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Sénégal : le gouvernement fixe ses priorités entre dialogue social, santé et agriculture.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a présidé, mercredi 15 avril 2026, un Conseil des ministres marqué par l’examen de plusieurs dossiers stratégiques. Au cœur des échanges : la consolidation du dialogue social, la réforme du système de santé et les préparatifs de la prochaine campagne agricole, dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques.

Dialogue social : vers un Livre blanc et une nouvelle conférence sociale

Souhaitant apaiser le climat social et structurer la réponse de l’État aux revendications syndicales, le chef de l’État a instruit le gouvernement de publier, avant le 30 avril 2026, un Livre blanc consacré à la prise en charge des doléances des centrales syndicales.

Dans la même dynamique, il a insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux des tensions sociales et annoncé la tenue prochaine de la cinquième Conférence sociale. Cette rencontre devrait être axée sur la question de la productivité au travail, un enjeu central pour la compétitivité de l’économie sénégalaise.

Santé : accélérer les réformes pour un meilleur accès aux soins

L’amélioration du système de santé a également occupé une place importante lors de ce Conseil. Le président a demandé une accélération du processus d’adoption du Code de la santé, ainsi que la mise en œuvre d’une nouvelle carte sanitaire visant à mieux répartir l’offre de soins sur le territoire.

Les orientations fixées incluent aussi le renforcement des ressources humaines, l’amélioration de la gouvernance hospitalière et l’ouverture d’une réflexion approfondie sur le financement durable de la couverture sanitaire universelle, un pilier des politiques sociales.

Agriculture : anticiper la campagne 2026 et sécuriser les approvisionnements

À l’approche de l’hivernage, les autorités ont été appelées à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir le bon déroulement de la campagne agricole 2026. Il s’agit notamment d’assurer la disponibilité des semences, des intrants et des mécanismes de financement au profit des producteurs.

Le président a également insisté sur l’adoption prochaine de textes encadrant les activités agricoles et pastorales. Dans la perspective de la Tabaski, il a demandé un approvisionnement suffisant du marché en moutons, afin d’éviter toute tension sur les prix.

Réformes et gouvernance : rationalisation et valorisation des ressources publiques

Le Premier ministre a, pour sa part, présenté plusieurs chantiers en cours, portant notamment sur la réforme de l’Imprimerie nationale, la maîtrise des dépenses publiques et la valorisation des infrastructures étatiques sous-exploitées.

Dans cette optique, un Conseil interministériel consacré aux infrastructures devrait se tenir dans les prochaines semaines, avec pour objectif d’optimiser l’utilisation des équipements publics existants et d’améliorer leur rentabilité.

Activité législative et nominations

Au titre des textes examinés, le Conseil des ministres a adopté plusieurs projets de loi, dont ceux relatifs au Code du travail et au Code de la sécurité sociale, deux instruments clés pour l’encadrement du marché de l’emploi et la protection sociale.

Enfin, plusieurs nominations ont été entérinées au sein de l’administration territoriale et de différents départements ministériels, traduisant la poursuite de la réorganisation de l’appareil d’État.

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Coopération sanitaire : le Sénégal honore la 20e mission médicale chinoise.

Le Sénégal a rendu, lundi 13 avril, un hommage solennel à la 20e mission médicale chinoise, dont les 14 membres ont été élevés à l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction honorifique du pays. La cérémonie, organisée au ministère de la Santé, s’est tenue en présence du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, et de l’ambassadeur de la République populaire de Chine à Dakar, Li Zhigang.

Un partenariat médical ancré dans l’histoire

Marquée par l’exécution des hymnes nationaux des deux pays, la cérémonie a mis en lumière une coopération médicale engagée depuis près d’un demi-siècle. Initiée en 1975, cette collaboration s’est traduite par le déploiement de 20 missions successives, mobilisant au total 312 professionnels de santé issus de diverses spécialités.

Selon les autorités sanitaires, plus de trois millions de patients ont bénéficié des soins dispensés par ces équipes à travers le territoire national. Une contribution significative qui témoigne de la solidité d’un partenariat fondé sur la confiance et la continuité.

« Ce partenariat exemplaire, fondé sur la confiance et le respect mutuel, s’est consolidé au fil des décennies pour devenir un pilier majeur de notre système de santé », a souligné le ministre de la Santé.

