Navigation sur le fleuve Sénégal : l’Omvs donne le feu vert au lancement des travaux.

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La pose de la première pierre annoncée pour avril 2026

L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) a franchi une étape décisive dans la concrétisation de son ambitieux projet de navigation fluviale. Réunis à Nouakchott les 30 et 31 janvier 2026, à l’occasion de leur 78ᵉ session ordinaire, les ministres de l’organisation ont autorisé le démarrage de la première phase du projet, avec une cérémonie de pose de la première pierre prévue en avril 2026.

Dans le communiqué final sanctionnant les travaux, le Conseil des ministres a donné mandat à la Société de gestion et d’exploitation de la navigation (Sogenav) pour engager les opérations techniques et administratives nécessaires au lancement effectif des travaux. Cette décision marque une avancée majeure dans la relance de la navigation sur le fleuve Sénégal, considérée comme l’un des piliers fondateurs de l’Omvs depuis sa création.

Un projet structurant pour l’intégration régionale

La navigation fluviale sur le fleuve Sénégal vise à renforcer l’intégration régionale entre les États membres — le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée — en facilitant les échanges commerciaux, la mobilité des personnes et le transport de marchandises à moindre coût. À terme, le projet ambitionne de désenclaver plusieurs zones riveraines, de stimuler les économies locales et de contribuer à la compétitivité des chaînes logistiques sous-régionales.

Au-delà de ses retombées économiques, le projet s’inscrit également dans une logique de développement durable, en promouvant un mode de transport moins polluant et complémentaire aux infrastructures routières et ferroviaires existantes.

Mobilisation financière et perspectives de financement

Conscients des enjeux financiers liés à un projet de cette envergure, les ministres de l’Omvs ont exhorté les États membres à accélérer la finalisation de leurs engagements financiers pour la première phase. Par ailleurs, le Conseil a instruit le Haut-commissariat de l’Omvs, en collaboration avec la Sogenav, « d’explorer des mécanismes de financement complémentaires » afin d’assurer la viabilité et la continuité des phases ultérieures du projet.

Cette orientation vise notamment à mobiliser des partenaires techniques et financiers, ainsi que des instruments innovants de financement adaptés aux projets d’infrastructures régionales.

Des programmes jugés globalement satisfaisants

Outre la question de la navigation, le Conseil des ministres s’est félicité de l’état d’avancement jugé satisfaisant des programmes de l’Omvs, à la lumière des rapports d’activités présentés par le Haut-commissariat et les différentes sociétés de gestion. Le rapport des experts a été adopté et plusieurs décisions structurantes ont été validées, traduisant la volonté de l’organisation de consolider ses acquis et d’accélérer la mise en œuvre de ses priorités stratégiques.

Une session placée sous le signe de la coopération

La 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Omvs s’est tenue sous la présidence de Boubacar Diané, ministre de l’Eau et de l’Énergie du Mali et président en exercice du Conseil. Ont également pris part aux travaux Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Mohamed Ould Khaled, ministre de l’Énergie et du Pétrole de la Mauritanie, Alassane Diallo, ministre de l’Industrie et du Commerce du Mali, ainsi que Mandjou Dioubaté, ambassadeur de la République de Guinée au Sénégal et en Mauritanie.

Cette rencontre de Nouakchott confirme la volonté commune des États membres de l’Omvs de renforcer la coopération autour du fleuve Sénégal, considéré comme un levier stratégique pour le développement économique, social et environnemental de la sous-région.