie béninoise. Pour la première fois de son histoire, le Bénin organise simultanément des élections pour renouveler les 109 sièges de l’Assemblée nationale et les conseils municipaux des 77 communes du pays. Dès 7 heures du matin, quelque 6,7 millions d’électeurs ont commencé à se diriger vers les 16 000 bureaux de vote répartis sur l’ensemble du territoire.
Une répétition générale avant la présidentielle
Si l’ambiance est restée globalement calme dans les rues de Cotonou et de Porto-Novo en début de journée, la tension politique est palpable. Et pour cause : l’issue de ce double scrutin conditionne directement l’élection présidentielle prévue dans trois mois.
Selon le Code électoral en vigueur, tout candidat à la magistrature suprême doit impérativement obtenir le parrainage d’au moins 10 % de l’ensemble des députés et des maires. En d’autres termes, les partis qui sortiront vainqueurs aujourd’hui seront les seuls à pouvoir valider les candidatures pour la succession de Patrice Talon, dont le second mandat touche à sa fin et qui, selon la Constitution, ne peut se représenter.
Le duel entre la « Mouvance » et les « Démocrates »
Sur le terrain, la bataille oppose principalement les deux blocs de la mouvance présidentielle — l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR) — au principal parti d’opposition, « Les Démocrates », dirigé par l’ancien président Thomas Boni Yayi.
Pour l’opposition, l’enjeu est vital : obtenir suffisamment d’élus (députés et maires) pour briser le monopole du camp présidentiel et garantir la présence d’un candidat de leur camp en avril 2026. En 2021, l’absence de parrainages suffisants avait empêché les grandes figures de l’opposition de concourir, une situation qu’ils espèrent ne pas voir se répéter.
Un test pour les réformes électorales
Ce scrutin est également le baptême du feu pour les nouvelles réformes institutionnelles visant à aligner les mandats électifs. Pour garantir la transparence, la Commission électorale nationale autonome (Céna) a déployé d’importants moyens logistiques.
« C’est une année cruciale. Ce que nous décidons aujourd’hui trace le chemin pour les sept prochaines années », confiait un électeur à la sortie d’un bureau de vote à Fidjrossè.
Les premiers résultats provisoires sont attendus dans les prochains jours. Ils donneront une indication claire du rapport de force politique et, surtout, de la configuration du futur duel pour le palais de la Marina. Le Bénin, souvent cité comme un laboratoire de la démocratie en Afrique de l’Ouest, joue gros sur la crédibilité et l’inclusivité de ce processus électoral.

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