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Technologies numériques en Afrique : à Nairobi, l’appel à une innovation centrée sur les populations.

L’Afrique doit prendre une place centrale dans la conception, la gouvernance et le financement de ses technologies. C’est le message porté lors du Sommet sur les technologies centrées sur les personnes en Afrique, organisé du 5 au 7 octobre 2026 à Nairobi, au Kenya, à l’initiative de la Fondation Open Society, avec l’appui d’Andela, de Code for Africa, d’Ushahidi et de Build Up.

La rencontre a rassemblé 774 délégués issus de 35 pays et représentant 39 nationalités, parmi lesquels des responsables publics, des innovateurs, des chercheurs, des bailleurs de fonds et des organisations communautaires. Les échanges ont porté sur la manière de développer des outils numériques adaptés aux réalités africaines, capables de renforcer la gouvernance démocratique, la paix, la participation citoyenne et la confiance envers les institutions.

Faire de la technologie un levier de développement inclusif

Durant les deux premières journées, les participants ont abordé plusieurs enjeux majeurs : l’appropriation locale des technologies, les garanties éthiques, la démocratie, la responsabilité publique, les minerais critiques et le financement durable de l’innovation.

Un constat s’est dégagé des discussions : la performance technologique ne suffit pas à garantir l’utilité d’un outil. Sa pertinence doit également être évaluée à l’aune de sa capacité à répondre aux besoins des populations et à améliorer concrètement leurs conditions de vie.

Les intervenants ont ainsi défendu une approche dans laquelle les communautés participent à la conception des solutions qui les concernent. Les technologies numériques peuvent notamment contribuer aux systèmes d’alerte précoce, à la prévention des conflits, au dialogue entre communautés et au suivi de l’action publique.

L’intelligence artificielle et les infrastructures numériques ont également occupé une place importante dans les débats. Les participants ont appelé à orienter leur développement vers les priorités du continent, notamment l’emploi, la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’énergie, à l’eau et aux services essentiels.

Souveraineté numérique et protection des droits

Au-delà des perspectives offertes par l’innovation, le sommet a mis en lumière les risques associés à un développement technologique insuffisamment encadré. La surveillance abusive, la désinformation, les discriminations algorithmiques et les inégalités d’accès au numérique figurent parmi les préoccupations soulevées.

L’enjeu est donc de concilier innovation, protection des droits fondamentaux et responsabilité des acteurs publics et privés. Les participants ont insisté sur la nécessité de faire progresser conjointement les cadres réglementaires et les solutions technologiques, afin de prévenir les dérives et de préserver la confiance des citoyens.

Cette réflexion concerne également les relations entre les États et les populations. Les outils numériques peuvent améliorer l’accès à l’information, renforcer la transparence et faciliter les mécanismes de contrôle citoyen, à condition que leur utilisation respecte les droits et les libertés.

La question de la propriété des données a également été soulevée. Pour Joshua Ogure, représentant de Map Kibera, la maîtrise communautaire des données produites localement constitue un enjeu essentiel. L’objectif est de permettre aux populations de participer aux décisions concernant les informations qu’elles génèrent et leur utilisation.

Passer de la consommation à la création de solutions africaines

Les discussions ont également mis en évidence la nécessité de renforcer la capacité des acteurs africains à concevoir et à maîtriser leurs propres outils numériques. Christella Igiranez, du programme Tech4Peace du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a notamment relevé que de nombreuses solutions utilisées sur le continent sont conçues à l’extérieur de l’Afrique.

Des applications destinées à accompagner les survivantes de violences basées sur le genre ou à faciliter l’accès des petits agriculteurs au microcrédit illustrent pourtant le potentiel de technologies développées à partir de besoins locaux.

Pour les participants, les communautés ne doivent plus être considérées comme de simples utilisatrices des innovations, mais comme des partenaires dans leur conception, leur gouvernance et leur développement. Cette approche suppose aussi de tester les solutions auprès des populations concernées avant leur déploiement à grande échelle.

La question du financement reste déterminante. La pérennité des initiatives dépend notamment de la disponibilité de ressources durables, d’infrastructures adaptées et de partenariats capables d’accompagner les innovations au-delà de leur phase initiale.