Un levier de renforcement du système de santé

Au-delà de l’assistance médicale, la coopération sino-sénégalaise s’inscrit désormais dans une logique de renforcement durable des capacités du système sanitaire. Les membres de la 20e mission ont notamment contribué aux activités de l’hôpital pour enfants de Diamniadio, en assurant des soins spécialisés, en formant le personnel local et en introduisant des techniques innovantes.

S’adressant aux récipiendaires, Ibrahima Sy a salué leur « engagement, leur professionnalisme et leur dévouement », mettant en avant « un impact direct et profond sur la vie des populations ». Il a également insisté sur l’importance du transfert de compétences, considéré comme un levier essentiel pour l’autonomisation du système de santé national.

Vers une coopération renforcée

Déjà à l’œuvre, la 21e mission médicale chinoise devrait poursuivre cette dynamique, avec un accent particulier sur la formation continue et le renforcement des capacités locales. Cette nouvelle étape confirme la volonté des deux pays de consolider un partenariat devenu stratégique, au service de l’amélioration durable de l’offre de soins au Sénégal.

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Sénégal : lancement d’une tournée nationale pour connecter les territoires via le satellite.

Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a lancé, ce 9 avril 2026, une tournée nationale dédiée au déploiement de kits satellitaires, marquant ainsi le coup d’envoi du programme de connectivité universelle.

Une première phase dans trois régions clés

Cette phase initiale, prévue du 9 au 13 avril, concerne les régions de Ziguinchor, Kolda et Kaolack. Elle s’inscrit dans une ambition nationale visant à connecter gratuitement un million de Sénégalais à Internet d’ici la fin de l’année 2026.

Réduire durablement la fracture numérique

À travers ce programme, les autorités entendent garantir un accès équitable au numérique, notamment dans les zones rurales et enclavées. Les écoles, les centres de santé et les communautés les plus vulnérables figurent parmi les principales cibles de cette initiative.

Le recours à la technologie satellitaire apparaît comme une solution adaptée pour atteindre des localités jusque-là difficilement accessibles par les infrastructures classiques.

Un levier pour le développement et l’inclusion

Au-delà de l’enjeu technologique, cette tournée traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de l’accès à Internet un moteur de transformation. L’objectif est de soutenir l’éducation, stimuler l’innovation et favoriser le développement socio-économique à l’échelle nationale.

Ce programme s’inscrit dans une vision plus large d’un Sénégal inclusif et connecté, où le numérique devient un outil stratégique pour réduire les inégalités territoriales et accompagner la modernisation du pays.

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Sénégal : vers l’opérationnalisation du fonds de réhabilitation des sites miniers.

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a présidé le 7 avril 2026 à Dakar un atelier stratégique consacré à la validation des projets de textes du Fonds de Réhabilitation des Sites Miniers et de Carrières (FRSMC). Cette rencontre marque une étape déterminante vers la mise en œuvre effective de ce mécanisme attendu.

Un outil pour une exploitation minière plus responsable

Selon les autorités, le FRSMC vise à encadrer la remise en état des sites après exploitation, afin de concilier performance économique et respect des exigences environnementales. L’ambition est d’accélérer la mise en place de ce dispositif pour garantir une activité minière durable et mieux encadrée.

Des défis structurels à relever

Le ministère a rappelé plusieurs insuffisances persistantes dans le secteur, notamment le manque d’évaluations environnementales rigoureuses, les disparités dans les plans de fermeture des mines et les lacunes du cadre réglementaire actuel.

À travers ces réformes, l’État entend sécuriser les ressources financières nécessaires à la restauration des sites, tout en renforçant les obligations des opérateurs miniers.

Un levier pour l’environnement et le développement local

Inscrit dans le Code de l’environnement, le fonds est présenté comme un outil stratégique pour restaurer les écosystèmes dégradés et améliorer les conditions de vie des populations riveraines des zones d’exploitation.

Au-delà de l’enjeu écologique, les autorités soulignent que la réhabilitation des sites miniers constitue également un levier de développement territorial, contribuant à la résilience des territoires et au bien-être des communautés.

Une gouvernance renforcée du secteur extractif

Les travaux de l’atelier, organisés avec l’appui de la Société des Mines du Sénégal, du Service géologique national du Sénégal et du secrétariat technique du secteur Hydrocarbures et Mines, devraient aboutir à l’adoption de nouveaux textes.

