Lors des discussions du G20 à Riyad, la France a officialisé un changement stratégique majeur : le retrait définitif de ses opérations militaires au Sahel et la fermeture de sa dernière base militaire dans la région, marquent la fin de plus d’une décennie d’engagement armé contre le terrorisme dans cette zone instable d’Afrique de l’Ouest.
Un retrait militaire assumé
Le ministre français des Armées a déclaré sans ambiguïté :
« Les enjeux sécuritaires du Sahel ne relèvent plus de la responsabilité directe de la France. Nous avons fait notre part. »
Cette position vient clore une séquence historique débutée en 2013 avec l’opération Serval au Mali, suivie par Barkhane, mobilisant jusqu’à 5 100 soldats français à son apogée. Ces dernières années, les tensions avec les nouvelles juntes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, alliées au rejet populaire croissant de la présence française, ont précipité le retrait progressif de Paris.
Vers une coopération « non militaire »
La France ne quitte pas totalement la région. Elle entend désormais :
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Prioriser l’aide au développement et la coopération civile,
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Soutenir des projets dans l’éducation, la santé, l’agriculture et la cybersécurité,
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Appuyer la résilience communautaire face à l’extrémisme, via des ONG locales et des bailleurs multilatéraux.
Selon des sources diplomatiques, Paris souhaite ainsi « redéfinir ses relations avec l’Afrique sur une base de partenariat égalitaire et non sécuritaire. »
Un vide stratégique… et des conséquences
Ce désengagement soulève de nombreuses interrogations :
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Les forces locales et les nouvelles alliances régionales (AES) auront-elles les moyens de contenir la menace djihadiste ?
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La Russie, la Turquie et la Chine intensifient déjà leur présence dans la région.
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Les populations, privées d’un soutien aérien et logistique français, seront-elles davantage exposées ?
Le retrait militaire de la France du Sahel n’est pas une surprise, mais sa formulation ouverte et définitive au G20 marque un changement de paradigme. L’heure est désormais à une relation post-Barkhane, où la sécurité ne passera plus par l’armée française, mais par le développement, la coopération, et la souveraineté régionale.

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