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CAN Féminine 2024 : les Lionnes de l’Atlas renversent la RDC et s’ouvrent la voie des quarts.

La sélection marocaine féminine a signé un véritable exploit ce week-end lors de la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2024, en venant à bout de la République démocratique du Congo sur un score spectaculaire de 3-2. Menées au score en première période, les Lionnes de l’Atlas ont fait preuve d’une remarquable résilience pour inverser la tendance et s’imposer dans un match à haute intensité.

Une entame difficile, une réaction exemplaire

Tout avait pourtant mal commencé pour les Marocaines, surprises dès les premières minutes par une équipe congolaise agressive et bien organisée. La RDC a ouvert le score à la 14e minute, puis doublé la mise avant la pause, profitant de quelques errements défensifs côté marocain.

Mais au retour des vestiaires, les Lionnes de l’Atlas sont revenues avec un tout autre visage. Sous l’impulsion de leur capitaine Ghizlane Chebbak et avec le soutien d’un public venu en nombre, elles ont réduit le score à la 50e minute, avant d’égaliser dix minutes plus tard grâce à un superbe tir lointain. Le but de la victoire est survenu à la 83e minute, scellant un retour triomphal et un message fort envoyé au reste du continent.

Un pas vers les quarts de finale

Cette victoire permet au Maroc de prendre une option sérieuse pour la qualification en quarts de finale, en se positionnant parmi les meilleures équipes de son groupe. Elle confirme également les progrès constants du football féminin marocain, soutenu depuis plusieurs années par une stratégie de développement ambitieuse portée par la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

Une dynamique à confirmer

Pour les joueuses de Reynald Pedros, cette remontée spectaculaire renforce la cohésion et la confiance du groupe avant les prochaines rencontres. Le sélectionneur s’est montré satisfait : « Les joueuses ont montré du caractère, de la solidarité et un esprit de compétition remarquable. Rien n’est encore joué, mais cette victoire montre qu’on est prêtes à aller loin. »

Du côté de la RDC, la frustration était palpable. Les Léopards dames devront absolument l’emporter lors de leur prochain match pour espérer rester en lice dans la compétition.

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Le Groupe CIAO annonce une stabilité remarquable des prix du riz en Guinée

Le Groupe CIAO est fier d’annoncer une stabilité remarquable des prix du riz en Guinée, denrée essentielle au quotidien des Guinéens. Cette tendance positive offre un répit bienvenu aux consommateurs, qui voient enfin les prix de leur aliment de base demeurer constants après une période de fluctuations.

Cette stabilité représente un avantage direct pour les ménages guinéens, leur permettant d’aborder leurs dépenses alimentaires avec une plus grande sérénité.

À titre d’exemple, le sac de 50 kg de riz blanc 25 % brisures est actuellement disponible à 220 000 GNF chez CIAO, importateur majeur du pays. Mieux encore, le prix de gros du sac de 50 kg de riz étuvé « barabara » s’établit à 250 000 GNF. Ces tarifs sont demeurés constants depuis de nombreux mois.

Cette tendance positive est le fruit de la convergence de plusieurs facteurs clés. D’une part, la fluctuation baissière des prix du riz sur le marché international, notamment en Inde, a contribué à cette accalmie.

D’autre part, les efforts significatifs du gouvernement guinéen au niveau de la chaîne de dédouanement ont joué un rôle crucial. L’État a activement œuvré pour faciliter l’importation et réduire les coûts annexes, allégeant ainsi le fardeau sur les importateurs et, par extension, sur les consommateurs.

Le Groupe CIAO saisit cette occasion pour exprimer sa profonde gratitude au Président de la République, Général Mamadi Doumbouya, pour ses efforts continus visant à assurer le bien-être des populations guinéennes.

Nous remercions également chaleureusement Madame Diaka Sidibé, Ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, dont le travail acharné contribue sans relâche à l’amélioration de l’environnement des affaires en Guinée.

