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Burkina Faso : le Parlement de transition acte la dissolution des partis politiques.

Le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans la recomposition de son paysage institutionnel. Réunis en séance plénière à Ouagadougou, les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont adopté à l’unanimité, lundi 9 février, une loi portant dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques du pays.

Porté par le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, le texte met officiellement fin à l’existence juridique de partis dont les activités étaient déjà suspendues depuis septembre 2022, au lendemain de l’arrivée au pouvoir des autorités de transition. Les 69 députés présents ont voté sans réserve ce projet de loi, présenté par le gouvernement comme un acte fondateur de la refondation politique nationale.

Un cadre juridique entièrement démantelé

L’adoption de cette loi entraîne l’abrogation de plusieurs piliers du système partisan burkinabè. Sont notamment supprimées la charte des partis politiques de 2001, la loi de 2009 relative au financement des formations politiques ainsi que les dispositions encadrant le statut de l’opposition. Pour l’exécutif, ces textes ont favorisé une prolifération de partis jugés peu structurés et faiblement représentatifs, contribuant à la fragmentation de la scène politique et à une perte de confiance des citoyens envers les institutions.

Selon le gouvernement, la dissolution des partis vise à « assainir » la vie politique et à rompre avec un modèle perçu comme déconnecté des réalités sociales et sécuritaires du pays. Les autorités affirment vouloir jeter les bases d’un nouveau système politique plus cohérent, ancré dans les valeurs nationales et capable de répondre aux défis actuels, notamment la lutte contre l’insécurité.

Une refondation sous haute tension

La loi prévoit également que les biens mobiliers et immobiliers des partis dissous feront l’objet d’un inventaire et d’une évaluation, avant d’être intégrés au patrimoine de l’État, dans des conditions que le gouvernement assure vouloir transparentes.

Si l’exécutif revendique une rupture assumée avec l’ancien ordre politique, cette décision suscite de vives interrogations. Plusieurs analystes et observateurs y voient un affaiblissement supplémentaire du pluralisme démocratique, dans un contexte déjà marqué par la restriction de l’espace politique, la suspension de nombreuses organisations de la société civile et la concentration du pouvoir entre les mains des autorités de transition.

La dissolution des partis politiques confirme ainsi la volonté du régime de transition de redéfinir en profondeur les règles du jeu politique au Burkina Faso, au risque d’alimenter le débat sur l’avenir démocratique du pays.

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Guinée : Pouvoir d’achat, contenu local, port – les annonces structurantes du président Mamadi Doumbouya

Dans un contexte de relance économique et de renforcement du rôle du secteur privé, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a présenté une série de mesures et orientations destinées à stimuler l’activité économique, protéger le pouvoir d’achat des citoyens, promouvoir la production locale et améliorer les conditions d’opération logistique au Port autonome de Conakry. Ces annonces s’inscrivent dans la dynamique de la vision nationale de développement à long terme, Simandou 2040, et dans un environnement politique marqué par la récente réintégration complète de la Guinée au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

Préserver le pouvoir d’achat des ménages

À l’approche du mois de Ramadan et du carême chrétien, l’un des thèmes centraux abordés par le président Doumbouya a été la question du coût de la vie et du pouvoir d’achat. Face à la pression inflationniste sur les produits de première nécessité, il a lancé un appel aux opérateurs économiques pour stabiliser les prix des biens de consommation courante, dans un esprit de solidarité nationale et de responsabilité collective. 

Parallèlement, l’État a mis en place des mesures de facilitation logistique visant à réduire les coûts liés à l’importation de marchandises essentielles. Parmi ces mesures figure notamment la suppression temporaire des pénalités portuaires (surestaries) et l’ouverture du Port autonome de Conakry en continu (24 h/24, 7 j/7). L’objectif affiché est de fluidifier les importations, diminuer les charges supportées par les importateurs et, indirectement, atténuer les hausses de prix que subissent les consommateurs. 

