80748072 58235385 360x320

Énergie : l’État durcit le ton face aux pétroliers sur la redevance de régulation.

Le bras de fer entre l’État et les sociétés pétrolières connaît une nouvelle escalade. La Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) a officiellement mis en demeure les distributeurs d’hydrocarbures pour non-paiement de la redevance réglementaire destinée au financement de l’organe de régulation. À défaut de régularisation, les autorités envisagent désormais des mesures coercitives, allant jusqu’au blocage des comptes bancaires.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, la CRSE se prépare à recourir aux Avis à tiers détenteur (ATD), un instrument juridique permettant à l’administration de saisir directement des fonds détenus par des tiers, notamment les banques. Cette option marque un net durcissement de la position de l’État, décidé à faire appliquer strictement le cadre réglementaire du secteur énergétique.

Une redevance au cœur du conflit

La redevance en question constitue une ressource essentielle pour le fonctionnement de la CRSE, chargée notamment de veiller à la transparence des prix, à la régulation du marché et à la protection des consommateurs. Son non-paiement prolongé par certains acteurs a conduit l’autorité de régulation à activer les mécanismes prévus par la loi.

Du côté des pétroliers, la contestation ne porte pas tant sur le principe du paiement que sur ses modalités. Ameth Guisse, président de l’Association sénégalaise des pétroliers (ASP), affirme que les distributeurs sont disposés à s’acquitter de la redevance, mais sous réserve de son intégration dans la structure officielle des prix. « Nous sommes prêts à payer, à condition que cette redevance soit prise en compte dans les prix homologués », soutient-il.

Un équilibre financier jugé menacé

Les distributeurs estiment en effet qu’un paiement direct, sans ajustement préalable des prix à la pompe, risquerait de fragiliser leur équilibre financier, déjà soumis à de fortes contraintes liées à la régulation des prix des hydrocarbures. Cette divergence d’approche nourrit un climat de tension entre l’État régulateur et les opérateurs privés du secteur.

En l’absence d’un compromis rapide, la menace de saisies bancaires demeure bien réelle. Ce différend intervient dans un contexte sensible, marqué par une vigilance accrue des autorités sur les prix de l’énergie et par les attentes des consommateurs, faisant de ce dossier un enjeu à la fois économique, social et politique.

WhatsApp Image 2026 02 02 at 19 22 03 1 1140x570 1 360x320

Visite de Bassirou Diomaye Faye au Congo : Dakar et Brazzaville redéfinissent leur partenariat stratégique.

Énergie, sécurité alimentaire et médiation régionale au cœur des échanges

La visite officielle du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en République du Congo, les 2 et 3 février, s’inscrit dans une dynamique qui dépasse largement le cadre des relations fraternelles historiques entre Dakar et Brazzaville. À travers cette séquence diplomatique, les deux pays ont affiché leur volonté de faire évoluer un héritage politique ancien vers un partenariat économique et stratégique adapté aux enjeux contemporains du continent.

Reçu avec les honneurs par son homologue Denis Sassou N’Guesso, le chef de l’État sénégalais a clairement exprimé son ambition de transformer des liens forgés à l’époque coloniale en une coopération moderne, structurée et mutuellement bénéfique, reposant sur des intérêts économiques concrets et une vision africaine partagée.

Le gaz au centre d’un rapprochement énergétique

Premier axe majeur des discussions, la coopération énergétique occupe une place centrale dans le rapprochement entre les deux capitales. Devenu un nouvel acteur gazier sur la scène internationale depuis 2025, le Sénégal entend tirer parti de l’expérience du Congo, producteur pétrolier de longue date, dans la gestion des ressources extractives et la structuration d’une industrie énergétique durable.

Les échanges ont notamment porté sur un renforcement de la coopération entre les compagnies nationales PETROSEN et la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), avec pour objectif de partager les expertises, améliorer la gouvernance du secteur et renforcer la valeur ajoutée locale. Pour Dakar, Brazzaville représente un partenaire stratégique capable d’accompagner la montée en puissance de son secteur gazier.

Accélérer l’intégration économique et agricole

La visite a également mis en lumière l’urgence d’une intégration économique accrue entre les deux pays, et plus largement au sein du continent africain. Les présidents Faye et Sassou N’Guesso ont évoqué la nécessité de développer de nouveaux corridors agricoles et commerciaux, afin de renforcer les échanges intra-africains et d’améliorer la sécurité alimentaire.