 

Africa Guinée

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Madrid accueille le 3e Sommet Afrique-Espagne pour renforcer les échanges économiques

La capitale espagnole a accueilli le troisième Sommet Afrique-Espagne, un rendez-vous stratégique destiné à intensifier les partenariats économiques, commerciaux et diplomatiques entre les pays africains et l’Espagne. Organisé par la Confédération espagnole des organisations patronales (CEOE) en partenariat avec Casa África et le gouvernement espagnol, cet événement témoigne de l’ambition de l’Espagne de s’ancrer davantage sur le continent africain, considéré comme un partenaire d’avenir.

Une volonté de dynamiser les relations Sud-Sud

Ce sommet, qui a rassemblé plus de 300 participants, dont des ministres africains, des ambassadeurs, des chefs d’entreprise et des décideurs institutionnels, s’est articulé autour du thème : « Une alliance pour la croissance partagée ». L’objectif est clair : faire de l’Espagne une porte d’entrée privilégiée pour l’Afrique vers l’Europe et inversement, tout en favorisant les investissements croisés.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a réaffirmé la vision de Madrid : « L’Afrique est une priorité de la politique étrangère espagnole. Nous voulons dépasser la logique d’aide pour bâtir de véritables partenariats économiques équilibrés. »

Des secteurs prioritaires au cœur des discussions

Les échanges ont principalement porté sur les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, l’agro-industrie, la technologie et la finance verte. L’Espagne, qui voit dans l’Afrique une région à fort potentiel de croissance, veut mettre à profit son expertise pour accompagner le développement de projets structurants sur le continent.

Le président de la CEOE, Antonio Garamendi, a souligné que « le secteur privé espagnol est prêt à investir dans des projets durables, à condition que la stabilité et la transparence soient garanties dans les pays partenaires ».

Vers une coopération gagnant-gagnant

Le sommet a aussi été l’occasion de signer plusieurs accords bilatéraux et protocoles d’entente entre des entreprises espagnoles et africaines. Un accent particulier a été mis sur le rôle des PME et sur l’importance de créer des chaînes de valeur locales intégrées.

Pour les pays africains présents, cette rencontre illustre une nouvelle dynamique : celle d’un partenariat respectueux, qui rompt avec les anciennes approches paternalistes et mise sur la réciprocité.

Un sommet qui s’inscrit dans la durée

Après les éditions précédentes, le sommet de Madrid confirme la volonté des deux parties d’inscrire leur coopération dans le long terme. La multiplication de forums économiques, de missions commerciales et de plateformes de dialogue entre les acteurs africains et espagnols laisse entrevoir une montée en puissance des relations Afrique-Espagne.

Petrole le president du Senegal Diomaye Faye aux anges 360x320

Un an après le début de l’exploitation du pétrole à Sangomar : le Sénégal dépasse les attentes et affirme sa souveraineté énergétique

Il y a un an, le 11 juin 2024, la société australienne Woodside Energy lançait officiellement l’exploitation pétrolière du champ offshore de Sangomar, marquant une étape décisive pour le secteur énergétique sénégalais. Grâce à son unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO), installée au large des côtes, les premiers barils de brut étaient extraits des profondeurs de l’Atlantique.

Douze mois plus tard, le bilan dépasse largement les projections initiales. D’après un rapport du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, relayé par l’Agence de presse sénégalaise (APS), la production nationale a atteint 16,9 millions de barils en 2024, soit bien au-dessus des 11,7 millions prévus. Cette performance exceptionnelle s’est traduite par des recettes avoisinant les 950 millions de dollars (soit 595,5 milliards de francs CFA), illustrant l’importance économique de cette ressource pour le pays.

Le champ de Sangomar, situé à environ 100 kilomètres des côtes sénégalaises, repose sur un réseau de 12 puits en activité, connectés à la plateforme FPSO. Celle-ci assure une production stable de près de 100 000 barils par jour, destinés en grande partie aux marchés internationaux. Une nouveauté de taille a également marqué cette première année : le marché intérieur a pu bénéficier, pour la première fois, d’un approvisionnement en brut extrait localement. Ce tournant est salué par les autorités comme un pas important vers une plus grande autonomie énergétique.