Renforcer le contenu local, soutenir la production nationale

Le président Doumbouya a également mis en avant une ambition affirmée de renforcer le contenu local dans l’économie guinéenne, particulièrement dans les secteurs agricoles et agro-industriels. Dans son allocution, il a encouragé les acteurs économiques à produire, transformer et commercialiser davantage de produits locaux, dans l’objectif de :

  • Améliorer la sécurité alimentaire, en réduisant la dépendance aux importations ;

  • Créer de la valeur ajoutée sur le territoire national, via des chaînes de transformation intégrées ;

  • Favoriser l’emploi local, notamment pour les jeunes et les entrepreneurs nationaux. 

Cette orientation s’inscrit dans une vision économique plus large qui vise à consolider l’indépendance productive du pays, tout en attirant des investissements productifs et durables. 

Alléger les coûts logistiques au port

Le fonctionnement du principal port guinéen constitue un enjeu majeur pour la compétitivité du pays, tant pour le commerce extérieur que pour l’approvisionnement interne. Les mesures adoptées par le gouvernement – notamment la suspension des pénalités portuaires et l’extension des horaires d’activité du port – visent à désengorger le trafic des marchandises, à réduire les délais et les coûts logistiques, et à améliorer la capacité du port à servir les besoins économiques nationaux. 

Ces mesures interviennent alors que des initiatives régionales viennent renforcer l’importance du Port autonome de Conakry dans la sous-région. Par exemple, des accords logistiques bilatéraux avec des pays voisins, comme le Mali, visent à diversifier les corridors commerciaux et à élargir l’utilisation des infrastructures portuaires guinéennes. 

Vers une économie inclusive et résiliente

Les annonces du président Doumbouya traduisent une volonté de conjuguer croissance économique, protection sociale et renforcement du tissu productif national. En mettant l’accent sur la stabilité des prix, l’intégration du contenu local, et l’amélioration de l’environnement logistique, les autorités guinéennes affirment leur engagement à soutenir à la fois les opérateurs économiques et les citoyens, tout en préparant le terrain pour une transformation structurelle de l’économie. 

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de consolidation économique, politique et institutionnelle pour la Guinée, qui se donne pour objectif de promouvoir une croissance inclusive et durable au bénéfice de l’ensemble de la population.

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Guinée : vers le recrutement de 35 000 nouveaux fonctionnaires sous la Ve République

La Guinée s’apprête à franchir une étape majeure dans la réforme de son administration publique. Sous l’impulsion des autorités de la Ve République, un vaste programme de recrutement de 35 000 nouveaux fonctionnaires est à l’étude, avec pour objectif de renforcer les capacités de l’État et d’améliorer durablement la qualité des services publics.

Un programme structurant pour l’administration publique

Porté par le Ministère du Travail et de la Fonction Publique, ce projet de recrutement s’inscrit dans une vision globale de modernisation de l’administration guinéenne. Il vise à répondre aux déficits structurels en ressources humaines, notamment dans des secteurs stratégiques tels que l’éducation, la santé et les services administratifs déconcentrés.

Selon les autorités, ce recrutement se ferait de manière progressive et planifiée, afin de garantir à la fois la soutenabilité budgétaire et l’efficacité opérationnelle. L’ambition affichée est claire : doter l’État de compétences qualifiées, mieux réparties sur l’ensemble du territoire national.

Une réforme alignée sur les standards de gouvernance moderne

Au-delà du volume des recrutements, le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme de la fonction publique. Le gouvernement entend renforcer les principes de performance, de transparence et de gestion axée sur les résultats, en cohérence avec les standards internationaux de gouvernance publique.

La modernisation envisagée repose notamment sur :

  • la digitalisation des procédures administratives ;

  • l’amélioration de la gestion des carrières et des compétences ;

  • l’introduction d’outils innovants pour optimiser l’organisation et le suivi des services publics.

Cette approche vise à rompre avec une administration perçue comme lourde et peu efficace, au profit d’un appareil d’État plus agile, orienté vers le service au citoyen.

Un impact socio-économique attendu

Sur le plan social, ce programme représente une opportunité significative pour l’emploi, en particulier pour les jeunes diplômés en quête d’insertion professionnelle. L’intégration de nouveaux fonctionnaires pourrait également contribuer à réduire les disparités régionales, en renforçant la présence de l’État dans les zones les plus enclavées.

