Bénin : les premières nominations au Sénat lancent la mise en place de la nouvelle chambre haute.

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Le président Romuald Wadagni et le président de l’Assemblée nationale désignent les premiers membres de l’institution issue de la réforme constitutionnelle de 2025

Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de sa réforme institutionnelle. Le gouvernement a annoncé, à l’issue du Conseil des ministres du 1er juillet, les premières nominations au Sénat, nouvelle chambre haute du Parlement instaurée par la révision constitutionnelle de 2025.

Ces désignations, effectuées par le président de la République, Romuald Wadagni, et le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, ouvrent la voie à l’installation progressive de cette institution, appelée à jouer un rôle central dans le fonctionnement du système parlementaire béninois.

Quatorze personnalités désignées

Dans le cadre des prérogatives qui lui sont reconnues par la Constitution, le chef de l’État a nommé dix personnalités appelées à siéger au Sénat. Il s’agit d’Alassane Seidou, Fortunet Alain Nouatin, Robert Gbian, Taffa Adam, Albert Ezin Badou, Ousmane Batoko, Raïmi Amadou, Paul Hounkpè, Emmanuel Tiando et Pascal Irénée Koupaki.

De son côté, le président de l’Assemblée nationale a procédé à la désignation de quatre autres membres : Adidjatou Mathys, Abraham Zinzindohoué, Sacca Lafia et Charles Toko.

Ces quatorze personnalités viendront compléter les membres de droit prévus par la Constitution, parmi lesquels figurent les anciens présidents de la République, les anciens présidents de l’Assemblée nationale ainsi que les anciens présidents de la Cour constitutionnelle.

Une institution née de la réforme constitutionnelle

La création du Sénat constitue l’une des principales innovations introduites par la révision constitutionnelle adoptée dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025, avant sa promulgation le 17 décembre de la même année à travers la loi constitutionnelle n° 2025-20.

Cette réforme a instauré un Parlement bicaméral, modifiant en profondeur l’organisation institutionnelle du pays à quelques mois de l’élection présidentielle de 2026.

Le Sénat est désormais appelé à compléter le travail législatif de l’Assemblée nationale et à renforcer les mécanismes de contrôle et d’équilibre des institutions.

Un rôle de régulation et d’équilibre institutionnel

Selon les dispositions de la Constitution révisée, le Sénat a pour mission de contribuer à la régulation de la vie politique et institutionnelle. Il est également chargé de promouvoir l’unité nationale, de consolider la démocratie, de participer au maintien de la paix et de contribuer au renforcement de la sécurité publique.

Sur le plan législatif, la nouvelle chambre examinera les textes adoptés par l’Assemblée nationale et pourra demander une seconde lecture de certaines lois, à l’exception notamment des lois de finances, qui demeurent de la compétence exclusive de la chambre basse.

Avec ces premières nominations, les autorités béninoises posent les bases opérationnelles du Sénat, étape déterminante dans la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle et dans l’évolution du paysage institutionnel du pays.