Des technologies au service de la paix et de la gouvernance

Les applications numériques dans la prévention des conflits, la sécurité publique et la gouvernance ont constitué un autre axe majeur du sommet. L’expérience d’Ushahidi, plateforme née au Kenya à la suite des violences postélectorales de 2007-2008 pour recueillir et cartographier les témoignages des citoyens, a notamment illustré la capacité des technologies développées en Afrique à répondre à des crises concrètes.

Pour Michelle Ndiaye, directrice du programme « Transformative Peace » à Open Society Foundations, les technologies peuvent contribuer au renforcement de la paix, à la participation citoyenne et à la gouvernance démocratique, mais aussi à la prévention de certains conflits.

Les échanges ont également porté sur la gouvernance des ressources naturelles et les minerais critiques, dont l’importance économique et géopolitique ne cesse de croître. Les outils numériques peuvent favoriser la traçabilité, la transparence et le suivi des activités extractives, tout en renforçant la responsabilité des acteurs concernés.

Des initiatives africaines mises à l’honneur

Le sommet a également permis de distinguer plusieurs initiatives innovantes du continent. Cinq organisations ont été récompensées : l’Institute for Multiparty Democracy, Devligence Limited, Factcheck Africa, Map Kibera et Campus Safety Initiative.

Cette reconnaissance vise à valoriser les solutions conçues par des acteurs africains et à favoriser leur visibilité auprès des partenaires, des investisseurs et des organisations susceptibles de soutenir leur développement.

Lors de la clôture, Fiona Asuke a appelé les participants à dépasser le stade des discussions pour transformer les idées en solutions concrètes, puis en résultats mesurables.

Construire un avenir numérique porté par les Africains

Au terme de trois jours de travaux, le sommet a mis en avant une ambition commune : faire de la technologie un instrument de progrès social, de gouvernance responsable et de consolidation de la paix, plutôt qu’un facteur supplémentaire d’exclusion.

La concrétisation de cette ambition reposera sur plusieurs conditions : une participation effective des communautés, une protection rigoureuse des données, des mécanismes de financement durables et une meilleure articulation entre innovation et réglementation.

Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse ainsi la seule adoption des nouvelles technologies. Il s’agit de renforcer sa capacité à concevoir, gouverner et financer des solutions correspondant à ses propres priorités. La prochaine étape consistera à traduire les recommandations du sommet en partenariats durables et en initiatives capables de produire des effets tangibles sur le terrain.

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Raffinage : Aliko Dangote prévoit une plus grande autonomie de l’Afrique en carburants d’ici 2030.

Raffinage : Aliko Dangote prévoit une plus grande autonomie de l’Afrique en carburants d’ici 2030

Le milliardaire nigérian Aliko Dangote estime que la majorité des pays africains pourraient couvrir leurs besoins en carburants raffinés à partir de 2030. L’homme d’affaires défend une accélération des investissements dans les capacités de transformation des ressources énergétiques sur le continent.

Cette perspective intervient alors que son groupe prépare le lancement d’un important projet de raffinerie au Kenya. L’infrastructure doit être implantée à Lamu, sur la côte kényane, et représente un investissement annoncé de 16 milliards de dollars.

Une raffinerie de 700 000 barils par jour

La première pierre du projet doit être posée mercredi à Lamu. Selon les informations communiquées par Aliko Dangote, la future installation devrait disposer d’une capacité de raffinage de 700 000 barils de pétrole par jour et être construite sur une période d’environ 30 mois.

S’exprimant mardi devant des journalistes à Nairobi, le président du groupe Dangote a estimé que l’Afrique disposait des capacités nécessaires pour réduire fortement sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés.

Il considère que l’enjeu principal réside dans le développement du raffinage sur le continent, indépendamment du pays où le pétrole brut est extrait.

Transformer davantage les ressources africaines

Aliko Dangote plaide depuis plusieurs années pour une transformation accrue des matières premières en Afrique. Selon lui, l’exportation de ressources brutes suivie de l’importation de produits finis prive les économies africaines d’une partie de la valeur ajoutée liée à leur transformation.

Il souligne notamment le contraste entre les volumes de pétrole exportés par le continent et les capacités de raffinage encore insuffisantes dans plusieurs pays.

Le développement de nouvelles raffineries pourrait ainsi contribuer à réduire les importations de carburants et à renforcer les chaînes de valeur industrielles locales.

Un projet qui suscite des contestations

Le projet de Lamu fait toutefois l’objet de critiques de la part d’organisations environnementales et de défense des droits fonciers.