Dans un contexte de forte dépendance aux importations de céréales, les deux dirigeants ont affiché leur volonté de promouvoir une production agricole locale plus compétitive, soutenue par des infrastructures adaptées et des mécanismes de coopération régionale. Cette approche s’inscrit dans la recherche d’une plus grande souveraineté alimentaire africaine, devenue un enjeu stratégique majeur.

Une diplomatie de médiation et de dialogue régional

Au-delà des considérations économiques, la visite du président sénégalais a revêtu une dimension diplomatique et politique affirmée. Bassirou Diomaye Faye a endossé un rôle de médiateur régional, dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des États du Sahel (AES).

Fort de la relation de confiance entretenue avec Brazzaville, Dakar souhaite contribuer à l’émergence de solutions africaines aux crises régionales, notamment sur les dossiers sensibles liés à l’AES et à la Guinée-Bissau. Le Sénégal défend, dans cette démarche, une approche fondée sur le dialogue, la solidarité africaine et le principe de non-ingérence, tout en privilégiant la stabilité et la coopération régionale.

Vers un partenariat repensé

Cette visite officielle marque ainsi une étape importante dans le repositionnement diplomatique et économique du Sénégal sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. En s’appuyant sur des partenariats africains stratégiques, Dakar entend consolider sa place dans les grands équilibres régionaux, tout en contribuant à la construction d’une coopération sud-sud plus pragmatique et tournée vers le développement.

Fleuve Senegal 1200x798 1 360x320

Navigation sur le fleuve Sénégal : l’Omvs donne le feu vert au lancement des travaux.

La pose de la première pierre annoncée pour avril 2026

L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) a franchi une étape décisive dans la concrétisation de son ambitieux projet de navigation fluviale. Réunis à Nouakchott les 30 et 31 janvier 2026, à l’occasion de leur 78ᵉ session ordinaire, les ministres de l’organisation ont autorisé le démarrage de la première phase du projet, avec une cérémonie de pose de la première pierre prévue en avril 2026.

Dans le communiqué final sanctionnant les travaux, le Conseil des ministres a donné mandat à la Société de gestion et d’exploitation de la navigation (Sogenav) pour engager les opérations techniques et administratives nécessaires au lancement effectif des travaux. Cette décision marque une avancée majeure dans la relance de la navigation sur le fleuve Sénégal, considérée comme l’un des piliers fondateurs de l’Omvs depuis sa création.

Un projet structurant pour l’intégration régionale

La navigation fluviale sur le fleuve Sénégal vise à renforcer l’intégration régionale entre les États membres — le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée — en facilitant les échanges commerciaux, la mobilité des personnes et le transport de marchandises à moindre coût. À terme, le projet ambitionne de désenclaver plusieurs zones riveraines, de stimuler les économies locales et de contribuer à la compétitivité des chaînes logistiques sous-régionales.

Au-delà de ses retombées économiques, le projet s’inscrit également dans une logique de développement durable, en promouvant un mode de transport moins polluant et complémentaire aux infrastructures routières et ferroviaires existantes.

Mobilisation financière et perspectives de financement

Conscients des enjeux financiers liés à un projet de cette envergure, les ministres de l’Omvs ont exhorté les États membres à accélérer la finalisation de leurs engagements financiers pour la première phase. Par ailleurs, le Conseil a instruit le Haut-commissariat de l’Omvs, en collaboration avec la Sogenav, « d’explorer des mécanismes de financement complémentaires » afin d’assurer la viabilité et la continuité des phases ultérieures du projet.

Cette orientation vise notamment à mobiliser des partenaires techniques et financiers, ainsi que des instruments innovants de financement adaptés aux projets d’infrastructures régionales.

Des programmes jugés globalement satisfaisants

Outre la question de la navigation, le Conseil des ministres s’est félicité de l’état d’avancement jugé satisfaisant des programmes de l’Omvs, à la lumière des rapports d’activités présentés par le Haut-commissariat et les différentes sociétés de gestion. Le rapport des experts a été adopté et plusieurs décisions structurantes ont été validées, traduisant la volonté de l’organisation de consolider ses acquis et d’accélérer la mise en œuvre de ses priorités stratégiques.

