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Le Sénégal franchit une nouvelle étape vers une politique linguistique au service de l’école.

Le Sénégal amorce une nouvelle étape dans la transformation de son système éducatif avec l’élaboration de son premier Document de politique linguistique nationale (DPLN). Ce cadre stratégique entend redéfinir la place des langues nationales dans l’éducation, la transmission des savoirs et la préservation du patrimoine culturel, tout en renforçant leur contribution au développement du capital humain.

La validation technique du document s’est tenue mardi 28 juillet 2026 à Dakar, à l’occasion d’un atelier présidé par Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale. La rencontre a réuni plusieurs catégories d’acteurs engagés dans les politiques éducatives et linguistiques : universitaires, linguistes, chercheurs, spécialistes de l’éducation, représentants de la société civile ainsi que partenaires techniques et financiers.

À travers cette démarche, les autorités sénégalaises ambitionnent de construire un système éducatif davantage en phase avec les réalités linguistiques, culturelles et sociales du pays.

Un cadre stratégique pour repenser l’apprentissage

Fruit d’un processus de réflexion, de concertation et d’expertise, le DPLN est appelé à devenir un document de référence pour l’orientation des politiques publiques relatives aux langues. Son objectif est notamment de favoriser l’émergence d’un environnement éducatif dans lequel les langues nationales occupent une place plus importante dans l’acquisition et la transmission des connaissances.

Au-delà de leur fonction de communication, ces langues constituent en effet des vecteurs de savoirs endogènes, de mémoire collective et d’identité culturelle. Leur meilleure intégration dans le système éducatif est ainsi présentée comme un moyen de rapprocher l’école des réalités quotidiennes des apprenants et de renforcer leur capacité à comprendre et à assimiler les enseignements.

Cette orientation repose sur un principe central : la maîtrise de la langue première peut faciliter les apprentissages fondamentaux et favoriser une meilleure appropriation des connaissances. L’ambition est donc de permettre aux enfants d’accéder aux premiers enseignements dans une langue qu’ils comprennent et pratiquent, avant de développer progressivement leurs compétences dans d’autres langues, notamment le français.

Le plurilinguisme présenté comme un levier de réussite scolaire

Pour les autorités éducatives, la promotion des langues nationales ne s’inscrit pas dans une logique de substitution, mais dans une approche fondée sur le plurilinguisme. Il s’agit de valoriser les compétences linguistiques des élèves tout en leur permettant d’acquérir progressivement la maîtrise de plusieurs langues nécessaires à leur parcours scolaire, professionnel et citoyen.

Cette approche s’inscrit dans la dynamique de refondation curriculaire engagée par le Sénégal. Celle-ci vise à faire évoluer les contenus et les méthodes d’enseignement afin de construire une école plus inclusive, plus équitable et davantage adaptée aux réalités du pays.

Dans cette perspective, le plurilinguisme est considéré comme une richesse et un atout stratégique. Il doit permettre de mieux prendre en compte la diversité culturelle et linguistique du Sénégal, tout en préparant les jeunes générations à évoluer dans un environnement national, africain et international de plus en plus interconnecté.

Une ambition qui dépasse le cadre de l’école

La portée du DPLN dépasse toutefois la seule question de l’enseignement. À travers cette politique, le Sénégal entend également renforcer la reconnaissance institutionnelle des langues nationales et leur contribution à la construction d’une société fondée sur ses propres ressources culturelles, intellectuelles et scientifiques.

Cette orientation rejoint les ambitions affichées dans la vision « Sénégal 2050 », qui accorde une place importante à la valorisation du savoir, à l’innovation et au développement d’un capital humain capable de soutenir la transformation économique et sociale du pays.

La politique linguistique apparaît ainsi comme un élément d’une réflexion plus large sur la souveraineté éducative et culturelle. En donnant davantage de place aux langues nationales dans la production et la transmission des connaissances, les autorités souhaitent favoriser l’émergence d’un modèle éducatif mieux enraciné dans les réalités sénégalaises, tout en restant ouvert sur le monde.

Prenant la parole lors de l’atelier de validation technique, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre une démarche fondée sur la concertation et la co-construction.

Le ministre a salué l’implication des différents acteurs ayant contribué à l’élaboration du document, notamment le comité scientifique de la Refondation curriculaire, les experts nationaux et internationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La validation technique constitue désormais une étape importante dans le processus d’élaboration de cette politique linguistique nationale. Elle ouvre la voie à la poursuite des travaux nécessaires à sa mise en œuvre et à sa traduction concrète dans le système éducatif.

De la politique à la réalité des salles de classe

Le véritable enjeu résidera désormais dans la capacité du Sénégal à transformer les orientations du DPLN en actions concrètes. La généralisation de l’utilisation des langues nationales dans l’éducation suppose en effet de relever plusieurs défis, notamment la formation des enseignants, la production de supports pédagogiques adaptés, la standardisation et la disponibilité des ressources linguistiques ainsi que l’accompagnement des établissements scolaires.

