Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation annonce le recrutement exceptionnel de 500 enseignants et chercheurs. Une initiative qui vise à renforcer les capacités des institutions universitaires et de recherche du pays.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de I’Innovation (Mesri) porte à la connaissance du public que le gouvernement du Sénégal, face au déficit d’enseignants dans le supérieur, a décidé de procéder à un recrutement exceptionnel de cinq-cents (500) personnels d’enseignement et de recherche (Per). Dans un communiqué de presse, Abdourahmane Diouf souligne que ce recrutement, conforme aux orientations formulées par le chef de l’État lors du lancement de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Antesri), le 17 juillet 2025, répond aux besoins urgents de renforcement du taux d’encadrement et cible des filières prioritaires alignées à la vision « Sénégal 2050 ». Cet effort de recrutement, explique la tutelle, témoigne de l’intérêt que les autorités accordent au sous-secteur de l’enseignement supérieur et s’inscrit dans une logique de transparence, de mérite et d’excellence académique.
Le ministère, renseigne la source, conformément aux instructions du Premier ministre, s’emploiera, en relation avec les structures concernées, à déterminer, dans les meilleurs délais, les filières et les quotas de recrutement. Le gouvernement répond ainsi à une vieille revendication des syndicalistes, le Sace, notamment qui, depuis des années, réclament le recrutement de Per. Le 17 juillet dernier lors du lancement des concertations sur l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, David Célestin Faye, secrétaire général national du Saes, avait interpellé le Chef de l’État sur le « déficit chronique d’enseignants » qui a, entre autres conséquences, la dégradation des conditions d’études, mais aussi un ralentissement de la carrière des enseignants.
À cela s’ajoutent l’exploitation et la précarité des enseignants vacataires. Même la tutelle a reconnu la nécessité de procéder à un recrutement massif d’enseignements-chercheurs. Le 15 juillet dernier, lors d’un déjeuner de presse, Abdourahmane Diouf avait affirmé que le besoin identifié de recrutement de Per est de 1500. « Ce recrutement permettra de stabiliser l’année universitaire, d’améliorer le taux d’encadrement, de réduire le paiement des heures complémentaires et des charges liées à la vacation », avait expliqué M. Diouf.
Le club de Génération Foot a écrit une nouvelle page de son histoire en remportant, ce week-end, la 3ᵉ Coupe du Sénégal de son histoire. Les Grenats se sont imposés sur la plus petite des marges (1-0) face au Jaraaf de Dakar, grâce à une réalisation décisive d’Abdoulaye Agne Ba.
Une finale sous haute tension
Disputée dans un stade Léopold Sédar Senghor entièrement rénové et plein à craquer, la rencontre a tenu toutes ses promesses. D’un côté, le Jaraaf, club historique et multiple vainqueur de l’épreuve, comptait sur son expérience pour décrocher un nouveau trophée. De l’autre, Génération Foot, fidèle à son style de jeu porté vers l’avant, voulait confirmer son statut de pépinière de talents et enrichir son palmarès.
Après un début de match marqué par des duels intenses au milieu de terrain, la différence est venue à la 56ᵉ minute. Sur une offensive bien menée, Abdoulaye Agne Ba a trouvé la faille en trompant le portier du Jaraaf d’une frappe précise. Ce but, salué par une ovation du public, a suffi à faire la différence malgré la pression exercée par les Verts et Blancs en fin de rencontre.
Un trophée remis par le Premier ministre Ousmane Sonko
La cérémonie de remise du trophée a été présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui a salué la qualité du spectacle et l’engagement des deux équipes. Le chef du gouvernement a également félicité Génération Foot pour son travail de formation, soulignant le rôle crucial du club dans l’essor du football sénégalais.
Génération Foot confirme son statut
Avec cette victoire, Génération Foot décroche sa 3ᵉ Coupe nationale, après celles de 2015 et 2018. Ce nouveau sacre confirme la solidité du projet sportif du club, qui s’appuie sur une politique de formation reconnue et de nombreux partenariats stratégiques, notamment avec le FC Metz en France.
Le succès face au Jaraaf permet également à Génération Foot de valider son ticket pour les compétitions africaines, où elle ambitionne de briller et de porter haut les couleurs du Sénégal.