La zone d’implantation est située sur la côte de l’océan Indien, dans une région connue pour son environnement et son patrimoine culturel. Des procédures judiciaires liées aux questions foncières sont notamment en cours, tandis que Greenpeace et d’autres organisations environnementales ont exprimé leurs préoccupations concernant les conséquences potentielles du projet.

Aliko Dangote a minimisé ces contestations et défendu la nécessité de poursuivre les investissements industriels en Afrique.

La question de l’approvisionnement en pétrole brut

La disponibilité du pétrole nécessaire au fonctionnement de la future raffinerie constitue également un enjeu. Plusieurs pays d’Afrique de l’Est disposent de ressources importantes, mais leur production demeure encore en développement.

Le groupe Dangote prévoit donc de pouvoir s’approvisionner auprès de plusieurs régions productrices, notamment au Moyen-Orient et aux États-Unis, en attendant une éventuelle montée en puissance de producteurs tels que le Kenya, la Tanzanie ou le Mozambique.

Pour l’homme d’affaires nigérian, le développement des infrastructures de raffinage ne doit pas être retardé dans l’attente d’une augmentation de la production pétrolière africaine.

La sécurité énergétique au cœur du débat

Aliko Dangote présente cette stratégie comme une réponse aux vulnérabilités liées à la dépendance aux importations de carburants. Il estime que les récentes tensions sur les marchés énergétiques internationaux montrent l’importance pour les pays africains de disposer de capacités de transformation et d’approvisionnement plus diversifiées.

La mise en service de nouvelles infrastructures de raffinage pourrait ainsi modifier progressivement la structure du marché énergétique africain, à condition que les projets annoncés parviennent à surmonter les défis financiers, environnementaux, logistiques et liés à l’approvisionnement en pétrole brut.

Avec le projet de Lamu, le groupe Dangote entend en tout cas poursuivre son expansion dans le secteur énergétique africain et contribuer à accroître les capacités de raffinage du continent.

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Guterres relance le débat sur la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a une nouvelle fois appelé à une réforme du Conseil de sécurité afin de mieux refléter les réalités géopolitiques contemporaines. Lors de l’ouverture du débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 22 septembre 2026 à New York, il a particulièrement insisté sur la sous-représentation de l’Afrique au sein de cet organe.

António Guterres a notamment souligné qu’après huit décennies d’existence de l’Organisation, l’Afrique, qui constitue la région comptant le plus grand nombre d’États membres de l’ONU et qui joue un rôle important dans les opérations de maintien de la paix, demeure absente de la catégorie des membres permanents du Conseil de sécurité. Il a qualifié cette situation d’« injuste et indéfendable ».

Un Conseil créé dans un contexte géopolitique différent

Dans son intervention, le secrétaire général a replacé cette question dans le contexte historique de la création de l’ONU. Le Conseil de sécurité a été institué après la Seconde Guerre mondiale, à une époque où une grande partie du continent africain était encore sous domination coloniale.

Pour Guterres, l’évolution du poids politique, économique et démographique des différentes régions du monde justifie aujourd’hui une adaptation de la composition du Conseil. Il a indiqué soutenir les négociations intergouvernementales menées sous l’égide de l’Assemblée générale afin de rendre cet organe « plus représentatif, transparent et conforme aux réalités géopolitiques » actuelles.

Le secrétaire général a également estimé que la question de la représentation des régions actuellement sous-représentées devait rester une priorité, en particulier pour l’Afrique.

La revendication africaine au cœur des discussions

La réforme du Conseil de sécurité constitue depuis plusieurs années un dossier majeur des négociations intergouvernementales de l’ONU. La position commune de l’Union africaine, notamment à travers le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, demande deux sièges permanents pour l’Afrique, avec les mêmes prérogatives que les autres membres permanents, ainsi que cinq sièges non permanents.

Cette revendication est régulièrement défendue par les États africains dans les discussions consacrées à la réforme du Conseil. Elle porte notamment sur la nécessité de corriger ce que les pays africains considèrent comme une sous-représentation historique du continent dans les instances internationales de décision.

Une réforme liée à la crédibilité du multilatéralisme

Dans son discours, Guterres a également lié la réforme du Conseil de sécurité à la crédibilité du système multilatéral. Il a estimé qu’un Conseil capable de fonctionner efficacement devait également bénéficier d’une représentation correspondant davantage aux réalités internationales actuelles.