La réussite de cette politique dépendra également de la capacité à articuler efficacement les différentes langues d’enseignement et à garantir aux élèves une continuité pédagogique tout au long de leur parcours.

Avec ce premier Document de politique linguistique nationale, le Sénégal pose néanmoins les bases d’une nouvelle réflexion sur le rôle des langues dans l’éducation et la construction du capital humain. Une démarche qui pourrait contribuer à rapprocher davantage l’école des réalités du pays et à faire des langues nationales non seulement des instruments de transmission culturelle, mais également de véritables leviers de réussite scolaire, d’inclusion et de développement.

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Hépatites virales au Sénégal : une urgence sanitaire face à une maladie encore trop silencieuse.

Les hépatites virales s’imposent comme l’un des défis majeurs de santé publique au Sénégal. Leur forte prévalence, combinée à leur évolution souvent silencieuse et au risque de complications graves, en fait une priorité sanitaire qui nécessite, selon les spécialistes, une mobilisation accrue en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge.

À l’approche de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée chaque année le 28 juillet, le coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH), le professeur Bamba Kane, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la situation. Dans un entretien accordé à l’APS, il a notamment évoqué des niveaux de prévalence particulièrement préoccupants pour les virus des hépatites B et C.

Une circulation importante du virus de l’hépatite B

Selon les données communiquées par le PNLH, 85 % de la population sénégalaise présentent des marqueurs indiquant un contact antérieur avec le virus de l’hépatite B (VHB). Parmi ces personnes, entre 5,7 % et 10 % seraient des porteurs chroniques du virus. Par ailleurs, environ 2 % de la population vivraient avec une infection chronique au virus de l’hépatite C (VHC).

« Au Sénégal, 85 % de la population ont un marqueur de l’hépatite B, 5,7 à 10 % sont des porteurs chroniques du VHB qui est la première cause de cancer du foie et 2 % sont des porteurs chroniques du virus de l’hépatite C », a expliqué le professeur Bamba Kane.

Ces chiffres illustrent, selon le spécialiste, l’importance de la circulation des virus des hépatites dans le pays et la nécessité de renforcer les dispositifs de lutte contre ces infections.

L’hépatite B constitue notamment une préoccupation majeure en raison de ses complications potentielles. Lorsqu’elle devient chronique et n’est pas correctement prise en charge, l’infection peut entraîner des lésions progressives du foie, évoluer vers une cirrhose et, dans certains cas, conduire à un cancer primitif du foie.

Des modes de transmission multiples

Les hépatites virales regroupent plusieurs infections provoquées par différents virus, généralement désignés par les lettres A, B, C, D et E. Leur mode de transmission et leur évolution diffèrent selon le type de virus.

Les hépatites A et E sont principalement liées à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés. Elles guérissent généralement sans évoluer vers une infection chronique. Les hépatites B et C, en revanche, présentent un risque plus important de complications à long terme.

Le virus de l’hépatite B peut notamment se transmettre de la mère à l’enfant, lors de l’accouchement, mais aussi par contact avec du sang infecté ou lors de rapports sexuels non protégés. Le virus de l’hépatite C est principalement transmis par exposition au sang contaminé. Quant à l’hépatite D, elle ne peut infecter qu’une personne déjà porteuse du virus de l’hépatite B.

La diversité des modes de transmission souligne l’importance d’une approche globale combinant vaccination, prévention, sécurité des soins, sensibilisation et dépistage.

Une maladie souvent silencieuse jusqu’aux complications

L’un des principaux obstacles à la lutte contre les hépatites réside dans leur caractère souvent asymptomatique. De nombreuses personnes infectées peuvent vivre pendant plusieurs années sans présenter de signes apparents, tout en développant progressivement des lésions hépatiques.

Lorsque les symptômes apparaissent, ils peuvent se traduire par une fatigue persistante, une perte d’énergie, des nausées, des vomissements ou encore une diminution de l’appétit. Dans les formes plus avancées, un ictère, reconnaissable à la coloration jaunâtre de la peau et du blanc des yeux, peut également survenir.

Cette évolution silencieuse rend le dépistage particulièrement important. Une personne qui ignore son statut peut en effet ne pas bénéficier d’une prise en charge précoce et, dans certains cas, transmettre le virus à son entourage.

Le dépistage et la prévention au cœur de la riposte

Face à cette situation, le coordonnateur du PNLH plaide pour une intensification des efforts de sensibilisation et de prévention. Le renforcement de la vaccination contre l’hépatite B, l’élargissement de l’accès au dépistage et l’amélioration de la prise en charge des personnes infectées figurent parmi les principaux leviers de lutte contre la maladie.