Le Sénégal se prépare à célébrer, le dimanche 03 août 2025, la Journée nationale de l’Arbre, une tradition qui s’inscrit dans la politique nationale de lutte contre la déforestation et de préservation des écosystèmes. Pour cette édition, le Président Bassirou Diomaye Faye a retenu un thème fort : « Reboisement, Souveraineté alimentaire et Développement territorial durable ».
Un double enjeu : environnement et alimentation
À travers ce thème, l’accent est mis sur la relation entre forêts, agriculture et sécurité alimentaire. Le reboisement ne vise pas seulement la restauration du couvert végétal, mais aussi la création d’opportunités économiques pour les communautés rurales grâce à des espèces utiles et productives.
Cette année, deux arbres symboliques ont été choisis comme parrains :
Le Manguier, source de fruits, revenus agricoles et emploi dans les filières agroalimentaires.
Le Baobab, arbre emblématique du Sénégal, symbole de résilience, aux multiples usages nutritionnels et médicinaux.
Une stratégie pour le développement durable
La Journée nationale de l’Arbre 2025 s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à lutter contre l’avancée du désert, restaurer les terres dégradées et promouvoir des pratiques agricoles durables. En favorisant la plantation d’arbres à forte valeur écologique et économique, l’État entend conjuguer transition écologique et souveraineté alimentaire, deux priorités nationales.
Des milliers de plants seront distribués à travers le pays, avec une mobilisation des collectivités locales, des écoles et des associations communautaires. L’objectif : planter des millions d’arbres pour ancrer la culture du reboisement dans les habitudes citoyennes.
En déplacement à New York, le ministre sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Cheikh Tidiane Diéye, a représenté le Sénégal à la réunion préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l’Eau 2026. Un rendez-vous crucial qui réunit les États membres, les agences onusiennes et les partenaires techniques pour préparer les grandes orientations de la conférence mondiale à venir.
Prenant la parole devant les délégués, le ministre a porté la voix de l’Afrique de l’Ouest et du Sénégal en particulier, en insistant sur l’urgence d’agir face à la crise mondiale de l’eau, qui menace la sécurité humaine, la stabilité régionale et les objectifs de développement durable.
Une mobilisation forte pour un accès équitable à l’eau
Cheikh Tidiane Diéye a rappelé que des millions de personnes à travers le monde vivent encore sans accès sécurisé à l’eau potable et à l’assainissement. Il a plaidé pour une gouvernance plus équitable des ressources hydriques, des investissements accrus dans les infrastructures, et une prise en compte des réalités locales dans les politiques mondiales.
« L’eau ne peut plus être un luxe ou une source de conflit, elle doit devenir un levier de coopération, de justice et de dignité humaine », a déclaré le ministre dans son intervention.
Dakar accueillera une réunion internationale en janvier 2026
Dans la continuité de cet engagement, le ministre a annoncé que le Sénégal organisera une réunion de haut niveau sur l’eau à Dakar en janvier 2026, en amont de la Conférence onusienne. Cette rencontre rassemblera chefs d’État, experts, institutions et société civile autour de solutions africaines et innovantes pour une gestion durable de l’eau.
Ce sommet régional vise à renforcer la voix du continent africain dans les négociations internationales, et à faire émerger des propositions concrètes pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement, dans un contexte de changement climatique et de pression démographique.
Le Sénégal, un acteur engagé sur la scène mondiale
Ce déplacement confirme le rôle croissant du Sénégal dans la diplomatie environnementale mondiale. Le pays, qui a déjà accueilli en 2022 le 9e Forum mondial de l’eau, continue de se positionner comme un leader africain dans la promotion d’une gestion responsable et solidaire des ressources naturelles.
À l’approche de la Conférence de l’ONU sur l’Eau 2026, le Sénégal entend faire entendre sa voix, mais aussi impulser une dynamique de mobilisation globale, en faveur d’un avenir où l’eau sera un droit garanti pour tous.
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a reçu ce week-end à Dakar Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, en marge de la tenue du forum économique Inspire & Connect. Cet événement majeur, qui a réuni plus de 1000 acteurs économiques venus d’Afrique, d’Europe et d’Asie, avait pour objectif de promouvoir la co-industrialisation, les investissements croisés et les partenariats Sud-Sud et franco-africains.
