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Décès d’un étudiant à l’UCAD : le président appelle à une réforme en profondeur de l’enseignement supérieur.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réagi officiellement au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Lors du Conseil des ministres, le chef de l’État s’est incliné devant la mémoire du disparu et a présenté ses condoléances à sa famille, à la communauté universitaire ainsi qu’à l’ensemble de la nation.

Cette prise de parole intervient dans un contexte de vives tensions et de débats récurrents autour des conditions d’études, de gouvernance et de stabilité dans les universités publiques sénégalaises.

Un secteur « névralgique » confronté à des crises récurrentes

Au-delà de l’hommage, le président a souligné l’urgence de moderniser et de stabiliser le secteur de l’enseignement supérieur, qu’il considère comme un levier stratégique pour la réussite de la Vision Sénégal 2050. Selon lui, l’université constitue un « facteur clé de l’excellence académique » et du développement national.

Bassirou Diomaye Faye a rappelé que l’enseignement supérieur demeure marqué par des crises systémiques répétitives, liées à la gouvernance, au respect des calendriers académiques, aux conditions sociales des étudiants et à la soutenabilité budgétaire des institutions. Il a ainsi plaidé pour un alignement du système universitaire et de la recherche sur les meilleurs standards internationaux.

Dialogue permanent et gouvernance renforcée

Dans cette perspective, le chef de l’État a instruit le gouvernement d’instaurer un dialogue permanent avec l’ensemble des composantes de la communauté universitaire — étudiants, enseignants-chercheurs, personnel administratif et autorités académiques — afin de prévenir les tensions et de garantir la stabilité du calendrier académique.

Il a insisté sur le respect des prescriptions du système Licence-Master-Doctorat (LMD), ainsi que sur la rigueur dans la gestion administrative, budgétaire et financière des universités publiques et des centres des œuvres sociales universitaires.

Accélérer la transformation du système

Enfin, le président a appelé à une validation consensuelle et rapide des recommandations issues des concertations sur l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Cette réforme, présentée comme structurante pour l’avenir du pays, vise à renforcer la qualité de la formation, améliorer la gouvernance des établissements et mieux arrimer l’université aux besoins de l’économie nationale.

À travers cette intervention, le chef de l’État inscrit le drame survenu à l’UCAD dans une réflexion plus large sur la nécessité de refonder durablement le système universitaire sénégalais.

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Hydrocarbures : Petrosen amorce une nouvelle phase avec une ambitieuse campagne d’exploration onshore.

La Société des Pétroles du Sénégal (Petrosen) franchit un cap stratégique. La compagnie nationale a annoncé son intention de conduire, pour la première fois à cette échelle, sa propre campagne d’exploration pétrolière et gazière à terre, marquant ainsi une évolution majeure dans son positionnement opérationnel.

Selon des informations relayées par l’agence Bloomberg, le directeur général de Petrosen, Alioune Gueye, a indiqué que l’entreprise publique prévoit d’investir au moins 100 millions de dollars, soit environ 55 milliards de francs CFA, dès cette année pour financer ses activités de prospection onshore. Un engagement financier significatif qui traduit la volonté de l’État sénégalais de renforcer le rôle de sa compagnie nationale dans la chaîne de valeur des hydrocarbures.

Capitaliser sur les succès offshore

Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la continuité des récentes avancées enregistrées en mer, notamment avec les projets Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA), qui ont propulsé le Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz.

« Puisque nous avons fait des découvertes en mer, il est logique de penser que nous avons le même potentiel à terre », a déclaré Alioune Gueye, soulignant la cohérence géologique entre les bassins offshore et onshore.

Pendant plusieurs décennies, l’exploration terrestre est restée marginale au Sénégal, les efforts et les investissements étant principalement orientés vers l’offshore profond, jugé plus prometteur. Cette nouvelle campagne vise donc à rééquilibrer la stratégie nationale et à revisiter le potentiel des bassins continentaux, longtemps sous-explorés.