Une session placée sous le signe de la coopération

La 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Omvs s’est tenue sous la présidence de Boubacar Diané, ministre de l’Eau et de l’Énergie du Mali et président en exercice du Conseil. Ont également pris part aux travaux Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Mohamed Ould Khaled, ministre de l’Énergie et du Pétrole de la Mauritanie, Alassane Diallo, ministre de l’Industrie et du Commerce du Mali, ainsi que Mandjou Dioubaté, ambassadeur de la République de Guinée au Sénégal et en Mauritanie.

Cette rencontre de Nouakchott confirme la volonté commune des États membres de l’Omvs de renforcer la coopération autour du fleuve Sénégal, considéré comme un levier stratégique pour le développement économique, social et environnemental de la sous-région.

622378891 122208746882558118 4877817129942433956 n 360x320

Phosphates : le Sénégal veut rompre avec l’exportation brute et s’inspirer du modèle OCP.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a conclu mercredi 28 janvier sa visite officielle au Maroc par une immersion stratégique au sein du Groupe OCP, leader mondial de l’extraction et de la transformation des phosphates. Une étape hautement symbolique, marquée par une annonce majeure : le Sénégal ambitionne désormais de mettre fin à l’exportation brute de ses phosphates pour engager une transformation locale créatrice de valeur.

S’exprimant devant une trentaine d’étudiants sénégalais inscrits à l’Université polytechnique Mohammed VI, le chef du gouvernement a dressé un constat sans détour sur le modèle actuellement en vigueur au Sénégal. « Depuis 1977, les Industries chimiques du Sénégal font exactement ce que le Maroc faisait autrefois : exporter des matières premières phosphatées », a-t-il rappelé. Une stratégie que le Royaume chérifien a progressivement abandonnée au profit d’une industrialisation intégrée de ses ressources minières.

Le choix stratégique de la transformation locale

Pour Ousmane Sonko, le succès du Groupe OCP repose précisément sur cette décision historique. « À un moment clé, le Maroc a dit stop à l’exportation brute pour transformer localement ses phosphates. C’est ce choix qui a permis à l’OCP de devenir le numéro un mondial dans la production d’engrais », a-t-il souligné, en référence à la vision portée au plus haut niveau de l’État marocain.

Cette comparaison met en lumière, selon lui, les limites du modèle sénégalais actuel. Malgré des réserves importantes, le pays peine à couvrir ses propres besoins agricoles en engrais. « Nous avons des ressources, mais nous avons du mal à fournir suffisamment d’engrais à nos producteurs. Cette situation n’est plus acceptable. Nous avons décidé d’y mettre un terme », a affirmé le Premier ministre.

Vers une industrie phosphatière souveraine

Dans cette perspective, le gouvernement sénégalais envisage la création d’une nouvelle structure dédiée à la gestion et à la valorisation des phosphates nationaux. L’objectif est double : assurer l’approvisionnement du marché intérieur, notamment pour soutenir la productivité agricole, et développer une capacité d’exportation de produits transformés à plus forte valeur ajoutée.

Le Sénégal entend s’appuyer sur l’expertise marocaine et sur le modèle industriel de l’OCP, dans un contexte de relations bilatérales qualifiées de solides et stratégiques. « Il existe de très bonnes perspectives pour le Sénégal, compte tenu de la qualité des relations entre Dakar et Rabat », a estimé Ousmane Sonko, laissant entrevoir de futures coopérations techniques et industrielles.

Recherche, formation et capital humain au cœur du projet

Au-delà de l’industrie, le Premier ministre a insisté sur la dimension scientifique et académique de cette ambition. Il a annoncé la mise en place de filières de recherche universitaire dédiées, afin d’accompagner la transformation du secteur. « La réussite de cette mutation passe nécessairement par la recherche, l’innovation et la formation de compétences nationales », a-t-il déclaré, soulignant le rôle central du capital humain.

Le Maroc, qui détient près de 68 % des réserves mondiales de phosphates, dispose aujourd’hui d’un levier géostratégique majeur dans les enjeux de sécurité alimentaire mondiale. Une expérience que le Sénégal souhaite désormais adapter à ses propres réalités pour bâtir une industrie phosphatière plus souveraine, intégrée et durable, au service de son développement économique et de son agriculture.