Une rencontre axée sur la co-industrialisation et le financement de l’innovation
Au cœur des échanges entre le Premier ministre sénégalais et le patron de la banque publique d’investissement française : les opportunités de coopération économique entre la France et le Sénégal, notamment dans les domaines de l’industrialisation, de l’innovation, du soutien aux PME et de la transition énergétique.
Bpifrance, qui accompagne depuis plusieurs années les entreprises françaises dans leur internationalisation, s’intéresse de près aux potentiels de croissance du marché africain. Le Sénégal, avec ses ambitions industrielles réaffirmées dans le Plan d’action prioritaire ajusté et accéléré (PAP2A), constitue une porte d’entrée stratégique vers l’Afrique de l’Ouest.
Le forum Inspire & Connect, plateforme de synergies économiques
Organisé à Dakar, le forum Inspire & Connect s’est imposé comme un carrefour de dialogue entre investisseurs, dirigeants d’entreprise, start-ups et institutions publiques. L’édition 2025 a mis en avant la nécessité de repenser les modèles de coopération économique, dans une logique de production partagée, de montée en compétence et de souveraineté industrielle régionale.
Plusieurs panels ont abordé des thèmes clés : la co-localisation industrielle, le financement de l’innovation en Afrique, les chaînes de valeur durables, ou encore l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
Une dynamique de coopération renforcée
La visite de Nicolas Dufourcq à Dakar s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens économiques franco-sénégalais, en misant sur des partenariats équilibrés et innovants. Le Premier ministre Ousmane Sonko a salué l’initiative du forum, soulignant l’importance pour les pays africains de prendre part activement aux dynamiques industrielles mondiales, tout en protégeant leurs intérêts et en valorisant leurs savoir-faire.
Selon plusieurs observateurs, cette rencontre entre les autorités sénégalaises et la direction de Bpifrance ouvre la voie à de nouvelles opportunités d’investissement dans les secteurs stratégiques du pays, notamment l’agro-industrie, les énergies renouvelables, les infrastructures et le numérique.
Le chef-d’œuvre littéraire de Mariama Bâ, Une si longue lettre, s’apprête à connaître une nouvelle vie sur grand écran. La réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang a entrepris l’adaptation cinématographique de ce roman emblématique, salué comme l’un des piliers de la littérature africaine francophone. Une initiative qui promet de faire résonner à nouveau, à travers l’image, les voix et les luttes des femmes africaines.
Une œuvre féministe intemporelle revisitée
Publié en 1979, Une si longue lettre est un roman épistolaire dans lequel Ramatoulaye, une femme sénégalaise récemment veuve, écrit à son amie Aïssatou pour revenir sur sa vie de couple, sa condition de femme, et ses espoirs déçus. À travers ce récit personnel et poignant, Mariama Bâ interroge les rapports de genre, le poids des traditions, et le rôle de la femme dans la société sénégalaise post-indépendance.
Quarante-cinq ans après sa parution, l’adaptation cinématographique par Angèle Diabang s’annonce comme un hommage puissant et contemporain à cette œuvre fondatrice. La réalisatrice entend restituer l’essence du roman tout en y apportant une lecture visuelle sensible et engagée, fidèle à son propre regard de femme africaine et de cinéaste.
Une adaptation portée par une vision féminine forte
Angèle Diabang n’est pas une inconnue dans le monde du cinéma africain. Formée en Allemagne et en France, elle est l’auteure de plusieurs documentaires et courts-métrages salués pour leur engagement social et leur esthétique soignée. À travers ce projet ambitieux, elle affirme une volonté de redonner une voix aux femmes africaines, dans un secteur encore largement dominé par les regards masculins.
« Une si longue lettre est une œuvre qui a marqué des générations. La porter à l’écran, c’est à la fois honorer Mariama Bâ et inviter les jeunes d’aujourd’hui à se confronter à ces réalités encore très actuelles », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Dakar.
Une attente forte dans le monde littéraire et cinématographique
L’annonce de cette adaptation a suscité une grande attente dans les milieux culturels africains et au-delà. Le roman de Mariama Bâ est enseigné dans de nombreuses écoles et universités à travers le monde, et il est reconnu pour avoir donné une voix puissante aux femmes africaines dans la littérature.
