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La Guinée à la tête de la BIDC : un positionnement stratégique au cœur de l’Afrique de l’Ouest.

La scène aurait pu passer inaperçue. Elle marque pourtant un tournant significatif dans les dynamiques économiques régionales. À l’issue de la 24ᵉ Assemblée générale ordinaire de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO, la Guinée a été désignée pour assurer la présidence du Conseil des gouverneurs pour les douze prochains mois.

Une nomination à forte portée stratégique

Au-delà de son caractère institutionnel, cette désignation constitue un signal politique et économique fort. Elle illustre la montée en puissance de la Guinée sur la scène régionale, dans un contexte de recomposition des équilibres économiques en Afrique de l’Ouest.

Cette présidence confère au pays une position d’influence dans l’orientation des politiques d’investissement et de financement au sein de l’espace communautaire.

D’un potentiel reconnu à une crédibilité affirmée

Longtemps considérée comme une économie à fort potentiel mais insuffisamment valorisée, la Guinée semble amorcer un tournant décisif. Le pays s’inscrit désormais dans une dynamique de transformation structurelle, visant à renforcer sa crédibilité auprès des partenaires régionaux et internationaux.

Cette évolution s’appuie notamment sur les réformes engagées sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, dans une logique de refondation du modèle économique.

Simandou 2040, socle d’une nouvelle ambition

Au cœur de cette stratégie figure le programme « Simandou 2040 », une vision de développement à long terme visant à restructurer l’économie nationale, à valoriser les ressources naturelles et à stimuler l’industrialisation.

À travers cette feuille de route, la Guinée ambitionne de s’imposer comme un acteur clé de la transformation économique régionale, en capitalisant sur ses atouts et en renforçant ses capacités institutionnelles.

Une opportunité pour peser sur l’avenir régional

En accédant à la présidence du Conseil des gouverneurs de la BIDC, la Guinée dispose désormais d’un levier supplémentaire pour contribuer à la définition des priorités économiques de la sous-région.

Cette position stratégique pourrait ainsi permettre au pays de jouer un rôle accru dans le financement des projets structurants et dans la promotion d’une intégration économique plus dynamique en Afrique de l’Ouest.

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Guinée : lancement de la campagne agricole 2026-2027 sous le signe de la souveraineté alimentaire.

La campagne agricole 2026-2027 a été officiellement lancée le 8 avril 2026 dans la sous-préfecture de Koba, à l’initiative du ministère de l’Agriculture. Placée sous le thème « Nourrir la Guinée avec nos propres ressources », cette cérémonie marque le début d’une nouvelle dynamique visant à renforcer la production nationale et à consolider la souveraineté alimentaire.

Koba, un choix stratégique et symbolique

Située dans la préfecture de Boffa, dans la région de Boké, la plaine de Koba dispose d’un potentiel estimé à plus de 17 000 hectares de terres cultivables. Le choix de ce site traduit la volonté des autorités de réhabiliter cette zone agricole majeure, en écho à l’héritage du programme « Sènè Samo » initié sous Lansana Conté.

Pour cette campagne, l’État ambitionne de valoriser 7 000 hectares sur un potentiel de 12 000 hectares identifiés, à travers d’importants aménagements hydro-agricoles, notamment pour améliorer la maîtrise de l’eau.

Une mobilisation institutionnelle de haut niveau

La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, en présence de la ministre de l’Agriculture Aminata Kaba, du ministre de la Pêche Fassou Théa, ainsi que de partenaires techniques et financiers, dont le Programme alimentaire mondial et la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Dans son discours, la ministre de l’Agriculture a insisté sur l’ambition nationale portée par cette campagne : produire davantage, transformer localement et réduire la dépendance aux importations, afin de garantir une alimentation durable à l’ensemble de la population.

