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Enquête : Les racines coloniales du surendettement africain

Alors que les crises de la dette se succèdent sur le continent africain, la pensée économique contemporaine interroge de plus en plus les causes structurelles de ce phénomène. Derrière les chiffres des institutions de Bretton Woods, l’analyse des mécanismes historiques révèle que les fondations du surendettement actuel ont été coulées dès l’époque coloniale.

Aujourd’hui, la dette publique africaine est souvent analysée à travers le prisme exclusif de la gouvernance contemporaine : déficits budgétaires, chocs climatiques, ou volatilité des cours des matières premières. Pourtant, une enquête historique approfondie montre que la dépendance financière de l’Afrique n’est pas née avec les indépendances. Elle est le produit d’un système économique extraverti, pensé et imposé dès la fin du XIXe siècle, dont le continent n’a jamais totalement réussi à s’émanciper.

1. La « dette coloniale » primitive ou le coût de la soumission

Le premier paradoxe historique de la dette africaine réside dans son origine : ce sont les métropoles qui ont endetté les territoires conquis pour financer leur propre domination. Au tournant du XXe siècle, les puissances coloniales françaises et britanniques adoptent le principe de l’autonomie financière des colonies. En clair : la colonisation ne doit rien coûter au contribuable européen.
Pour bâtir les infrastructures lourdes nécessaires à l’extraction des richesses (chemins de fer, ports, routes), les administrations coloniales ont contracté des emprunts massifs sur les places financières de Paris ou de Londres. Ces dettes n’ont pas été souscrites par les populations locales, mais ce sont elles qui ont dû les rembourser à travers l’impôt de capitation (impôt par tête) et le travail forcé. Au moment des indépendances, dans les années 1960, plusieurs nouveaux États souverains ont hérité de ces « dettes odieuses », contractées sans le consentement des peuples et utilisées contre leurs propres intérêts.

2. Le piège de l’économie de rente et la spécialisation forcée

La racine la plus profonde du surendettement réside dans la structure même des économies coloniales, conçues pour être « extraverties ». Le pacte colonial interdisait aux colonies de transformer leurs matières premières ou d’industrialiser leurs territoires, réservant ce rôle exclusif à la métropole.
Cette division internationale du travail a enfermé l’Afrique dans le rôle de fournisseur de produits bruts (café, cacao, cuivre, coton) et d’importateur de produits manufacturés.

  • Le mécanisme du piège : À l’indépendance, pour construire des usines, des hôpitaux et des écoles, les nouveaux États ont dû importer massivement des technologies et des biens d’équipement occidentaux. N’ayant pour seules ressources financières que l’exportation de leurs matières premières, ils sont devenus ultra-dépendants des cours mondiaux.
  • Le choc : Dès que les cours des matières premières s’effondraient (comme lors du choc de 1980), les recettes de l’État s’écroulaient, rendant le recours à l’emprunt extérieur obligatoire pour maintenir le fonctionnement minimal des services publics.
3. Le pacte monétaire et la continuité de la dépendance

L’enquête sur les racines coloniales ne peut faire l’impasse sur l’outil monétaire. Dans les anciennes colonies françaises, la création du Franc CFA en 1945 a institutionnalisé un mécanisme financier rigide.
La parité fixe avec le franc français (puis l’euro) et l’obligation historique de déposer une partie des réserves de change auprès du Trésor français ont garanti une stabilité monétaire et repoussé l’inflation. Cependant, les économistes critiques soulignent que cette monnaie forte a agi comme un frein à l’industrialisation locale en rendant les importations européennes moins chères et les exportations africaines moins compétitives. Pour compenser ce manque de compétitivité structurelle, le recours aux flux financiers extérieurs et à l’endettement est devenu une béquille permanente.

4. De la colonisation aux Plans d’Ajustement Structurel (PAS)

Lorsque la crise de la dette éclate dans les années 1980, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale imposent les Plans d’Ajustement Structurel. Sous prétexte d’assainir les finances, ces institutions exigent des privatisations massives, la réduction des budgets de santé et d’éducation, et l’ouverture totale des marchés.
Pour de nombreux historiens de l’économie, les PAS ont fonctionné comme une réactualisation du logiciel colonial. En démantelant les tentatives d’États-providence africains et en interdisant le protectionnisme nécessaire à l’émergence de toute industrie nationale, ces plans ont maintenu le continent dans son rôle historique de réservoir de ressources, perpétuant le cycle vicieux : absence d’industrialisation ‭$\rightarrow$‬ faiblesse des revenus internes ‭$\rightarrow$‬ besoin d’emprunter à l’étranger.