La version cinématographique ambitionne ainsi de toucher un public plus large, notamment les jeunes générations, et de faire (re)découvrir ce classique sous un autre angle. Le tournage devrait débuter courant 2025, entre Dakar et Saint-Louis, avec un casting en cours de finalisation.
Un projet symbolique pour le cinéma africain
En portant à l’écran Une si longue lettre, Angèle Diabang s’inscrit dans une dynamique de valorisation du patrimoine littéraire africain à travers le cinéma. Ce projet incarne une alliance entre mémoire, art et militantisme, à un moment où les voix féminines prennent de plus en plus de place dans les industries culturelles du continent.
Le film, très attendu, pourrait devenir un jalon marquant dans l’histoire du cinéma africain, et renforcer la visibilité des œuvres littéraires africaines dans l’univers cinématographique mondial.
Le Sénégal a entamé sa campagne dans la Coupe d’Afrique des Nations Féminine 2025 de la plus belle des manières. Les Lionnes de la Téranga ont infligé une large défaite à la République Démocratique du Congo (RDC), dans un match maîtrisé de bout en bout, lançant ainsi un signal fort à l’ensemble des prétendantes au titre.
Un début tonitruant
Sous les projecteurs d’un stade acquis à leur cause, les Sénégalaises ont imposé leur rythme dès les premières minutes. Résultat : un score fleuve qui reflète non seulement leur supériorité technique, mais aussi leur maturité tactique.
Score final : Sénégal 4 – 0 RDC
Les buteuses du jour ont démontré toute la puissance offensive du groupe, combinant vitesse, précision et sang-froid devant les cages adverses.
Une équipe bien en place, un coaching gagnant
L’entraîneur national a opté pour un schéma offensif audacieux, qui a payé. Le milieu de terrain sénégalais s’est montré dominant et créatif, tandis que la défense n’a laissé aucune opportunité aux attaquantes congolaises.
Les remplacements ont également été stratégiques, permettant de préserver les cadres tout en donnant du temps de jeu aux jeunes talents.
Des ambitions affirmées
Avec cette victoire, le Sénégal envoie un message clair : les Lionnes sont là pour jouer les premiers rôles. Dans un groupe relevé, cette entrée en matière idéale pourrait faire toute la différence pour atteindre les quarts, voire plus.
Prochain rendez-vous : un duel attendu contre un adversaire plus expérimenté, qui testera la solidité mentale et physique de l’équipe.
Réactions
“On a respecté notre plan de jeu, maintenant il faut rester concentrées. Le tournoi est long.”
— Capitaine des Lionnes
“C’est une belle victoire, mais ce n’est que le début.”
— Sélectionneur du Sénégal
Un démarrage en fanfare
En battant la RDC avec brio, les Lionnes de la Téranga ont non seulement marqué des points sur le terrain, mais aussi dans les esprits. La CAN féminine 2025 pourrait bien être l’édition de la consécration pour le Sénégal.
À moins de deux ans du coup d’envoi des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le Sénégal intensifie les préparatifs pour accueillir ce rendez-vous mondial historique, une première sur le continent africain. Plus qu’un événement sportif, les JOJ sont perçus comme un levier de transformation pour le sport, les infrastructures et la jeunesse sénégalaise.
Une ambition au-delà de l’organisation
Sous la coordination du Comité d’organisation Dakar 2026 (COJOJ), les autorités sénégalaises, en étroite collaboration avec le Comité International Olympique (CIO), ont clairement affiché leur ambition : faire de Dakar 2026 un modèle d’organisation et d’héritage durable. Les JOJ ne seront pas simplement un événement de prestige, mais un catalyseur pour le développement du sport à la base, la modernisation des installations sportives et l’implication active des jeunes.
Des infrastructures modernisées et adaptées
La réhabilitation et la construction d’infrastructures sportives sont en cours, notamment le stade Iba Mar Diop, le centre olympique de Diamniadio et d’autres sites clés à Dakar. Ces installations ont été pensées non seulement pour répondre aux exigences du CIO, mais aussi pour servir à long terme les athlètes locaux, les clubs, les écoles et les fédérations.