WhatsApp Image 2024 11 07 at 16 02 03 360x320

Dakar accueillera la 16ᵉ Biennale de l’Art africain contemporain en novembre–décembre 2026.

La 16ᵉ édition de la Biennale de l’Art africain contemporain se tiendra à Dakar du 19 novembre au 19 décembre 2026, a annoncé le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Cet événement majeur s’inscrit dans la dynamique culturelle exceptionnelle de l’année 2026, marquée par une succession de rendez-vous internationaux structurants pour l’image et l’attractivité du Sénégal.

Un rendez-vous artistique de portée mondiale

Reconnue comme l’un des grands événements de l’agenda artistique international, la Biennale de Dakar constitue depuis plusieurs décennies une plateforme de référence pour la création africaine contemporaine et celle des diasporas. Elle offre un espace d’expression, de dialogue et de visibilité aux artistes du continent, tout en mettant en lumière la diversité, la richesse et l’innovation des pratiques artistiques africaines.

À travers expositions, performances, rencontres professionnelles et débats intellectuels, la Biennale contribue activement à la structuration du marché de l’art africain et au renforcement des échanges culturels entre l’Afrique et le reste du monde.

Dakar, capitale culturelle africaine affirmée

La tenue régulière de la Biennale a largement participé au rayonnement de Dakar comme capitale culturelle africaine, faisant de la ville un carrefour incontournable des arts contemporains. L’édition 2026 entend consolider cette position, en accueillant des artistes, commissaires, critiques, collectionneurs et institutions venus des cinq continents.

Le ministère de la Culture souligne que cette nouvelle édition s’inscrit dans la continuité des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), organisés la même année à Dakar, et s’intègre pleinement à la vision d’une ville créative, ouverte sur le monde et tournée vers la jeunesse.

Une ambition culturelle et stratégique

Selon les autorités culturelles, toutes les dispositions sont prises pour assurer le succès de cette 16ᵉ édition, tant sur le plan organisationnel qu’artistique. La Biennale s’inscrit ainsi dans la politique de rayonnement, de diplomatie et de souveraineté culturelle du Sénégal, qui fait de la culture un levier stratégique de développement, d’attractivité et de cohésion sociale.

À l’horizon 2026, Dakar se prépare donc à redevenir, pendant un mois, l’épicentre de la création artistique africaine contemporaine, confirmant son statut de ville-monde de la culture africaine.

IMX69781f40102ae 1769480000 69781f40102b0 deces halima gadji senegal en deuil 360x320

Sénégal : le monde de la culture pleure la disparition de l’actrice Halima Gadji.

Le cinéma et le théâtre sénégalais sont en deuil. Halima Gadji, figure emblématique de la scène artistique nationale, s’est éteinte ce lundi 26 janvier 2025, à l’âge de 36 ans, des suites d’un malaise. Sa disparition brutale plonge le monde culturel dans une profonde tristesse et laisse un vide immense au sein de l’industrie audiovisuelle sénégalaise.

Une actrice devenue icône du petit écran

Connue du grand public sous le nom de Marième Dial, personnage phare de la série à succès Maîtresse d’un homme marié, Halima Gadji s’était imposée comme l’une des actrices les plus marquantes de sa génération. Grâce à une interprétation juste, intense et nuancée, elle avait su conquérir le cœur de millions de téléspectateurs au Sénégal, en Afrique et au sein de la diaspora.

Son charisme naturel, sa prestance à l’écran et son authenticité ont contribué à faire d’elle une référence du jeu d’acteur dans les productions télévisuelles contemporaines.

Un parcours artistique riche et ascendant

Née au Sénégal, Halima Gadji débute sa carrière dans le mannequinat avant de se tourner vers le théâtre et le cinéma, où elle révèle rapidement une sensibilité artistique affirmée. Elle fait ses premiers pas dans des productions telles que Tundu Wundu et Sakho et Mangane, qui permettent au public de découvrir une actrice dotée d’une grande finesse d’interprétation.