Décoloniser la finance africaine

L’analyse des racines coloniales du surendettement n’exonère pas les dirigeants africains post-indépendance de leurs responsabilités en matière de gestion publique. Elle démontre en revanche que les remèdes classiques proposés par la finance internationale attaquent les symptômes et non la maladie.
Tant que l’Afrique sera confinée dans une architecture économique mondiale héritée de Berlin (1885) — caractérisée par l’absence de transformation locale des ressources et une dépendance aux devises étrangères —, la dette restera un outil de domination géopolitique plutôt qu’un levier de développement. Pour sortir du surendettement, le continent doit achever sa décolonisation économique par l’intégration régionale, la souveraineté monétaire et l’industrialisation.

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Africa CEO Forum : Paul Kagame appelle l’Afrique à repenser sa gouvernance pour accélérer son développement.

Le coup d’envoi de l’édition 2026 de l’Africa CEO Forum 2026 a été donné ce lundi à Kigali, au Rwanda, en présence de plusieurs chefs d’État africains, dirigeants d’entreprises et investisseurs internationaux.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président rwandais Paul Kagame, entouré notamment de ses homologues de la Guinée, du Gabon et du Nigeria.

Considéré comme l’un des principaux rendez-vous économiques du continent, l’Africa CEO Forum réunit chaque année des responsables politiques et des acteurs du secteur privé autour des enjeux liés à l’investissement, à l’intégration régionale et à la transformation économique de l’Afrique.

Paul Kagame place la gouvernance au cœur du développement africain

Lors d’un échange interactif organisé pendant la cérémonie d’ouverture, Paul Kagame a insisté sur le rôle central des politiques publiques dans la réussite du développement africain.

Selon le chef de l’État rwandais, les difficultés rencontrées par plusieurs pays du continent ne relèvent pas uniquement du déficit d’infrastructures, mais avant tout de problèmes de gouvernance et de choix politiques.

Pour lui, aucune dynamique de développement durable ne peut émerger sans des politiques cohérentes, efficaces et adaptées aux réalités africaines.

Paul Kagame a également appelé les dirigeants africains à renforcer l’organisation institutionnelle et la qualité de la gouvernance afin de créer un environnement favorable à la croissance économique et à l’investissement.

Le secteur privé présenté comme un acteur clé de la transformation du continent

Le président rwandais a par ailleurs souligné l’importance stratégique du secteur privé dans la construction de l’Afrique de demain.

Il a estimé que les États devaient davantage créer les conditions permettant aux entreprises d’investir, d’innover et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour les jeunes générations africaines.

Selon lui, le débat sur le développement africain ne doit pas se limiter aux questions d’infrastructures, souvent présentées comme les principaux freins à la croissance.

Paul Kagame considère au contraire que les difficultés résident d’abord dans les politiques publiques mises en œuvre et dans les modèles de gouvernance adoptés par les États.

Il a ainsi appelé gouvernements, entrepreneurs et citoyens à adopter de nouvelles approches fondées sur les meilleures pratiques, la responsabilité et l’efficacité.

Kagame plaide pour une accélération de la ZLECAf

Interrogé sur la Zone de libre-échange continentale africaine, le président rwandais a insisté sur la nécessité d’un changement profond de mentalités afin de permettre à l’intégration économique africaine de progresser.

Selon lui, la réussite de la ZLECAf dépend autant de la volonté politique que de la capacité des États africains à dépasser certaines résistances administratives et techniques.

Paul Kagame a estimé que les transformations les plus importantes commencent souvent par des changements d’état d’esprit, rappelant que cette évolution ne nécessite pas forcément d’importantes ressources financières, mais surtout une volonté collective et des efforts constants.

Le président rwandais a également mis en garde contre les risques de voir les lenteurs techniques et bureaucratiques freiner la mise en œuvre effective de la zone de libre-échange continentale.

Pour lui, malgré les difficultés, les pays africains doivent rester concentrés sur l’objectif principal : bâtir un espace économique intégré capable de garantir le développement, la prospérité et une meilleure compétitivité pour les populations africaines.