Des moyens importants pour soutenir la production

Pour atteindre ces objectifs, l’État prévoit d’accompagner près de 1,5 million de producteurs familiaux, considérés comme le socle de la souveraineté alimentaire, ainsi que 100 agriculteurs « champions » chargés d’impulser la modernisation du secteur.

D’importants intrants ont été mobilisés, notamment :

  • 3 000 tonnes de semences de riz
  • 1 500 tonnes de semences de maïs
  • 34 000 tonnes d’engrais NPK
  • 10 000 tonnes d’urée
  • plus de 785 000 litres d’herbicides

La politique agricole met également l’accent sur la valorisation des semences locales, combinée à l’introduction de variétés améliorées.

Femmes et jeunes au cœur de la stratégie

La campagne 2026-2027 accorde une place centrale aux femmes et aux jeunes, avec des programmes spécifiques d’insertion et de promotion de l’entrepreneuriat agricole. Cette approche intègre également des enjeux de durabilité, de mécanisation raisonnée et de préservation des sols.

Parallèlement, plusieurs réformes sont en cours, notamment une nouvelle loi d’orientation agricole, une politique foncière adaptée et un renforcement du rôle du secteur privé.

Une exigence de résultats

Prenant la parole, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de résultats concrets, appelant à une mobilisation rapide des moyens de l’État pour rendre pleinement exploitables les plaines agricoles.

Il a dénoncé le paradoxe d’un pays riche en ressources naturelles mais encore dépendant des importations alimentaires, affirmant que des avancées rapides sont possibles au regard des réalisations récentes dans d’autres secteurs, notamment les infrastructures.

Une ambition nationale assumée

La cérémonie, marquée par des prestations culturelles et des expositions de produits agricoles, symbolise la volonté des autorités de faire de cette campagne un tournant décisif pour l’agriculture guinéenne.

Au-delà de la saison agricole, il s’agit d’un projet structurant visant à renforcer la résilience du pays, à dynamiser les territoires ruraux et à asseoir durablement la souveraineté alimentaire de la Guinée.

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Guinée–France : Mamadi Doumbouya reçoit un émissaire d’Emmanuel Macron pour renforcer la coopération.

Le président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, a reçu ce mercredi 8 avril 2026 au Palais Mohammed V un émissaire du chef de l’État français, Emmanuel Macron, dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre Conakry et Paris.

Une mission diplomatique porteuse d’un message présidentiel

L’émissaire, Nicolas Forissier, ministre en charge du Commerce extérieur et de l’Attractivité, était porteur d’un message personnel du président français à son homologue guinéen.

Cette visite officielle s’inscrit dans une dynamique de relance du dialogue entre les deux pays, marquée par une volonté commune de consolider les partenariats stratégiques.

Vers un renforcement de la coopération économique

Au cœur des échanges figurent les perspectives de coopération économique, notamment dans les domaines du commerce, de l’investissement et de l’attractivité des marchés.

À travers cette rencontre, les autorités guinéennes et françaises entendent approfondir leurs relations bilatérales, dans un contexte de repositionnement des partenariats internationaux en Afrique de l’Ouest.

Une relation bilatérale en phase de consolidation

Cette initiative traduit la volonté des deux chefs d’État de renforcer les liens historiques entre la Guinée et la France, en misant sur un dialogue politique renouvelé et des coopérations concrètes au service du développement.

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Santé mondiale : la Guinée met en avant son modèle « One Health » au sommet de Lyon.

À l’occasion du Sommet de Lyon 2026, tenu le 7 avril en marge de la Journée mondiale de la santé, la ministre guinéenne de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, a mis en lumière les efforts de la Guinée dans la lutte contre les zoonoses à travers l’approche « One Health ».

Une approche intégrée face aux menaces sanitaires

Intervenant lors d’un panel de haut niveau, la ministre a présenté le modèle guinéen comme une réponse coordonnée et anticipative aux crises sanitaires. Cette stratégie repose sur une collaboration étroite entre les secteurs de la santé humaine, de l’élevage, de l’agriculture et de l’environnement, afin de mieux prévenir les risques liés aux maladies transmissibles entre l’animal et l’homme.

