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Processus électoral en Guinée : la Directrice générale des Élections distinguée à Kindia.

La société civile salue l’engagement de Madame Camara Djenabou Touré en faveur de l’inclusion citoyenne

La Directrice générale des Élections, Madame Camara Djenabou Touré, a été honorée par les organisations de la société civile guinéenne à Kindia, en marge de la clôture des travaux de l’atelier national d’évaluation des scrutins référendaire du 21 septembre et présidentiel du 28 décembre 2025. Les travaux de cet atelier se sont tenus du 29 au 31 janvier 2026 et ont réuni l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus électoral en République de Guinée.

À cette occasion, Madame Camara Djenabou Touré s’est vu décerner le prix d’Ambassadrice de l’inclusion et de la participation citoyenne, en présence des autorités administratives et locales de la région de Kindia, ainsi que des représentants des institutions publiques, des partis politiques et des organisations de la société civile.

Une reconnaissance du leadership et du sens du devoir républicain

Cette distinction vient saluer un leadership jugé exemplaire, un sens élevé du devoir républicain et un engagement constant en faveur d’un processus électoral inclusif, transparent et participatif. Les initiateurs du prix ont souligné le rôle déterminant joué par la Directrice générale des Élections dans la conduite et la coordination des opérations électorales récentes, dans un contexte institutionnel et logistique exigeant.

Sous sa direction, l’organe technique en charge de l’organisation des élections a su faire face aux défis liés à la préparation, à la tenue et à l’évaluation des scrutins référendaire et présidentiel, en privilégiant le dialogue avec les parties prenantes et le respect des principes démocratiques.

Un hommage au professionnalisme de l’administration électorale

Les acteurs de la société civile ont notamment mis en avant les efforts consentis pour renforcer la participation citoyenne, améliorer l’inclusivité du processus électoral et consolider la confiance entre l’administration électorale et les électeurs. L’atelier national d’évaluation a ainsi permis de dresser un bilan technique et institutionnel des scrutins de 2025, tout en formulant des recommandations en vue de l’amélioration continue des futures consultations électorales.

En distinguant Madame Camara Djenabou Touré, la société civile guinéenne entend également encourager la poursuite des réformes visant à consolider la gouvernance électorale et à promouvoir une culture démocratique fondée sur la transparence, la responsabilité et la participation active des citoyens.

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La CEDEAO entérine le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée et lève toutes les sanctions.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement pris acte du rétablissement de l’ordre constitutionnel en République de Guinée, mettant ainsi un terme au processus de transition politique engagé à la suite des événements de 2021. Cette décision marque une étape majeure dans la normalisation institutionnelle du pays au sein de l’espace communautaire ouest-africain.

La reconnaissance de cette normalité constitutionnelle intervient à la suite de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, suivie de l’investiture du nouveau chef de l’État, le 17 janvier 2026. Ces échéances ont scellé la fin de la transition et ouvert une nouvelle séquence politique pour la Guinée.

Une transition menée à son terme selon la feuille de route convenue

Dans son communiqué final, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO rappelle les fondements juridiques de sa décision, notamment les protocoles communautaires relatifs aux changements anticonstitutionnels de gouvernement. L’organisation revient sur les différentes étapes du dialogue engagé avec les autorités guinéennes lors des sommets extraordinaires de septembre 2021 et février 2023, ainsi que lors de la session ordinaire de juillet 2023.

La CEDEAO souligne que la feuille de route de 24 mois, issue du compromis d’octobre 2022 entre les experts de la Commission et les autorités de Conakry, a été intégralement respectée. Ce calendrier avait pour piliers le référendum constitutionnel du 21 septembre 2025 et l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Le déroulement de ces consultations a été jugé satisfaisant par les missions d’observation internationales, notamment celles de la CEDEAO et de l’Union africaine.

Levée immédiate des sanctions et réintégration régionale

Sous l’impulsion du président en exercice de la Conférence, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, et après concertation avec l’ensemble des chefs d’État membres, la CEDEAO a décidé de lever immédiatement l’ensemble des sanctions imposées à la République de Guinée et aux acteurs de la transition. Cette décision consacre la réintégration pleine et entière du pays dans les instances de décision de l’organisation ainsi que dans les programmes d’intégration régionale.

Félicitations au peuple guinéen et attentes pour l’avenir

La Conférence a salué la maturité démocratique du peuple guinéen et félicité le président Mamady Doumbouya pour son élection. Elle l’invite désormais à œuvrer activement au renforcement de la cohésion sociale, à la consolidation de la paix et à la promotion d’une croissance inclusive, bénéfique à l’ensemble de la population.

Tout en exprimant sa reconnaissance aux Nations unies et aux partenaires bilatéraux pour leur accompagnement du processus de transition, la CEDEAO appelle les nouvelles autorités guinéennes à maintenir un dialogue national inclusif et à renforcer l’État de droit, notamment dans la perspective des prochaines élections législatives. L’organisation régionale assure enfin qu’elle continuera de suivre avec attention l’évolution de la situation politique, institutionnelle et sociale en Guinée.