L’enjeu est également de mieux informer les populations sur les modes de transmission et sur l’importance d’un diagnostic précoce. Pour les professionnels de santé, l’identification rapide des personnes infectées permet de les orienter vers une prise en charge adaptée et de limiter le risque d’évolution vers des complications sévères.

À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, le Sénégal est ainsi appelé à renforcer sa mobilisation contre ces infections qui demeurent largement méconnues du grand public. Dans un contexte où les hépatites B et C peuvent évoluer durant de longues années sans symptômes apparents, le message des autorités sanitaires reste clair : se faire dépister constitue une étape essentielle pour connaître son statut, accéder aux soins à temps et prévenir les conséquences les plus graves de la maladie.

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Aflatoxines dans le riz : le ministère de l’Industrie et du Commerce dément une contamination généralisée au Sénégal.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a formellement démenti les informations faisant état d’une contamination généralisée du riz par les aflatoxines au Sénégal. Dans un communiqué rendu public dimanche 26 juillet, le département ministériel assure que les produits alimentaires destinés à la consommation font l’objet de contrôles sanitaires réguliers et invite les populations à ne pas céder à la psychose.

Plus de 2 000 analyses réalisées au premier semestre 2026

Selon le ministère, les informations relayées ces derniers jours ne reflètent pas la réalité du système national de surveillance de la qualité des denrées alimentaires. Les autorités rappellent que les produits alimentaires, qu’ils soient importés ou issus de la production locale, sont soumis à des contrôles de conformité avant leur mise sur le marché, puis à des inspections régulières effectuées par les services compétents et les laboratoires de référence.

Entre janvier et juin 2026, plus de 2 000 analyses auraient ainsi été réalisées par plusieurs structures spécialisées, parmi lesquelles le Laboratoire national d’analyse et de contrôle (Lanac), l’Institut de technologie alimentaire (Ita), l’Institut Pasteur de Dakar (Ipd), l’École supérieure polytechnique (Esp) et le Centre de recherche en écotoxicologie (Ceres-Locustox).

Pour le ministère, ces dispositifs visent à garantir la conformité des denrées alimentaires aux normes sanitaires en vigueur et à protéger la santé des consommateurs.

Un débat sur la méthodologie de l’étude à l’origine des inquiétudes

Le département de l’Industrie et du Commerce conteste également la portée des résultats d’une étude récemment relayée dans l’espace public. Selon les autorités, celle-ci repose sur un échantillon de 200 prélèvements effectués dans seulement trois localités : Dakar, Thiès et Kaolack.

Une base d’échantillonnage que le ministère juge insuffisante pour permettre d’étendre les conclusions à l’ensemble du territoire national. Les autorités estiment ainsi que les résultats obtenus ne peuvent être considérés comme représentatifs de la situation globale du riz commercialisé ou produit au Sénégal.

Le ministère met également en avant une différence dans les seuils réglementaires utilisés pour évaluer la présence d’aflatoxines. D’après son communiqué, l’étude aurait retenu le seuil fixé par la réglementation européenne, soit 4 microgrammes par kilogramme, tandis que le Sénégal se réfère à la norme internationale du Codex Alimentarius, qui établit la limite maximale à 20 microgrammes par kilogramme.

Le ministère conteste les affirmations sur le riz produit localement

Sur cette base, le département ministériel souligne que la concentration la plus élevée relevée dans l’étude, estimée à 18,6 microgrammes par kilogramme, reste inférieure au seuil de 20 microgrammes par kilogramme retenu par la réglementation à laquelle le Sénégal se conforme.

Le ministère réfute par ailleurs l’affirmation selon laquelle la moitié du riz produit localement serait contaminée par les aflatoxines. Il souligne qu’aucun des échantillons analysés dans l’étude ne proviendrait de la vallée du fleuve Sénégal, principale zone de production rizicole du pays.

Pour les autorités, cette absence d’échantillons provenant de cette importante zone agricole ne permet donc pas d’extrapoler les résultats de l’étude à l’ensemble du riz produit localement.

Les autorités veulent rassurer les consommateurs

Alors que les informations sur une éventuelle contamination ont suscité des inquiétudes parmi les consommateurs, le ministère de l’Industrie et du Commerce entend ainsi rassurer l’opinion publique sur la qualité des denrées disponibles sur le marché.

Tout en réaffirmant l’importance du contrôle sanitaire et de la vigilance des autorités, le département appelle les populations à se fier aux résultats des dispositifs officiels de surveillance et à éviter toute conclusion générale fondée sur des données jugées limitées.

Le débat met néanmoins en lumière l’importance d’un suivi scientifique régulier et transparent de la qualité des produits alimentaires, notamment du riz, qui occupe une place centrale dans l’alimentation des Sénégalais.

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Lutte contre le VIH : le Sénégal réaffirme son engagement pour une riposte durable et une meilleure souveraineté sanitaire.

