Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a appelé à une transformation profonde du secteur énergétique national, estimant que la réussite du programme Simandou 2040 dépendra de la capacité de la Guinée à garantir un accès fiable et durable à l’électricité. Il s’exprimait, dimanche 28 juin 2026, lors de la cérémonie de remise d’engins lourds à Électricité de Guinée (EDG), destinés à renforcer les capacités opérationnelles de la société publique.
L’exemple chinois comme source d’inspiration
De retour d’une visite officielle en Chine, le chef du gouvernement a partagé les enseignements tirés de ce déplacement, qu’il considère comme une illustration du potentiel de transformation de la Guinée.
« Je reviens de Chine. Et ce que j’ai vu, je me suis dit que la Guinée peut faire la même chose », a-t-il déclaré, tout en soulignant que cette ambition exige davantage de rigueur, de discipline, d’organisation et d’efficacité dans la conduite des politiques publiques.
Selon Amadou Oury Bah, les échanges avec son homologue chinois ont largement porté sur les réformes engagées dans le secteur énergétique, présenté comme un levier stratégique pour accompagner la mise en œuvre du programme Simandou 2040 voulu par le président de la République.
Un secteur énergétique au cœur des ambitions de développement
Le Premier ministre a estimé que le modèle actuel de gestion des infrastructures énergétiques ne répond plus aux réalités démographiques et économiques du pays.
Rappelant que la population guinéenne est passée d’environ 4 à 5 millions d’habitants il y a une quarantaine d’années à près de 17,5 millions aujourd’hui, selon les données du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), il a plaidé pour une adaptation profonde des services publics aux nouveaux besoins du pays.
Pour lui, l’électricité constitue un indicateur majeur de la stabilité économique et sociale.
« Le secteur énergétique est le baromètre de la vie politique et sociale de ce pays », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement est revenu sur les difficultés d’approvisionnement qu’a connues la Guinée, notamment après l’explosion du principal dépôt d’hydrocarbures de Conakry et les perturbations enregistrées en 2024. Il a salué la résilience des populations face à ces crises tout en estimant que les efforts entrepris ont permis une amélioration progressive de la situation.
Le paiement des factures, une exigence pour toutes les administrations
Amadou Oury Bah a également insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance financière du secteur.
Il a confirmé la généralisation des compteurs prépayés dans les administrations publiques, après leur déploiement à la Primature puis dans plusieurs ministères. Désormais, toutes les institutions de l’État devront s’acquitter de leurs consommations d’électricité.
« Toutes les administrations doivent payer leurs factures d’électricité », a-t-il insisté.
Le Premier ministre a par ailleurs dénoncé les impayés, les branchements frauduleux et les manipulations de compteurs, qu’il considère comme des pratiques qui fragilisent durablement les finances publiques.
Il est allé jusqu’à qualifier le non-paiement des factures d’électricité de « crime contre son propre pays » et « contre les générations actuelles et futures ».
Des mécanismes de financement innovants pour moderniser EDG
Le chef du gouvernement a également mis en avant l’approche financière retenue pour l’acquisition des nouveaux équipements remis à EDG.
Selon lui, cette opération a été réalisée sans mobilisation directe du budget national de développement grâce à des mécanismes de financement innovants reposant sur des véhicules de projet (SPV). Cette stratégie permet d’associer banques, bailleurs de fonds et investisseurs privés au financement des infrastructures économiquement viables, tout en limitant le recours à l’endettement public.
Dans cette dynamique, Amadou Oury Bah a encouragé le développement du leasing afin de permettre à EDG de renouveler progressivement son parc d’équipements avec des matériels modernes.
Objectif : mettre fin aux crises énergétiques d’ici trois ans
Le Premier ministre a fixé une échéance ambitieuse : faire de la pénurie d’électricité un problème du passé dans un délai de trois ans.
Il a invité les responsables d’EDG à accélérer la mise en œuvre des projets, tout en assurant du soutien constant du gouvernement. En contrepartie, il a appelé à davantage de résultats et de rigueur dans l’exécution des programmes.
Selon lui, les lourdeurs administratives demeurent aujourd’hui l’un des principaux obstacles au développement du secteur, certains projets mettant jusqu’à cinq ans à être réalisés alors qu’ils pourraient être achevés en moins de deux ans.
En conclusion, Amadou Oury Bah a réaffirmé que la transformation de la Guinée passe inévitablement par une réforme structurelle du secteur énergétique.
Pour le chef du gouvernement, garantir un accès durable à l’électricité constitue une condition essentielle pour soutenir l’industrialisation du pays, améliorer les conditions de vie des populations et concrétiser les ambitions du programme Simandou 2040.

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