Guinée : un nouveau cap dans la transformation minière avec le projet de raffinerie d’alumine de Chalco

705627637 3492213367619779 5632777334510628171 n

La Guinée franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale des ressources minières. Les autorités guinéennes ont officialisé la signature des accords liés à la construction d’une raffinerie d’alumine portée par Chalco Guinea Company, un projet majeur inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre Conakry et Pékin.

Cette initiative découle de l’accord-cadre sino-guinéen conclu lors du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine en Chine, à l’issue des échanges entre le président guinéen Mamadi Doumbouya et son homologue chinois Xi Jinping.

Une cérémonie placée sous le sceau du Programme Simandou 2040

La cérémonie de signature a été présidée par Djiba Diakité, également président du Comité stratégique de Simandou et de l’accord-cadre sino-guinéen.

Selon les informations relayées par la Direction de la communication et de l’information de la Présidence, ce projet s’inscrit dans la politique d’industrialisation engagée par les autorités de transition, avec pour ambition de réduire progressivement la dépendance du pays à l’exportation brute de bauxite.

Longtemps considérée comme l’un des principaux producteurs mondiaux de bauxite, la Guinée cherche désormais à renforcer la chaîne de valeur locale en développant des infrastructures de transformation industrielle capables de produire de l’alumine sur le territoire national.

Un investissement de 1,68 milliard de dollars

Le projet porté par Chalco Guinea Company prévoit la construction d’une raffinerie d’une capacité de production annuelle de 1,2 million de tonnes d’alumine.

Le coût global de l’investissement est estimé à 1,68 milliard de dollars, dont 1,12 milliard consacrés aux infrastructures de raffinage.

Les autorités guinéennes indiquent que le projet repose sur un dispositif contractuel intégrant des obligations de performance, des échéances techniques précises ainsi que des mécanismes de suivi destinés à garantir le respect des délais d’exécution et des standards industriels attendus.

La troisième raffinerie d’alumine depuis l’indépendance

Avec cette nouvelle infrastructure, la Guinée devrait disposer de sa troisième raffinerie d’alumine depuis son indépendance.

Le pays prépare déjà l’entrée en service du projet SPIC, annoncée pour 2027, tandis que celle de Winning Consortium Alumina Guinea est attendue en 2028.

Ces investissements traduisent l’accélération de la politique minière impulsée autour du Programme Simandou 2040, qui ambitionne notamment la réalisation de cinq raffineries d’alumine d’ici à 2030, dont trois seraient déjà en phase de développement.

Formation, contenu local et transfert de compétences

Au-delà de son volet industriel, le projet intègre également un important programme de développement des compétences locales.

Les accords prévoient l’octroi de 500 bourses d’études sur une période de vingt ans, soit 25 bourses annuelles dans les filières techniques et industrielles, dans le cadre de l’initiative Simandou Academy.

Une école d’ingénieurs et de formation technique devrait également voir le jour en Guinée. L’établissement pourrait accueillir jusqu’à 100 étudiants par filière et par an pendant une décennie.

Le projet comprend par ailleurs des mécanismes de contenu local destinés à favoriser l’emploi des jeunes Guinéens, le transfert de savoir-faire industriel et le renforcement des capacités nationales dans les métiers miniers et techniques.

Boffa au cœur de la stratégie industrielle guinéenne

La future raffinerie sera implantée dans la préfecture de Boffa, une zone déjà stratégique pour l’exploitation de la bauxite.

À travers ce projet, les autorités guinéennes cherchent à repositionner le pays comme un acteur non seulement extractif, mais également industriel dans la chaîne mondiale de l’aluminium, à un moment où la valorisation locale des ressources naturelles devient un enjeu central pour plusieurs économies africaines riches en minerais.