La dynamique s’est poursuivie au cours des premiers mois de 2025. En janvier, la production s’est élevée à 3,11 millions de barils, avant de se stabiliser à 2,70 millions en février, puis de repartir à la hausse avec 3,08 millions en mars et un record de 3,8 millions en avril, correspondant à quatre cargaisons destinées à l’export. Si cette tendance se confirme, le Sénégal pourrait franchir le cap des 30,5 millions de barils produits d’ici la fin de l’année, soit près du double du volume de 2024.

Au-delà des chiffres, ce premier anniversaire symbolise un tournant historique pour le pays. Le gouvernement souligne l’importance d’une gestion rigoureuse et transparente de cette manne pétrolière, affirmant sa volonté d’en faire un moteur de développement durable et de prospérité partagée pour l’ensemble de la population.

Bassirou Diomaye Faye

Un an après son élection, Bassirou Diomaye Faye incarne-t-il la nouvelle ère politique au Sénégal ?

Le 24 mars 2024, l’histoire politique du Sénégal connaissait un tournant majeur. En remportant l’élection présidentielle dès le premier tour, Bassirou Diomaye Faye, alors en détention provisoire, devenait le cinquième président de la République du Sénégal, succédant à Macky Sall. Un an après cette alternance inédite, l’heure est au bilan pour ce président porté par l’espoir d’un renouveau démocratique, social et institutionnel.

Un scrutin historique et une ascension fulgurante

Candidat de la coalition Diomaye Président, adoubé par Ousmane Sonko, figure de proue de l’opposition, Bassirou Diomaye Faye s’est imposé comme le symbole d’un profond désir de changement. Sa victoire dès le premier tour, avec plus de 54 % des suffrages, a démontré l’ampleur du rejet de l’ancien régime, mais aussi l’adhésion d’une large partie de la jeunesse à un projet de rupture.

Son élection, sur fond de tensions politiques et de manifestations violemment réprimées en 2023, a marqué la résilience démocratique du Sénégal, pays longtemps présenté comme un modèle en Afrique de l’Ouest.

Une première année entre attentes fortes et réformes ambitieuses

Depuis son investiture le 2 avril 2024, le président Faye s’est engagé dans un vaste chantier de refondation institutionnelle. Parmi les actes forts de sa première année :

La dissolution de l’Assemblée nationale en septembre 2024, suivie d’élections législatives anticipées pour renforcer la légitimité parlementaire de son action.

Le lancement de l’Agenda national de transformation “Sénégal 2050”, un nouveau cadre stratégique visant la souveraineté économique, la justice sociale et une gouvernance plus inclusive.

Des réformes en profondeur dans les secteurs de la justice, de l’éducation, des finances publiques et de la gouvernance des ressources naturelles.

Sur le plan diplomatique, Bassirou Diomaye Faye a également marqué sa volonté d’une reposition diplomatique du Sénégal, en réévaluant certains partenariats stratégiques, notamment avec la France, et en s’ouvrant davantage aux dynamiques régionales africaines.

Les défis qui demeurent

Si le président Faye jouit toujours d’une forte popularité, notamment auprès des jeunes et de la diaspora, de nombreux défis restent à relever :

La maîtrise du coût de la vie, sujet de préoccupation majeur pour les ménages.

Le chômage, notamment des jeunes diplômés, reste élevé malgré les promesses d’emploi.

La consolidation de la paix en Casamance, amorcée avec des avancées notables, devra être consolidée dans la durée.

De plus, certains observateurs pointent un rythme de réforme jugé prudent face aux attentes de rupture immédiate portées par son électorat. Le président semble vouloir allier transformation en profondeur et préservation de la stabilité institutionnelle.

Un tournant pour le Sénégal

Un an après son élection, Bassirou Diomaye Faye incarne toujours l’espoir d’un nouveau Sénégal, plus juste, plus souverain et plus proche des aspirations citoyennes. Mais l’année 2025 sera déterminante pour asseoir ses réformes et faire face aux défis socio-économiques.

L’histoire retiendra que son accession au pouvoir, depuis une cellule de prison jusqu’au palais présidentiel, a ouvert une nouvelle page de la démocratie sénégalaise. Reste désormais à écrire les lignes concrètes de cette promesse de renouveau.

