Au Sommet de l’Union africaine, la Guinée affiche ses ambitions.

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Présente au 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenu à Addis-Abeba, la Guinée a cherché à transformer sa participation en véritable opération de repositionnement diplomatique.

Sous l’impulsion du président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, la délégation guinéenne a multiplié les initiatives pour renforcer la visibilité de Conakry sur la scène continentale, dans un contexte où les équilibres géopolitiques africains sont en pleine recomposition.

Une délégation élargie pour une approche multisectorielle

Bien que présent à l’ouverture des travaux, le Chef de l’État a confié la clôture du sommet, le dimanche 15 février 2026, à une délégation ministérielle conduite par le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté.

Autour de lui figuraient notamment la ministre de l’Environnement, le ministre du Travail, le chef d’état-major de l’armée de terre ainsi que l’ambassadeur de Guinée en Éthiopie.

Cette représentation élargie illustre une volonté d’aborder de manière transversale les enjeux discutés à Addis-Abeba : sécurité régionale, transition écologique, coopération économique et gouvernance institutionnelle.

Réforme du système onusien : la Guinée dans le débat stratégique

Parmi les temps forts du sommet, une réunion stratégique consacrée à l’harmonisation d’une position africaine sur la réforme des Nations unies a retenu l’attention. Les échanges, conduits sous l’égide du président libérien, visaient à consolider une candidature africaine au poste de Secrétaire général de l’ONU, dans la perspective d’un rééquilibrage de la gouvernance mondiale.

En prenant part à ces discussions, la Guinée s’inscrit dans la dynamique portée par plusieurs États africains qui militent pour une représentation plus équitable du continent au sein des instances internationales. L’enjeu dépasse la simple question des postes : il s’agit de renforcer la capacité de l’Afrique à peser dans les décisions globales touchant à la paix, au développement et au climat.

« Simandou 2040 » : vitrine économique et ambition industrielle

Sur le plan économique, la diplomatie guinéenne a mis en avant le programme « Simandou 2040 », présenté comme l’axe structurant de la transformation nationale. Au-delà de l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Simandou, les autorités entendent promouvoir une stratégie intégrée axée sur la transformation locale des ressources, la formation des compétences nationales et le renforcement des capacités institutionnelles.

Des échanges ont notamment eu lieu avec des responsables de la Commission de l’Union africaine en charge du commerce et de l’industrie, afin d’inscrire ce projet dans les dynamiques continentales, notamment celles liées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le Centre africain de développement minier confirmé à Conakry

Point culminant de cette séquence diplomatique : la confirmation de l’installation à Conakry du siège du Centre africain de développement minier (CADM), organe spécialisé de l’Union africaine chargé d’appuyer les États dans la gouvernance de leurs ressources extractives.

Ce choix est perçu par les autorités guinéennes comme une reconnaissance du rôle stratégique du pays dans le secteur minier africain, ainsi que de son expertise croissante en matière de gestion des ressources naturelles.

Une diplomatie de repositionnement

Au terme du sommet d’Addis-Abeba, la participation guinéenne apparaît comme une tentative assumée de dépasser le cadre protocolaire pour s’inscrire dans une logique d’influence. Dans le contexte de la Transition et de l’avènement de la 5ᵉ République, Conakry cherche à affirmer une diplomatie plus proactive, articulée autour de la sécurité, de la réforme institutionnelle et de la valorisation de ses atouts économiques.

L’objectif affiché est clair : ne plus se limiter à suivre les dynamiques d’intégration africaine, mais contribuer activement à leur orientation.