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Guinée : plus de 17,5 millions d’habitants selon les résultats provisoires du RGPH-4.

La population guinéenne est désormais estimée à 17 521 167 habitants, selon les résultats provisoires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), rendus publics ce mercredi lors d’une cérémonie officielle. Ces premières données confirment les grandes tendances démographiques observées au cours des dernières années.

Une population majoritairement féminine

Parmi les enseignements majeurs de ce recensement figure la prédominance des femmes, qui représentent 51,8 % de la population, contre 48,2 % pour les hommes. Cette configuration s’inscrit dans la continuité des précédentes opérations statistiques et reflète les dynamiques démographiques du pays.

Un ancrage rural toujours dominant

Le profil territorial de la Guinée demeure largement rural. Environ 61,3 % des habitants vivent en milieu rural, contre 38,7 % en zone urbaine. Cette répartition met en évidence les défis persistants liés à l’accès aux services sociaux de base, aux infrastructures et à un développement équilibré du territoire.

Des pôles démographiques structurants : Kankan et Conakry

La distribution régionale de la population révèle également des zones de forte concentration. Les régions de Kankan et de Conakry totalisent à elles seules plus de 4,1 millions d’habitants, traduisant à la fois le poids démographique de l’intérieur du pays et l’attractivité continue de la capitale.

Un outil stratégique pour les politiques publiques

Au-delà de leur portée statistique, ces résultats provisoires constituent un instrument essentiel d’aide à la décision. Ils serviront de base à l’élaboration et à l’ajustement des politiques publiques dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, l’emploi ou encore l’aménagement du territoire, en attendant la publication des données définitives.

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Guinée : l’ancien président de la Cour constitutionnelle devant la CRIEF pour détournement présumé.

L’ancien président de la Cour constitutionnelle guinéenne, Mohamed Lamine Bangoura, comparaît ce lundi 23 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il est poursuivi pour le détournement présumé de 20 milliards de francs guinéens, soit environ 2,32 millions de dollars.

Une figure judiciaire au cœur des turbulences politiques

Nommé en 2018 à la tête de la Cour constitutionnelle sous le régime de Alpha Condé, Mohamed Lamine Bangoura avait succédé à Kèlèfa Sall, destitué dans un contexte de fortes tensions politiques liées à la question du troisième mandat présidentiel.

Considéré à l’époque comme un acteur clé du dispositif institutionnel, il est progressivement tombé en disgrâce à la faveur du changement de régime intervenu en Guinée, dans un climat de recomposition politique et judiciaire.

Des accusations lourdes portées par la CRIEF

Arrêté en 2022 et placé sous mandat de dépôt, l’ancien haut magistrat fait face à plusieurs chefs d’accusation. La CRIEF le poursuit notamment pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.

Ces poursuites s’inscrivent dans une dynamique plus large de lutte contre la corruption et de reddition des comptes engagée par les autorités de transition, visant à examiner la gestion des ressources publiques sous les précédents régimes.

Une défense qui conteste les faits

Lors de sa première comparution la semaine précédente, Mohamed Lamine Bangoura a rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Il a notamment contesté l’existence même des fonds présumés détournés, affirmant que « ce montant n’existe pas ».

La procédure en cours devant la CRIEF est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où les attentes en matière de transparence, de justice et de bonne gouvernance restent particulièrement élevées en Guinée.

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Sierra Leone : hommage officiel à la Guinée pour son rôle dans la restauration de la paix.

La Sierra Leone a rendu un hommage appuyé à la Guinée, à l’occasion du 17ᵉ anniversaire de la création des forces armées sierra-léonaises, célébré le 18 février 2026. Cette commémoration a été marquée par une reconnaissance solennelle des pays ayant contribué à la stabilisation du pays après la guerre civile, notamment la Guinée, dont l’engagement militaire et humain a été salué.

Une distinction pour saluer l’engagement guinéen

Dans ce cadre, une médaille a été décernée au général de corps d’armée Ibrahima Sory Bangoura, chef d’état-major général des armées guinéennes. Cette distinction vient reconnaître le rôle déterminant joué par la Guinée durant le conflit sierra-léonais, tant sur le plan opérationnel que logistique.

La décoration a été remise à la délégation guinéenne présente lors de la cérémonie, symbolisant la gratitude des autorités sierra-léonaises envers un partenaire clé dans les efforts de paix.