Vers une découverte majeure à terre ?

Petrosen affiche des ambitions élevées. La compagnie espère réaliser une découverte significative dans le bassin terrestre sénégalais d’ici la fin de l’année. Si cet objectif se concrétise, il pourrait ouvrir une nouvelle ère pour l’industrie extractive nationale, en diversifiant les zones de production et en renforçant l’indépendance énergétique du pays.

Au-delà de l’enjeu technique, cette initiative traduit également une montée en puissance institutionnelle. En pilotant directement ses opérations d’exploration, Petrosen entend consolider son expertise, accroître sa capacité de négociation avec les partenaires internationaux et inscrire son nom parmi les acteurs clés des futures découvertes énergétiques du Sénégal.

Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large de souveraineté et de valorisation optimale des ressources naturelles, dans un contexte où les hydrocarbures sont appelés à jouer un rôle déterminant dans le financement du développement national.

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Souveraineté alimentaire : le Sénégal chiffre ses ambitions à 2 500 milliards FCFA.

Le Sénégal devra mobiliser près de 2 500 milliards de francs CFA pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, réduire la pauvreté rurale et générer des centaines de milliers d’emplois, a déclaré le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.

S’exprimant mardi à Dakar lors du lancement du Pacte AgriConnect, en présence de responsables du Groupe de la Banque mondiale, le ministre a plaidé pour un engagement financier massif en faveur du secteur agricole. « Donnez-nous la moitié et testez-nous sur dix ans », a-t-il lancé, estimant qu’un investissement d’au moins 1 250 milliards de FCFA constituerait un signal fort pour enclencher une transformation structurelle du secteur.

Le Pacte AgriConnect vise à accélérer la modernisation des systèmes agroalimentaires sénégalais et à renforcer durablement la sécurité alimentaire. L’initiative s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » ainsi que dans la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire (2024-2028).

Pour Mabouba Diagne, l’enjeu ne réside pas uniquement dans le volume des financements mobilisés, mais aussi dans leur structuration. « La manière de syndiquer ce financement est vitale », a-t-il souligné, appelant à une meilleure coordination entre partenaires publics, privés et techniques. Il a insisté sur le rôle central de l’agriculture et de l’élevage, qu’il considère comme les secteurs les plus à même d’absorber la pression démographique et de créer massivement des emplois, notamment pour les jeunes.

Le ministre a également mis en avant la nécessité d’intégrer davantage les technologies numériques, la mécanisation et l’innovation agricole afin d’améliorer la productivité et la compétitivité des filières. « La jeunesse africaine et le monde rural demandent la modernisation et les moyens d’agir », a-t-il affirmé.

La Banque mondiale mise sur un effet catalytique

En réponse, le vice-président du Groupe de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, a rappelé l’engagement de l’institution à doubler ses financements annuels en faveur de l’agrobusiness pour atteindre 9 milliards de dollars, tout en mobilisant 5 milliards de dollars supplémentaires auprès du secteur privé et des partenaires d’ici 2030.

Reconnaissant que ces montants demeurent en deçà des besoins exprimés par les autorités sénégalaises, il a insisté sur le rôle catalytique que peut jouer la Banque mondiale pour attirer davantage d’investissements.

Selon lui, la transformation agricole ne peut reposer exclusivement sur l’État ou les bailleurs. « Elle se bâtit collectivement sur le terrain », a-t-il souligné, évoquant la nécessité d’impliquer producteurs, coopératives, PME, agro-industries, institutions financières, assureurs, start-up et diaspora.

Un pari décisif pour l’économie nationale

Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés agricoles mondiaux et les défis climatiques croissants, la quête de souveraineté alimentaire apparaît comme un enjeu stratégique pour le Sénégal. Au-delà de la sécurité alimentaire, il s’agit d’un levier majeur de stabilité sociale, de création d’emplois et de croissance inclusive.