Le Sénégal entend maintenir le cap dans la lutte contre le VIH/Sida et renforcer sa contribution aux efforts continentaux visant à accélérer l’élimination de l’épidémie. En marge du Sommet extraordinaire de l’Union africaine consacré à la santé, organisé les 21 et 22 juillet 2026 à Accra, au Ghana, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, accompagné de la secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), Dr Safiatou Thiam, s’est entretenu avec la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima.

Cette rencontre de haut niveau a permis d’examiner les perspectives de la riposte contre le VIH, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle mondiale, dans un contexte marqué par l’évolution de l’épidémie, les transformations du système multilatéral et la nécessité de repenser les mécanismes de financement de la santé.

La recrudescence des infections chez les jeunes au cœur des préoccupations

Les échanges ont notamment porté sur la progression préoccupante des nouvelles infections chez les adolescentes, les jeunes filles et les jeunes garçons. Face à cette tendance, les participants ont insisté sur la nécessité d’adapter les stratégies de prévention et de renforcer les interventions ciblées en direction des populations les plus exposées.

Pour les autorités sénégalaises et l’ONUSIDA, l’inversion de cette dynamique passe par une approche globale combinant prévention, accès au dépistage, prise en charge précoce et lutte contre les facteurs sociaux qui favorisent la propagation du virus. La mobilisation des jeunes eux-mêmes et le renforcement de leur accès à l’information et aux services de santé apparaissent également comme des leviers essentiels.

Vers une souveraineté pharmaceutique africaine

Un autre axe majeur des discussions a concerné la souveraineté sanitaire du continent. Les interlocuteurs ont souligné l’importance d’accélérer le développement de capacités africaines de production de médicaments et de produits de santé.

Cette orientation vise à réduire la dépendance du continent aux importations, à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à garantir un accès plus régulier aux traitements. Elle doit également permettre aux systèmes de santé africains de mieux résister aux crises sanitaires et aux perturbations internationales.

Un sommet continental consacré aux grands défis sanitaires

Placée sous le thème « Éliminer le VIH d’ici à 2030, mettre fin aux décès maternels évitables, lutter contre les maladies transmissibles et non transmissibles endémiques sur le continent et renforcer les systèmes de santé d’ici 2030 », la rencontre d’Accra a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement, des ministres de la Santé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants d’institutions africaines et internationales.

Les travaux ont permis d’évaluer les progrès réalisés dans le secteur sanitaire, tout en mettant en lumière les défis persistants qui compromettent l’atteinte des objectifs fixés à l’horizon 2030. Les participants ont également identifié plusieurs priorités destinées à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable dans le domaine de la santé.

Dakar veut maintenir la mobilisation face au recul des financements

Au cours de leur entretien, les représentants sénégalais et la directrice exécutive de l’ONUSIDA ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une riposte durable, équitable et résiliente contre le VIH. Une ambition qui intervient dans un contexte international marqué par une diminution des financements consacrés à la lutte contre la pandémie, faisant peser de nouvelles incertitudes sur les progrès enregistrés ces dernières années.

À travers sa participation au sommet d’Accra et ses échanges avec les principaux partenaires internationaux, le Sénégal réaffirme ainsi son engagement dans la lutte contre le VIH et dans le renforcement des systèmes de santé africains.

Dakar entend poursuivre ses efforts pour contribuer à l’objectif d’élimination du sida à l’horizon 2030, tout en consolidant les bases d’une santé publique plus autonome et plus résiliente. Cette démarche s’inscrit dans les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et dans la perspective de la réalisation de la Couverture sanitaire universelle sur le continent.

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Sénégal : Bassirou Diomaye Faye annonce de nouvelles mesures pour améliorer les conditions de détention.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé son engagement en faveur du respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Le chef de l’État a reçu, jeudi, les rapports annuels 2024 et 2025 de l’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL), mécanisme national chargé de contribuer à la prévention de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Cette rencontre a été l’occasion pour le président sénégalais d’annoncer plusieurs orientations destinées à améliorer les conditions de détention, réduire la surpopulation carcérale et moderniser le système pénitentiaire.

Un « moment de vérité » pour l’État

À l’occasion de la remise des rapports, Bassirou Diomaye Faye a estimé que cet exercice ne devait pas être considéré comme une simple formalité administrative ou un acte de transparence institutionnelle. Il constitue, selon lui, un véritable « moment de vérité » permettant à l’État d’évaluer la manière dont il traite les personnes auxquelles il a retiré la liberté.

Le chef de l’État a rappelé le rôle spécifique de l’ONLPL, qui n’a vocation ni à se substituer aux agents chargés de l’application des lois ni à défendre directement les personnes privées de liberté. Il représente plutôt, a-t-il souligné, le regard que la République porte sur elle-même pour mesurer la réalité de son engagement en faveur de la dignité humaine.