La mémoire des sacrifices au cœur de la cérémonie

Les autorités militaires ont rappelé le lourd tribut payé par la Guinée durant la guerre civile, évoquant les pertes humaines et matérielles subies. L’hommage s’inscrit dans une volonté de préserver la mémoire des soldats et civils qui ont contribué à la restauration de la paix en Sierra Leone.

Une reconnaissance portée au plus haut niveau de l’État

Prenant la parole, le président Julius Maada Bio a exprimé la reconnaissance de son pays envers ses partenaires internationaux. Il a salué l’engagement de ceux qui ont accompagné la Sierra Leone dans les moments les plus critiques de son histoire récente, rendant hommage à tous les acteurs ayant contribué au retour de la stabilité.

Un symbole du renforcement des relations bilatérales

Au-delà de la dimension mémorielle, cette distinction illustre le rôle de la Guinée dans les mécanismes régionaux de maintien de la paix. Elle vient également consolider les relations de coopération militaire entre Conakry et Freetown, dans un contexte où la sécurité régionale demeure un enjeu majeur en Afrique de l’Ouest.

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Élections législatives en Guinée : les critères d’éligibilité au mandat de député précisés.

À la suite de l’annonce par Mamadi Doumbouya de la tenue prochaine des élections législatives et communales, la question de l’accès au futur Parlement s’impose au cœur du débat public. Dans un contexte de transition politique et de refondation institutionnelle, le nouveau cadre juridique entend encadrer de manière rigoureuse la participation aux fonctions électives.

L’article 156 du nouveau code électoral définit les critères requis pour briguer un siège de député.

Quatre critères fondamentaux pour briguer un mandat parlementaire

Pour se porter candidat aux élections législatives, tout citoyen doit répondre aux exigences suivantes :

  • Être de nationalité guinéenne ;

  • Jouir de ses droits civils et politiques ;

  • Être inscrit sur une liste électorale ;

  • Répondre aux conditions d’âge fixées par la loi.

Ces dispositions visent à garantir que les futurs représentants de la Nation disposent des qualités juridiques et civiques nécessaires à l’exercice de leur mandat.

L’article 157 précise, quant à lui, les situations d’inéligibilité. Ne peuvent être élus députés :

  • Les personnes atteintes de démence ou déclarées incapables au sens du Code civil
  • Les personnes ayant fait l’objet d’une condamnation définitive pour crime ou délit entraînant l’inéligibilité, sauf en cas de réhabilitation
  • Les personnes naturalisées durant les dix premières années suivant le décret de naturalisation, sauf si elles justifient d’une résidence régulière en Guinée depuis cette date.

Sont également inéligibles, dans les circonscriptions où elles exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis au moins un an, les gouverneurs, préfets ainsi que les secrétaires généraux de préfecture et de commune.
Par ailleurs, certaines fonctions sont incompatibles avec une candidature, sauf démission ou mise en disponibilité avant le dépôt du dossier.

Il s’agit notamment :
Des présidents et vice-présidents des institutions de la République ;
Des membres du gouvernement et secrétaires généraux des départements ministériels ;
Des membres des missions diplomatiques et consulaires ;
Des magistrats en activité ;
Du gouverneur et des vice-gouverneurs de la Banque centrale ;
Des recteurs d’université, doyens et directeurs d’institutions d’enseignement supérieur et de recherche ;
Des militaires et paramilitaires ;
Des responsables des autorités administratives indépendantes ;
Des directeurs généraux d’entreprises et établissements publics ;
Des responsables des corps de contrôle de l’État ;
Des comptables publics, trésoriers, receveurs et payeurs à tous les niveaux ;
Des gestionnaires de projets et programmes publics.

En définissant ces critères, le code électoral vise à assurer une représentation parlementaire transparente et crédible, conforme aux principes de l’État de droit. L’objectif affiché est de limiter les conflits d’intérêts et d’encadrer la participation des responsables publics aux compétitions électorales.

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Infrastructures : la Guinée en quête de financements structurants auprès d’investisseurs internationaux.