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Solidarité internationale après l’attaque de Fambita : le Niger face à la terreur, mais pas seul

Le Niger a été frappé par une attaque terroriste d’une violence extrême le vendredi 21 mars 2025, dans le village de Fambita, situé dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso. Le bilan provisoire fait état d’au moins 44 civils tués et 13 blessés, victimes d’une offensive coordonnée attribuée aux combattants de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS).

Les assaillants ont pris pour cible la mosquée du village durant la prière du vendredi, avant de s’en prendre au marché local et de mettre le feu à plusieurs habitations. Cette attaque s’inscrit dans une série de violences récurrentes qui endeuillent la zone dite « des trois frontières », régulièrement ciblée par des groupes armés jihadistes.

Trois jours de deuil national

En hommage aux victimes, les autorités nigériennes ont décrété trois jours de deuil national, débutant le samedi 22 mars. Les drapeaux ont été mis en berne, tandis que les communautés locales tentent de faire face au traumatisme et à la douleur. Le gouvernement a promis d’intensifier la riposte militaire dans la zone et de renforcer la présence de forces de sécurité.

Une vague de solidarité internationale

Cette attaque a suscité une vague de réactions et de solidarité à l’international. Plusieurs pays et organisations ont exprimé leur soutien au peuple nigérien :

  • Le Tchad, voisin et allié régional, a présenté ses condéléances aux familles éplorées et réaffirmé son engagement dans la lutte antiterroriste au Sahel.
  • Les États-Unis, par l’intermédiaire de leur ambassade à Niamey, ont condamné fermement l’attaque et promis leur soutien pour aider le Niger à renforcer ses capacités de défense.
  • L’Union africaine et la CEDEAO ont appelé à une coopération renforcée entre les pays de la sous-région afin de faire front commun contre la menace jihadiste.

Un besoin urgent de coopération régionale

L’attaque de Fambita rappelle une fois de plus l’urgence d’une stratégie concertée et efficace au niveau régional et international. La zone des trois frontières reste un foyer d’instabilité chronique, où les populations civiles paient le prix fort de la violence armée.

Dans ce contexte, la solidarité exprimée par les partenaires du Niger est un signal fort. Mais au-delà des messages de soutien, c’est une action concrète et coordonnée qui est attendue pour endiguer durablement l’expansion des groupes terroristes dans la région.

Le Niger, en deuil, reste debout. Et il n’est pas seul.

Senelec   Congo

Congo – Senelec : Un contrat d’affermage sous tension, entre opposition syndicale et incertitudes politiques

En février 2025, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a signé un contrat d’affermage avec le gouvernement de la République du Congo, lui confiant pour dix ans la distribution et la commercialisation de l’électricité dans le pays. Cet accord prévoyait que la Senelec, via sa filiale locale, assurerait la gestion, l’entretien, la maintenance et l’amélioration des performances du service public de l’électricité. 

Cependant, ce contrat a suscité des tensions au sein de la société publique congolaise Énergie Électrique du Congo (E2C). Les travailleurs syndiqués ont exprimé leur opposition, craignant pour leur emploi et remettant en question l’expertise de la Senelec. Ils ont organisé des manifestations et ont exigé l’annulation du contrat, menaçant de grèves si leurs revendications n’étaient pas entendues. 

En réponse à ces protestations, le président de l’Assemblée nationale congolaise, Isidore Mvouba, a annoncé le 27 février 2025 la suspension du contrat en attendant l’avis d’une commission technique placée sous l’égide de la Primature. Il a exprimé sa volonté d’éviter des troubles sociaux, surtout à l’approche d’échéances électorales majeures. 

À ce jour, la Senelec n’a pas été officiellement informée d’une rupture définitive du contrat par le gouvernement congolais. La situation demeure donc en suspens, dans l’attente des conclusions de la commission technique et des décisions officielles qui en découleront. 