Ces derniers viseront notamment à préciser les modalités d’alimentation du fonds, à clarifier sa gestion et à renforcer la coordination entre les différents acteurs du secteur.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises de promouvoir une gouvernance plus responsable et durable des ressources extractives, dans un contexte de montée en puissance du secteur minier.

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Sénégal : Ousmane Sonko serre la vis sur les dépenses publiques.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a annoncé, vendredi 4 avril 2026, une série de mesures destinées à rationaliser les finances de l’État, avec en première ligne la limitation des missions officielles à l’étranger.

Des déplacements désormais strictement encadrés

Cette décision a été rendue publique lors d’une communication gouvernementale axée sur la gestion budgétaire, dans un contexte marqué par la hausse des prix du pétrole et des tensions croissantes sur les finances publiques.

Le chef du gouvernement a précisé que les missions à l’international seront désormais « strictement limitées aux besoins essentiels », appelant à une utilisation plus rigoureuse et plus efficiente des ressources de l’État.

Dans cette optique, les déplacements jugés non indispensables pour les ministres et les hauts responsables administratifs sont suspendus. L’objectif est de réduire significativement les dépenses liées aux voyages officiels, notamment les coûts de transport aérien, d’hébergement et de logistique.

Une réponse à un contexte économique sous pression

À travers cette mesure, Ousmane Sonko entend renforcer la discipline budgétaire et adapter la gouvernance économique du Sénégal à un environnement international instable, marqué par la volatilité des prix de l’énergie.

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus globale de maîtrise des dépenses publiques engagée par les autorités, avec pour objectif de préserver les équilibres macroéconomiques tout en maintenant les priorités de développement.

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Sénégal : Bassirou Diomaye Faye réaffirme le rôle stratégique des Daaras dans le système éducatif.

À l’occasion de la Journée nationale des Daaras, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé l’engagement de l’État en faveur de la valorisation de l’enseignement coranique, pilier historique du système éducatif sénégalais.

Un héritage éducatif et culturel séculaire

Dans un message publié mardi, le chef de l’État a souligné l’importance des Daaras dans la transmission des valeurs et des savoirs : « Depuis des siècles, les Daaras transmettent bien plus que des connaissances. Ils forment des consciences, inculquent une éthique et façonnent une vision du monde ».

Cette reconnaissance s’inscrit dans une volonté de préserver un héritage éducatif profondément ancré dans la société sénégalaise, tout en l’adaptant aux mutations contemporaines.

Vers une modernisation encadrée du système des Daaras

Le président a mis en avant les conclusions des Assises nationales des Daaras, qui dessinent, selon lui, « une voie claire » reposant sur l’écoute des acteurs, l’ancrage territorial et une ambition collective partagée.

Dans cette perspective, l’État prévoit une série de réformes visant à :

  • améliorer les conditions d’apprentissage ;
  • renforcer le statut des maîtres coraniques ;
  • intégrer les Daaras dans la dynamique de refondation du système éducatif national.

Un enjeu de souveraineté éducative

Pour Bassirou Diomaye Faye, la valorisation des Daaras dépasse le cadre éducatif et s’inscrit dans une logique de souveraineté culturelle. « Il ne peut y avoir de souveraineté durable sans maîtrise de nos références éducatives », a-t-il affirmé.

Une vision ancrée dans les valeurs nationales

En conclusion, le chef de l’État a réitéré la volonté du Sénégal d’avancer « avec confiance et fidélité à ses valeurs », en plaçant les Daaras au cœur de sa vision éducative, culturelle et sociale pour les générations futures.

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Sénégal : le Cetud renforce le transport urbain face à la grève des transporteurs.

Le Conseil exécutif des Transports urbains durables (Cetud) a annoncé la mise en place de mesures exceptionnelles pour assurer la continuité du service public de transport dans la région de Dakar, en réaction à la grève des transporteurs prévue du 30 mars au 1er avril 2026 sur l’ensemble du territoire national.

Une offre de transport renforcée et prolongée

Sous l’impulsion du ministère des Transports terrestres et aériens, le Cetud a décidé de renforcer l’offre de transport urbain, avec notamment une prolongation des horaires d’exploitation jusqu’à 22 heures sur les principales lignes du réseau.