Au cours des deux dernières années, l’institution a effectué 124 visites dans différents lieux de privation de liberté à travers le pays et formulé plus d’une centaine de recommandations. Le président Faye a salué une démarche fondée sur le dialogue, la coopération et le discernement.

Il a assuré que les recommandations formulées feront l’objet d’un examen approfondi par les départements ministériels concernés, sous la coordination du Premier ministre, afin d’en favoriser la mise en œuvre effective.

Vers un renforcement du cadre juridique

Le président de la République a également mis en avant les évolutions législatives récentes, notamment l’adoption de la loi n° 2026-02 du 26 février 2026, qui actualise le cadre juridique de l’Observateur national.

Le nouveau dispositif rattache désormais le mécanisme à la Primature, une évolution présentée comme un moyen de renforcer son caractère transversal et son efficacité dans la prévention de la torture et la protection des droits fondamentaux.

Dans cette même dynamique, Bassirou Diomaye Faye a demandé aux ministres concernés de réaliser un état des lieux de la prise en charge alimentaire et sanitaire des personnes placées en garde à vue et de veiller au respect effectif des dispositions légales en vigueur. Il a également chargé le Garde des Sceaux de finaliser la révision des textes concernés.

La surpopulation carcérale au cœur des préoccupations

La question de la surpopulation carcérale constitue également une priorité pour l’exécutif. Le président Faye a appelé à approfondir la réflexion sur les peines alternatives à l’emprisonnement et à renforcer l’encadrement de la détention provisoire.

L’objectif est de réduire la pression exercée sur les établissements pénitentiaires et de favoriser une politique pénale mieux adaptée aux réalités du système carcéral.

Sur la question des fouilles, le chef de l’État a également plaidé pour l’utilisation accrue de solutions technologiques, notamment les portiques de détection. Une approche destinée à renforcer la sécurité dans les lieux de détention tout en limitant les pratiques susceptibles de porter atteinte à la dignité des personnes.

Les personnels pénitentiaires au cœur de la réforme

Bassirou Diomaye Faye a, par ailleurs, réaffirmé son soutien aux agents de l’administration pénitentiaire, dont les conditions de travail constituent un élément essentiel du bon fonctionnement du système carcéral.

Il a annoncé que les mesures nécessaires seront prises pour finaliser le projet de loi portant statut des personnels pénitentiaires. Cette réforme doit notamment ouvrir la voie à l’élaboration d’un futur Code pénitentiaire, destiné à moderniser et à mieux structurer le cadre juridique du secteur.

Hommage à Mamadou Yandé Boye

En clôture de son intervention, le président de la République a présenté ses condoléances à l’ONLPL à la suite du décès du commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle Mamadou Yandé Boye, qui exerçait les fonctions d’observateur délégué.

Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage à la mémoire de ce haut fonctionnaire, qui a consacré 47 années de service à l’État et continué, jusqu’à ses derniers jours, à contribuer à la préparation des rapports remis au chef de l’État.

À travers les orientations annoncées, le gouvernement entend ainsi inscrire la réforme du système pénitentiaire dans une approche combinant respect des droits humains, prévention de la torture, amélioration des conditions de détention et modernisation de l’administration pénitentiaire.

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Sénégal : les recettes de l’État rebondissent à 394,4 milliards de FCFA en avril 2026.

Les recettes totales de l’État sénégalais ont enregistré une nette progression en avril 2026, atteignant 394,4 milliards de FCFA, contre 318,7 milliards de FCFA le mois précédent. Cette évolution représente une hausse de 23,8 % en variation mensuelle, selon les données publiées lundi par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans son rapport Repères statistiques.

Cette performance traduit un rebond significatif des ressources mobilisées par l’État au cours du mois d’avril, après le ralentissement observé en mars.

Une progression soutenue par les recettes fiscales et non fiscales

Selon l’ANSD, cette amélioration repose sur la progression simultanée des différentes composantes des recettes publiques.

Le rapport fait état de 39,9 milliards de FCFA de recettes fiscales et de 35,9 milliards de FCFA de recettes non fiscales. Ces performances ont contribué à renforcer les ressources disponibles pour le financement des dépenses publiques et la mise en œuvre des politiques économiques et sociales.

L’évolution des recettes publiques constitue un indicateur important de la capacité de l’État à mobiliser des ressources internes et à soutenir ses engagements budgétaires dans un contexte marqué par des besoins croissants en matière d’investissements publics et de développement.

Une hausse de 16,1 % sur un an

La dynamique est également positive sur une base annuelle. En comparaison avec avril 2025, les recettes totales de l’État affichent une progression de 16,1 %.

Cette amélioration s’explique notamment par la hausse des recettes fiscales, qui ont progressé de 44 milliards de FCFA, ainsi que par l’augmentation des recettes non fiscales, en hausse de 10,8 milliards de FCFA sur la même période.

« En glissement annuel, les recettes totales affichent une amélioration de 16,1 % comparativement au mois d’avril 2025 », souligne l’ANSD.