Le ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, a reçu en audience, jeudi 19 février 2026, une délégation de Faminas Investment Group, un groupe international spécialisé dans la finance durable et le développement de projets.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de mobilisation de partenaires techniques et financiers, dans un contexte où la Guinée ambitionne d’accélérer la modernisation de ses infrastructures, levier essentiel de croissance économique et d’attractivité.

Une mission de prospection à l’échelle gouvernementale

Présente en Guinée pour une série de consultations, la délégation de Faminas Investment Group a multiplié les échanges avec les plus hautes autorités, notamment le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement. L’objectif : identifier des opportunités d’investissement et explorer des partenariats structurants dans des secteurs clés.

Spécialisée dans l’ingénierie financière et la structuration de projets, l’entreprise accompagne généralement des institutions publiques et privées dans la mobilisation de capitaux, avec un accent particulier sur les investissements durables et à fort impact.

Alignement sur la vision stratégique nationale

À l’issue des échanges, le ministre a rappelé les attentes des autorités guinéennes en matière de transformation du secteur des infrastructures. Il a insisté sur la nécessité pour tout partenariat de s’inscrire en cohérence avec la vision portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya.

Cette orientation stratégique est notamment incarnée par le programme Simandou 2040, qui vise à structurer le développement économique du pays à long terme autour de grands projets intégrés, notamment dans les domaines des transports, de l’énergie et des infrastructures logistiques.

Une priorité : financer les projets structurants

Cette audience illustre l’un des axes majeurs de l’action gouvernementale : la recherche active de financements pour soutenir la mise en œuvre de projets structurants. Dans un contexte de besoins importants en infrastructures, les autorités entendent diversifier leurs partenaires et attirer des investisseurs capables d’apporter à la fois expertise technique et capacités financières.

À travers ce type d’initiatives, la Guinée cherche à renforcer sa capacité à concrétiser ses ambitions de développement, en s’appuyant sur des partenariats solides et alignés sur ses priorités nationales.

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Coopération sanitaire : la Guinée et la France consolident leur partenariat.

La ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaité Sall, a reçu en audience, mercredi 18 février 2026, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de renforcement des relations bilatérales dans le domaine de la santé, un secteur prioritaire pour les deux pays.

Des projets structurants au cœur des échanges

Au centre des discussions : l’état d’avancement de plusieurs projets d’envergure soutenus par la coopération française. Parmi eux, la construction de quatre hôpitaux régionaux confiée au groupe français Eiffage, un chantier stratégique destiné à améliorer l’offre de soins spécialisés à l’intérieur du pays et à désengorger les structures hospitalières de la capitale.

Les échanges ont également porté sur l’accompagnement technique et institutionnel de la France dans la création d’un Institut national de santé mentale et des maladies auditives. Ce projet répond à un besoin croissant de prise en charge spécialisée, dans un contexte où les pathologies mentales et les troubles auditifs demeurent insuffisamment couverts par le système de santé guinéen.

Un engagement renouvelé de la France

À l’occasion de cette audience, l’ambassadeur Luc Briard a présenté ses félicitations à la ministre pour sa nomination, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement français à poursuivre et à renforcer son appui au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

La coopération franco-guinéenne dans le secteur sanitaire repose sur une longue tradition de partenariat, allant du soutien aux infrastructures hospitalières à la formation du personnel médical, en passant par l’appui aux politiques publiques de santé.

Une collaboration alignée sur la vision présidentielle

En réponse, la ministre Khaité Sall a exprimé sa reconnaissance pour les marques de confiance et les vœux formulés par le diplomate français. Elle a réitéré la disponibilité de son département à consolider cette collaboration stratégique, dans l’intérêt des populations guinéennes.

Cette dynamique s’inscrit dans la vision de refondation et de modernisation des services publics portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, qui place l’amélioration de l’accès aux soins et le renforcement du système de santé au rang des priorités nationales.

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FEEM 2026 : l’industrie minière au cœur du débat stratégique en Guinée.

La quatrième édition du Forum Économique d’Émergence Magazine (FEEM) se tiendra du 25 au 27 mars 2026, ont annoncé les organisateurs mardi 17 février. L’événement se déroulera en format hybride, combinant rencontres en présentiel et participation en ligne, avec des activités prévues à Boké et à Conakry.

Placée sous le thème « Industrie minière : défis et opportunités », cette édition entend repositionner le secteur extractif comme un levier central de transformation économique pour la Guinée.