D’un point de vue économique, le recrutement massif de fonctionnaires, s’il est bien encadré, peut soutenir la consommation intérieure et renforcer la stabilité sociale, tout en posant les bases d’un service public plus performant, facteur clé de développement.

Un enjeu de mise en œuvre

La réussite de ce projet dépendra toutefois de plusieurs facteurs clés : la transparence des processus de recrutement, l’adéquation entre profils recrutés et besoins réels, ainsi que la capacité de l’État à accompagner ces nouvelles recrues par la formation et l’évaluation continue.

En définitive, le recrutement envisagé de 35 000 nouveaux fonctionnaires apparaît comme un levier stratégique pour la transformation de l’administration guinéenne. S’il est conduit avec rigueur et vision, il pourrait marquer un tournant décisif dans la construction d’un État plus efficace, plus équitable et résolument tourné vers l’avenir.

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Université du Sénégal oriental : Bassirou Diomaye Faye souligne l’importance du lien entre formation et développement régional.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a salué jeudi l’initiative visant à articuler les formations dispensées par l’Université du Sénégal oriental (USO) avec le potentiel minier et géologique du sud-est du pays. Il a insisté sur l’importance de combiner théorie et pratique, notamment à travers les incubateurs prévus dans la phase d’extension de l’université.

Arrivé à Tambacounda peu avant 10 heures pour une tournée économique de deux jours, le chef de l’État a visité le chantier de l’USO en compagnie du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, du ministre des Infrastructures, Déthié Fall, ainsi que des autorités administratives et locales de la région.

Une université au service du développement régional

Pour le président Faye, l’Université du Sénégal oriental représente une infrastructure stratégique appelée à renforcer le maillage éducatif du pays tout en soutenant la valorisation des ressources locales. « L’État accompagnera sur tous les plans pour que l’entreprise soit dans les conditions optimales de respecter la date convenue » pour la livraison, a-t-il précisé, en évoquant la mobilisation et l’accueil chaleureux des populations et des autorités locales.

Le président a également salué l’engagement de l’entreprise Royal BTP, chargée de la construction, et des ouvriers œuvrant sur le site. Il les a encouragés à maintenir, voire accélérer, le rythme des travaux afin de respecter la date de livraison fixée à octobre 2026.

« Je suis heureux de constater que l’entreprise déploie tous les moyens nécessaires. Il faut les féliciter et les encourager. C’est sur cette dynamique qu’il faudra continuer pour maintenir le rythme, et, au besoin, accélérer la cadence », a-t-il conclu, réaffirmant l’importance de ce projet pour le développement économique et éducatif de la région.

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Logistique régionale sous tension : plus de 4 000 conteneurs vides bloqués au Mali.

La chaîne logistique entre le Mali et le Sénégal connaît une nouvelle perturbation majeure. Selon un communiqué diffusé mardi 3 février par le Conseil malien des chargeurs (CMC), structure rattachée au ministère malien des Transports, plus de 4 000 conteneurs vides sont actuellement immobilisés sur le territoire malien, en attente de leur réacheminement vers le port de Dakar.

Cette situation marque un renversement de la crise logistique observée ces derniers mois. En novembre dernier, ce sont en effet des conteneurs pleins bloqués au Sénégal, destinés au Mali, qui avaient provoqué des tensions entre Bamako et Dakar. Le dysfonctionnement touche désormais l’autre extrémité de la chaîne, illustrant la fragilité persistante des échanges commerciaux entre les deux pays.

L’insécurité au cœur du blocage

Selon le Conseil malien des chargeurs, ce blocage est principalement lié au contexte sécuritaire dégradé sur certains axes routiers stratégiques, régulièrement ciblés par des attaques jihadistes. Les transporteurs et les opérateurs logistiques hésitent à engager des convois de retour, notamment sur les corridors les plus exposés, ce qui ralentit considérablement la rotation des conteneurs.