Elle confirme ensuite son talent dans plusieurs séries populaires, dont Bakary Taximan et Béte Béte, consolidant ainsi sa place parmi les valeurs sûres de la scène audiovisuelle sénégalaise.

Une reconnaissance au-delà des frontières

Au-delà du cadre national, Halima Gadji s’était également illustrée sur la scène internationale, notamment à travers sa participation à la série Le futur est à nous, confirmant son rayonnement et son succès bien au-delà des frontières du Sénégal. Cette ouverture internationale témoignait de l’universalité de son talent et de sa capacité à porter la culture sénégalaise sur des scènes plus larges.

L’héritage d’une artiste engagée

Le parcours de Halima Gadji restera gravé dans la mémoire collective comme celui d’une artiste engagée, passionnée et profondément attachée à la promotion de la culture sénégalaise. À travers ses rôles, elle a su donner une voix à des personnages complexes, reflétant avec justesse les réalités sociales et humaines de son époque.

Sa disparition prématurée constitue une perte majeure pour le cinéma et le théâtre sénégalais. Hommages et messages de compassion affluent du monde artistique, des institutions culturelles et du public, saluant la mémoire d’une actrice dont le talent et l’humanité continueront de marquer durablement la scène culturelle nationale.

Hassan Naciri Sonko Senegal Maroc 360x320

Coopération sénégalo-marocaine : Ousmane Sonko à Rabat pour relancer le partenariat stratégique.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est arrivé ce lundi matin à l’aéroport de Rabat-Salé, peu après 8 heures, pour une visite officielle de trois jours au Royaume du Maroc. Ce déplacement, prévu du 26 au 28 janvier, s’inscrit dans le cadre de la relance de la Haute Commission mixte de partenariat Sénégal–Maroc, qu’il coprésidera avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, venu personnellement l’accueillir à son arrivée.

Une visite au calendrier dense et hautement symbolique

Dès son premier jour à Rabat, le chef du gouvernement sénégalais entame un programme particulièrement soutenu. La matinée est marquée par une visite solennelle au Mausolée Mohammed V, haut lieu de mémoire du Royaume, avant une rencontre officielle avec Aziz Akhannouch.

Ce tête-à-tête entre les deux Premiers ministres ouvre la voie au lancement formel des travaux de la Haute Commission mixte, cadre institutionnel central de la coopération bilatérale, resté en veille pendant plusieurs années.

Des travaux sectoriels axés sur les priorités économiques et sociales

Les échanges se poursuivent par des travaux sectoriels réunissant les membres des deux gouvernements. Côté sénégalais, plusieurs ministres prennent part aux discussions, parmi lesquels Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Abdourahmane Sarr, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi que Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.

Participent également Daouda Ngom, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et d’autres responsables gouvernementaux engagés dans des secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, l’enseignement supérieur et l’investissement.

Une délégation sénégalaise élargie et stratégique

Au-delà des membres du gouvernement, la délégation sénégalaise comprend plusieurs directeurs généraux d’institutions majeures. Figurent notamment Wally Diouf Bodian, directeur général du Port autonome de Dakar, Fadilou Keïta, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, ainsi que Gagné Demba, directeur général de la SOMISEN.

S’y ajoutent Alioune Gueye de Petrosen Holding, Birome Hola Ba, directeur général du BOCSPP, et Bakary Séga Bathily, directeur général de APIX.

Vers une déclaration conjointe et de nouveaux accords

Les travaux de la Haute Commission mixte devraient déboucher sur l’adoption d’une déclaration conjointe réaffirmant la solidité du partenariat entre Dakar et Rabat, ainsi que sur la signature de plusieurs accords de coopération. Les allocutions de clôture d’Ousmane Sonko et d’Aziz Akhannouch viendront sceller cette session, présentée par les deux parties comme une étape majeure dans la redynamisation des relations sénégalo-marocaines.

Cette visite marque ainsi la volonté commune des deux pays de hisser leur coopération à un niveau plus stratégique, en phase avec les priorités économiques, diplomatiques et africaines partagées par Dakar et Rabat.

619593635 1193391756315828 3642906592781553801 n 360x320

JOJ Dakar 2026 : l’aéroport Blaise Diagne au cœur du dispositif d’accueil et de sécurité.