Un indicateur à surveiller dans le suivi des finances publiques

Cette progression des recettes intervient alors que le Sénégal poursuit ses efforts de mobilisation des ressources intérieures et de consolidation de ses finances publiques.

La capacité à accroître les recettes fiscales et non fiscales demeure un enjeu majeur pour les autorités, notamment pour financer les priorités nationales tout en maîtrisant les équilibres budgétaires.

Le rebond enregistré en avril constitue ainsi un signal favorable, même si son évolution au cours des prochains mois permettra de déterminer s’il s’agit d’une tendance durable ou d’une performance ponctuelle.

Pour les autorités économiques, l’enjeu reste désormais de maintenir cette dynamique de mobilisation des recettes afin de renforcer les marges de manœuvre budgétaires de l’État et de soutenir les investissements nécessaires au développement du pays.

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Sénégal : Dakar apporte officiellement son soutien à la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU.

Le Sénégal apporte désormais officiellement son soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. La décision a été annoncée lundi par les autorités sénégalaises, à la suite d’une rencontre entre l’ancien chef de l’État et son successeur, Bassirou Diomaye Faye, tenue le 17 juillet au Palais de la République.

Dans un communiqué rendu public par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, la présidence sénégalaise indique que le chef de l’État a décidé que « le Sénégal va apporter son plein soutien » à la candidature de Macky Sall pour succéder à António Guterres, dont le mandat arrive à échéance à la fin de l’année 2026.

Cette prise de position officielle marque une étape importante dans la campagne de l’ancien président, désormais soutenu par son pays d’origine dans la course à la direction de l’organisation internationale.

Une rencontre placée sous le signe de la continuité républicaine

Ancien président du Sénégal de 2012 à 2024, Macky Sall avait été reçu vendredi 17 juillet par Bassirou Diomaye Faye afin de lui présenter officiellement sa candidature et de faire le point sur les démarches engagées dans le cadre de sa campagne internationale.

Selon le communiqué gouvernemental, l’entretien s’est déroulé « dans un climat empreint de cordialité et de courtoisie républicaine ». Les autorités sénégalaises présentent cette rencontre comme une illustration de l’attachement du président Bassirou Diomaye Faye au dialogue institutionnel, à la continuité de l’État et à la défense des intérêts supérieurs du pays.

À l’issue de cet échange, le chef de l’État a donné instruction au gouvernement ainsi qu’à l’ensemble du réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pour promouvoir la candidature de Macky Sall auprès des États membres des Nations unies.

Macky Sall poursuit son offensive diplomatique

Avant même l’annonce officielle du soutien de Dakar, Macky Sall avait confirmé la tenue de cette rencontre sur ses réseaux sociaux.

L’ancien président s’est félicité d’un entretien qu’il a qualifié de « convivial et constructif », précisant que les échanges avaient porté sur sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies ainsi que sur « des enjeux majeurs du multilatéralisme contemporain ».

Cette rencontre s’inscrit dans une offensive diplomatique engagée depuis plusieurs mois par Macky Sall pour obtenir le soutien des États membres de l’ONU.

Dans le cadre de cette campagne, l’ancien président sénégalais a multiplié les déplacements et les consultations internationales. Il s’est notamment rendu dans plusieurs capitales et a rencontré des responsables politiques et diplomatiques de premier plan, poursuivant ses échanges avec différents partenaires autour de sa vision du multilatéralisme et du rôle que devrait jouer l’ONU dans le contexte international actuel.

Sa campagne l’a également conduit à New York, au siège des Nations unies, où il a rencontré plusieurs représentants permanents, ainsi qu’en Chine et en Grèce, dans le cadre de démarches destinées à renforcer sa candidature.

Une candidature inscrite dans un processus international très disputé

Le processus de sélection du prochain secrétaire général des Nations unies est désormais entré dans une phase active. Les candidats ont participé à des dialogues interactifs organisés par l’Assemblée générale, avant que le Conseil de sécurité n’engage ses consultations et ne recommande un nom à l’Assemblée générale.

La candidature de Macky Sall a été officiellement enregistrée auprès des Nations unies le 2 mars 2026, à la suite de sa nomination par le Burundi. La liste officielle de l’ONU comprend également Rafael Mariano Grossi, Rebeca Grynspan, María Fernanda Espinosa et Carolyn Rodrigues Birkett. La candidature de Michelle Bachelet, initialement enregistrée en février, a quant à elle fait l’objet d’un retrait de nomination par le Chili en mars.

Cette configuration place l’ancien président sénégalais au cœur d’une compétition internationale dont l’issue dépendra largement des équilibres diplomatiques au sein du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.

Dakar mobilise son réseau diplomatique

Avec le soutien officiel de Bassirou Diomaye Faye, Macky Sall dispose désormais de l’appui institutionnel de l’État sénégalais pour poursuivre sa campagne.