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Afrique : forte hausse des dépenses militaires, tirée par l’Afrique du Nord et les tensions sécuritaires.

Les dépenses militaires cumulées des pays africains ont atteint 58,2 milliards USD en 2025, enregistrant ainsi une hausse de 8,5 % par rapport à 2024 et de 45 % comparativement à l’année 2016, selon un rapport publié le lundi 27 avril par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).
En Afrique du Nord, les dépenses militaires ont culminé à 35 milliards USD durant l’année écoulée, soit 60 % du total des dépenses du continent. Ce chiffre représente une hausse de 9,3 % par rapport à 2024 et de 67 % par rapport à 2016. Les dépenses militaires de l’Algérie ont augmenté de 11 % pour atteindre 25,4 milliards USD en 2025, ce qui fait de ce pays producteur d’hydrocarbures le plus gros dépensier sur ce segment, tant en Afrique du Nord que sur l’ensemble du continent africain.
Avec 25 %, la part des dépenses militaires de l’Algérie dans les dépenses publiques était la deuxième plus importante au monde, après celle de l’Ukraine. Le Maroc a, quant à lui, augmenté ses dépenses militaires de 6,6 % l’an passé, à 6,3 milliards USD, pour occuper la deuxième marche du podium continental. L’Algérie et le Maroc ont ainsi représenté ensemble plus de 90 % du total des dépenses militaires de la sous-région Afrique du Nord en 2025.
En Afrique subsaharienne, les dépenses militaires se sont établies à 23,3 milliards USD durant l’année écoulée, ce qui représente une hausse de 7,4 % par rapport à 2024, et de 21 % comparativement à 2016. Cette hausse s’explique en grande partie par l’augmentation des dépenses au Nigeria, qui ont bondi de 55 % l’an passé pour atteindre 2,1 milliards USD, dans un contexte d’aggravation de la situation sécuritaire liée à l’exacerbation des violences extrémistes.
L’Afrique du Sud a alloué 3,2 milliards USD à son armée en 2025, soit une baisse de 1,2 % par rapport à 2024 et une diminution de 19 % par rapport à 2016. Les dépenses militaires en République démocratique du Congo ont augmenté de 20 % pour atteindre 1,2 milliard USD en 2025, alors que le conflit avec le mouvement rebelle du 23 mars (M23) s’est intensifié durant le premier semestre de l’année, avant la signature d’un accord de cessez-le-feu en juillet.
Source : Agence Ecofin.
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Libreville : l’Afrique spatiale en quête de souveraineté et d’innovation.

Des délégations issues de 65 pays se sont réunies à Libreville pour une rencontre internationale consacrée aux enjeux du secteur spatial. Objectif : partager les dernières avancées technologiques, renforcer les coopérations et accélérer l’intégration de l’Afrique dans l’économie spatiale mondiale.

Un retard reconnu, mais une dynamique en marche

Dès l’ouverture des travaux, les participants ont dressé un constat sans équivoque : le continent accuse un retard significatif dans le domaine spatial. Une situation soulignée par Sémou Diouf, directeur du programme conjoint SatNav Africa, une initiative panafricaine soutenue par l’Union européenne.

Selon lui, les efforts se multiplient pour combler ce décalage, notamment à travers une meilleure coordination entre États africains et un engagement accru en faveur du développement de systèmes satellitaires propres au continent.

Le secteur aérien, principal utilisateur des données satellitaires

À ce jour, l’un des rares domaines où l’Afrique exploite pleinement les données satellitaires reste celui de la navigation aérienne. Cette utilisation est portée notamment par l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar, dirigée depuis Dakar par Prosper Zo’o Minto’o.

Le recours au satellite permet d’assurer une couverture optimale des communications et du transfert de données, contribuant ainsi à la sécurité et à l’efficacité du trafic aérien sur le continent.

Un potentiel économique en forte croissance

D’après les projections de l’Agence spatiale africaine, basée en Égypte, l’économie spatiale africaine pourrait atteindre 22 milliards de dollars en 2026, avant de progresser à 35 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Pour tirer pleinement parti de cette croissance, les experts estiment que les pays africains doivent renforcer leurs capacités en matière de lancement et d’exploitation de satellites. À ce jour, seule une dizaine d’États disposent de tels équipements.