À ces contraintes sécuritaires s’ajoutent d’autres facteurs, notamment les lourdeurs administratives, la disponibilité limitée des transporteurs et la coordination insuffisante entre les différents acteurs de la chaîne logistique régionale.

Des conséquences économiques redoutées

Le maintien de milliers de conteneurs vides hors du circuit normal de rotation pourrait avoir des répercussions économiques significatives. Pour les opérateurs maliens, cette situation risque d’entraîner une pénurie de conteneurs disponibles pour les importations, une hausse des coûts logistiques et des retards supplémentaires dans l’acheminement des marchandises.

Du côté sénégalais, le port de Dakar, principal débouché maritime du Mali, pourrait également être affecté par un déséquilibre prolongé des flux, au moment où la plateforme portuaire cherche à consolider sa position de hub logistique régional.

Face à cette nouvelle alerte, les acteurs du transport et les autorités concernées sont appelés à renforcer la concertation et à trouver des solutions durables, afin de sécuriser les corridors commerciaux et de préserver la fluidité des échanges entre les deux pays.

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Starlink au Sénégal : un levier clé du New Deal Technologique pour l’accès universel au numérique.

Le déploiement de Starlink au Sénégal s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre du New Deal Technologique, pilier central de la stratégie nationale de transformation numérique. Selon le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), cette décision répond à une ambition clairement affichée par les autorités : démocratiser l’accès au haut et au très haut débit sur l’ensemble du territoire national, avec une attention particulière portée aux zones rurales, enclavées et frontalières, où le déploiement des réseaux terrestres demeure limité par des contraintes économiques et techniques.

Dans cette perspective, l’État sénégalais poursuit le renforcement du maillage national en infrastructures numériques à très haut débit, en s’appuyant sur des solutions innovantes et complémentaires aux réseaux existants. « C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’autorisation accordée à Starlink en tant que fournisseur d’accès à Internet au Sénégal », précise le MCTN, tout en soulignant que cette ouverture s’effectue dans un cadre strictement régulé. Le ministère rappelle en effet que tout opérateur satellitaire est soumis aux règles de régulation en vigueur, au même titre que les autres acteurs du secteur.

5 000 kits Starlink pour connecter un million de Sénégalais

L’arrivée de Starlink marque une avancée significative vers l’objectif d’un accès universel à Internet. Dans ce cadre, le Gouvernement du Sénégal a négocié l’acquisition de 5 000 kits Starlink à un tarif préférentiel, avec pour ambition de connecter gratuitement un million de Sénégalais au cours du premier semestre 2026, selon les estimations du MCTN.

Les bénéficiaires prioritaires de ce programme sont clairement identifiés. Il s’agit notamment des zones dites « blanches », à travers la mise en place de dispositifs de wifi communautaire, des secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, des collectivités territoriales, des zones frontalières, ainsi que des programmes de développement spécifiques, dont le Plan Diomaye pour la Casamance.

Une technologie satellitaire pour résorber durablement les zones blanches

Grâce à sa constellation de satellites en orbite basse, Starlink propose une solution de connectivité satellitaire de pointe, capable de couvrir des territoires jusque-là privés d’un accès fiable à Internet. Cette technologie est appelée à jouer un rôle déterminant dans l’éradication progressive des zones blanches, en renforçant ou en prolongeant la couverture des réseaux terrestres existants.

Au-delà de la seule connectivité, les autorités anticipent un impact structurant à plusieurs niveaux. Cette initiative devrait permettre une extension rapide et immédiate de l’accès à Internet sur l’ensemble du territoire national, contribuer fortement à l’inclusion numérique et à la dynamisation de l’économie, tout en consolidant le positionnement du Sénégal comme un acteur de référence de la transformation numérique en Afrique.

Par ailleurs, la mise en œuvre de cette stratégie offre aux différents secteurs d’activités l’opportunité de réduire significativement leurs coûts de connectivité, tout en bénéficiant d’un accès à une connexion très haut débit, fiable et performante. Un facteur clé pour stimuler l’innovation, améliorer les services et renforcer la compétitivité de l’économie sénégalaise.

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Le Sénégal rejoint le réseau Starlink et renforce sa stratégie de connectivité nationale.