Le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse et l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) ont officialisé, ce jeudi à Diass, la signature d’une convention de partenariat stratégique. Cet accord vise à garantir une organisation fluide, coordonnée et sécurisée de l’accueil et du départ des quelque 15 000 hôtes attendus à Dakar, à l’occasion des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre prochains.

Un maillon logistique clé pour un rendez-vous mondial

Fruit de plusieurs mois de concertation et de travaux préparatoires, cette convention fait de la plateforme aéroportuaire de Diass un pilier central de la logistique globale de cet événement sportif planétaire, organisé pour la première fois sur le continent africain.

L’accord engage l’ensemble des acteurs de la chaîne aéroportuaire – autorités de régulation, opérateurs techniques, services de sûreté et forces de défense et de sécurité – à mettre leur expertise au service du comité d’organisation, avec un accent particulier sur la gestion optimale des flux de passagers, la sûreté, la sécurité et la qualité de l’expérience voyageur.

Une gouvernance aéroportuaire alignée sur un objectif commun

Présent lors de la cérémonie, le coordonnateur général du COJOJ, Ibrahima Wade, a souligné la portée structurante de cet accord.
« Les conventions que nous actons aujourd’hui s’inscrivent dans une dynamique cohérente et progressive. Elles viennent consolider le cadre institutionnel déjà mis en place, notamment à travers la convention signée en août 2025 entre le COJOJ et le ministère en charge des Transports aériens », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette étape marque l’alignement complet de « toute la chaîne de gouvernance, de régulation et d’opération aéroportuaire autour d’un objectif commun : faire des JOJ Dakar 2026 une réussite exemplaire, tant sur le plan organisationnel que sécuritaire ».

L’aéroport, vitrine du Sénégal et de l’Afrique

Avec près de 15 000 visiteurs attendus – athlètes, officiels, délégations, médias et partenaires – l’aéroport international Blaise Diagne constituera la première vitrine du Sénégal durant les Jeux. Un enjeu pleinement intégré par la direction de l’AIBD.

Le directeur général de l’AIBD, Cheikh Bamba Dieye, a assuré que toutes les équipes sont d’ores et déjà mobilisées pour relever le défi.
« Nous avons voulu apporter au comité d’organisation notre engagement total, notre disponibilité et l’implication de l’ensemble des acteurs de la plateforme aéroportuaire pour faire de ces Jeux un moment de réussite, de teranga et d’hospitalité », a-t-il affirmé.

Rappelant que « l’aéroport est l’antichambre du Sénégal », il a insisté sur l’importance d’un accueil irréprochable, aussi bien à l’arrivée qu’au départ des délégations, afin de refléter l’image d’un pays organisé, accueillant et résolument tourné vers l’excellence.

Vers des JOJ Dakar 2026 exemplaires

À travers ce partenariat, le Sénégal renforce son dispositif d’accueil et confirme sa volonté de faire des JOJ Dakar 2026 un événement de référence, tant pour l’organisation que pour la mise en valeur du savoir-faire local et africain. L’aéroport international Blaise Diagne, point d’entrée stratégique du pays, s’impose ainsi comme un acteur clé du succès de ce rendez-vous historique pour le sport et pour l’Afrique.

MAROCCO 1 360x320

Maroc–Sénégal : un partenariat historique érigé en modèle de coopération africaine.

Les relations entre le Royaume du Maroc et la République du Sénégal sont « historiques, profondes et exemplaires ». C’est en ces termes que l’ambassadeur du Maroc à Dakar, Hassan Naciri, a résumé la nature du partenariat liant les deux pays, insistant sur une fraternité sincère entre les peuples, nourrie par des liens humains, spirituels et culturels pluriséculaires.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil, publié dans un magazine spécial en juillet 2025, le diplomate a souligné le caractère singulier de cette relation bilatérale, soutenue, selon lui, par « une volonté politique constante des chefs d’État successifs ». Cette dynamique vise à renforcer une coopération mutuellement bénéfique, au service d’une vision partagée pour le développement, la paix et l’unité du continent africain.

Une proximité politique constante au sommet de l’État

Sur le plan politique, Hassan Naciri a mis en avant « une proximité sans équivalent entre les plus hautes autorités des deux pays ». Il a rappelé que, depuis l’indépendance du Sénégal, tous les souverains marocains ont entretenu des relations étroites avec les présidents sénégalais successifs, dans un climat de fidélité, de loyauté et de confiance réciproque.