Un projet tourné vers la jeunesse
Au-delà du sport de haut niveau, Dakar 2026 mise sur la jeunesse. Plusieurs programmes éducatifs et culturels sont associés à l’événement, visant à promouvoir les valeurs olympiques, l’inclusion sociale, l’égalité des genres et l’engagement citoyen. La jeunesse sénégalaise est au cœur du projet, non seulement comme spectatrice, mais comme actrice.
Un héritage pour l’Afrique
Les JOJ 2026 représentent également une vitrine pour l’Afrique. Pour la première fois, le continent accueille une compétition olympique, un signal fort qui souligne son potentiel croissant dans l’organisation d’événements internationaux. Dakar 2026 ambitionne ainsi de poser les bases d’une nouvelle dynamique continentale dans le domaine du sport et de la jeunesse.
Conclusion
En s’engageant pleinement dans la préparation des JOJ 2026, le Sénégal ne prépare pas uniquement une compétition : il construit un avenir. Un avenir où les infrastructures, les talents, l’éducation et les valeurs sportives convergent pour façonner une génération inspirée et un pays renforcé. Dakar 2026 s’annonce déjà comme un tournant majeur dans l’histoire du sport sénégalais et africain.
« Je suis partie pour mieux revenir ». C’est par ces mots que Coumba Sow, trentenaire née en France de parents sénégalais, résume le virage radical qu’elle a pris en 2022. Coumba Sow a toujours nourri un attachement profond pour le pays de ses ancêtres. En avril 2022, elle saute le pas.Cadre dans une banque renommée à Paris, elle décide de tout quitter pour s’installer au Sénégal. Un choix risqué mais assumé.
Son objectif : investir et développer des projets professionnels, redonner du sens à sa vie tout en contribuant au développement local.
« Je suis née et j’ai grandi en France, mais le Sénégal a toujours été une part importante de ma vie », confie Coumba Sow originaire du Fouta, dans le nord du Sénégal.
Depuis son plus jeune âge, elle passait toutes ses vacances scolaires au pays, au sein d’une association de la diaspora qui organisait des séjours collectifs au village. Ces voyages ont profondément ancré en elle l’amour du Sénégal, de sa culture et de sa langue.
Quitter le confort parisien pour retrouver les racines
Ils sont de plus en nombreux les expatriés prêts à revenir investir et entreprendre dans leur pays d’origine, conscients des opportunités et des nouveaux marchés qui émergent au bercail.
Formée en France, Coumba est diplômée d’un Master en Banque-finance et a exercé en tant que manager dans une agence de la Société Générale à Paris.
Pourtant, au fil des années, l’appel du pays natal se faisait de plus en plus fort.
« J’avais toujours cette envie de contribuer au développement du Sénégal. Et je voyais le pays se transformer, se moderniser. C’était le moment de tenter quelque chose. »
C’est pendant la crise du Covid-19 que le projet prend forme. Coumba se mobilise bénévolement pour aider les membres de la diaspora à obtenir leur pièce d’identité sénégalaise, indispensable pour rentrer au pays en période de fermeture des frontières.
Son engagement se prolonge sur les réseaux sociaux, notamment sur Snapchat, où elle fédère une communauté en quête d’informations concrètes : comment obtenir une carte nationale sénégalaise ? Comment s’installer au Sénégal ? Où investir ? Où passer ses vacances ?
Face à cette demande croissante, elle crée en 2021 « Paris Sénégal », une agence de services dédiée aux projets en lien avec le pays.
« On veut faire le pari du Sénégal. Montrer que tout est possible ici », confie-t-elle.
Légende image,Coumba Sow a lancé le projet dénommé « Un terrain pour tous. »
« Pari-Sénégal », un pont entre deux mondes
Installée d’abord à Dakar, Coumba Sow propose des services de conciergerie, de location de vacances, de mise en relation avec des avocats pour des litiges fonciers, et d’accompagnement administratif. Forte de son carnet d’adresses, elle aide ceux qui, comme elle, veulent s’installer, investir ou entreprendre au Sénégal.
L’aventure à Dakar n’est pas de tout repos. Là-bas, elle découvre un pays en mouvement, plein d’opportunités, mais aussi confronté à de nombreux défis.
« J’ai vu à quel point le retour peut être complexe pour les membres de la diaspora. Entre démarches administratives, manque d’informations et désillusions, beaucoup finissent par abandonner », observe-t-elle.