Le service d’accès à Internet par satellite Starlink est désormais opérationnel au Sénégal. L’annonce a été faite ce mercredi matin par Elon Musk sur le réseau social X, tandis que le site officiel de Starlink confirme l’entrée du pays dans la liste des territoires couverts, identifiés en bleu, signalant une disponibilité effective du service.

Développé par SpaceX, Starlink propose une connexion Internet à haut débit et à faible latence via une constellation de satellites en orbite basse. Le service affiche un taux de disponibilité moyen supérieur à 99,9 %, avec une couverture mondiale conçue pour garantir une connectivité stable, y compris dans les zones difficilement accessibles par les infrastructures terrestres classiques.

Une technologie clé pour la couverture des zones reculées

L’arrivée de Starlink au Sénégal s’inscrit dans une dynamique anticipée par les autorités nationales. En décembre dernier, devant l’Assemblée nationale, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, avait confirmé le déploiement à venir de la connexion satellitaire. Il avait alors souligné que cette solution faisait partie d’un mix technologique destiné à compléter la fibre optique et les réseaux mobiles.

Selon le ministre, cette stratégie vise à assurer une couverture intégrale du territoire national d’ici fin 2026, en incluant les zones rurales et enclavées, souvent mal desservies par les réseaux traditionnels.

Un levier pour l’inclusion numérique

Au-delà de l’aspect technologique, l’État sénégalais ambitionne de faire de la connectivité un outil d’inclusion sociale et territoriale. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de connecter gratuitement un million de Sénégalais, en ciblant prioritairement les zones frontalières, les postes de santé, les établissements scolaires nécessitant un accompagnement spécifique ainsi que les bâtiments administratifs isolés.

L’activation de Starlink au Sénégal marque ainsi une étape importante dans la transformation numérique du pays, en offrant une alternative crédible pour réduire la fracture numérique et soutenir les politiques publiques en matière d’éducation, de santé et de services administratifs.

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Industrialisation : le Sénégal engage un changement d’échelle avec un ambitieux projet de loi.

L’État prévoit la création d’au moins 45 zones industrielles à l’échelle nationale

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a présidé, lundi 2 février, à Diamniadio, les travaux consacrés au projet de loi sur la promotion de l’industrialisation. À cette occasion, il a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie industrielle, présentée comme un pilier central du développement économique et du renforcement du patriotisme économique.

À travers le déploiement des agropoles et les programmes portés par l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (APROSI), l’État ambitionne de créer au moins 45 zones industrielles sur l’ensemble du territoire national. Pour soutenir cette dynamique, le budget alloué au secteur industriel a été porté à 350 milliards de FCFA, traduisant un changement de dimension par rapport aux dotations précédentes.

Trente zones agro-industrielles et une meilleure couverture territoriale

« Avec les agropoles, nous allons déjà créer 30 zones agro-industrielles sur l’ensemble du territoire », a annoncé le ministre. Cette orientation vise à renforcer la transformation locale des produits agricoles, à réduire la dépendance aux importations et à favoriser la création de valeur ajoutée dans les zones rurales.

Selon Serigne Guèye Diop, les appels d’offres ont d’ores et déjà été lancés, témoignant de la volonté des autorités de passer rapidement de la planification à l’exécution. L’un des objectifs majeurs de cette politique est d’assurer une meilleure répartition territoriale des infrastructures productives. « Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle », a-t-il assuré.

À ces projets s’ajoutent les initiatives de l’APROSI, qui prévoit la création de dix zones industrielles supplémentaires, notamment dans les filières du phosphate et de l’agroalimentaire, avec des implantations prévues à Touba, Matam et dans d’autres régions du pays. « Au total, nous aurons au moins 45 sites industriels », a précisé le ministre.

Combler le déficit d’infrastructures industrielles

Le ministre a rappelé que le Sénégal ne compte actuellement que trois zones économiques spéciales, situées à Diass, Diamniadio et Saint-Gérard, soulignant ainsi l’ampleur du retard à combler. Le projet de loi en discussion vise donc à poser un cadre juridique et institutionnel adapté à cette montée en puissance de l’industrie.