Des avancées consolidées depuis 2017

Khaïté Sall a souligné les progrès réalisés ces dernières années, notamment l’opérationnalisation du dispositif aux niveaux régional et préfectoral. Elle a également mis en avant le déploiement d’équipes multisectorielles d’intervention rapide, ainsi que le renforcement des capacités grâce au Field Epidemiology Training Program (FETP), un levier clé pour la formation des professionnels de santé.

Un appui structurant à l’échelle régionale

La ministre a rappelé que cette dynamique est soutenue par le Programme de sécurité sanitaire en Afrique de l’Ouest et du Centre, qui constitue un mécanisme de financement essentiel pour consolider durablement l’approche « One Health » en Guinée et améliorer la préparation face aux menaces sanitaires.

Un appel à un engagement international renforcé

Dans un message à portée globale, Khaïté Sall a insisté sur la nécessité de garantir la pérennisation institutionnelle et financière de cette approche. Elle a appelé à une mobilisation collective des États et des partenaires afin de renforcer la prévention et la gestion des risques sanitaires partagés, dans un contexte de vulnérabilité accrue face aux crises épidémiques.

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Guinée : le calendrier officiel des campagnes électorales fixé par décret.

Un décret présidentiel, lu ce mardi 7 avril 2026 à la télévision nationale, a officiellement arrêté les dates d’ouverture et de clôture des campagnes électorales en vue des prochaines législatives et communales.

Législatives : une campagne sur quatre semaines

La campagne pour le renouvellement de l’Assemblée nationale s’étendra sur une période de quatre semaines. Elle débutera le vendredi 24 avril 2026 à 00h00 et prendra fin le jeudi 21 mai 2026 à 23h59.

Ce délai doit permettre aux partis politiques et aux candidats de présenter leurs programmes et de mobiliser les électeurs à l’échelle nationale.

Communales : un calendrier plus resserré

En ce qui concerne les élections communales, la campagne s’ouvrira le lundi 4 mai 2026 à 00h00, soit une dizaine de jours après le lancement de celle des législatives. Elle se clôturera également le jeudi 21 mai 2026 à 23h59.

Ce calendrier plus court reflète les spécificités du scrutin local, généralement axé sur des enjeux de proximité.

Un silence électoral avant le scrutin

Les deux campagnes prendront fin simultanément dans la nuit du 21 mai, marquant l’entrée en vigueur du silence électoral. Cette période vise à garantir un climat apaisé avant le vote, en suspendant toute activité de propagande politique.

Avec ce chronogramme, les autorités encadrent les dernières étapes du processus électoral, dans un contexte où l’organisation de scrutins transparents et crédibles demeure un enjeu majeur pour la stabilité institutionnelle du pays.

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Guinée : ouverture des accréditations pour l’observation des élections du 24 mai.

La Direction générale des Élections de Guinée a annoncé, ce lundi 6 avril 2026, l’ouverture officielle des demandes d’accréditation pour l’observation des élections législatives et communales prévues le 24 mai prochain.

Une procédure ouverte jusqu’au 15 mai

Selon la communication publiée sur ses canaux officiels, les organisations et observateurs intéressés disposent d’un délai allant du 6 avril au 15 mai 2026 pour soumettre leurs dossiers. Les candidatures peuvent être déposées en ligne ou auprès des structures électorales locales à travers le pays.

Un appel au respect des exigences administratives

La DGE invite l’ensemble des acteurs concernés à se conformer strictement aux délais impartis et à veiller à la complétude des dossiers. Cette démarche vise à garantir une organisation rigoureuse du dispositif d’observation électorale.