Vers une stratégie continentale plus ambitieuse

La rencontre de Libreville vise précisément à combler ce déficit, en favorisant les partenariats, le transfert de compétences et la mise en place de stratégies communes. Dans un contexte de compétition technologique mondiale, le développement du secteur spatial apparaît désormais comme un levier stratégique pour la souveraineté, la sécurité et le développement économique du continent africain.

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IShowSpeed en Afrique : une tournée immersive qui bouscule les perceptions du continent.

Le streamer et YouTubeur américain IShowSpeed, de son vrai nom Darren Watkins Jr., s’apprête à boucler une tournée exceptionnelle de 28 jours à travers l’Afrique, conçue comme une immersion culturelle destinée à montrer une autre image du continent, loin des stéréotypes de pauvreté et de violence souvent véhiculés à l’international.

Entamée fin décembre en Angola, cette tournée a conduit la star des réseaux sociaux dans 19 pays d’Afrique australe, orientale et d’Afrique du Nord, au rythme d’escales mêlant découvertes culturelles, rencontres populaires et événements sportifs majeurs. À chaque étape, le créateur de contenu a partagé son expérience en direct avec des millions d’abonnés.

« J’ai vécu beaucoup de choses incroyables dans ma vie, mais ce voyage est différent. Il m’a ouvert les yeux. L’Afrique n’est pas ce que je pensais », a-t-il confié lors de son passage au Botswana, résumant l’impact personnel de cette aventure.

Du football aux traditions locales, un périple très médiatisé

Moment fort de la tournée, IShowSpeed a assisté le 18 janvier au Maroc à la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Il s’est ensuite rendu au Sénégal, où il a célébré la victoire de l’équipe nationale aux côtés des supporters, avant de poursuivre au Nigeria. C’est dans ce pays qu’il a franchi la barre symbolique des 50 millions d’abonnés sur YouTube, célébrant au passage son 21ᵉ anniversaire.

Dernièrement, le streamer a fait étape au Ghana, où il s’est prêté à une série d’expériences culturelles : dégustation du riz jollof, rencontre avec un chef traditionnel et visite du musée du beurre de karité. À son arrivée, il a déclaré se sentir « de retour chez lui », affirmant que ses origines familiales remontent à ce pays d’Afrique de l’Ouest. La Namibie, attendue comme l’ultime escale, devrait clore cette tournée africaine.

“Speed Does Africa”, une vitrine numérique aux millions de spectateurs

Baptisée Speed Does Africa, la série diffusée en direct sur YouTube a donné lieu à des vidéos marathon pouvant atteindre neuf heures de diffusion. On y voit IShowSpeed goûter des plats locaux, apprendre des danses traditionnelles, défier des sportifs ou encore se mêler à des foules enthousiastes de fans. Dans plusieurs villes, ses déplacements ont attiré des rassemblements massifs, témoignant de sa popularité auprès de la jeunesse africaine.

Entre enthousiasme et critiques sur la représentation de l’Afrique

La tournée a suscité de nombreuses réactions, notamment au sein de la diaspora afro-américaine. À Dakar, Pape Seye, quadragénaire, a salué la visite du créateur à la Maison des Esclaves sur l’île de Gorée, haut lieu de mémoire de la traite transatlantique. Selon lui, cette étape est essentielle pour rappeler que « les histoires de l’Afrique et des Afro-Américains sont intimement liées ».

D’autres voix se montrent toutefois plus critiques. L’influenceuse béninoise Nelly Mbaa, connue sous le nom d’Afro Chronik, estime que le succès de Watkins repose sur une mise en scène caricaturale. Elle juge que son personnage, fait de cris, de grimaces et d’exagérations, correspond à une attente occidentale qui valorise davantage le spectacle que la profondeur intellectuelle. « Sans cette persona excessive, son public disparaîtrait probablement », avance-t-elle.

Une notoriété massive, mais controversée

IShowSpeed est aujourd’hui l’un des créateurs de contenu les plus suivis au monde, avec plus de 50 millions d’abonnés sur YouTube, 45 millions sur Instagram et 47 millions sur TikTok. Sa popularité s’est construite sur un style énergique et provocateur, devenu sa signature, mais qui lui a également valu plusieurs polémiques.