Son intervention intervient alors que l’ONU est confrontée à plusieurs crises majeures, notamment au Moyen-Orient, en Ukraine, au Soudan et au Myanmar. Le secrétaire général a appelé les États membres à renforcer la coopération internationale et à appliquer les principes de la Charte des Nations unies de manière cohérente.

Le débat sur la réforme du Conseil de sécurité reste toutefois soumis aux négociations entre les États membres et aucune modification de sa composition permanente n’a été arrêtée à ce stade. L’appel de Guterres s’inscrit donc dans un processus diplomatique plus large, au sein duquel les différentes propositions de réforme continuent d’être discutées.

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L’OMS Afrique lance un centre régional pour renforcer l’utilisation des données sanitaires.

L’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique (OMS Afrique) a lancé le Centre régional de données sanitaires, ou RDHUB, en marge de la 76ᵉ session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, tenue du 24 au 28 août 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Cette nouvelle plateforme vise à renforcer la disponibilité, l’analyse et l’utilisation des données sanitaires afin d’aider les pays africains à améliorer la gestion et la planification de leurs systèmes de santé.

Un outil face à la fragmentation des données

Dans de nombreux pays africains, les informations sanitaires restent réparties entre différentes bases de données et institutions, avec des niveaux de qualité et de disponibilité variables. Cette fragmentation peut compliquer l’analyse des tendances et retarder la prise de décisions par les autorités sanitaires.

Le RDHUB entend répondre à cette difficulté en favorisant un accès plus structuré aux données et en facilitant leur utilisation par les décideurs et les acteurs de santé publique.

Développée avec la participation des États membres, la plateforme doit notamment permettre de mieux suivre les performances des systèmes de santé, d’identifier les évolutions sanitaires et de repérer plus rapidement certains risques.

Des données au service de la décision

Pour l’OMS Afrique, l’enjeu ne consiste pas uniquement à centraliser des informations. Il s’agit surtout de transformer les données disponibles en éléments directement exploitables pour orienter les politiques publiques.

Grâce à une meilleure utilisation des informations sanitaires, les autorités pourront disposer d’outils supplémentaires pour évaluer leurs besoins, définir leurs priorités et adapter leurs interventions aux réalités nationales.

Le dispositif doit également contribuer à renforcer la préparation et la réponse aux situations d’urgence, dans un contexte où les pays du continent restent exposés à de multiples crises sanitaires.

Un contexte sanitaire marqué par de nombreux défis

Le lancement du RDHUB intervient alors que l’Afrique doit faire face à des problématiques sanitaires diverses : flambées épidémiques, maladies non transmissibles, crises humanitaires, fragilité de certains systèmes de santé et conséquences du changement climatique.

Dans ce contexte, l’accès à des informations fiables et disponibles en temps utile constitue un enjeu majeur pour anticiper les risques et organiser efficacement les réponses.

La capacité à disposer de données actualisées peut notamment faciliter la détection précoce des menaces sanitaires et permettre aux autorités de mobiliser plus rapidement les ressources nécessaires.

Vers des systèmes de santé davantage fondés sur les données

Avec le RDHUB, l’OMS Afrique entend ainsi consolider les systèmes d’information sanitaire du continent et encourager une culture de la décision fondée sur les données et les preuves.

La nouvelle plateforme constitue une étape supplémentaire dans la transformation numérique du secteur de la santé en Afrique. Son efficacité dépendra toutefois de la qualité des données fournies, de leur actualisation régulière et de la capacité des pays à renforcer leurs compétences en matière d’analyse et d’utilisation de l’information.

À terme, l’objectif est de faire des données sanitaires un véritable instrument de pilotage, capable d’accompagner les États africains dans l’amélioration de leurs politiques de santé et dans leur préparation face aux futures urgences.

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76ᵉ session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique : les États africains misent sur la souveraineté sanitaire

La 76ᵉ session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique s’est ouverte autour d’un enjeu majeur : renforcer durablement les systèmes de santé du continent et réduire sa dépendance à l’égard des ressources et produits sanitaires importés.

Les travaux réunissent responsables politiques, acteurs de la santé et partenaires autour de plusieurs priorités, notamment le financement des systèmes sanitaires, le développement de la production locale de médicaments et de vaccins, le renforcement des ressources humaines et l’intensification de la coopération entre les pays africains.