Selon lui, cette initiative traduit « la volonté des autorités de faire de l’industrialisation un levier central du développement économique et social », capable de stimuler l’emploi, de renforcer la compétitivité des entreprises nationales et de soutenir la croissance à long terme.

Le patriotisme économique au cœur de la stratégie

Un autre axe structurant de la politique industrielle défendue par le gouvernement repose sur le patriotisme économique. Le ministre a reconnu le caractère extraverti de l’économie sénégalaise, indiquant que « entre 46 et 50 % de l’économie est entre les mains d’acteurs étrangers ». Il a toutefois tenu à préciser que cette orientation ne constitue pas un rejet de l’investissement international.

« On n’a rien contre les étrangers. On veut simplement qu’il y ait un patriotisme économique », a-t-il déclaré, plaidant pour des partenariats plus équilibrés entre investisseurs étrangers, acteurs nationaux et État. « Cela signifie que ceux qui viennent investir au Sénégal puissent s’associer avec des Sénégalais, avec l’État, afin que le pays en tire un bénéfice durable », a-t-il ajouté.

Financement, protection et coordination des politiques publiques

Parmi les défis structurels identifiés figurent en priorité le manque de sites industriels dédiés et la question du financement. « L’un des gros problèmes au Sénégal, c’est l’absence de sites spécifiquement aménagés pour les activités industrielles », a déploré le ministre. Il a également insisté sur le coût élevé des investissements industriels, estimant qu’ils ne peuvent reposer uniquement sur le secteur privé.

« Pour l’industrie, ça coûte cher. On ne peut pas tout laisser au privé. Il faut financer, subventionner et accompagner », a-t-il affirmé, évoquant la nécessité d’un engagement fort de l’État.

Serigne Guèye Diop a enfin souligné l’importance de la protection des industries et de l’agriculture naissantes, afin de leur permettre de gagner en compétitivité. « Il est hors de question de laisser nos petites industries et notre agriculture naissantes sans protection », a-t-il déclaré, justifiant ainsi la convergence des politiques industrielle et commerciale au sein d’un même département ministériel.

Poser les bases d’une industrie compétitive

À travers ce projet de loi, les autorités entendent structurer un cadre favorable à l’émergence d’une industrie nationale plus forte, mieux répartie sur le territoire et capable de jouer un rôle moteur dans la transformation de l’économie sénégalaise. « Avec ce texte, le Sénégal pose les bases d’une industrie compétitive, créatrice de valeur et au service du développement national », a conclu le ministre.

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Sanctions contre le Mali : la Cour de justice de l’UEMOA tranche en faveur de Bamako.

Les mesures de 2022 jugées contraires au droit communautaire

La Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a annulé les sanctions économiques et financières imposées au Mali entre janvier et juillet 2022, estimant qu’elles avaient été prises en dehors du cadre juridique de l’organisation. Dans un arrêt rendu public le 29 janvier, la juridiction communautaire donne ainsi raison aux autorités de transition maliennes, qui dénonçaient depuis le départ le caractère « illégal » de ces mesures.

Les sanctions concernées — fermeture des frontières entre États membres, gel des avoirs financiers et suspension de certains échanges commerciaux — avaient été adoptées par l’UEMOA à la suite de décisions initialement prises par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Elles visaient à contraindre les autorités de transition à présenter et à respecter un calendrier de retour à l’ordre constitutionnel après les changements politiques intervenus à Bamako.

Une compétence strictement économique rappelée

Dans sa décision, la Cour rappelle avec insistance la nature et les limites du mandat de l’UEMOA. Organisation à vocation essentiellement économique et monétaire, l’Union n’a, selon la juridiction, ni compétence politique ni pouvoir de sanction dans des contextes liés à des changements de régime ou à des transitions institutionnelles. En endossant des décisions prises par la CEDEAO, l’UEMOA a donc outrepassé ses prérogatives, estime la Cour.