En 2022, il a notamment été banni de compétitions professionnelles de jeux en ligne à la suite de propos sexistes envers une joueuse, avant d’être brièvement suspendu de YouTube pour la diffusion de contenu jugé inapproprié dans un jeu vidéo.

Un voyage symbolique au-delà du divertissement

Au-delà des controverses, cette tournée africaine marque un moment singulier dans la carrière d’IShowSpeed. En exposant des millions de spectateurs à des réalités culturelles multiples et souvent méconnues, elle contribue, à sa manière, à élargir le regard porté sur l’Afrique. Reste à savoir si cette expérience influencera durablement la narration du continent sur les grandes plateformes numériques mondiales.

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CAN 2026 : le Sénégal sacré champion d’Afrique.

Le Sénégal est à nouveau au sommet du football africain. Les Lions de la Téranga ont remporté, ce soir, la Coupe d’Afrique des nations 2026, confirmant leur statut de puissance majeure du continent et inscrivant une nouvelle page dorée dans l’histoire du sport sénégalais.

Au terme d’un parcours maîtrisé et d’une finale disputée avec intensité, la sélection nationale a su faire la différence grâce à sa solidité collective, son expérience des grands rendez-vous et son sang-froid dans les moments décisifs. Face à un adversaire accrocheur, les Sénégalais ont fait preuve de maturité tactique et de détermination, illustrant la continuité d’un projet sportif bâti sur la rigueur, la discipline et l’ambition.

Une génération dorée au rendez-vous de l’histoire

Portée par ses cadres, l’équipe nationale a une nouvelle fois répondu présent. Le capitaine Kalidou Koulibaly a incarné l’autorité et le leadership, tandis que Sadio Mané, figure emblématique du football sénégalais, a confirmé son statut de joueur décisif et de symbole d’une génération exceptionnelle. Autour d’eux, un groupe soudé et discipliné a su élever son niveau de jeu au fil de la compétition.

Sous la direction du sélectionneur Pape Thiaw, les Lions ont affiché une identité claire : une défense solide, un milieu de terrain travailleur et une attaque capable de faire la différence à tout moment. Cette cohérence tactique a été l’un des principaux leviers du sacre continental.

Une victoire au-delà du football

Ce nouveau titre continental dépasse le simple cadre sportif. Il renforce la fierté nationale et consolide la place du Sénégal parmi les grandes nations africaines de football. Des rues de Dakar aux régions de l’intérieur du pays, en passant par la diaspora, la victoire a été célébrée avec ferveur, émotion et unité.

Déjà vainqueur de la CAN 2022, le Sénégal réalise ainsi un doublé historique et confirme la longévité de son succès au plus haut niveau. Ce sacre à la CAN 2026 consacre des années de travail, d’investissements et de structuration du football national.

Le Sénégal, référence continentale

Avec ce nouveau trophée, le Sénégal s’affirme comme une référence durable du football africain. Plus qu’une équipe victorieuse, les Lions incarnent désormais un modèle de stabilité, de performance et d’ambition.

Ce sacre continental n’est pas une fin en soi, mais une étape supplémentaire dans une histoire qui continue de s’écrire. Ce soir, le Sénégal est champion d’Afrique. Et la légende continue.

L'Afrique face au triangle Trump Poutine Europe

Le Grand Basculement : L’Afrique face au triangle Trump-Poutine-Europe

Le monde de 2026 ne ressemble plus à celui de la décennie précédente. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’affirmation d’une Russie en économie de guerre et une Europe en pleine introspection redéfinissent les règles du jeu. Pour l’Afrique, le temps de l’observation est révolu : celui de la stratégie pure commence.

1. Le choc des blocs : Une diplomatie de l’intérêt

Le retour d’une politique américaine « America First » marque la fin de l’idéalisme. Donald Trump privilégie les accords bilatéraux et transactionnels. Parallèlement, la Russie utilise ses capacités sécuritaires pour s’ancrer durablement sur le continent.

L’enjeu pour l’Afrique : Éviter de redevenir le théâtre d’une « Guerre Froide 2.0 ».

  • La solution : Le multi-alignement. Le continent doit refuser de choisir un camp et transformer cette compétition de puissances en enchères au mieux-disant pour ses propres infrastructures.