La mobilisation annoncée du gouvernement et du réseau diplomatique devrait permettre à Dakar de défendre activement cette candidature auprès des différents États membres, dans un processus où les alliances régionales et les équilibres géopolitiques joueront un rôle déterminant.

Pour le Sénégal, cette candidature représente également une opportunité de renforcer sa visibilité sur la scène multilatérale et de promouvoir une voix africaine à la tête de l’organisation mondiale.

Alors que le continent cherche à accroître sa représentation et son influence dans les instances internationales, la campagne de Macky Sall s’inscrit ainsi dans un contexte plus large de revendication d’un rôle accru de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.

L’ancien président devra désormais poursuivre son offensive diplomatique pour convaincre les États membres et faire valoir sa vision du multilatéralisme, de la paix, de la sécurité internationale, des droits humains et du développement durable.

La décision finale reviendra, conformément à la Charte des Nations unies, à l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité. Le processus devrait ainsi continuer à mobiliser les capitales et les diplomaties du monde entier jusqu’à la désignation du successeur d’António Guterres.

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Sénégal : L’inflation se stabilise à un niveau historique de 0,4 % en juin 2026

Une bouffée d’oxygène pour l’économie sénégalaise. Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a enregistré une progression particulièrement modérée de 0,4 % en glissement annuel pour le mois de juin 2026. L’indice global est ainsi passé de 101,2 points en juin 2025 à 101,6 points cette année.
Cette maîtrise de la hausse des prix témoigne d’une stabilité remarquable, marquée par une évolution à deux vitesses selon les secteurs d’activité.
Une stabilité parfaite sur un mois grâce à l’énergie
D’un mois à l’autre (entre mai et juin 2026), les prix à la consommation sont restés parfaitement stables. Cette stagnation s’explique par un jeu de vases communicants : la hausse saisonnière de 0,6 % des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées a été intégralement compensée par une baisse significative de 2,3 % des coûts du logement, de l’eau, de l’électricité et du gaz. L’ANSD attribue principalement cette baisse à la diminution du coût de l’électricité toutes sources confondues.
Alcool et tabac en forte hausse, l’alimentaire en léger recul sur un an
Si l’on observe l’évolution sur l’année écoulée, les dynamiques sectorielles sont contrastées :

  • Les plus fortes hausses : Le poste « boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants » explose avec un bond de 12,0 %. Les services de soins personnels (+2,6 %), la restauration/hébergement (+2,2 %) et la santé (+1,6 %) affichent également des progressions notables.
  • Les baisses notables : À l’inverse, les postes clés que sont les produits alimentaires, le logement et les transports ont tous enregistré un recul de 0,6 % sur un an, soulageant le panier de la ménagère sur les dépenses essentielles.

Produits locaux vs Produits importés
Le rapport de l’ANSD met également en lumière une divergence entre l’origine des biens : les prix des produits locaux ont augmenté de 0,7 % sur un an, tandis que ceux des produits importés ont reculé de 0,8 %.
Enfin, l’inflation sous-jacente — qui exclut les produits frais et l’énergie pour mesurer la tendance structurelle de fond — s’établit à 0,7 %. Un indicateur qui confirme que, même hors facteurs volatils, la trajectoire des prix reste solidement maîtrisée au Sénégal.

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Sénégal : l’UNIS poursuit son offensive judiciaire contre la présidence d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.

Dans une ordonnance rendue en référé, le juge de la Cour suprême a déclaré irrecevable la requête introduite par l’UNIS, qui sollicitait la suspension de l’acte ayant consacré l’installation du leader de Pastef à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette décision laisse ainsi Ousmane Sonko en fonction, dans l’attente d’un éventuel examen du dossier sur le fond.

L’UNIS conteste une décision limitée à la procédure

Loin d’y voir une défaite définitive, l’UNIS estime que l’ordonnance du juge des référés ne répond pas aux questions de fond soulevées par son recours. Dans un communiqué, le mouvement affirme que la décision porte uniquement sur la recevabilité de la procédure d’urgence et ne préjuge en rien de la légalité de l’installation du président de l’Assemblée nationale.

Selon ses responsables, plusieurs interrogations juridiques demeurent quant à la régularité du processus ayant conduit à l’accession d’Ousmane Sonko à la tête de l’hémicycle. Ils considèrent que seule une décision sur le fond permettra d’apporter une réponse définitive aux griefs formulés.

Un recours maintenu devant les chambres réunies de la Cour suprême

Déterminée à poursuivre son action, l’UNIS annonce le maintien de son recours principal et sollicite l’examen du dossier par les chambres réunies de la Cour suprême.

Le mouvement estime qu’une décision collégiale de la plus haute juridiction du pays offrirait une clarification juridique durable sur les questions soulevées et permettrait de lever les incertitudes entourant cette affaire, devenue l’un des principaux contentieux institutionnels de ces derniers mois.