Le Burkina Faso annonce son retrait de lOrganisation internationale de la Francophonie 360x320

Le Burkina Faso annonce son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie : Un tournant stratégique

Le Burkina Faso a officialisé son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) le 17 mars 2025. Cette décision, qui marque un tournant diplomatique majeur, s’inscrit dans une volonté plus large du pays de redéfinir ses alliances internationales et d’affirmer sa souveraineté. Ce retrait intervient après la suspension du Burkina Faso par l’OIF en février 2022, à la suite du coup d’État militaire qui a renversé le gouvernement en place.

Un divorce annoncé avec la Francophonie

Le Burkina Faso faisait partie des 91 États et gouvernements membres de l’OIF, organisation créée en 1970 et dont la mission est de promouvoir la langue française, la diversité culturelle et linguistique, ainsi que les valeurs démocratiques. Toutefois, ces dernières années, plusieurs tensions ont émergé entre le pays et certaines institutions internationales, notamment en raison des sanctions imposées après les changements politiques survenus dans le pays.

La suspension du Burkina Faso par l’OIF en 2022, bien que symbolique, avait déjà marqué une distanciation progressive. Le retrait officiel, annoncé en mars 2025, s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large d’émancipation vis-à-vis des structures multilatérales perçues comme influencées par les anciennes puissances coloniales.

Une volonté affirmée de souveraineté

Ce retrait de l’OIF s’inscrit dans un contexte plus large de repositionnement géopolitique du Burkina Faso. Le pays avait déjà annoncé, aux côtés du Mali et du Niger, son départ de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2024, décision devenue effective début 2025. Ces trois pays, désormais réunis sous l’Alliance des États du Sahel (AES), cherchent à renforcer leur autonomie en matière de politique régionale et économique.

Le président Ibrahim Traoré a justifié cette démarche par la nécessité de privilégier des partenariats plus en phase avec les intérêts stratégiques du Burkina Faso. Il a notamment mis en avant la volonté du pays de diversifier ses relations internationales et de se détacher des influences occidentales, particulièrement celles de la France, qui reste historiquement liée à l’OIF.

Conséquences et perspectives

Le retrait du Burkina Faso de l’OIF pourrait avoir plusieurs implications :

  • Sur le plan diplomatique, cette décision illustre une volonté claire de rupture avec certaines institutions occidentales. Elle pourrait inciter d’autres États africains à reconsidérer leur engagement au sein de la Francophonie.
  • Sur le plan culturel et éducatif, bien que le français demeure la langue officielle du Burkina Faso, la participation du pays aux initiatives éducatives et linguistiques de l’OIF sera remise en question.
  • Sur le plan économique, le Burkina Faso devra renforcer ses relations avec d’autres partenaires régionaux et internationaux pour compenser les éventuelles pertes d’opportunités découlant de ce retrait.

L’OIF, de son côté, voit ainsi son influence s’éroder en Afrique de l’Ouest, une région clé où plusieurs pays, notamment le Mali et le Niger, pourraient être tentés d’adopter une démarche similaire.

Le retrait du Burkina Faso de l’Organisation internationale de la Francophonie s’inscrit dans une dynamique de transformation profonde de sa politique étrangère. Cette décision reflète une volonté de renforcer la souveraineté nationale et de privilégier des alliances stratégiques jugées plus adaptées aux réalités du pays. Si cette rupture avec l’OIF marque une page importante de l’histoire diplomatique du Burkina Faso, elle pose aussi la question de l’avenir des relations entre les pays africains et les organisations internationales influencées par les anciennes puissances coloniales.

Afrique Gaz

L’Afrique connaîtra la plus forte croissance de la demande de gaz naturel au monde d’ici 2050

Alors que près de 600 millions d’Africains n’ont pas encore accès à l’électricité et plus d’un milliard utilisent des systèmes de cuisson rudimentaires, le gaz naturel représente la clef d’une transition énergétique juste sur le continent.

La demande de gaz naturel en Afrique devrait augmenter de 3% en moyenne par an d’ici 2050, soit le rythme de croissance le plus rapide à l’échelle mondiale, selon un rapport publié le 10 mars 2025 par le Forum des pays exportateurs de gaz (Gas Exporting Countries Forum/GECF).