« Entre 2020 et 2022, j’ai répondu à des centaines de questions : comment acheter un terrain ? Créer une entreprise ? Ouvrir un compte bancaire ? » raconte-t-elle.
En novembre 2021, elle organise la première « Rencontre Paris-Sénégal » à Paris.
Près de 300 personnes assistent à l’évènement. Des représentants de l’APIX (Agence Nationale chargée de la Promotion de l’Investissement et des Grands Travaux), de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide (DER) et des entrepreneurs de la diaspora partagent leur expérience. Ce fut une réussite et un tournant. « C’est à ce moment que j’ai compris qu’il y avait un vrai besoin, une vraie attente », dit-elle.
De cette prise de conscience naît son projet : Pari-Sénégal. Un dispositif qu’elle a elle-même conçu pour accompagner les membres de la diaspora dans leur retour et leurs investissements. « Je veux leur éviter les erreurs que j’ai commises. Leur montrer qu’il est possible de réussir ici, à condition d’être bien préparé », dit-elle.
Le programme propose un accompagnement personnalisé : conseils juridiques, mise en relation avec des partenaires de confiance, formation sur l’écosystème local, visites sur le terrain… »C’est un accompagnement humain, avec une vraie compréhension des réalités des deux côtés de la Méditerranée. »
S’installer au Sénégal : entre préparation et adaptation
Pour Coumba Sow, réussir son retour au pays passe par une bonne préparation. « Le premier conseil que je donne, c’est de définir une stratégie d’installation. Est-ce que je veux revenir comme entrepreneur ? Comme salarié ? Ou bien je tente l’aventure et je vois sur place ? » explique-t-elle.
Elle insiste aussi sur la nécessité de s’adapter : « Une fois que vous êtes au Sénégal, vous êtes au Sénégal. Il faut comprendre les réalités locales, apprendre à vivre avec, et rester curieux. »
Son dernier conseil : oser. « Il n’y a jamais de moment parfait. Il faut se lancer. L’Afrique, c’est l’avenir. Le Sénégal est un pays magnifique, avec un peuple accueillant, une nature généreuse, et des opportunités partout. »
Aujourd’hui, depuis ses bureaux à Saly, Coumba développe un nouveau projet : Un terrain pour tous. Elle propose des terrains à petit budget en périphérie de la nouvelle voie de contournement de Pointe-Sarène, une zone en pleine transformation. Elle a même construit une maison témoin, destinée à la vente, pour prouver qu’il est possible de bâtir au Sénégal avec un budget modeste.
« L’objectif, c’est de démocratiser l’accès à la propriété, en particulier pour les membres de la diaspora qui veulent investir mais n’osent pas », explique-t-elle.
Légende image,Ces dernières années, une tendance de fond se dessine sur le continent africain : de jeunes diplômés formés à l’étranger, notamment en Europe et en Amérique du Nord, font le choix de retourner dans leur pays d’origine pour y entreprendre.
Le soutien des parents, un moteur essentiel
Quand elle a annoncé son projet de retour, ses parents ont été surpris, mais fiers.
« Quand j’ai expliqué à mes parents que je voulais m’installer au Sénégal, ma mère a été tellement contente, j’avais l’impression que je réalisais son rêve. Et mon père, avec qui j’ai une relation très fusionnelle, m’a juste demandé : qu’est-ce que tu vas faire là-bas exactement ? Je lui ai expliqué que je devais être sur place pour développer mon entreprise. Il m’a dit : ‘Bismillah’ », raconte-t-elle avec émotion.
« Je lui ai dit : Baba, quand tu es venu en France, est-ce que tu aurais pensé qu’un jour j’irais m’installer au Sénégal ? » Il m’a dit non. Il m’a toujours soutenue pour mon retour au pays, il m’a toujours encouragée, mais il n’aurait jamais pensé à ça. Et maintenant, il le comprend, il l’encourage. Il est fier. Quand je me suis installée, il m’appelait tous les jours. Aujourd’hui, il ne m’appelle plus. Il sait que tout va bien, il est fier de moi. Alhamdoulilah », dit-elle, le sourire large.
Pour Coumba Sow, ce retour au pays n’est pas une fin en soi, mais un début. Elle espère contribuer à changer le regard sur l’Afrique et valoriser le potentiel de la diaspora. « On peut être utile autrement. Investir, créer de la valeur, former, transmettre », insiste-t-elle.
