Guinée : le président Doumbouya nomme les premiers membres du nouveau gouvernement.

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Vingt ministres officialisés, entre continuité politique et signaux de renouvellement

Une semaine après la reconduction du Premier ministre Amadou Oury Bah et la présentation de l’architecture du nouveau gouvernement, le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a franchi une nouvelle étape dans la mise en place de son équipe gouvernementale. Par décret présidentiel rendu public ce lundi 2 février 2026, vingt des vingt-neuf ministres prévus ont été officiellement nommés.

Ces premières désignations confirment la volonté affichée par le chef de l’État de privilégier la stabilité institutionnelle, tout en intégrant de nouveaux profils appelés à accompagner la mise en œuvre des priorités de la Cinquième République.

Des nominations à forte portée institutionnelle

Parmi les nouvelles figures faisant leur entrée au gouvernement, le magistrat Ibrahima Sory II Tounkara a été nommé Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Connu pour avoir présidé le procès du massacre du 28 septembre 2009, son choix est largement interprété comme un signal fort en faveur du renforcement de l’État de droit, de la lutte contre l’impunité et de la poursuite des réformes judiciaires.

Autre nomination stratégique, celle du Général Ahmed Mohamed Oury Diallo, désigné ministre de la Sécurité et de la Protection civile, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants et des enjeux croissants en matière de stabilité intérieure.

Une présence féminine renforcée dans l’équipe gouvernementale

Le nouveau gouvernement enregistre également l’entrée de deux femmes. Khaïté Sall a été nommée ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, un portefeuille clé au regard des défis sanitaires et sociaux du pays. Patricia Adeline Lamah prend, pour sa part, la tête du ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, avec pour mission de renforcer les politiques de protection sociale et de promotion du genre.

Des réaménagements au sein des portefeuilles stratégiques

La majorité des ministres déjà en fonction conserve une place au sein de la nouvelle équipe, parfois avec des changements de portefeuille. Mariama Ciré Sylla se voit confier le méga-ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, tandis que Mourana Soumah est nommé ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Facinet Sylla prend les rênes du ministère des Infrastructures.

Dans le secteur de l’éducation, Dre Diaka Sidibé retrouve l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, alors qu’Alpha Bacar Barry est nommé à la tête du vaste département de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.

Une continuité assumée dans plusieurs départements clés

Plusieurs figures de l’exécutif conservent leurs fonctions. Il s’agit notamment de Dr Morissanda Kouyaté aux Affaires étrangères, Ibrahima Kalil Condé à l’Administration du territoire, Bouna Sylla aux Mines, Félix Lamah à l’Élevage, Fassou Théa à la Pêche, Moussa Moïse Sylla à la Culture, Ousmane Gaoual Diallo aux Transports, Djami Diallo à l’Environnement, Tamba Benoît Kamano en qualité de Secrétaire général du gouvernement, ainsi que El Hadj Karamo Diawara aux Affaires religieuses.

Neuf portefeuilles encore vacants

Malgré ces nominations, neuf ministères demeurent à ce stade sans titulaires. Il s’agit des départements de la Défense nationale ; du Plan, de la Coopération internationale et du Développement ; de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique ; de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale ; de l’Agriculture ; de l’Industrie et du Commerce ; de l’Énergie ; de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures ; ainsi que de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire.

Ces postes encore non pourvus devraient faire l’objet d’un prochain décret présidentiel, destiné à compléter l’ossature du gouvernement et à préciser les grandes orientations sectorielles de la nouvelle équipe.

Une continuité depuis les débuts du CNRD

Fait notable, cinq ministres issus du tout premier gouvernement du CNRD, dirigé à l’époque par Mohamed Béavogui, demeurent présents dans l’équipe actuelle : Dr Morissanda Kouyaté, Dre Diaka Sidibé, Ousmane Gaoual Diallo, Alpha Bacar Barry et El Hadj Karamo Diawara. Cette permanence traduit une continuité politique assumée dans la stratégie du pouvoir.

Avec ces premières nominations, le président Mamadi Doumbouya pose les bases d’un gouvernement combinant expérience administrative et renouvellement ciblé. La désignation des responsables appelés à occuper les neuf portefeuilles encore vacants constituera une étape déterminante pour finaliser l’architecture du premier gouvernement de la Cinquième République.