Un dossier révélateur de la judiciarisation du débat politique

Cette nouvelle étape judiciaire s’inscrit dans un contexte de judiciarisation croissante de la vie politique sénégalaise. Depuis plusieurs années, les juridictions sont régulièrement appelées à se prononcer sur des différends relatifs aux élections, aux institutions ou à l’interprétation des textes régissant le fonctionnement de l’État.

Ce recours illustre ainsi le rôle de plus en plus central de la justice dans l’arbitrage des conflits politiques, alors que le paysage institutionnel sénégalais connaît d’importantes recompositions.

Deux lectures opposées d’un même dossier

Pour les responsables de l’UNIS, l’affaire dépasse largement la personne d’Ousmane Sonko. Ils estiment que le litige soulève des questions essentielles liées au respect des procédures institutionnelles, à la sécurité juridique et à l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions de la République.

À l’inverse, les partisans du président de l’Assemblée nationale considèrent que la décision rendue en référé conforte la régularité du processus ayant conduit à son installation et renforce la légitimité de son élection à la tête du Parlement.

Une bataille judiciaire appelée à se poursuivre

En attendant qu’une éventuelle décision intervienne sur le fond, Ousmane Sonko demeure pleinement en exercice à la présidence de l’Assemblée nationale.

Toutefois, la volonté affichée par l’UNIS de poursuivre les procédures devant la Cour suprême laisse présager un prolongement de ce bras de fer judiciaire. Au-delà de ses implications politiques, l’issue de cette affaire pourrait contribuer à préciser la jurisprudence sénégalaise en matière de contrôle des actes institutionnels et de règlement des contentieux relatifs au fonctionnement des pouvoirs publics.

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Sénégal : le gouvernement ouvre les importations de sucre pour sécuriser l’approvisionnement avant les fêtes religieuses.

Le gouvernement sénégalais a décidé d’ouvrir le marché des importations de sucre à compter du 15 juillet 2026, une mesure destinée à prévenir tout risque de pénurie et à garantir un approvisionnement suffisant du marché national à l’approche des grandes célébrations religieuses. Les autorités assurent toutefois que cette décision ne remet pas en cause leur stratégie de soutien à la production locale et à l’industrialisation nationale.

Dans un communiqué publié lundi, le ministère de l’Industrie et du Commerce a tenu à clarifier la situation, démentant les informations faisant état d’autorisations d’importation déjà accordées. Le département précise qu’aucune licence d’importation de sucre ou de DIPA n’a été délivrée depuis le 15 décembre 2025, une décision qui visait à permettre à la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) d’écouler sa production sur le marché intérieur.

Des stocks en baisse face à une demande croissante

Si cette politique de protection de la production nationale a été maintenue durant plusieurs mois, les autorités estiment aujourd’hui que la diminution progressive des stocks de la CSS impose un ajustement.

La compagnie produit environ 140 000 tonnes de sucre par an, tandis que la consommation nationale avoisine 25 000 tonnes par mois. Cette demande augmente sensiblement durant les périodes de fortes célébrations religieuses, notamment à l’occasion du Grand Magal de Touba et du Gamou, qui entraînent traditionnellement une hausse de la consommation des ménages.

Le ministère rappelle également que les besoins du pays entre août et novembre sont habituellement couverts en partie par des importations destinées à compléter la production locale.

Préserver l’approvisionnement et la stabilité des prix

Selon le gouvernement, l’ouverture des importations à partir du 15 juillet répond exclusivement à un impératif de sécurité alimentaire et de stabilité économique. L’objectif est d’assurer la continuité de la distribution sur l’ensemble du territoire, d’éviter les ruptures de stock et de contenir toute hausse excessive des prix susceptible de pénaliser les consommateurs.

Les autorités insistent sur le caractère ponctuel et complémentaire de cette mesure, qui vise à répondre à une tension conjoncturelle du marché sans remettre en question la place de la production nationale.

Le soutien à la filière sucrière réaffirmé

Le ministère de l’Industrie et du Commerce souligne que cette décision s’inscrit dans une approche équilibrée conciliant soutien à la filière sucrière nationale et protection du pouvoir d’achat des ménages.

Le gouvernement réaffirme ainsi son engagement en faveur de la politique d’import-substitution, qui demeure l’un des axes de sa stratégie de souveraineté économique et industrielle.

Enfin, les autorités invitent la Compagnie sucrière sénégalaise ainsi que l’ensemble des acteurs de la filière à poursuivre leur collaboration avec l’État afin d’optimiser les circuits d’approvisionnement. Elles préviennent également qu’aucune tentative de perturbation du marché ou de spéculation ne sera tolérée, assurant que les pouvoirs publics prendront toutes les mesures nécessaires pour préserver l’intérêt général et garantir un accès régulier au sucre pour les consommateurs sénégalais.