Un enjeu clé pour la transparence du scrutin

L’ouverture de ces accréditations s’inscrit dans les préparatifs des élections à venir, dans un contexte où la transparence et la crédibilité du processus électoral demeurent des enjeux majeurs. La présence d’observateurs nationaux et internationaux est en effet considérée comme un levier essentiel pour renforcer la confiance des citoyens dans le déroulement du scrutin.

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Guinée : Diaka Sidibé reconnaît les défaillances passées et promet des Jeux universitaires plus crédibles.

À l’approche de la 10e édition des Jeux universitaires, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Diaka Sidibé, a dressé un bilan sans concession de l’édition précédente, marquée par plusieurs dysfonctionnements.

Des retards de paiement qui ont entamé la confiance

Lors d’une conférence de presse tenue le 4 avril 2026 à la plage de Camayenne, la ministre a reconnu des retards significatifs dans le versement des primes aux lauréats de la 9e édition, organisée à Kindia.

Elle a admis que certains étudiants avaient dû attendre plusieurs semaines, voire des mois, avant de recevoir leurs récompenses, une situation qui a suscité frustration et incompréhension au sein de la communauté universitaire.

Selon elle, ces manquements ont porté atteinte à la crédibilité de l’institution, en fragilisant la confiance entre les autorités et les bénéficiaires des distinctions.

Des garanties annoncées pour la régularisation

Face à ces critiques, Diaka Sidibé affirme avoir pris des mesures correctives strictes. Elle indique avoir fait de la régularisation des primes une condition préalable à l’organisation de la nouvelle édition.

La ministre assure par ailleurs que l’ensemble des paiements en souffrance a été effectué, insistant sur la volonté de l’État de respecter ses engagements envers les étudiants et de valoriser leurs performances.

Une 10e édition sous le signe de la rigueur

Les autorités entendent désormais tourner la page et redorer l’image de cet événement. La 10e édition des Jeux universitaires se tiendra du 19 avril au 3 mai 2026 à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

Présentée comme une édition de relance, cette rencontre sportive et culturelle devra incarner une nouvelle dynamique, fondée sur la transparence, la rigueur organisationnelle et la crédibilité retrouvée auprès des étudiants.

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Guinée : à N’Zérékoré, l’Église appelle à revoir la date des élections communales.

À l’occasion des célébrations de Pâques, ce dimanche 5 avril 2026 à N’Zérékoré, Raphaël Balla Guilavogui a interpellé les autorités guinéennes sur le calendrier électoral, plaidant pour un ajustement de la date des élections communales prévues le 24 mai.

Une incompatibilité avec une fête majeure du calendrier chrétien

Profitant de son homélie, l’évêque du diocèse a exprimé une préoccupation précise : la coïncidence entre le scrutin et la Pentecôte, un moment central pour les fidèles catholiques. Cette période est notamment marquée par les cérémonies de confirmation, qui mobilisent fortement les communautés religieuses à travers le pays.

Selon lui, maintenir la date actuelle reviendrait à placer une partie des citoyens face à un dilemme entre leur devoir civique et leurs engagements religieux, au risque de limiter leur participation au vote.

Un appel à un ajustement du calendrier électoral

« Nous avons adressé une doléance aux autorités pour un léger report », a-t-il indiqué, estimant qu’un simple réaménagement permettrait de concilier respect des pratiques religieuses et bon déroulement du processus électoral.

Au-delà de la demande ponctuelle, cette prise de position soulève une question plus large : celle de l’inclusivité du processus démocratique dans un pays marqué par une forte diversité socioculturelle et religieuse.

Une interpellation au nom de l’équité démocratique

À travers cet appel, l’Église invite l’État à tenir compte des réalités sociales dans l’organisation des scrutins, afin d’éviter toute forme de marginalisation ou de frustration au sein de la population.

Dans un contexte national régulièrement traversé par des tensions politiques, cette intervention pourrait raviver le débat sur la nécessité d’un consensus autour du calendrier électoral. À N’Zérékoré, la voix de l’Église s’affirme ainsi comme un plaidoyer en faveur d’un équilibre entre foi et citoyenneté.