Le Pacte AgriConnect se positionne ainsi comme un instrument central pour traduire cette ambition en actions concrètes, à condition que les engagements financiers et les réformes structurelles annoncés se matérialisent sur le terrain.

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Décès d’Abdoulaye Bâ à l’UCAD : une perte tragique qui bouleverse la communauté universitaire.

La communauté universitaire sénégalaise est sous le choc après le décès d’Abdoulaye Bâ, étudiant en deuxième année de Chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Le jeune homme a perdu la vie le lundi 9 février 2026, à la suite des violences survenues au Campus social de l’université, un drame qui a profondément ému étudiants, enseignants et acteurs de la société civile.

Un étudiant prometteur, symbole d’espoir familial

Âgé d’une vingtaine d’années, Abdoulaye Bâ était inscrit à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie. Apprécié pour son sérieux, sa discipline et son engagement académique, il incarnait l’excellence et l’espoir d’une réussite construite par le travail. Une photographie largement relayée sur les réseaux sociaux le montre concentré sur un mannequin d’entraînement, vêtu de sa blouse blanche et de gants bleus, image devenue le symbole d’un parcours brutalement interrompu.

Orphelin de père, Abdoulaye Bâ portait sur ses épaules les espoirs de toute une famille. À un camarade, il confiait avec émotion : « Copain, ma mère n’a d’autre espoir que moi ». Ces mots résonnent aujourd’hui avec une intensité particulière, soulignant la dimension humaine et sociale de cette perte.

Une prise en charge médicale tardive et des zones d’ombre

Selon Cheikh Atab Sagna, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, Abdoulaye Bâ a été admis dans l’après-midi au service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) dans un état jugé critique. Il présentait de graves difficultés respiratoires, nécessitant une évacuation urgente vers l’Hôpital Principal de Dakar.

Le transfert n’a toutefois pas pu être effectué à temps. L’étudiant a succombé avant son évacuation, soulevant de nombreuses interrogations sur les conditions de sa prise en charge. La gestion de sa dépouille a également été source de confusion et d’inquiétude, son corps ayant été conduit à l’Hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, sans communication claire dans l’immédiat.

Une onde de choc à l’UCAD et au-delà

La mort d’Abdoulaye Bâ a provoqué une vive émotion sur le campus de l’UCAD, déjà marqué par des tensions récurrentes liées aux conditions de vie et de sécurité des étudiants. Elle ravive le débat sur la gestion des crises au sein des établissements universitaires, la sécurisation des campus et l’efficacité des dispositifs de prise en charge médicale en situation d’urgence.

Au-delà du drame individuel, ce décès pose une fois de plus la question de la protection des étudiants et de la responsabilité des autorités académiques et administratives dans la prévention et la gestion des violences universitaires. Pour beaucoup, Abdoulaye Bâ restera le visage d’une jeunesse studieuse et déterminée, emportée trop tôt par un contexte de violences qui continue d’interpeller la conscience nationale.

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Sénégal : UCAD fermeture exceptionnelle du campus social pour raisons de sécurité.

À la suite des événements survenus le lundi 9 février 2026, marqués par le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture exceptionnelle du campus social à compter de ce mardi 10 février à 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. La décision a été prise sur instruction des autorités compétentes, dans un contexte jugé sensible sur le plan sécuritaire.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, la Direction du COUD précise que cette mesure vise avant tout à garantir la sécurité des étudiants et du personnel, au lendemain de violences qui ont profondément affecté la communauté universitaire. Aucune date de réouverture n’a, pour l’heure, été communiquée.

Afin de prévenir tout incident durant la période de fermeture, les étudiants sont invités à libérer leurs chambres sans y laisser de bagages. Cette consigne s’inscrit dans une démarche de sécurisation du site pendant la suspension des activités du campus social.

Conscient de l’onde de choc provoquée par ces événements, le COUD annonce également la mise en place prochaine d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique à destination des étudiants. Les modalités pratiques de ce soutien seront précisées ultérieurement par les services compétents.

