Niger : une raffinerie de 100 000 barils par jour projetée à Dosso.

Barils de petrols

Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale de ses ressources pétrolières. L’État nigérien et ZIMAR GROUP ont signé, samedi à Niamey, une convention portant sur la construction à Dosso d’une raffinerie d’une capacité de 100 000 barils par jour, accompagnée d’un complexe pétrochimique.

La convention a été signée à la Primature par le ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, et le représentant de ZIMAR GROUP.

Le projet s’inscrit dans le prolongement du mémorandum d’entente conclu en octobre 2024 entre l’État du Niger et un consortium formé par ZIMAR GROUP, société de droit nigérien, et HIGH TECH, entreprise américaine.

Un projet estimé à 1,9 milliard de dollars

La future infrastructure sera réalisée dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) selon le modèle BOT, qui prévoit la construction, l’exploitation de l’installation pendant une période déterminée, puis son transfert à l’État.

La raffinerie sera constituée de trois unités de production : une première d’une capacité de 30 000 barils par jour et deux autres pouvant traiter chacune 35 000 barils par jour. L’ensemble portera ainsi la capacité totale de raffinage à 100 000 barils quotidiens.

L’investissement annoncé est évalué à environ 1,9 milliard de dollars. Le calendrier global du projet s’étendrait sur 16 ans, dont trois années consacrées à la construction et treize années d’exploitation.

Vers une réduction de la dépendance aux importations

Pour les autorités nigériennes, cette infrastructure doit contribuer à accroître la transformation du pétrole brut produit dans le pays et à renforcer l’approvisionnement national en produits pétroliers.

La mise en service de cette raffinerie pourrait ainsi réduire progressivement le recours aux importations de produits raffinés et améliorer la capacité du Niger à répondre à sa propre demande énergétique.

Le projet comporte également un volet pétrochimique destiné à accroître la valeur ajoutée générée localement à partir des hydrocarbures.

Le Niger veut devenir un acteur régional du raffinage

Au-delà de la consommation nationale, les autorités ambitionnent de faire de cette infrastructure un pôle régional de raffinage et de production pétrochimique susceptible de desservir plusieurs marchés du Sahel.

Cette orientation s’inscrit dans la volonté affichée par Niamey de mieux exploiter ses ressources naturelles, développer ses capacités industrielles et renforcer sa souveraineté énergétique.

La réalisation effective du projet devra toutefois dépendre du respect du calendrier, de la mobilisation des financements et de la bonne exécution des engagements prévus dans la convention.

Un comité pour suivre la mise en œuvre

Un comité de suivi doit être mis en place afin de contrôler l’exécution du projet et de veiller au respect des engagements contractuels des différentes parties.

Avec cette nouvelle convention, le Niger entend donc franchir une étape supplémentaire dans sa politique de transformation locale du pétrole, d’industrialisation et de création de valeur ajoutée. À terme, la raffinerie de Dosso pourrait constituer l’un des projets structurants de la stratégie énergétique et industrielle du pays.