Repenser le rôle du secteur extractif

Selon l’Administration générale du Magazine Emergence, initiateur du forum, le FEEM 2026 ambitionne d’ouvrir un espace de réflexion stratégique sur la valorisation des ressources naturelles. À travers des panels thématiques, des débats techniques et des partages d’expériences, les échanges porteront sur les mécanismes permettant d’ancrer davantage la richesse minière dans l’économie nationale.

Le président du FEEM, Lamine Mognouma Cissé, a souligné la nécessité d’un dialogue approfondi autour des enjeux structurants du secteur : développement du contenu local, gouvernance environnementale, optimisation des recettes fiscales et intégration des mégaprojets dans le tissu économique guinéen. L’objectif affiché est clair : faire du potentiel minier un moteur de prospérité durable et partagée.

Le projet Simandou au centre des attentes

Au cœur des discussions figurera le projet de Simandou, considéré comme l’un des plus importants gisements de minerai de fer au monde. Son développement cristallise de fortes attentes en matière d’industrialisation, de déploiement d’infrastructures ferroviaires et portuaires, ainsi que d’accroissement des recettes publiques.

Au-delà de l’exploitation minière, les débats porteront sur la transformation locale du minerai, les modalités de financement des infrastructures et les effets potentiels du projet sur la trajectoire de croissance à long terme.

Boké et Conakry, deux pôles complémentaires

À Boké, principale zone d’exploitation de la bauxite, deux panels seront consacrés aux dynamiques locales du secteur. Les discussions aborderont notamment l’emploi, l’implication des PME guinéennes dans la chaîne de valeur et les défis environnementaux liés à l’expansion des activités extractives.

À Conakry, un panel analysera les implications macroéconomiques des grands projets miniers, notamment en termes de diversification économique et de soutenabilité de la croissance.

Une dimension continentale affirmée

Cette édition intervient dans un contexte continental marqué par la désignation de la Guinée pour abriter le siège du Centre africain du développement minier (CADM), décision actée lors du 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

Ce positionnement stratégique renforce la portée des débats du FEEM et conforte la place de la Guinée dans la gouvernance minière africaine, alors que le continent cherche à mieux capter la valeur ajoutée issue de ses ressources naturelles.

Récompenser les acteurs de la performance économique

Comme lors des éditions précédentes, le forum s’achèvera par la remise des « Émergence Economic Awards 2026 », distinguant entreprises et personnalités ayant contribué de manière significative au développement économique national.

En conjuguant ancrage local et ouverture continentale, le FEEM 2026 entend s’imposer comme un cadre de réflexion stratégique sur l’avenir minier de la Guinée. Face aux impératifs de compétitivité, aux exigences sociales et aux défis environnementaux, le rendez-vous ambitionne de promouvoir un modèle extractif plus intégré, responsable et créateur de valeur durable.

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Modernisation agricole : EKAP Guinée et AgriEdge misent sur l’agriculture de précision.

À Conakry, l’entreprise EKAP Guinée et la société AgriEdge ont officialisé, le mardi 17 février 2026, un partenariat stratégique destiné à introduire l’agriculture de précision en Guinée.

La cérémonie de signature, organisée dans un complexe hôtelier de la capitale, a réuni des acteurs du secteur agricole, des partenaires financiers et des représentants institutionnels, dont un conseiller principal de la Chambre nationale de l’agriculture. Au-delà du caractère protocolaire, l’initiative marque une volonté affirmée de rompre avec des pratiques agricoles fondées sur l’approximation pour engager le secteur vers une approche scientifique et technologique.

Passer de l’intuition aux données

L’agriculture guinéenne dispose d’un potentiel considérable, avec près de 13 millions d’hectares de terres cultivables. Pourtant, le pays continue d’importer une part importante de ses denrées alimentaires, traduisant un déficit structurel de productivité.

Le partenariat entre EKAP Guinée et AgriEdge entend répondre à cette contradiction. Il permettra aux producteurs d’accéder à des services d’agriculture de précision reposant sur l’analyse de données satellitaires, de capteurs connectés et de modèles agronomiques. L’objectif est d’apporter, parcelle par parcelle, des recommandations adaptées en matière d’irrigation, de fertilisation et de gestion des cultures.