Plusieurs juristes ont salué la clarté de cette position. L’ancien ministre malien de la Justice, Mamadou Ismaïla Konaté, souligne que la CEDEAO et l’UEMOA relèvent de cadres juridiques distincts, avec des missions, des instruments et des champs d’action clairement différenciés. Selon lui, l’arrêt vient rappeler un principe fondamental de droit communautaire souvent mis à l’épreuve dans les périodes de crise politique régionale.

Un succès juridique et politique pour les autorités maliennes

Sur le plan politique, cette décision constitue une victoire symbolique et stratégique pour Bamako. Dès février 2022, les autorités de transition avaient engagé une contestation formelle des sanctions, très impopulaires au Mali en raison de leur impact sur l’économie et le quotidien des populations. La saisine de la Cour de justice de l’UEMOA s’inscrivait dans une démarche assumée de contestation sur le terrain du droit.

Mamadou Ismaïla Konaté relève toutefois que ce choix procédural relevait d’une stratégie juridique bien calculée. Selon lui, une action similaire portée devant la Cour de justice de la CEDEAO n’aurait probablement pas abouti au même résultat, compte tenu du rôle politique assumé par cette organisation dans la gestion des crises institutionnelles au sein de l’espace ouest-africain.

Un arrêt aux implications régionales

Au-delà du cas malien, cet arrêt pourrait faire jurisprudence et relancer le débat sur l’articulation des compétences entre les organisations d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Il pose notamment la question de la coordination entre institutions économiques et politiques, ainsi que des limites à ne pas franchir en matière de sanctions communautaires. Autant d’enjeux susceptibles d’influencer, à l’avenir, la gestion des crises politiques dans la sous-région.

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Burkina Faso : le gouvernement dissout l’ensemble des partis politiques et engage une refonte du système partisan.

Le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté, jeudi, un décret actant la dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques légalement constitués sur le territoire national. Parallèlement, un projet de loi visant à abroger les textes encadrant leur fonctionnement, leur financement ainsi que le statut du chef de file de l’opposition a été approuvé. La décision a été prise au cours d’une réunion présidée par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État.

Selon le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette mesure s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP) et dans le processus de refondation institutionnelle engagé depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de transition. L’objectif affiché est de préserver l’unité nationale, de renforcer la cohésion sociale et de corriger ce que l’exécutif qualifie de « dérives structurelles » du système partisan burkinabè.

Un « diagnostic profond » du système politique

Prenant la parole à l’issue du Conseil, le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a expliqué que cette décision est le résultat d’un « diagnostic approfondi » du régime juridique des partis politiques. Selon les autorités, la multiplication des formations politiques au fil des années aurait contribué à fragmenter la société, à exacerber les clivages et à affaiblir la capacité de l’État à conduire des politiques publiques cohérentes.

Le gouvernement estime également que le cadre légal en vigueur n’a pas permis d’assurer une représentation politique efficace ni de répondre aux aspirations profondes des populations, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs.

Transfert des biens et fin du cadre légal existant

Le décret adopté prévoit le transfert à l’État de l’ensemble du patrimoine mobilier et immobilier des partis politiques dissous. En complément, un projet de loi sera prochainement soumis à l’Assemblée législative de transition pour abroger les textes régissant l’existence, le financement et l’organisation des partis politiques, ainsi que le dispositif institutionnel lié au chef de file de l’opposition.

Selon le gouvernement, cette étape législative vise à poser les bases d’un nouveau cadre politique, plus adapté à la vision de refondation portée par les autorités de transition.

Un tournant majeur pour la vie politique burkinabè

Cette décision marque un tournant historique dans la vie politique du Burkina Faso. Elle redessine en profondeur le paysage institutionnel et interroge sur les modalités futures de participation politique, de gouvernance et de représentation citoyenne.

Si les autorités affirment agir dans l’intérêt supérieur de la nation, les conséquences concrètes de cette dissolution générale sur l’organisation du pouvoir, le dialogue politique et la transition vers un ordre constitutionnel durable restent à observer. Le gouvernement assure, pour sa part, que cette réforme vise à jeter les bases d’un État plus fort, plus uni et davantage en phase avec les attentes du peuple burkinabè.