Intitulé « Global Gas Outlook Report 2050 », le rapport précise que la demande du combustible fossile le moins polluant sur le continent passera de 170 milliards m3 en 2023 à 385 milliards m3 en 2050, ce qui fera passer sa part dans le mix énergétique de 16% à 21%.

Les principaux moteurs de cette demande sont la croissance démographique rapide, l’urbanisation galopante, le développement de l’industrialisation et le besoin pressant de combler l’important déficit d’accès à l’électricité en Afrique.

La production d’électricité, qui représentera 66 % de la demande supplémentaire de gaz naturel sur le continent, devrait passer de 934 térawattheures (TWh) en 2023 à 2630 TWh en 2050, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 3,8 %.

Le gaz naturel devrait également répondre à la demande croissante d’énergie émanant des industries lourdes telles que la pétrochimie, la production de méthanol et la fabrication des engrais. Il sera aussi de plus en plus utilisé dans le secteur résidentiel et dans les commerces, en particulier en Afrique subsaharienne où une grande partie des ménages dépendent encore de la biomasse traditionnelle pour cuisiner.

Ces tendances seront soutenues par l’augmentation de la production africaine de gaz naturel qui devrait permettre de répondre à la demande supplémentaire et de favoriser l’intégration énergétique intrarégionale. L’Afrique connaîtra, en effet, le rythme de croissance de la production le plus élevé à l’échelle mondiale d’ici 2050 (+2,5% en moyenne par an).

 

Le Nigeria et le Mozambique en tête de liste

La production de gaz naturel sur le continent passera ainsi de 252 milliards m3 en 2023 à 502 milliards m3 en 2050. Cette hausse sera essentiellement tirée par des pays disposant d’importantes réserves et des capacités de production en pleine expansion. Le Nigeria devrait atteindre une capacité de production de 127 milliards m3 d’ici la moitié du siècle en cours, grâce notamment à ses vastes réserves de gaz associé (gaz présent en solution dans le pétrole et qui doit être séparé lors de l’extraction de ce dernier, Ndlr) et à l’impact positif des réformes introduites dans la nouvelle loi sur l’industrie pétrolière (Petroleum Industry Act).

Avec ses mégaprojets de GNL tels que Coral South FLNG et le projet Rovuma LNG, le Mozambique devrait dépasser les 95 milliards m3 alors que la Mauritanie et le Sénégal, qui viennent juste de rejoindre le club des pays producteurs de gaz naturel à la faveur de récentes découvertes à la frontière entre les deux pays, atteindront des capacités de production respectives de 26 milliards m3 et de 20 milliards m3 en 20250.

En conséquence, la part de l’Afrique dans la production mondiale de gaz naturel devrait augmenter sensiblement, passant de 6 % en 2023 à 9 % d’ici 2050.

Le rapport révèle par ailleurs que la demande mondiale de gaz naturel devrait augmenter de 32% d’ici la moitié du siècle en cours, pour s’établir à 5317 milliards m3. La forte hausse anticipée de la demande en Afrique, et à un degré moindre en Amérique latine, en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient, sera compensée par la baisse de la consommation dans d’autres régions comme l’Europe (-1,4% en moyenne par an d’ici 2050) et l’Amérique du Nord (-0,2% en moyenne par an)

Burkina Faso

Le Burkina Faso mise sur la transformation locale de l’or pour renforcer sa souveraineté économique

Le Burkina Faso franchit un cap décisif dans la gestion de ses ressources minières en instaurant un nouveau paradigme économique et industriel. Le président Ibrahim Traoré a récemment annoncé que l’or burkinabé ne serait plus systématiquement exporté à l’étranger pour y être raffiné, mais qu’il serait transformé sur place avant d’être vendu comme produit fini. Une partie de cette ressource stratégique servira également à sauvegarder la monnaie nationale. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la souveraineté économique du pays et de lutte contre la dépendance aux marchés internationaux.