La souveraineté sanitaire au cœur des échanges

Lors de l’ouverture des travaux, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, ainsi que la ministre éthiopienne de la Santé, Dr Mekdes Daba, ont insisté sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer ses capacités propres dans le domaine sanitaire.

Cette ambition passe notamment par des investissements plus importants dans les infrastructures, la production pharmaceutique et vaccinale, mais également dans la formation et la fidélisation des professionnels de santé.

Les responsables ont également souligné l’importance d’une plus grande implication des communautés dans la conception et la mise en œuvre des politiques sanitaires. Une approche considérée comme essentielle pour garantir des systèmes de santé plus proches des populations et mieux adaptés aux réalités locales.

La Guinée prend part aux travaux

La Guinée participe à cette rencontre à travers une importante délégation conduite par le Conseiller principal, mandaté par la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall.

La présence guinéenne traduit la volonté du pays de contribuer aux réflexions régionales sur les principaux défis sanitaires auxquels le continent est confronté et de renforcer sa coopération avec les institutions africaines et les partenaires internationaux.

Les échanges constituent également une occasion pour les États de partager leurs expériences et d’identifier des pistes communes pour améliorer l’accès aux soins et renforcer la résilience des systèmes de santé.

Investir dans les populations

En clôture de la cérémonie d’ouverture, le président éthiopien a appelé à placer les populations au centre des politiques de développement sanitaire.

L’objectif affiché est de construire des systèmes de santé plus solides, accessibles et capables de répondre efficacement aux crises tout en garantissant des soins de qualité au plus grand nombre.

À travers cette 76ᵉ session, les pays africains entendent ainsi faire de la coopération régionale, de l’investissement dans les ressources humaines et de la production locale des leviers essentiels pour renforcer la souveraineté sanitaire du continent.

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PayPal étend son stablecoin PYUSD à 27 pays africains.

Cette arrivée sur le continent intervient dans un contexte marqué par une accélération de la transformation numérique des services financiers. Face aux limites de certains systèmes traditionnels de transfert, à la diversité des monnaies nationales et aux coûts parfois élevés des opérations internationales, les solutions numériques adossées aux devises internationales apparaissent comme de nouveaux outils pour faciliter les échanges.

Le PYUSD, conçu comme une monnaie numérique stable liée au dollar américain, vise à offrir aux particuliers comme aux entreprises un moyen supplémentaire pour effectuer des paiements, gérer des actifs numériques et réaliser des transferts transfrontaliers plus rapidement.

Selon PayPal, les opérations d’achat et de vente de PYUSD en dollars américains ainsi que les transferts entre comptes PayPal et Venmo ne comportent pas de frais de service. L’entreprise met également en avant la simplicité d’utilisation de son offre, permettant aux utilisateurs éligibles d’acheter, conserver, envoyer ou recevoir des PYUSD directement depuis leur compte.

Au-delà des transactions quotidiennes, PayPal estime que ce stablecoin pourrait répondre à certains besoins liés aux envois de fonds internationaux, notamment dans un continent où les transferts de diaspora représentent une source importante de revenus pour de nombreux ménages.

« Les stablecoins ont le potentiel d’améliorer l’accès aux marchés mondiaux et de rendre les paiements internationaux plus fluides », souligne Otto Williams, vice-président senior chez PayPal, qui considère cette technologie comme un outil complémentaire aux services financiers existants.

Toutefois, l’expansion des monnaies numériques reste un enjeu sensible pour les autorités de régulation, notamment en raison des questions liées à la stabilité financière, à la protection des utilisateurs et au contrôle des flux financiers. PayPal assure que son déploiement respecte les cadres juridiques en vigueur dans chaque pays concerné.

Avec cette offensive en Afrique, le groupe américain entend participer à l’évolution du paysage financier du continent, où les paiements numériques, les fintechs et les solutions basées sur la blockchain prennent une place croissante. Cette dynamique pourrait contribuer à rapprocher davantage les utilisateurs africains des marchés financiers internationaux tout en redéfinissant progressivement les usages monétaires.

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Enquête : Les racines coloniales du surendettement africain

Alors que les crises de la dette se succèdent sur le continent africain, la pensée économique contemporaine interroge de plus en plus les causes structurelles de ce phénomène. Derrière les chiffres des institutions de Bretton Woods, l’analyse des mécanismes historiques révèle que les fondations du surendettement actuel ont été coulées dès l’époque coloniale.

