En marge de la 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) sur la lutte contre la désertification, la délégation guinéenne a poursuivi ses consultations autour de la mobilisation des financements climatiques. Une rencontre avec l’expert Dr Saliou Gaye Ndoye a notamment permis d’examiner les moyens de mieux structurer les projets nationaux et de renforcer leur accès aux mécanismes internationaux de financement.
Au cœur des échanges : l’alignement de la finance climatique sur les priorités du programme national Simandou 2040, ainsi que la préparation du prochain cycle du Fonds pour l’environnement mondial (FEM9).
Mieux préparer les projets pour accéder aux financements
L’un des principaux enseignements de la rencontre porte sur la nécessité pour la Guinée de renforcer la préparation technique de ses projets. Pour accéder plus efficacement aux différents guichets de financement climatique, les spécialistes guinéens sont appelés à mieux maîtriser les différentes étapes qui précèdent la soumission des projets.
Cette phase préparatoire doit permettre de transformer les besoins identifiés sur le terrain en projets suffisamment structurés, techniquement solides et susceptibles de répondre aux critères des bailleurs et institutions financières internationales.
L’objectif est également de mieux anticiper les exigences liées à la mobilisation des ressources afin d’éviter que des projets prioritaires ne soient retardés par des insuffisances dans leur conception ou leur préparation.
Le secteur privé appelé à jouer un rôle central
Les discussions ont également mis l’accent sur la nécessité d’associer davantage le secteur privé à la stratégie guinéenne de financement climatique.
Selon les recommandations formulées au cours de la rencontre, cette implication doit s’accompagner d’un renforcement des cadres systémique, réglementaire et institutionnel. Il s’agit notamment de créer un environnement suffisamment favorable pour attirer les investissements privés vers les projets liés à la protection des terres, à la résilience climatique et au développement durable.
Pour la Guinée, l’enjeu consiste ainsi à ne pas limiter la finance climatique aux financements publics ou aux mécanismes de coopération internationale, mais à construire une approche capable de mobiliser plusieurs catégories d’acteurs autour des priorités nationales.
Le FEM9 au centre des préparatifs
La préparation du neuvième cycle du Fonds pour l’environnement mondial (FEM9) constitue l’un des principaux chantiers identifiés.
La Guinée doit notamment anticiper les ressources qui pourraient lui être attribuées et définir en amont les secteurs et projets prioritaires susceptibles de bénéficier de ces financements. Cette anticipation doit permettre au pays de mieux orienter ses ressources et d’accroître l’impact des financements obtenus.
Dans cette perspective, l’évaluation des résultats du FEM8 apparaît comme une étape importante. Les ressources de ce précédent cycle étant désormais épuisées, le retour d’expérience doit permettre d’identifier les acquis, les difficultés rencontrées et les améliorations nécessaires avant l’ouverture du nouveau cycle.
Transformer les priorités en projets bancables
Au-delà des échanges techniques, la rencontre a souligné l’importance pour la Guinée de formaliser rapidement ses besoins sous la forme de demandes précises et de résultats attendus clairement définis.
Cette démarche doit permettre aux partenaires techniques et financiers de mieux cibler leur accompagnement et de proposer des solutions adaptées aux priorités du pays.
Elle doit également renforcer la capacité de la Guinée à défendre ses projets auprès des mécanismes internationaux de financement et à mieux positionner ses ambitions nationales dans les discussions sur la finance climatique.
Simandou 2040 comme cadre stratégique
La mobilisation des financements climatiques s’inscrit dans une réflexion plus large autour de Simandou 2040, programme présenté comme un cadre majeur de transformation économique et de développement de la Guinée.
L’enjeu consiste désormais à articuler les ambitions économiques du pays avec les impératifs de préservation des ressources naturelles, de résilience climatique et de gestion durable des terres.
À travers les consultations menées en marge de la COP17, Conakry cherche ainsi à renforcer ses capacités techniques et institutionnelles afin de mieux exploiter les opportunités offertes par la finance climatique internationale.
La préparation du FEM9 pourrait constituer, dans cette perspective, une nouvelle étape pour transformer les priorités environnementales de la Guinée en projets financés, structurés et capables de contribuer durablement aux objectifs de développement du pays.

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