2. Le défi de la souveraineté face au protectionnisme

Avec Trump, les barrières douanières risquent de se durcir. Avec une Europe focalisée sur sa propre défense, les budgets d’aide au développement fondent.

L’enjeu pour l’Afrique : L’autarcie stratégique.

  • La priorité : Accélérer la ZLECAF (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine). Si le monde se ferme, l’Afrique doit devenir son propre client. La dépendance au dollar ou à l’euro doit être mitigée par le renforcement des échanges en monnaies locales ou via des systèmes de compensation régionaux.

3. La bataille des ressources : Du sous-sol à la valeur ajoutée

L’Occident et la Russie se livrent une guerre sans merci pour les minerais critiques (lithium, cobalt, terres rares), essentiels aux technologies de demain.

L’enjeu pour l’Afrique : Sortir de l’économie d’extraction.

  • Le passage à l’action : Suivre l’exemple de pays comme l’Indonésie ou la Namibie en interdisant l’exportation de minerais bruts. L’Afrique ne doit plus seulement être la « mine du monde », mais une terre d’industrie. La transformation locale est le seul rempart contre l’inflation importée d’Europe ou d’Amérique.

4. La sécurité : Entre mercenariat et autonomie

Le retrait progressif des forces traditionnelles européennes (notamment françaises) et l’arrivée de groupes paramilitaires russes créent un vide ou un changement de tutelle sécuritaire au Sahel et au-delà.

L’enjeu pour l’Afrique : La mainmise sur sa propre stabilité.

  • La nécessité : Renforcer l’architecture de paix de l’Union Africaine. Sans une force de réaction rapide financée par les États africains eux-mêmes, le continent restera dépendant des agendas sécuritaires de Washington, Moscou ou Paris.


Conclusion : De l’Afrique « objet » à l’Afrique « sujet »

Le monde actuel est brutal, mais il offre une opportunité historique. La fragmentation de l’ordre mondial permet à l’Afrique de peser si, et seulement si, elle parle d’une seule voix.

Le véritable défi n’est pas de savoir ce que Trump fera ou ce que Poutine veut, mais de savoir ce que l’Afrique est prête à imposer. L’avenir du continent se jouera sur sa capacité à transformer ses ressources sur son sol et à unifier ses marchés.

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Alger accueille la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme : l’Afrique réclame justice.

Alger est, depuis ce dimanche 30 novembre, le centre d’un débat historique. La capitale algérienne accueille en effet la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme, un rendez-vous majeur organisé sous l’égide de l’Union africaine, avec un objectif clair : faire reconnaître les crimes coloniaux et poser les bases d’un mécanisme de réparations.

 Une mobilisation panafricaine et internationale

Pendant deux jours, diplomates, ministres, historiens, juristes et dirigeants venus de nombreux pays d’Afrique, des Caraïbes et de la diaspora se réunissent pour débattre des séquelles du colonialisme et des voies juridiques permettant de rendre justice aux peuples concernés.

Placée sous le thème :
« Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations »,
la conférence met l’accent sur des solutions concrètes, notamment la reconnaissance officielle des crimes, la restitution des biens spoliés et l’indemnisation des victimes directes ou indirectes.

L’Algérie met en avant son combat historique

Dans son discours d’ouverture, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réaffirmé la position de son pays : l’Algérie exige la reconnaissance des crimes coloniaux et la restitution des richesses et archives volées durant la période d’occupation française.

Il a également insisté sur la nécessité d’un cadre juridique international permettant d’assurer une restitution « juste » — une démarche qui, selon lui, ne doit être perçue « ni comme un cadeau ni comme une faveur », mais comme un droit légitime.

Un lieu symbolique de lutte et de mémoire

Le choix d’Alger pour accueillir cette conférence n’est pas anodin. Forte de son histoire marquée par 132 ans de colonisation française et d’une guerre d’indépendance parmi les plus violentes du XXᵉ siècle, l’Algérie reste une référence dans les combats pour l’émancipation.

La rencontre intervient également dans un contexte de tensions diplomatiques récentes entre Alger et Paris, ravivées par les mémoires coloniales non apaisées.

 Héritage révolutionnaire et solidarité historique

Dans les années 1960, l’Algérie a servi de base arrière à plusieurs mouvements de libération africaine, ce qui renforce la portée symbolique de cette conférence tournée vers la justice historique et la reconnaissance des droits des peuples colonisés.