Aujourd’hui, la dette publique africaine est souvent analysée à travers le prisme exclusif de la gouvernance contemporaine : déficits budgétaires, chocs climatiques, ou volatilité des cours des matières premières. Pourtant, une enquête historique approfondie montre que la dépendance financière de l’Afrique n’est pas née avec les indépendances. Elle est le produit d’un système économique extraverti, pensé et imposé dès la fin du XIXe siècle, dont le continent n’a jamais totalement réussi à s’émanciper.

1. La « dette coloniale » primitive ou le coût de la soumission

Le premier paradoxe historique de la dette africaine réside dans son origine : ce sont les métropoles qui ont endetté les territoires conquis pour financer leur propre domination. Au tournant du XXe siècle, les puissances coloniales françaises et britanniques adoptent le principe de l’autonomie financière des colonies. En clair : la colonisation ne doit rien coûter au contribuable européen.
Pour bâtir les infrastructures lourdes nécessaires à l’extraction des richesses (chemins de fer, ports, routes), les administrations coloniales ont contracté des emprunts massifs sur les places financières de Paris ou de Londres. Ces dettes n’ont pas été souscrites par les populations locales, mais ce sont elles qui ont dû les rembourser à travers l’impôt de capitation (impôt par tête) et le travail forcé. Au moment des indépendances, dans les années 1960, plusieurs nouveaux États souverains ont hérité de ces « dettes odieuses », contractées sans le consentement des peuples et utilisées contre leurs propres intérêts.

2. Le piège de l’économie de rente et la spécialisation forcée

La racine la plus profonde du surendettement réside dans la structure même des économies coloniales, conçues pour être « extraverties ». Le pacte colonial interdisait aux colonies de transformer leurs matières premières ou d’industrialiser leurs territoires, réservant ce rôle exclusif à la métropole.
Cette division internationale du travail a enfermé l’Afrique dans le rôle de fournisseur de produits bruts (café, cacao, cuivre, coton) et d’importateur de produits manufacturés.

  • Le mécanisme du piège : À l’indépendance, pour construire des usines, des hôpitaux et des écoles, les nouveaux États ont dû importer massivement des technologies et des biens d’équipement occidentaux. N’ayant pour seules ressources financières que l’exportation de leurs matières premières, ils sont devenus ultra-dépendants des cours mondiaux.
  • Le choc : Dès que les cours des matières premières s’effondraient (comme lors du choc de 1980), les recettes de l’État s’écroulaient, rendant le recours à l’emprunt extérieur obligatoire pour maintenir le fonctionnement minimal des services publics.
3. Le pacte monétaire et la continuité de la dépendance

L’enquête sur les racines coloniales ne peut faire l’impasse sur l’outil monétaire. Dans les anciennes colonies françaises, la création du Franc CFA en 1945 a institutionnalisé un mécanisme financier rigide.
La parité fixe avec le franc français (puis l’euro) et l’obligation historique de déposer une partie des réserves de change auprès du Trésor français ont garanti une stabilité monétaire et repoussé l’inflation. Cependant, les économistes critiques soulignent que cette monnaie forte a agi comme un frein à l’industrialisation locale en rendant les importations européennes moins chères et les exportations africaines moins compétitives. Pour compenser ce manque de compétitivité structurelle, le recours aux flux financiers extérieurs et à l’endettement est devenu une béquille permanente.

4. De la colonisation aux Plans d’Ajustement Structurel (PAS)

Lorsque la crise de la dette éclate dans les années 1980, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale imposent les Plans d’Ajustement Structurel. Sous prétexte d’assainir les finances, ces institutions exigent des privatisations massives, la réduction des budgets de santé et d’éducation, et l’ouverture totale des marchés.
Pour de nombreux historiens de l’économie, les PAS ont fonctionné comme une réactualisation du logiciel colonial. En démantelant les tentatives d’États-providence africains et en interdisant le protectionnisme nécessaire à l’émergence de toute industrie nationale, ces plans ont maintenu le continent dans son rôle historique de réservoir de ressources, perpétuant le cycle vicieux : absence d’industrialisation ‭$\rightarrow$‬ faiblesse des revenus internes ‭$\rightarrow$‬ besoin d’emprunter à l’étranger.

