Pour sa première participation à un grand rendez-vous continental depuis son investiture le 24 mai dernier, le président béninois Romuald Wadagni a pris part, ce mardi 15 juillet à N’Djamena, à la cérémonie d’ouverture du Forum africain de l’Eau, aux côtés de plusieurs chefs d’État africains, parmi lesquels Mahamat Idriss Déby Itno (Tchad), Félix Tshisekedi (République démocratique du Congo), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon) et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie). Cette première apparition sur la scène continentale intervient dans le cadre d’un forum organisé conjointement par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale autour du thème « De la vision à l’action », consacré au financement des infrastructures hydrauliques, à la sécurité de l’eau et à la résilience climatique.
Pour Romuald Wadagni, cette participation dépasse la seule dimension protocolaire. Elle constitue une première séquence diplomatique majeure et offre au Bénin l’occasion de présenter les résultats d’une décennie de réformes dans le secteur de l’eau, tout en exposant les priorités du nouveau mandat présidentiel dans un domaine devenu stratégique pour le développement du continent.
Une première séquence diplomatique d’envergure
Pour le président béninois, cette participation marque sa première présence dans une enceinte continentale réunissant chefs d’État africains, institutions financières internationales et partenaires du développement. Après une première phase de son mandat consacrée à la mise en place du gouvernement et à des échanges diplomatiques dans la sous-région, Romuald Wadagni profite de cette tribune pour inscrire le Bénin dans les grands débats africains sur les infrastructures, le financement du développement et la résilience climatique.
Le choix du Forum africain de l’Eau pour inaugurer cette séquence continentale n’est pas anodin. Ancien ministre des Finances, Romuald Wadagni a bâti sa réputation sur sa capacité à mobiliser les ressources nécessaires au financement des politiques publiques et à dialoguer avec les institutions financières internationales. À N’Djamena, le chef de l’État retrouve un terrain qu’il connaît bien : celui des grands défis du développement, où les questions de gouvernance, de financement et d’investissement occupent une place centrale.
Cette première participation traduit également la volonté du Bénin de consolider son image d’État réformateur. Depuis plusieurs années, le pays met en avant une approche fondée sur la planification, la modernisation des infrastructures et la recherche de partenariats durables avec les bailleurs de fonds et le secteur privé. Le Forum offre ainsi une tribune pour valoriser cette trajectoire devant les principaux décideurs africains et internationaux.
Au-delà de la symbolique, cette présence répond enfin à une logique de diplomatie économique. Les grands rendez-vous continentaux sont devenus des espaces où se construisent autant les partenariats politiques que les futurs financements des projets structurants. Dans un contexte de concurrence accrue pour l’accès aux ressources concessionnelles et aux financements climatiques, le positionnement du Bénin dans ces enceintes revêt une importance stratégique.
Le Bénin met en avant une décennie de réformes
Cette première sortie continentale est également l’occasion pour Cotonou de mettre en lumière les résultats obtenus dans un secteur qui a connu une profonde transformation au cours de la dernière décennie.
Depuis 2016, plus de 630 milliards de FCFA ont été investis afin d’améliorer durablement l’accès des populations à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national.
Ces investissements ont permis de porter le taux de desserte en milieu urbain de 53 % à 77 %, grâce notamment au renforcement des systèmes d’alimentation en eau potable dans plusieurs villes du pays. La création de la Société béninoise des infrastructures de l’eau (SoBIE SA) est venue compléter cette réforme en assurant une gestion plus intégrée des infrastructures.
Les progrès sont tout aussi significatifs en milieu rural, où le taux de desserte atteint désormais 84 %. Cette évolution repose notamment sur la création de l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, le déploiement de 161 systèmes d’approvisionnement multi-villages et le raccordement de plus de trois millions de nouveaux bénéficiaires depuis 2016.
À ces réalisations s’ajoutent un mécanisme de subvention facilitant les branchements domestiques, le renforcement du contrôle de la qualité de l’eau ainsi que la poursuite de plusieurs programmes d’extension des réseaux.
Cap sur l’accès universel
Fort de ces acquis, le gouvernement béninois entend accélérer la marche vers un accès universel, permanent et équitable à l’eau potable.
Le projet de société porté par Romuald Wadagni prévoit notamment le lancement du programme national « Eau pour tous », l’alimentation systématique des écoles et des centres de santé en eau potable, le développement de nouvelles capacités de stockage, la réduction des pertes sur les réseaux – avec un objectif de les ramener de 32 % à 15 % – ainsi que la construction de 314 nouveaux systèmes d’approvisionnement multi-villages. Le programme prévoit également de renforcer la participation des entreprises béninoises aux marchés publics du secteur.
Au-delà de l’amélioration de l’accès à l’eau potable, ces investissements visent à soutenir le développement agricole, renforcer la résilience des territoires face aux effets du changement climatique et accompagner la croissance économique du pays.
Le Bénin veut peser dans les débats africains
La participation de Romuald Wadagni au Forum africain de l’Eau traduit ainsi la volonté du Bénin de contribuer activement aux réflexions sur les grands défis du continent. Alors que les besoins de financement restent considérables, les échanges de N’Djamena doivent permettre de renforcer les partenariats entre États, banques de développement, secteur privé et bailleurs internationaux afin d’accélérer la réalisation des infrastructures hydrauliques.
Pour le président béninois, ce premier rendez-vous continental marque l’ouverture d’une nouvelle séquence diplomatique. En choisissant le Forum africain de l’Eau comme première grande tribune africaine de son mandat, Romuald Wadagni inscrit son action dans une vision où le financement des infrastructures, la résilience climatique et le développement durable constituent désormais des piliers de la projection internationale du Bénin.
Source : FinancialAfrik

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