Plusieurs pays africains prennent part cette semaine à une série d’ateliers continentaux sur les données éducatives, organisés sous l’égide de l’Union africaine, en partenariat avec l’UNESCO, l’UNICEF et l’AFD. Objectif : améliorer la gouvernance des systèmes éducatifs à travers la collecte, l’analyse et l’utilisation stratégique des données, dans le but de réduire la pauvreté scolaire sur le continent.
Un défi urgent pour l’Afrique
Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, plus de 98 millions d’enfants africains sont encore hors du système scolaire selon les estimations de l’UNESCO. À cela s’ajoute une faible qualité de l’enseignement, des inégalités régionales, des enseignants mal formés, et une gestion souvent inefficace des ressources.
Dans ce contexte, les données éducatives fiables et actualisées deviennent un levier indispensable pour :
-
cibler les zones les plus touchées par la déscolarisation,
-
adapter les politiques publiques,
-
suivre les progrès en temps réel,
-
anticiper les besoins en infrastructures, en enseignants et en financement.
Une approche fondée sur l’innovation
Les ateliers en cours portent notamment sur :
-
la numérisation des systèmes de suivi scolaire (présence, résultats, orientation),
-
l’interopérabilité entre ministères, écoles et partenaires,
-
l’exploitation des données pour réduire les inégalités d’accès à l’éducation,
-
la formation des responsables éducatifs à l’analyse de données.
Les pays participants, parmi lesquels le Kenya, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore le Rwanda, partagent leurs bonnes pratiques et les outils mis en œuvre localement (applications de suivi, tableaux de bord ministériels, bases de données cartographiques…).
Un enjeu de souveraineté et de développement
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan continental d’éducation de l’Union africaine (CESA 2035), qui promeut une transformation des systèmes éducatifs africains, fondée sur :
-
la résilience numérique,
-
l’inclusion sociale,
-
et la maîtrise des données comme outil de pilotage.
Pour de nombreux experts, combattre la pauvreté scolaire par la donnée n’est pas qu’une question technologique, mais une priorité politique et économique, au service d’un continent jeune, dynamique, mais encore trop inégal face à l’accès au savoir.
L’Afrique investit dans l’intelligence éducative : en utilisant mieux les données, elle espère garantir à chaque enfant une chance réelle de réussir à l’école. Une révolution silencieuse, mais essentielle, pour bâtir le futur du continent.

Burkina Faso
Cameroun
Gambie
Guinée
Mali
Mauritanie
Niger
Nigéria
Sénégal
Tchad