La jeune entrepreneure multiplie les rencontres avec des membres de la diaspora porteurs de projets, des collectivités locales et des bailleurs. Son engagement commence à porter ses fruits. « Quand je vois une famille qui parvient à construire un logement décent ou à lancer un petit commerce grâce à notre accompagnement, je me dis que ça valait le coup. »
Légende image,Coumba Sow propose à ses clients des terrains à petit budget pour leur permettre d’accéder à la propriété au Sénégal.
Un appel à la diaspora : « Le Sénégal vous attend »
À ceux qui hésitent encore à franchir le pas, Coumba adresse un message : « Revenir ne veut pas dire échouer en Europe. Cela peut être un acte fort, stratégique et porteur de sens. Mais il faut s’y préparer sérieusement. »
Selon l’OCDE, (Organisation de coopération et de développement économiques), environ 400 000 Sénégalais vivent à l’étranger. Pour Coumba Sow, nombre d’entre eux nourrissent le désir de revenir, motivés par la stabilité politique, la croissance économique ou tout simplement la nostalgie. « Le FMI prévoit un taux de croissance de 9,3 % pour 2025. C’est le moment de croire au pays, de tenter un projet. Même petit. Le Sénégal a besoin de nous tous. »
Entre Paris et Dakar, Coumba Sow incarne une génération de binationaux qui refusent de choisir entre deux identités et préfèrent bâtir des ponts. « J’ai compris que mon avenir ne se limitait pas à un pays ou à une nationalité. Mon avenir, je le construis là où je me sens utile. »
Avec « Pari-Sénégal », Coumba Sow souhaite désormais aller plus loin, en structurant un réseau transnational de compétences, d’opportunités et de solidarité. Une façon de transformer les rêves de retour en projets durables.
Ces dernières années, une tendance de fond se dessine sur le continent africain : de jeunes diplômés formés à l’étranger, notamment en Europe et en Amérique du Nord, font le choix de retourner dans leur pays d’origine pour y entreprendre. Ce mouvement, encore marginal il y a une décennie, gagne aujourd’hui en ampleur. Plusieurs facteurs expliquent cet élan de retour et d’investissement local.
Pour beaucoup, retourner « au pays » est un projet de vie. Le besoin de renouer avec ses racines, de se rapprocher de sa famille ou de donner une autre éducation à ses enfants participe aussi à cette dynamique de retour.
De plus en plus de jeunes Africains de la diaspora sont animés par le désir de « rendre » à leur pays ce qu’ils estiment avoir reçu. Face à des marchés souvent saturés en Occident, les pays africains offrent des opportunités de croissance inédites. La jeunesse de la population, l’émergence d’une classe moyenne et les besoins non couverts dans de nombreux secteurs constituent un terreau fertile pour les entrepreneurs. Pour beaucoup, l’Afrique représente un « marché vierge » où tout reste à bâtir.
La session ordinaire de l’Assemblée nationale s’est achevée sur une note de diplomatie et de fraternité ce 30 juin 2025, marquée par l’intervention du président de l’Assemblée nationale gambienne, Fabakary Tombong Jatta. En visite officielle au Sénégal, le chef du législatif gambien a exprimé son admiration pour la qualité des relations entre les deux institutions parlementaires, qu’il a qualifiées de « modèle de démocratie parlementaire en Afrique de l’Ouest ».
Dans son allocution, Fabakary Jatta a salué l’accueil chaleureux des autorités sénégalaises et souligné l’importance de renforcer la coopération interparlementaire entre Banjul et Dakar. Il a mis en avant les enjeux communs aux deux nations, notamment la sécurité transfrontalière, l’intégration économique et les défis liés à la jeunesse, plaidant pour une harmonisation des approches législatives afin de mieux y répondre.
Du côté sénégalais, les autorités parlementaires ont abondé dans le même sens, réaffirmant leur attachement à une collaboration dynamique, nourrie par des échanges réguliers, des formations croisées et une coordination accrue dans les instances régionales comme le Parlement de la CEDEAO.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de diplomatie parlementaire, visant à consolider l’axe Dakar-Banjul dans une Afrique de l’Ouest confrontée à de nombreux défis, mais riche en opportunités de coopération sud-sud.