Cette approche vise à optimiser les rendements, réduire les intrants et maîtriser les coûts, tout en limitant l’impact environnemental. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique des systèmes agricoles, déjà engagée dans plusieurs pays de la sous-région.

Une réponse aux faiblesses structurelles

Prenant la parole, le Président-directeur général d’EKAP Guinée, Ousmane Kaba, a insisté sur l’urgence de moderniser les méthodes de production. Selon lui, la richesse naturelle des sols ne suffit pas à garantir la performance agricole. La méconnaissance des caractéristiques réelles des terres, l’absence de données fiables et le recours à des pratiques empiriques constituent autant de freins à l’amélioration des rendements.

L’agriculture de précision, a-t-il expliqué, permettra aux exploitants d’accéder à des alertes et à un suivi en temps réel de leurs cultures via des outils numériques accessibles sur téléphone mobile. En fournissant des informations précises sur les besoins des sols et des plantes, le dispositif ambitionne de réduire le hasard dans les décisions agricoles et d’augmenter significativement la productivité à l’hectare.

À terme, l’amélioration des rendements pourrait contribuer à réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires, un enjeu central pour la souveraineté économique et la stabilité des prix.

Des solutions adaptées au contexte local

De son côté, le Directeur général d’AgriEdge, Faissal Sehbhoui, a mis l’accent sur la dimension collaborative du projet. Il s’agit, selon lui, de co-construire des solutions adaptées aux réalités locales, en tenant compte des spécificités climatiques, des pratiques culturales et des contraintes économiques des agriculteurs guinéens.

L’un des défis majeurs demeure l’adoption de ces technologies. L’agriculture de précision, bien que prometteuse, nécessite des outils simples, robustes et accessibles afin de créer un impact tangible sur le terrain. La stratégie annoncée vise ainsi à combiner innovation technologique et pragmatisme opérationnel.

Un signal positif pour le financement agricole

La présence d’acteurs financiers à la cérémonie souligne un autre enjeu majeur : l’accès au crédit. Le secteur agricole, bien que stratégique, reste souvent perçu comme risqué par les institutions bancaires.

Pour les partenaires financiers, l’utilisation de données agronomiques fiables et traçables pourrait améliorer l’analyse des dossiers de financement et renforcer la confiance dans la viabilité des projets agricoles. La disponibilité d’indicateurs précis sur les sols, les rendements et les perspectives de production constitue un atout déterminant pour structurer des mécanismes de crédit adaptés.

Vers une agriculture plus compétitive et souveraine

En intégrant les technologies numériques et l’intelligence artificielle, le partenariat entre EKAP Guinée et AgriEdge ouvre une nouvelle phase dans la modernisation de l’agriculture guinéenne.

Au-delà de l’innovation technique, l’enjeu est stratégique : améliorer les revenus des producteurs, renforcer la compétitivité nationale et progresser vers une plus grande autonomie alimentaire. Si les conditions d’accompagnement, de formation et de financement sont réunies, cette initiative pourrait contribuer à transformer durablement le paysage agricole du pays.

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Guinée : un accord pour contenir les prix à l’approche du Ramadan et du Carême.

À la veille du mois de Ramadan et du Carême chrétien, périodes marquées par une hausse significative de la demande en produits de grande consommation, le gouvernement guinéen a décidé d’anticiper les tensions sur les marchés. Par l’entremise du ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME, un protocole d’accord a été signé avec les opérateurs économiques afin de plafonner les prix des denrées de première nécessité.

Conclu moins de quarante-huit heures avant le début des périodes de jeûne, cet engagement vise à prévenir toute flambée spéculative et à garantir la disponibilité des produits essentiels sur l’ensemble du territoire. L’objectif affiché par les autorités est clair : protéger le pouvoir d’achat des ménages dans un contexte de forte consommation et de pression inflationniste.

Un mécanisme de régulation concerté

Cet accord s’inscrit dans un dispositif de concertation renouvelé tous les six mois, réunissant la Direction Générale des Douanes, la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée et la Direction Nationale du Commerce Extérieur et de la Concurrence.

Ce partenariat stratégique a pour vocation d’encadrer les pratiques commerciales, de fluidifier les importations et de veiller au respect des prix convenus, notamment durant les périodes de forte demande. Il constitue un outil de régulation destiné à limiter les déséquilibres entre l’offre et la demande, souvent accentués lors des grandes fêtes religieuses.