Cette mesure vise à limiter l’impact du mouvement social sur les déplacements quotidiens des populations, dans un contexte de forte dépendance au transport collectif dans la capitale sénégalaise.

Une mobilisation des principaux opérateurs

Dans un communiqué publié lundi, le Cetud indique que l’ensemble des opérateurs du réseau urbain est mobilisé. Sont notamment concernés :

  • Dakar Dem Dikk ;
  • Association de financement des transports urbains ;
  • Dakar Mobilité, en charge du Bus Rapid Transit (BRT).

Selon les autorités, ces acteurs sont engagés à répondre aux besoins de mobilité des usagers malgré les perturbations annoncées.

Un service globalement maintenu malgré des perturbations

Concernant le réseau exploité par les opérateurs affiliés à l’AFTU, environ 98 % du service est assuré, même si des perturbations ponctuelles ont été signalées dans certaines gares routières.

Dispositif sécuritaire et appel au dialogue

Afin de garantir la sécurité des usagers et du personnel, les forces de défense et de sécurité ont été déployées. Le Cetud appelle par ailleurs les différentes parties à privilégier le dialogue et la concertation, dans l’intérêt des populations.

Ces mesures s’inscrivent dans une volonté des autorités de préserver la continuité du service public et de limiter les conséquences socio-économiques de la grève sur les activités quotidiennes à Dakar.

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Sénégal : l’aéroport de Ziguinchor attendu pour le 30 avril 2026.

Le ministre des Infrastructures, Dethié Fall, a confirmé l’ouverture de l’aéroport de Ziguinchor prévue le 30 avril 2026, réaffirmant l’engagement de l’État à respecter ce calendrier. Cette annonce intervient à l’issue d’une tournée dans le sud du pays, au cours de laquelle les autorités ont assuré que les travaux progressent conformément aux exigences de coût, de délai et de qualité.

Une modernisation accélérée des infrastructures aéroportuaires

Le ministre s’exprimait lors de la cérémonie d’inauguration du salon d’honneur de l’Aéroport international Blaise Diagne, où il a mis en avant la volonté du gouvernement d’accélérer la modernisation du réseau aéroportuaire national.

Dans cette dynamique, une visite de terrain est prévue le 7 avril, en présence du ministre des Transports aériens, afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux à Ziguinchor.

Une ouverture symbolique et opérationnelle

L’ouverture officielle pourrait être marquée par l’atterrissage d’un avion transportant de hautes autorités, soulignant la portée stratégique de cette infrastructure pour la région sud. Dès le 1er mai 2026, un vol commercial inaugural est également annoncé, traduisant la volonté des autorités de rendre rapidement l’aéroport pleinement opérationnel.

Un levier de développement pour la Casamance

Selon Dethié Fall, l’aéroport de Ziguinchor jouera un rôle déterminant dans le désenclavement de la Casamance, facilitant la mobilité des personnes et des biens, tout en stimulant le développement économique local, notamment dans les secteurs du tourisme et du commerce.

D’autres projets structurants en perspective

Au-delà de Ziguinchor, le gouvernement poursuit ses efforts de modernisation avec des projets d’extension de l’aéroport de Saint-Louis, ainsi que la relance du programme de reconstruction de plusieurs infrastructures aéroportuaires, notamment à Matam et Ourossogui.

Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie globale visant à renforcer la connectivité du territoire et à soutenir la croissance économique du Sénégal.

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Massacre de Thiaroye : l’État français condamné pour avoir dissimulé la mort d’un tirailleur africain

Plus de 80 ans après les faits, l’histoire du Massacre de Thiaroye continue de révéler ses zones d’ombre. La justice française vient de reconnaître la responsabilité de l’État pour avoir dissimulé les circonstances exactes de la mort d’un tirailleur africain tué lors de cette tragédie coloniale survenue en 1944 au Sénégal. 

Une décision judiciaire symbolique

Le tribunal administratif de Paris a condamné l’État français pour ne pas avoir entrepris toutes les démarches nécessaires afin d’éclaircir les circonstances du décès d’un tirailleur africain abattu lors du massacre. La justice estime que les autorités françaises ont manqué à leur devoir d’information et ont entretenu pendant des décennies une version incomplète, voire trompeuse, des faits. 