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Guinée : des hauts cadres distingués pour leur rôle dans le projet Simandou.

Un décret présidentiel, lu ce dimanche 5 avril 2026 au journal de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne, annonce la distinction de plusieurs hauts responsables guinéens pour leur implication dans la mise en œuvre du projet stratégique de Simandou, pilier du développement minier et infrastructurel du pays.

Une reconnaissance au titre du mérite national

À travers ce texte, le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’appuie sur les dispositions constitutionnelles pour attribuer la médaille d’honneur du travail dans l’ordre du mérite. Cette distinction vise à saluer l’engagement de personnalités ayant contribué de manière significative à la réalisation des infrastructures ferroviaires et portuaires liées à l’exploitation des gisements de fer de Simandou.

Considéré comme l’un des projets miniers les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest, Simandou est perçu par les autorités comme un levier majeur de croissance économique, susceptible de transformer durablement l’économie guinéenne grâce à ses importantes réserves de minerai de fer et aux investissements associés.

Des personnalités issues de l’administration et du gouvernement

Selon le décret, cette reconnaissance vient récompenser « le dévouement, les valeurs professionnelles et la contribution » des récipiendaires à ce chantier d’envergure nationale.

La médaille d’honneur du travail est ainsi décernée à :

  • Moussa Magassouba
  • Lanciné Condé
  • Moussa Cissé
  • Bokar Baila Ly
  • Halimatou Kaba
  • Maïmouna Diakhabi
  • Ismaël Keïta

Un projet structurant pour l’économie nationale

À travers cette démarche, les autorités entendent valoriser les compétences nationales mobilisées autour de Simandou, tout en renforçant la dynamique de reconnaissance du service public. Le décret précise, en son article 2, que ces distinctions prennent effet à compter de leur date de signature.

Ce geste symbolique intervient dans un contexte où la concrétisation du projet Simandou est scrutée de près, tant par les partenaires internationaux que par l’opinion publique, au regard de ses enjeux économiques, sociaux et stratégiques pour la Guinée.

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Guinée : le procès en appel de Kassory Fofana relance un dossier emblématique de la lutte anticorruption.

Le procès en appel de Ibrahima Kassory Fofana s’est ouvert ce jeudi 2 avril 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières, ravivant l’un des dossiers les plus sensibles de la lutte contre la corruption en Guinée.

Une partie civile offensive

À la barre, la partie civile, représentée par Pépé Antoine Lamah, a maintenu une ligne ferme. Elle estime que les faits de détournement de deniers publics sont clairement établis, avançant un préjudice évalué à près de 15 milliards de francs guinéens. L’avocat a également dénoncé un « appel abusif » et réclamé la somme de 20 milliards GNF au titre des dommages et intérêts.

Le parquet plaide la confirmation de la condamnation

Le ministère public s’est inscrit dans la même logique, considérant que la réaffectation des fonds incriminés constitue en elle-même un détournement, indépendamment de toute appropriation personnelle. Sur cette base, le parquet a requis la confirmation de la peine de cinq ans d’emprisonnement prononcée en première instance.

Une défense qui conteste la matérialité des faits

Face à ces accusations, la défense, conduite par Almamy Samory Traoré, a vigoureusement rejeté les charges. Elle évoque une absence de preuves tangibles et dénonce des irrégularités dans le rapport d’enquête, plaidant en conséquence la relaxe pure et simple de son client.

Un tournant judiciaire sous haute surveillance

Détenu depuis plusieurs années, Ibrahima Kassory Fofana aborde avec ce procès en appel une phase déterminante de son parcours judiciaire. L’affaire est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où la lutte contre la corruption demeure un enjeu central pour les autorités guinéennes, engagées dans une refonte de la gouvernance publique et du contrôle des finances de l’État.