Une industrialisation de l’or pour une économie plus robuste

Jusqu’à présent, la majorité de l’or extrait au Burkina Faso était exportée vers des raffineries étrangères, privant ainsi le pays d’une valeur ajoutée essentielle dans la chaîne de transformation du métal précieux. Avec la construction de la première raffinerie d’or nationale, le gouvernement burkinabé ambitionne de capter cette valeur localement. Ce projet stratégique permettra au pays de :

  • Réduire sa dépendance aux infrastructures étrangères pour le raffinage de l’or.
  • Créer de nouveaux emplois directs et indirects dans le secteur industriel et artisanal.
  • Générer plus de revenus fiscaux grâce à une meilleure maîtrise de la production et de la vente de l’or.

La raffinerie, qui devrait produire environ 400 kilogrammes d’or par jour, sera un levier économique majeur. Elle permettra d’offrir un or burkinabé standardisé, prêt à l’exportation et à la vente sur les marchés internationaux sous une marque nationale.

Un levier pour la stabilité monétaire et financière

L’un des aspects les plus novateurs de cette réforme est l’utilisation d’une partie de l’or du pays pour garantir et renforcer la monnaie nationale. Cette initiative s’inspire des modèles économiques où les réserves d’or servent de garantie à la stabilité monétaire, réduisant ainsi la vulnérabilité aux fluctuations du marché international des devises.

En s’appuyant sur une réserve d’or tangible, le Burkina Faso peut envisager plusieurs stratégies :

  • Renforcement des réserves monétaires : En adossant la monnaie nationale à l’or, le pays pourrait améliorer la confiance des investisseurs et stabiliser son économie.
  • Réduction de la dépendance au franc CFA : Cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de redéfinir la souveraineté monétaire du pays.
  • Protection contre l’inflation et la dévaluation : L’or étant une valeur refuge, son intégration dans les réserves de l’État peut contribuer à atténuer les chocs économiques.

Une décision stratégique face aux enjeux géopolitiques et économiques

Dans un contexte international marqué par une forte volatilité des marchés et une pression croissante sur les économies africaines, la décision du gouvernement burkinabé s’aligne sur une tendance de plus en plus affirmée en Afrique : reprendre le contrôle des ressources naturelles pour financer le développement local.

Le président Ibrahim Traoré et son gouvernement affirment ainsi leur volonté de rompre avec une économie de rente où les matières premières sont extraites sans que le pays ne bénéficie pleinement de leur exploitation. Cette politique s’inscrit dans un mouvement plus large de valorisation des ressources naturelles africaines au profit des populations locales.

En suspendant l’émission de permis d’exportation pour l’or artisanal et en nationalisant progressivement certaines opérations minières, le Burkina Faso cherche à endiguer la fuite des capitaux et à contrôler davantage les circuits financiers liés à l’or. L’objectif final est d’assurer une redistribution plus équitable des richesses minières et de garantir un développement économique durable.

Les défis à relever pour la réussite du projet

Malgré ces avancées, plusieurs défis devront être surmontés pour assurer le succès de cette politique ambitieuse :

  1. Capacité industrielle et technologique : La mise en place d’une raffinerie d’or nécessite un transfert de compétences et des investissements considérables dans les infrastructures.
  2. Régulation et contrôle du marché : Le commerce illégal de l’or représente une menace pour l’efficacité de cette réforme. Des mesures strictes devront être mises en place pour encadrer la production et la distribution.
  3. Adhésion des acteurs du secteur : Les compagnies minières, les orpailleurs artisanaux et les investisseurs devront être impliqués dans ce processus de transformation.
  4. Intégration aux marchés internationaux : La certification et la reconnaissance de l’or burkinabé sur les marchés mondiaux seront essentielles pour assurer la compétitivité du produit.

La décision du Burkina Faso de transformer localement son or et d’en utiliser une partie pour renforcer sa monnaie nationale marque un tournant historique dans la gestion des ressources naturelles du pays. En capitalisant sur la valeur ajoutée de son industrie minière, le pays pose les bases d’un modèle économique plus résilient et plus souverain. Cette initiative pourrait inspirer d’autres nations africaines désireuses de mieux maîtriser leurs richesses et d’assurer un développement économique durable au profit de leurs populations.