Dans son communiqué, la Direction du COUD a exprimé ses condoléances les plus attristées à la famille d’Abdoulaye Ba, ainsi qu’à l’ensemble des étudiants et membres de la communauté universitaire touchés par ce drame.

Enfin, l’institution appelle au calme, à la responsabilité et à la collaboration de tous, dans l’espoir de rétablir un climat apaisé et de permettre un retour durable à la sérénité au sein du campus universitaire.

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Congo–Sénégal : Bassirou Diomaye Faye et Denis Sassou N’Guesso appellent à un partenariat rénové et tourné vers l’avenir.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a achevé, le 3 février 2026, sa visite officielle de deux jours en République du Congo, marquée par une volonté affirmée de hisser la coopération entre Dakar et Brazzaville à un niveau plus structuré et plus ambitieux. Cette séquence diplomatique a été ponctuée par un ultime entretien en tête-à-tête avec son homologue congolais, Denis Sassou N’Guesso, au Palais du Peuple.

Au-delà du rappel des liens historiques et fraternels entre les deux États, cette visite s’inscrit dans une dynamique de relance stratégique des relations bilatérales. Selon la présidence de la République du Sénégal, les échanges de haut niveau ont permis de réaffirmer la solidité de cette relation, tout en ouvrant « des perspectives nouvelles pour un partenariat plus dense, plus structuré et résolument tourné vers l’avenir », aussi bien sur le plan bilatéral que sur les grands dossiers africains et internationaux.

Mémoire partagée et diplomatie symbolique

Le deuxième jour du séjour a été marqué par la visite du Mémorial Savorgnan de Brazza, haut lieu de mémoire de la capitale congolaise. À travers ce geste, le président Diomaye Faye a posé un acte de reconnaissance en hommage au sergent sénégalais Malamine Camara, figure historique dont le rôle a été déterminant dans la préservation de Brazzaville à la fin du XIXᵉ siècle.

La présidence souligne que cette visite constitue un hommage appuyé à « une figure emblématique dont le courage, la loyauté et le sens du devoir ont contribué à sceller durablement des liens d’amitié entre le Sénégal et la République du Congo ». Une mémoire partagée qui, selon Dakar, fonde aujourd’hui une relation basée sur le respect mutuel, la solidarité et une histoire africaine commune.

Échanges avec la diaspora sénégalaise

Cette visite officielle a également comporté un important volet communautaire. Le chef de l’État sénégalais a rencontré la communauté sénégalaise établie en République du Congo, dans un esprit de proximité et d’écoute. Cet échange a été suivi d’une rencontre avec les hauts cadres sénégalais vivant à Brazzaville, dont l’expertise et l’engagement contribuent, selon la présidence, au rayonnement du Sénégal à l’étranger.

En clôturant ce déplacement, Bassirou Diomaye Faye confirme ainsi sa volonté de faire de la diplomatie sénégalaise un levier à la fois politique, économique et mémoriel, au service d’un partenariat africain plus affirmé et plus cohérent face aux défis contemporains.

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Énergie : l’État durcit le ton face aux pétroliers sur la redevance de régulation.

Le bras de fer entre l’État et les sociétés pétrolières connaît une nouvelle escalade. La Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) a officiellement mis en demeure les distributeurs d’hydrocarbures pour non-paiement de la redevance réglementaire destinée au financement de l’organe de régulation. À défaut de régularisation, les autorités envisagent désormais des mesures coercitives, allant jusqu’au blocage des comptes bancaires.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, la CRSE se prépare à recourir aux Avis à tiers détenteur (ATD), un instrument juridique permettant à l’administration de saisir directement des fonds détenus par des tiers, notamment les banques. Cette option marque un net durcissement de la position de l’État, décidé à faire appliquer strictement le cadre réglementaire du secteur énergétique.