Dans cette affaire, le soldat avait été présenté à tort comme un « déserteur » dans les archives militaires. La décision du tribunal reconnaît désormais que cette version officielle a contribué à masquer la réalité de sa mort. L’État français a été condamné à verser 10 000 euros de réparation morale à son fils. 

Le drame de Thiaroye, une page sombre de l’histoire coloniale

Le massacre remonte au 1er décembre 1944, dans le camp militaire de Thiaroye, près de Dakar. Des tirailleurs africains, anciens prisonniers de guerre revenus d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, réclamaient le paiement de leurs soldes et indemnités promises par l’armée française. 

Face à cette revendication, la répression fut brutale. Les forces coloniales françaises ouvrirent le feu sur les soldats africains. Le bilan officiel a longtemps évoqué 35 morts, mais plusieurs historiens estiment que le nombre réel de victimes pourrait atteindre plusieurs centaines. 

Une bataille mémorielle toujours en cours

Pendant des décennies, les circonstances exactes du massacre ont été contestées. Des familles de tirailleurs et des chercheurs ont dénoncé un silence institutionnel et une sous-évaluation du nombre de victimes.

La décision judiciaire récente marque donc un tournant symbolique. Elle constitue une première reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la dissimulation d’une partie de la vérité sur cet épisode tragique de l’histoire coloniale. 

Vers une reconnaissance plus complète ?

Cette condamnation relance les appels à une transparence totale sur les archives et à une reconnaissance plus large du massacre. Au Sénégal comme ailleurs en Afrique, le souvenir de Thiaroye reste profondément ancré dans la mémoire collective, symbole du sacrifice de soldats africains qui ont combattu pour la France avant d’être victimes d’une répression sanglante.

Plus de huit décennies après les faits, la quête de vérité et de justice autour du massacre de Thiaroye se poursuit, portée par les familles des victimes, les historiens et les défenseurs de la mémoire coloniale.

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Sénégal : Ousmane Sonko réaffirme ses priorités lors de son séjour en Casamance.

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, est attendu à Dakar ce lundi 23 mars, au terme d’un séjour en Casamance où il a pris part aux célébrations de la Korité. À Ziguinchor, sa ville d’origine, le chef du gouvernement a profité de cette occasion pour adresser ses vœux à la nation et revenir sur plusieurs dossiers stratégiques.

Souveraineté nationale : une ligne assumée

Intervenant au lendemain de la prière marquant la fin du Ramadan, Ousmane Sonko a réaffirmé son attachement à la souveraineté du pays, notamment sur le plan économique et politique. Il a réagi à l’annonce d’une possible révision de certains financements étrangers, évoquée par Cécile Neven, dans un contexte de tensions autour de la législation sénégalaise.

Le Premier ministre a adopté un ton ferme, indiquant que le Sénégal pourrait lui-même demander la fin de certains partenariats financiers, affirmant la volonté des autorités de privilégier des choix conformes aux aspirations nationales.

Justice : appel à une accélération des procédures

Sur le plan judiciaire, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’accélérer la reddition des comptes. Sans citer explicitement de responsables, il a dénoncé la persistance de dysfonctionnements et de dossiers en suspens.

Le chef du gouvernement a appelé à une application rigoureuse et équitable de la justice, estimant que la confiance des citoyens dépend de la capacité des institutions à traiter efficacement les affaires en attente, quel que soit le statut des personnes concernées.

Casamance : entre sécurité et dialogue

Évoquant la situation en Casamance, région marquée par des opérations militaires visant à démanteler des cultures illicites, notamment de cannabis, Ousmane Sonko s’est dit ouvert à une approche combinant fermeté et dialogue. Il a notamment évoqué la possibilité d’engager des discussions avec certains groupes impliqués dans ces activités, dans une logique de stabilisation durable.

Relance des infrastructures : réouverture annoncée de l’aéroport de Ziguinchor

Enfin, le Premier ministre a annoncé la réouverture de l’aéroport de Aéroport de Ziguinchor d’ici la fin du mois d’avril, après des travaux de rénovation. Cette infrastructure stratégique devrait contribuer à désenclaver davantage la région et à soutenir son développement économique.

À travers cette prise de parole, Ousmane Sonko réaffirme les axes prioritaires de l’action gouvernementale, entre souveraineté, justice et développement territorial, dans un contexte de fortes attentes au sein de l’opinion publique.