Décoloniser la finance africaine

L’analyse des racines coloniales du surendettement n’exonère pas les dirigeants africains post-indépendance de leurs responsabilités en matière de gestion publique. Elle démontre en revanche que les remèdes classiques proposés par la finance internationale attaquent les symptômes et non la maladie.
Tant que l’Afrique sera confinée dans une architecture économique mondiale héritée de Berlin (1885) — caractérisée par l’absence de transformation locale des ressources et une dépendance aux devises étrangères —, la dette restera un outil de domination géopolitique plutôt qu’un levier de développement. Pour sortir du surendettement, le continent doit achever sa décolonisation économique par l’intégration régionale, la souveraineté monétaire et l’industrialisation.

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Africa CEO Forum : Paul Kagame appelle l’Afrique à repenser sa gouvernance pour accélérer son développement.

Le coup d’envoi de l’édition 2026 de l’Africa CEO Forum 2026 a été donné ce lundi à Kigali, au Rwanda, en présence de plusieurs chefs d’État africains, dirigeants d’entreprises et investisseurs internationaux.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président rwandais Paul Kagame, entouré notamment de ses homologues de la Guinée, du Gabon et du Nigeria.

Considéré comme l’un des principaux rendez-vous économiques du continent, l’Africa CEO Forum réunit chaque année des responsables politiques et des acteurs du secteur privé autour des enjeux liés à l’investissement, à l’intégration régionale et à la transformation économique de l’Afrique.

Paul Kagame place la gouvernance au cœur du développement africain

Lors d’un échange interactif organisé pendant la cérémonie d’ouverture, Paul Kagame a insisté sur le rôle central des politiques publiques dans la réussite du développement africain.

Selon le chef de l’État rwandais, les difficultés rencontrées par plusieurs pays du continent ne relèvent pas uniquement du déficit d’infrastructures, mais avant tout de problèmes de gouvernance et de choix politiques.

Pour lui, aucune dynamique de développement durable ne peut émerger sans des politiques cohérentes, efficaces et adaptées aux réalités africaines.

Paul Kagame a également appelé les dirigeants africains à renforcer l’organisation institutionnelle et la qualité de la gouvernance afin de créer un environnement favorable à la croissance économique et à l’investissement.

Le secteur privé présenté comme un acteur clé de la transformation du continent

Le président rwandais a par ailleurs souligné l’importance stratégique du secteur privé dans la construction de l’Afrique de demain.

Il a estimé que les États devaient davantage créer les conditions permettant aux entreprises d’investir, d’innover et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour les jeunes générations africaines.

Selon lui, le débat sur le développement africain ne doit pas se limiter aux questions d’infrastructures, souvent présentées comme les principaux freins à la croissance.

Paul Kagame considère au contraire que les difficultés résident d’abord dans les politiques publiques mises en œuvre et dans les modèles de gouvernance adoptés par les États.

Il a ainsi appelé gouvernements, entrepreneurs et citoyens à adopter de nouvelles approches fondées sur les meilleures pratiques, la responsabilité et l’efficacité.

Kagame plaide pour une accélération de la ZLECAf

Interrogé sur la Zone de libre-échange continentale africaine, le président rwandais a insisté sur la nécessité d’un changement profond de mentalités afin de permettre à l’intégration économique africaine de progresser.

Selon lui, la réussite de la ZLECAf dépend autant de la volonté politique que de la capacité des États africains à dépasser certaines résistances administratives et techniques.

Paul Kagame a estimé que les transformations les plus importantes commencent souvent par des changements d’état d’esprit, rappelant que cette évolution ne nécessite pas forcément d’importantes ressources financières, mais surtout une volonté collective et des efforts constants.

Le président rwandais a également mis en garde contre les risques de voir les lenteurs techniques et bureaucratiques freiner la mise en œuvre effective de la zone de libre-échange continentale.

Pour lui, malgré les difficultés, les pays africains doivent rester concentrés sur l’objectif principal : bâtir un espace économique intégré capable de garantir le développement, la prospérité et une meilleure compétitivité pour les populations africaines.

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Afrique : forte hausse des dépenses militaires, tirée par l’Afrique du Nord et les tensions sécuritaires.

