Simandou : la Chine renforce son emprise sur le plus grand projet minier de Guinée.

Simandou rail

Baowu Resources prend le contrôle majoritaire du consortium en charge des blocs nord

La présence chinoise dans le secteur minier guinéen franchit un nouveau seuil stratégique. Selon des informations rapportées par l’agence Reuters, le groupe étatique chinois Baowu Resources, leader mondial de la sidérurgie, a officiellement pris le contrôle majoritaire du Winning Consortium Simandou (WCS), chargé du développement des blocs 1 et 2 du gisement de fer de Simandou, l’un des plus importants au monde.

Cette opération marque une évolution significative dans la gouvernance du projet, emblématique des partenariats miniers conclus entre la Guinée et la Chine au cours de la dernière décennie.

Une recomposition capitalistique décisive

Dans le cadre de cette transaction, Baowu Resources a porté sa participation de 49 % à 51 %, devenant ainsi actionnaire majoritaire du consortium. Ce changement de contrôle s’est accompagné d’une refonte de l’identité du groupe, désormais dénommé Baowu Winning Consortium Simandou (BWCS), tant au niveau de la maison mère basée à Singapour que de sa filiale opérationnelle en Guinée.

Finalisée le 30 janvier 2026, après l’obtention des autorisations requises auprès des autorités guinéennes en mai 2024, l’opération permet à BWCS de détenir 85 % de la société d’exploitation des blocs nord (1 et 2) de la chaîne de Simandou. Cette prise de contrôle confère au groupe chinois un rôle prépondérant dans les décisions stratégiques, opérationnelles et financières liées à ces actifs.

Simandou, un projet au cœur des enjeux géoéconomiques

Le gisement de Simandou est considéré comme l’un des plus vastes réserves de minerai de fer à haute teneur encore inexploitées. Son développement représente un enjeu majeur pour la diversification économique de la Guinée, mais aussi un levier stratégique pour la sécurisation des approvisionnements chinois en matières premières, dans un contexte de forte concurrence mondiale.

Avec cette montée au capital, Pékin consolide sa position dominante sur l’ensemble du projet Simandou, tant au nord qu’au sud de la chaîne montagneuse.

Une influence chinoise étendue aux blocs sud et aux infrastructures

Sur les blocs 3 et 4, situés dans la partie sud de Simandou, la présence chinoise est déjà significative à travers Chinalco, partenaire de Rio Tinto et de l’État guinéen au sein de la coentreprise Simfer. Cette configuration place les intérêts chinois au cœur des deux principaux pôles d’exploitation du projet.

Au-delà de l’extraction minière, l’influence de Pékin s’étend également aux infrastructures stratégiques associées au projet. BWCS et Simfer ont conjointement financé et développé les infrastructures clés, notamment le chemin de fer transguinéen et le port en eaux profondes, indispensables à l’exportation du minerai.

Les premières expéditions de fer ont débuté en novembre dernier, mettant fin à près de trente années d’attente marquées par des blocages techniques, financiers et politiques.

Un tournant structurant pour le secteur minier guinéen

La prise de contrôle majoritaire de Baowu Resources sur les blocs nord confirme l’ancrage durable de la Chine dans le secteur minier guinéen et renforce la centralité de Simandou dans les stratégies industrielles et géoéconomiques de Pékin. Pour la Guinée, ce tournant ouvre une nouvelle phase du projet, marquée par des attentes élevées en matière de retombées économiques, d’emplois et de développement des infrastructures nationales.