Une redevance au cœur du conflit

La redevance en question constitue une ressource essentielle pour le fonctionnement de la CRSE, chargée notamment de veiller à la transparence des prix, à la régulation du marché et à la protection des consommateurs. Son non-paiement prolongé par certains acteurs a conduit l’autorité de régulation à activer les mécanismes prévus par la loi.

Du côté des pétroliers, la contestation ne porte pas tant sur le principe du paiement que sur ses modalités. Ameth Guisse, président de l’Association sénégalaise des pétroliers (ASP), affirme que les distributeurs sont disposés à s’acquitter de la redevance, mais sous réserve de son intégration dans la structure officielle des prix. « Nous sommes prêts à payer, à condition que cette redevance soit prise en compte dans les prix homologués », soutient-il.

Un équilibre financier jugé menacé

Les distributeurs estiment en effet qu’un paiement direct, sans ajustement préalable des prix à la pompe, risquerait de fragiliser leur équilibre financier, déjà soumis à de fortes contraintes liées à la régulation des prix des hydrocarbures. Cette divergence d’approche nourrit un climat de tension entre l’État régulateur et les opérateurs privés du secteur.

En l’absence d’un compromis rapide, la menace de saisies bancaires demeure bien réelle. Ce différend intervient dans un contexte sensible, marqué par une vigilance accrue des autorités sur les prix de l’énergie et par les attentes des consommateurs, faisant de ce dossier un enjeu à la fois économique, social et politique.

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Visite de Bassirou Diomaye Faye au Congo : Dakar et Brazzaville redéfinissent leur partenariat stratégique.

Énergie, sécurité alimentaire et médiation régionale au cœur des échanges

La visite officielle du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en République du Congo, les 2 et 3 février, s’inscrit dans une dynamique qui dépasse largement le cadre des relations fraternelles historiques entre Dakar et Brazzaville. À travers cette séquence diplomatique, les deux pays ont affiché leur volonté de faire évoluer un héritage politique ancien vers un partenariat économique et stratégique adapté aux enjeux contemporains du continent.

Reçu avec les honneurs par son homologue Denis Sassou N’Guesso, le chef de l’État sénégalais a clairement exprimé son ambition de transformer des liens forgés à l’époque coloniale en une coopération moderne, structurée et mutuellement bénéfique, reposant sur des intérêts économiques concrets et une vision africaine partagée.

Le gaz au centre d’un rapprochement énergétique

Premier axe majeur des discussions, la coopération énergétique occupe une place centrale dans le rapprochement entre les deux capitales. Devenu un nouvel acteur gazier sur la scène internationale depuis 2025, le Sénégal entend tirer parti de l’expérience du Congo, producteur pétrolier de longue date, dans la gestion des ressources extractives et la structuration d’une industrie énergétique durable.

Les échanges ont notamment porté sur un renforcement de la coopération entre les compagnies nationales PETROSEN et la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), avec pour objectif de partager les expertises, améliorer la gouvernance du secteur et renforcer la valeur ajoutée locale. Pour Dakar, Brazzaville représente un partenaire stratégique capable d’accompagner la montée en puissance de son secteur gazier.

Accélérer l’intégration économique et agricole

La visite a également mis en lumière l’urgence d’une intégration économique accrue entre les deux pays, et plus largement au sein du continent africain. Les présidents Faye et Sassou N’Guesso ont évoqué la nécessité de développer de nouveaux corridors agricoles et commerciaux, afin de renforcer les échanges intra-africains et d’améliorer la sécurité alimentaire.

Dans un contexte de forte dépendance aux importations de céréales, les deux dirigeants ont affiché leur volonté de promouvoir une production agricole locale plus compétitive, soutenue par des infrastructures adaptées et des mécanismes de coopération régionale. Cette approche s’inscrit dans la recherche d’une plus grande souveraineté alimentaire africaine, devenue un enjeu stratégique majeur.

