Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara officialise sa candidature pour un quatrième mandat présidentiel

Alassane Ouattara

Le président ivoirien Alassane Ouattara a surpris la scène politique nationale et internationale en annonçant, ce 29 juillet 2025, sa candidature pour un quatrième mandat à la tête de la République de Côte d’Ivoire. Cette décision marque un revirement significatif par rapport à ses engagements antérieurs de céder le pouvoir à une nouvelle génération de leaders.

Un choix justifié par la conjoncture régionale

Dans un discours solennel diffusé depuis le palais présidentiel, Alassane Ouattara a affirmé que sa candidature s’imposait « par nécessité nationale », invoquant un contexte sécuritaire fragile en Afrique de l’Ouest, marqué par la montée du terrorisme au Sahel, la recrudescence des coups d’État dans la sous-région, ainsi que les incertitudes liées à la stabilité institutionnelle.

« Je ne peux rester indifférent face aux défis qui menacent la paix et la stabilité de notre nation », a-t-il déclaré, avant de souligner que son expérience et sa stature internationale représentent, selon lui, des atouts indispensables pour traverser cette période de turbulences.

Une décision qui suscite la controverse

Cette annonce intervient malgré une promesse ferme, plusieurs fois réitérée depuis 2020, de ne pas briguer un nouveau mandat. En 2021, Alassane Ouattara avait même désigné un successeur au sein de son parti, le RHDP, affirmant vouloir passer le témoin à une nouvelle génération politique.

Sa volte-face relance le débat sur la limitation des mandats présidentiels, sujet sensible dans plusieurs pays africains. Si la Constitution ivoirienne, révisée en 2016, permet techniquement cette nouvelle candidature, de nombreux observateurs y voient un risque de fragilisation démocratique, dans un pays encore marqué par les souvenirs douloureux de la crise post-électorale de 2010-2011.

L’opposition en alerte

Les principaux partis d’opposition, notamment le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA, ont rapidement réagi, dénonçant une « confiscation du pouvoir » et appelant à une mobilisation citoyenne pour défendre la démocratie. Des discussions sont en cours pour la constitution d’une plateforme unifiée en vue de l’échéance électorale du 25 octobre.

Une présidentielle sous tension

Avec cette annonce, la campagne présidentielle s’annonce houleuse. Alassane Ouattara, figure incontournable de la politique ivoirienne depuis plus d’une décennie, devra désormais affronter non seulement ses adversaires politiques, mais aussi les critiques sur la cohérence de son discours et la légitimité morale de sa démarche.

La décision d’Alassane Ouattara de briguer un quatrième mandat ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire politique ivoirienne. Elle ravive les tensions sur la durée du pouvoir, tout en plaçant la présidentielle de 2025 au cœur d’enjeux cruciaux pour l’avenir démocratique de la Côte d’Ivoire et la stabilité de la région.