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7ᵉ Sommet UA–UE à Luanda : un appel à un partenariat renouvelé entre l’Afrique et l’Europe.

Le 7ᵉ Sommet Union africaine -Union européenne s’est ouvert lundi 24 novembre à Luanda, marquant un moment diplomatique majeur pour les deux continents. Placée sous le signe d’un partenariat plus équilibré et d’un multilatéralisme renforcé, cette rencontre intervient dans un contexte mondial où les défis géopolitiques, économiques et sécuritaires exigent une coopération repensée.

Un sommet au cœur d’une double célébration

L’Angola, qui vient de célébrer ses 50 ans d’indépendance, accueille pour la première fois un sommet d’une telle envergure. Pour l’occasion, les autorités ont mis en place un dispositif exceptionnel.
Les travaux se déroulent dans un centre de conférences ultramoderne installé au Mémorial Agostinho Neto, édifié en hommage au premier président angolais.

Afin d’assurer fluidité et sécurité, le gouvernement a décrété deux journées chômées et payées pour réduire la circulation dans une capitale souvent confrontée aux embouteillages. À l’aéroport et aux abords du site, une troupe folklorique accueille les délégations, tandis que plus de 300 journalistes d’Afrique et d’Europe couvrent l’événement.

Une participation au plus haut niveau

Près de quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement ont répondu présent à ce sommet UA–UE. La forte affluence témoigne de l’importance stratégique accordée aux relations entre les deux organisations, représentées respectivement par l’Union africaine et l’Union européenne.

Un appel à un partenariat équilibré

Dès l’ouverture, les dirigeants ont insisté sur la nécessité de bâtir un partenariat rénové reposant sur :

  • un dialogue politique plus équilibré ;

  • une coopération économique fondée sur l’investissement durable ;

  • une réforme de l’architecture financière mondiale jugée inadaptée aux besoins des économies africaines ;

  • un multilatéralisme renforcé, notamment face aux tensions géopolitiques et aux crises globales.

Le rapport « The State of Africa-Europe 2025 », publié par la Fondation Afrique-Europe en amont du sommet, appelle également à une refonte de la relation et à la mise en place de mécanismes de financement plus adaptés aux enjeux du continent africain.

Enjeux majeurs pour les deux continents

Ce sommet intervient dans un contexte où :

  • les questions de transition énergétique, de sécurité alimentaire et de stabilité politique sont prioritaires pour l’Afrique ;

  • l’Europe cherche à redéfinir sa présence stratégique et sécuritaire sur le continent ;

  • les débats sur la dette, le financement du développement et l’équité des partenariats dominent l’agenda international.

Une rencontre décisive

Les travaux se poursuivront jusqu’au 25 novembre, avec l’ambition de déboucher sur une feuille de route claire pour l’avenir du partenariat UA–UE. Pour Luanda, ce sommet représente également une vitrine internationale et un symbole de stabilité au moment où le pays célèbre un demi-siècle d’indépendance.

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Conakry accueille une rencontre régionale sur les Programmes élargis de vaccination en Afrique.

Des responsables de santé venus de seize pays africains, ainsi que de l’Algérie, se réunissent à Conakry du 24 au 28 novembre 2025 pour une session de travail consacrée à l’évaluation des Programmes élargis de vaccination (PEV) dans la sous-région.
Pendant cinq jours, les directeurs nationaux des PEV examineront l’état d’avancement des politiques vaccinales, analyseront les progrès réalisés et identifieront les priorités pour renforcer la vaccination systématique.

Cette rencontre régionale vise également à favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques entre les pays participants, dans un contexte où la prévention des maladies évitables par la vaccination demeure un enjeu majeur de santé publique en Afrique.

La tenue de cet événement à Conakry marque une reconnaissance des efforts fournis par la Guinée ces derniers mois. Le pays est en effet parvenu à améliorer significativement sa couverture vaccinale, passée de 47 % à 63 % en un an.
Une progression rendue possible grâce à la modernisation de la chaîne de froid, au renforcement de la disponibilité des vaccins et à l’introduction du vaccin contre le paludisme dans le programme national.

Les travaux de Conakry devraient permettre de dégager de nouvelles orientations et de consolider les stratégies régionales afin de garantir un accès élargi et équitable à la vaccination pour les populations africaines.