Une diplomatie de médiation et de dialogue régional

Au-delà des considérations économiques, la visite du président sénégalais a revêtu une dimension diplomatique et politique affirmée. Bassirou Diomaye Faye a endossé un rôle de médiateur régional, dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des États du Sahel (AES).

Fort de la relation de confiance entretenue avec Brazzaville, Dakar souhaite contribuer à l’émergence de solutions africaines aux crises régionales, notamment sur les dossiers sensibles liés à l’AES et à la Guinée-Bissau. Le Sénégal défend, dans cette démarche, une approche fondée sur le dialogue, la solidarité africaine et le principe de non-ingérence, tout en privilégiant la stabilité et la coopération régionale.

Vers un partenariat repensé

Cette visite officielle marque ainsi une étape importante dans le repositionnement diplomatique et économique du Sénégal sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. En s’appuyant sur des partenariats africains stratégiques, Dakar entend consolider sa place dans les grands équilibres régionaux, tout en contribuant à la construction d’une coopération sud-sud plus pragmatique et tournée vers le développement.

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Navigation sur le fleuve Sénégal : l’Omvs donne le feu vert au lancement des travaux.

La pose de la première pierre annoncée pour avril 2026

L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) a franchi une étape décisive dans la concrétisation de son ambitieux projet de navigation fluviale. Réunis à Nouakchott les 30 et 31 janvier 2026, à l’occasion de leur 78ᵉ session ordinaire, les ministres de l’organisation ont autorisé le démarrage de la première phase du projet, avec une cérémonie de pose de la première pierre prévue en avril 2026.

Dans le communiqué final sanctionnant les travaux, le Conseil des ministres a donné mandat à la Société de gestion et d’exploitation de la navigation (Sogenav) pour engager les opérations techniques et administratives nécessaires au lancement effectif des travaux. Cette décision marque une avancée majeure dans la relance de la navigation sur le fleuve Sénégal, considérée comme l’un des piliers fondateurs de l’Omvs depuis sa création.

Un projet structurant pour l’intégration régionale

La navigation fluviale sur le fleuve Sénégal vise à renforcer l’intégration régionale entre les États membres — le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée — en facilitant les échanges commerciaux, la mobilité des personnes et le transport de marchandises à moindre coût. À terme, le projet ambitionne de désenclaver plusieurs zones riveraines, de stimuler les économies locales et de contribuer à la compétitivité des chaînes logistiques sous-régionales.

Au-delà de ses retombées économiques, le projet s’inscrit également dans une logique de développement durable, en promouvant un mode de transport moins polluant et complémentaire aux infrastructures routières et ferroviaires existantes.

Mobilisation financière et perspectives de financement

Conscients des enjeux financiers liés à un projet de cette envergure, les ministres de l’Omvs ont exhorté les États membres à accélérer la finalisation de leurs engagements financiers pour la première phase. Par ailleurs, le Conseil a instruit le Haut-commissariat de l’Omvs, en collaboration avec la Sogenav, « d’explorer des mécanismes de financement complémentaires » afin d’assurer la viabilité et la continuité des phases ultérieures du projet.

Cette orientation vise notamment à mobiliser des partenaires techniques et financiers, ainsi que des instruments innovants de financement adaptés aux projets d’infrastructures régionales.

Des programmes jugés globalement satisfaisants

Outre la question de la navigation, le Conseil des ministres s’est félicité de l’état d’avancement jugé satisfaisant des programmes de l’Omvs, à la lumière des rapports d’activités présentés par le Haut-commissariat et les différentes sociétés de gestion. Le rapport des experts a été adopté et plusieurs décisions structurantes ont été validées, traduisant la volonté de l’organisation de consolider ses acquis et d’accélérer la mise en œuvre de ses priorités stratégiques.

Une session placée sous le signe de la coopération

La 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Omvs s’est tenue sous la présidence de Boubacar Diané, ministre de l’Eau et de l’Énergie du Mali et président en exercice du Conseil. Ont également pris part aux travaux Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Mohamed Ould Khaled, ministre de l’Énergie et du Pétrole de la Mauritanie, Alassane Diallo, ministre de l’Industrie et du Commerce du Mali, ainsi que Mandjou Dioubaté, ambassadeur de la République de Guinée au Sénégal et en Mauritanie.

