Au lendemain du report des élections législatives et communales au 31 mai, la Haute Autorité de la Communication a réuni, ce samedi 11 avril 2026, les responsables des associations de presse ainsi que les dirigeants de médias publics et privés.
Objectif affiché : encadrer rigoureusement la couverture médiatique de la campagne électorale et prévenir tout dérapage dans un contexte jugé sensible.
Rigueur et responsabilité exigées
Présidant la rencontre, Boubacar Yacine Diallo a appelé les professionnels des médias à faire preuve de responsabilité et de professionnalisme, dans la continuité des précédentes échéances électorales, notamment le référendum et la présidentielle.
L’accent a été mis sur la nécessité de garantir une information équilibrée, crédible et conforme aux principes démocratiques.
Médias privés : entre liberté et obligation d’équité
À l’endroit des médias privés, la HAC a rappelé l’exigence fondamentale d’un traitement équitable entre les candidats. Tout espace accordé doit respecter un principe d’égalité dans la diffusion.
La commercialisation d’espaces publicitaires reste autorisée, mais l’institution recommande une harmonisation des tarifs afin d’éviter toute distorsion entre les acteurs politiques.
Autre point clé : la séparation stricte entre information et propagande. Les contenus de campagne doivent être clairement identifiés et ne sauraient être confondus avec le travail journalistique.
Télévisions : une frontière stricte entre contenu éditorial et publicité
Les télévisions engagées dans la diffusion de la campagne officielle sont autorisées à vendre des espaces publicitaires, à condition que ceux-ci soient distincts des programmes institutionnels.
La HAC insiste : aucun contenu sponsorisé ne doit apparaître dans les journaux de campagne ou les émissions de débat.
Réseaux sociaux : une régulation ciblée
Une directive spécifique encadre désormais l’utilisation des réseaux sociaux. Seules les plateformes impliquées dans la campagne électorale seront soumises à la régulation.
Les pages et chaînes actives dans le débat politique devront ainsi se conformer aux règles fixées, tandis que les autres resteront en dehors du dispositif.
Journalistes engagés : obligation de retrait
Le régulateur a également clarifié la situation des journalistes engagés politiquement. Ceux qui sont candidats ou affichent un soutien public à un acteur politique devront suspendre leurs activités professionnelles durant toute la campagne.
Des sanctions sont annoncées en cas de non-respect de cette disposition.
Médias publics : un dispositif structuré à l’échelle nationale
La diffusion du journal de campagne sera assurée par la RTG, avec une production centralisée notamment à Koloma pour les listes nationales.
Pour les scrutins locaux, 32 radios rurales seront mobilisées afin d’assurer une couverture de proximité dans les différentes circonscriptions. Une exception est prévue à Coyah, où une radio privée prendra le relais en l’absence de station rurale.
Une innovation majeure : l’implication des radios privées
Parmi les principales nouveautés, la HAC annonce la mobilisation de 13 radios privées à Conakry pour accompagner la couverture de la campagne.
Une première, selon l’institution, qui marque une ouverture du dispositif à davantage d’acteurs médiatiques.
Enfin, des superviseurs seront déployés dans chaque circonscription pour contrôler et valider les contenus avant diffusion, garantissant ainsi le respect strict des règles établies

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