Les dépenses militaires cumulées des pays africains ont atteint 58,2 milliards USD en 2025, enregistrant ainsi une hausse de 8,5 % par rapport à 2024 et de 45 % comparativement à l’année 2016, selon un rapport publié le lundi 27 avril par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).
En Afrique du Nord, les dépenses militaires ont culminé à 35 milliards USD durant l’année écoulée, soit 60 % du total des dépenses du continent. Ce chiffre représente une hausse de 9,3 % par rapport à 2024 et de 67 % par rapport à 2016. Les dépenses militaires de l’Algérie ont augmenté de 11 % pour atteindre 25,4 milliards USD en 2025, ce qui fait de ce pays producteur d’hydrocarbures le plus gros dépensier sur ce segment, tant en Afrique du Nord que sur l’ensemble du continent africain.
Avec 25 %, la part des dépenses militaires de l’Algérie dans les dépenses publiques était la deuxième plus importante au monde, après celle de l’Ukraine. Le Maroc a, quant à lui, augmenté ses dépenses militaires de 6,6 % l’an passé, à 6,3 milliards USD, pour occuper la deuxième marche du podium continental. L’Algérie et le Maroc ont ainsi représenté ensemble plus de 90 % du total des dépenses militaires de la sous-région Afrique du Nord en 2025.
En Afrique subsaharienne, les dépenses militaires se sont établies à 23,3 milliards USD durant l’année écoulée, ce qui représente une hausse de 7,4 % par rapport à 2024, et de 21 % comparativement à 2016. Cette hausse s’explique en grande partie par l’augmentation des dépenses au Nigeria, qui ont bondi de 55 % l’an passé pour atteindre 2,1 milliards USD, dans un contexte d’aggravation de la situation sécuritaire liée à l’exacerbation des violences extrémistes.
L’Afrique du Sud a alloué 3,2 milliards USD à son armée en 2025, soit une baisse de 1,2 % par rapport à 2024 et une diminution de 19 % par rapport à 2016. Les dépenses militaires en République démocratique du Congo ont augmenté de 20 % pour atteindre 1,2 milliard USD en 2025, alors que le conflit avec le mouvement rebelle du 23 mars (M23) s’est intensifié durant le premier semestre de l’année, avant la signature d’un accord de cessez-le-feu en juillet.
Source : Agence Ecofin.
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Libreville : l’Afrique spatiale en quête de souveraineté et d’innovation.

Des délégations issues de 65 pays se sont réunies à Libreville pour une rencontre internationale consacrée aux enjeux du secteur spatial. Objectif : partager les dernières avancées technologiques, renforcer les coopérations et accélérer l’intégration de l’Afrique dans l’économie spatiale mondiale.

Un retard reconnu, mais une dynamique en marche

Dès l’ouverture des travaux, les participants ont dressé un constat sans équivoque : le continent accuse un retard significatif dans le domaine spatial. Une situation soulignée par Sémou Diouf, directeur du programme conjoint SatNav Africa, une initiative panafricaine soutenue par l’Union européenne.

Selon lui, les efforts se multiplient pour combler ce décalage, notamment à travers une meilleure coordination entre États africains et un engagement accru en faveur du développement de systèmes satellitaires propres au continent.

Le secteur aérien, principal utilisateur des données satellitaires

À ce jour, l’un des rares domaines où l’Afrique exploite pleinement les données satellitaires reste celui de la navigation aérienne. Cette utilisation est portée notamment par l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar, dirigée depuis Dakar par Prosper Zo’o Minto’o.

Le recours au satellite permet d’assurer une couverture optimale des communications et du transfert de données, contribuant ainsi à la sécurité et à l’efficacité du trafic aérien sur le continent.

Un potentiel économique en forte croissance

D’après les projections de l’Agence spatiale africaine, basée en Égypte, l’économie spatiale africaine pourrait atteindre 22 milliards de dollars en 2026, avant de progresser à 35 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Pour tirer pleinement parti de cette croissance, les experts estiment que les pays africains doivent renforcer leurs capacités en matière de lancement et d’exploitation de satellites. À ce jour, seule une dizaine d’États disposent de tels équipements.

Vers une stratégie continentale plus ambitieuse

La rencontre de Libreville vise précisément à combler ce déficit, en favorisant les partenariats, le transfert de compétences et la mise en place de stratégies communes. Dans un contexte de compétition technologique mondiale, le développement du secteur spatial apparaît désormais comme un levier stratégique pour la souveraineté, la sécurité et le développement économique du continent africain.