Préserver la stabilité sociale

En Guinée, le Ramadan et le Carême sont traditionnellement associés à une augmentation de la consommation de produits alimentaires de base. Dans ce contexte, la stabilité des prix revêt une dimension sociale sensible. Les autorités misent ainsi sur la responsabilisation des acteurs économiques et sur le renforcement des contrôles pour éviter les dérives spéculatives.

À travers ce protocole, l’exécutif cherche à envoyer un signal d’apaisement aux consommateurs et à démontrer sa capacité à anticiper les tensions du marché. Reste désormais à assurer l’application effective des engagements pris, condition essentielle pour que cette mesure produise les effets attendus sur le terrain.

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Au Sommet de l’Union africaine, la Guinée affiche ses ambitions.

Présente au 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenu à Addis-Abeba, la Guinée a cherché à transformer sa participation en véritable opération de repositionnement diplomatique.

Sous l’impulsion du président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, la délégation guinéenne a multiplié les initiatives pour renforcer la visibilité de Conakry sur la scène continentale, dans un contexte où les équilibres géopolitiques africains sont en pleine recomposition.

Une délégation élargie pour une approche multisectorielle

Bien que présent à l’ouverture des travaux, le Chef de l’État a confié la clôture du sommet, le dimanche 15 février 2026, à une délégation ministérielle conduite par le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté.

Autour de lui figuraient notamment la ministre de l’Environnement, le ministre du Travail, le chef d’état-major de l’armée de terre ainsi que l’ambassadeur de Guinée en Éthiopie.

Cette représentation élargie illustre une volonté d’aborder de manière transversale les enjeux discutés à Addis-Abeba : sécurité régionale, transition écologique, coopération économique et gouvernance institutionnelle.

Réforme du système onusien : la Guinée dans le débat stratégique

Parmi les temps forts du sommet, une réunion stratégique consacrée à l’harmonisation d’une position africaine sur la réforme des Nations unies a retenu l’attention. Les échanges, conduits sous l’égide du président libérien, visaient à consolider une candidature africaine au poste de Secrétaire général de l’ONU, dans la perspective d’un rééquilibrage de la gouvernance mondiale.

En prenant part à ces discussions, la Guinée s’inscrit dans la dynamique portée par plusieurs États africains qui militent pour une représentation plus équitable du continent au sein des instances internationales. L’enjeu dépasse la simple question des postes : il s’agit de renforcer la capacité de l’Afrique à peser dans les décisions globales touchant à la paix, au développement et au climat.

« Simandou 2040 » : vitrine économique et ambition industrielle

Sur le plan économique, la diplomatie guinéenne a mis en avant le programme « Simandou 2040 », présenté comme l’axe structurant de la transformation nationale. Au-delà de l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Simandou, les autorités entendent promouvoir une stratégie intégrée axée sur la transformation locale des ressources, la formation des compétences nationales et le renforcement des capacités institutionnelles.

Des échanges ont notamment eu lieu avec des responsables de la Commission de l’Union africaine en charge du commerce et de l’industrie, afin d’inscrire ce projet dans les dynamiques continentales, notamment celles liées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le Centre africain de développement minier confirmé à Conakry

Point culminant de cette séquence diplomatique : la confirmation de l’installation à Conakry du siège du Centre africain de développement minier (CADM), organe spécialisé de l’Union africaine chargé d’appuyer les États dans la gouvernance de leurs ressources extractives.

Ce choix est perçu par les autorités guinéennes comme une reconnaissance du rôle stratégique du pays dans le secteur minier africain, ainsi que de son expertise croissante en matière de gestion des ressources naturelles.

Une diplomatie de repositionnement

Au terme du sommet d’Addis-Abeba, la participation guinéenne apparaît comme une tentative assumée de dépasser le cadre protocolaire pour s’inscrire dans une logique d’influence. Dans le contexte de la Transition et de l’avènement de la 5ᵉ République, Conakry cherche à affirmer une diplomatie plus proactive, articulée autour de la sécurité, de la réforme institutionnelle et de la valorisation de ses atouts économiques.

L’objectif affiché est clair : ne plus se limiter à suivre les dynamiques d’intégration africaine, mais contribuer activement à leur orientation.