Cette rencontre de Nouakchott confirme la volonté commune des États membres de l’Omvs de renforcer la coopération autour du fleuve Sénégal, considéré comme un levier stratégique pour le développement économique, social et environnemental de la sous-région.

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Phosphates : le Sénégal veut rompre avec l’exportation brute et s’inspirer du modèle OCP.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a conclu mercredi 28 janvier sa visite officielle au Maroc par une immersion stratégique au sein du Groupe OCP, leader mondial de l’extraction et de la transformation des phosphates. Une étape hautement symbolique, marquée par une annonce majeure : le Sénégal ambitionne désormais de mettre fin à l’exportation brute de ses phosphates pour engager une transformation locale créatrice de valeur.

S’exprimant devant une trentaine d’étudiants sénégalais inscrits à l’Université polytechnique Mohammed VI, le chef du gouvernement a dressé un constat sans détour sur le modèle actuellement en vigueur au Sénégal. « Depuis 1977, les Industries chimiques du Sénégal font exactement ce que le Maroc faisait autrefois : exporter des matières premières phosphatées », a-t-il rappelé. Une stratégie que le Royaume chérifien a progressivement abandonnée au profit d’une industrialisation intégrée de ses ressources minières.

Le choix stratégique de la transformation locale

Pour Ousmane Sonko, le succès du Groupe OCP repose précisément sur cette décision historique. « À un moment clé, le Maroc a dit stop à l’exportation brute pour transformer localement ses phosphates. C’est ce choix qui a permis à l’OCP de devenir le numéro un mondial dans la production d’engrais », a-t-il souligné, en référence à la vision portée au plus haut niveau de l’État marocain.

Cette comparaison met en lumière, selon lui, les limites du modèle sénégalais actuel. Malgré des réserves importantes, le pays peine à couvrir ses propres besoins agricoles en engrais. « Nous avons des ressources, mais nous avons du mal à fournir suffisamment d’engrais à nos producteurs. Cette situation n’est plus acceptable. Nous avons décidé d’y mettre un terme », a affirmé le Premier ministre.

Vers une industrie phosphatière souveraine

Dans cette perspective, le gouvernement sénégalais envisage la création d’une nouvelle structure dédiée à la gestion et à la valorisation des phosphates nationaux. L’objectif est double : assurer l’approvisionnement du marché intérieur, notamment pour soutenir la productivité agricole, et développer une capacité d’exportation de produits transformés à plus forte valeur ajoutée.

Le Sénégal entend s’appuyer sur l’expertise marocaine et sur le modèle industriel de l’OCP, dans un contexte de relations bilatérales qualifiées de solides et stratégiques. « Il existe de très bonnes perspectives pour le Sénégal, compte tenu de la qualité des relations entre Dakar et Rabat », a estimé Ousmane Sonko, laissant entrevoir de futures coopérations techniques et industrielles.

Recherche, formation et capital humain au cœur du projet

Au-delà de l’industrie, le Premier ministre a insisté sur la dimension scientifique et académique de cette ambition. Il a annoncé la mise en place de filières de recherche universitaire dédiées, afin d’accompagner la transformation du secteur. « La réussite de cette mutation passe nécessairement par la recherche, l’innovation et la formation de compétences nationales », a-t-il déclaré, soulignant le rôle central du capital humain.

Le Maroc, qui détient près de 68 % des réserves mondiales de phosphates, dispose aujourd’hui d’un levier géostratégique majeur dans les enjeux de sécurité alimentaire mondiale. Une expérience que le Sénégal souhaite désormais adapter à ses propres réalités pour bâtir une industrie phosphatière plus souveraine, intégrée et durable, au service de son développement économique et de son agriculture.