Cette continuité politique a permis d’ancrer durablement la coopération bilatérale, qu’il s’agisse de concertation diplomatique, de soutien mutuel dans les instances internationales ou de coordination sur les grandes questions africaines.

Des racines historiques profondément ancrées

Revenant sur les fondements historiques de cette relation, l’ambassadeur a rappelé l’engagement précoce du Maroc aux côtés du Sénégal dès les premiers jours de son indépendance. Le Royaume a notamment été, en 1960, coauteur de la résolution relative à l’admission du Sénégal à l’Organisation des Nations Unies.

Il a également évoqué des épisodes symboliques forts, tels que l’accueil réservé à Feu Sa Majesté Mohammed V à l’aéroport de Yoff en 1955, ou encore la participation de citoyens sénégalais à la Marche Verte en 1975, des événements qui ont, selon lui, « scellé une solidarité africaine vivante et durable ».

Une dimension spirituelle et humaine unique

Au-delà des considérations politiques et historiques, Hassan Naciri a mis l’accent sur la profondeur des liens spirituels unissant les deux nations. Ceux-ci reposent sur un islam sunnite malékite, tolérant et profondément enraciné dans les valeurs du soufisme, conférant au partenariat maroco-sénégalais « une profondeur unique, ancrée dans les cœurs autant que dans les institutions ».

Cette proximité se manifeste également sur le plan humain. Le diplomate a souligné l’existence de milliers de familles mixtes issues de mariages entre Marocains et Sénégalais, ainsi qu’une coopération éducative soutenue, marquée par la mobilité de nombreux étudiants poursuivant leurs études dans les universités des deux pays.

Une relation de référence pour l’Afrique

Pour l’ambassadeur du Maroc à Dakar, l’ensemble de ces éléments fait de la relation entre Rabat et Dakar un modèle de coopération en Afrique. Fondée sur un héritage commun solide, une confiance politique durable et une ambition partagée, cette relation illustre, selon lui, ce que peut être un partenariat africain authentique, tourné vers l’avenir et au service des peuples.

Ousmane Sonko Journee des Martyrs 360x320

Sénégal-Maroc : Ousmane Sonko réaffirme des liens solides après les incidents sportifs.

Dans une déclaration officielle visant à apaiser les tensions diplomatiques, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a réitéré la solidité des relations entre Dakar et Rabat. Cette prise de parole fait suite à des échanges avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, après les récents incidents impliquant des supporters sénégalais au Maroc.

Le gouvernement sénégalais a souligné que ces événements doivent être strictement considérés dans le cadre sportif, et qu’ils ne sauraient fragiliser les relations bilatérales historiques entre les deux pays.

Appel à la sérénité et lutte contre la désinformation

Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de dépassionner la situation, rappelant que les défis communs aux deux nations dépassent largement les aléas d’un match de football. Face à la diffusion rapide d’informations non vérifiées sur les réseaux sociaux, le gouvernement sénégalais a mis en garde contre la désinformation, appelant les citoyens à la prudence et à la responsabilité dans leurs communications.

Suivi rapproché des ressortissants interpellés

Le Sénégal assure suivre de près la situation de ses ressortissants interpellés, en coopération étroite avec les autorités marocaines et les services consulaires. Cette coordination vise à garantir une résolution rapide et apaisée de l’incident, conformément aux instructions des chefs d’État des deux pays, le Président Bassirou Diomaye Faye et Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Relance de la Grande Commission mixte : un signal fort

Pour marquer la priorité stratégique accordée à la relation bilatérale, Dakar et Rabat ont confirmé la tenue de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte, programmée du 26 au 28 janvier à Rabat. Ce rendez-vous diplomatique, qui ne s’était pas tenu depuis 2013, devrait permettre de renforcer la coopération économique, culturelle et sécuritaire entre les deux nations, tout en consolidant un dialogue politique constructif et durable.

Cette approche diplomatique proactive souligne l’importance pour le Sénégal et le Maroc de séparer les enjeux sportifs des relations bilatérales, tout en garantissant la protection des citoyens et la stabilité des partenariats stratégiques.