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Coopération Guinée–Union européenne : 2026 annoncée comme une année charnière.

L’Union européenne ambitionne de faire de l’année 2026 un tournant décisif de son partenariat avec la Guinée. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à Conakry, l’ambassadeur de l’Union européenne a présenté un portefeuille de projets structurants destinés à améliorer durablement les conditions de vie des populations, renforcer la connectivité régionale et soutenir la transformation économique du pays.

S’inscrivant dans une logique de partenariat à long terme, ces interventions couvrent des secteurs clés tels que l’assainissement urbain, la sécurité routière, les infrastructures de transport et l’énergie.

Assainissement urbain : un centre de stockage des déchets à Zagope

L’amélioration de l’assainissement dans le Grand Conakry figure parmi les priorités annoncées. En partenariat avec le ministère en charge de l’Assainissement, l’Union européenne appuie la réalisation d’un centre de stockage temporaire des déchets à Zagope, dont la mise en service est prévue à l’horizon 2026.

Ce centre permettra de désengorger la décharge non réglementée de Dar-es-Salam, aujourd’hui saturée, et d’organiser plus efficacement la collecte et le transfert des déchets à partir des zones de tri et de transit implantées dans les quartiers. À terme, le projet vise une amélioration notable de l’hygiène urbaine, de la santé publique et du cadre de vie des habitants de la capitale.

Sécurité routière : vers la création d’un centre national de référence

Autre axe majeur de la coopération : la sécurité routière. L’Union européenne prévoit de soutenir la construction et l’équipement d’un centre national de sécurité routière, accompagné d’une assistance technique complète.

Cette structure aura pour mission de coordonner l’action des centres de contrôle technique, d’harmoniser les normes applicables aux véhicules et de contribuer à la réduction des accidents de la circulation. Un enjeu crucial dans un pays où l’insécurité routière engendre chaque année de lourdes pertes humaines, mais aussi des coûts élevés pour le système de santé et des impacts environnementaux liés à la circulation de véhicules vétustes et fortement polluants.

Infrastructures et intégration régionale : un axe stratégique vers la Guinée-Bissau

Sur le plan des infrastructures de transport, l’ambassadeur de l’UE a mis en lumière un projet routier stratégique reliant la région de Boké à la frontière avec la Guinée-Bissau. Le programme prévoit la construction d’un tronçon de route de 42 kilomètres, ainsi que d’un pont d’environ 300 mètres sur la rivière Kogon, destiné à remplacer un bac aujourd’hui hors service.

Cette infrastructure est appelée à faciliter les échanges commerciaux, améliorer la mobilité des populations et renforcer l’intégration économique entre les deux pays. Le projet s’inscrit dans le cadre de Global Gateway, l’initiative européenne de connectivité mondiale visant à promouvoir des infrastructures durables, résilientes et de qualité dans les pays partenaires.

Énergie : des investissements massifs pour renforcer l’accès à l’électricité

Dans le secteur énergétique, l’Union européenne, en collaboration avec la Banque européenne d’investissement et d’autres partenaires financiers tels que l’Agence française de développement, prévoit de mobiliser des centaines de millions d’euros.

Ces financements visent à renforcer la production, le transport et la distribution d’électricité, avec pour objectif d’améliorer l’accès à une énergie fiable et abordable, condition essentielle au développement industriel, à la création d’emplois et à la compétitivité de l’économie guinéenne.

Un partenariat orienté vers des résultats concrets

À travers ces projets, l’Union européenne affirme sa volonté d’accompagner la Guinée dans des réformes structurelles et des investissements à fort impact social et économique. Pour la délégation européenne, l’année 2026 doit marquer une montée en puissance de cette coopération, avec des résultats visibles pour les populations et un ancrage renforcé de la Guinée dans les dynamiques régionales et internationales de développement.

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Guinée : Amadou Oury Bah officiellement réinstallé à la Primature.

Reconduit à la tête du gouvernement, le Premier ministre a été installé dans ses fonctions au Palais de la Colombe, dans un contexte marqué par la poursuite de la refondation de l’État et l’ouverture d’une nouvelle séquence de l’action publique.

Amadou Oury Bah a été officiellement installé, ce mercredi 28 janvier 2026, dans ses fonctions de Premier ministre, Chef du Gouvernement, lors d’une cérémonie solennelle tenue au Palais de la Colombe. L’acte d’installation a été présidé par le Ministre Secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, et le Ministre Directeur de cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, consacrant ainsi sa reconduction à la tête de l’Exécutif.

La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses hautes autorités civiles et militaires, témoignant de l’importance institutionnelle de l’événement. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment le Vérificateur général, Dr Joseph Togna Doré, des conseillers à la Présidence de la République, le Chef d’état-major général des Armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, le Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Balla Samoura, ainsi que plusieurs ministres intérimaires. D’anciens Premiers ministres ont également pris part à la cérémonie.

Chargé de conduire la prise de fonction, le Vérificateur général a rappelé que les missions du Chef du Gouvernement s’exercent dans un contexte de profonde refondation de l’État, marqué par des réformes institutionnelles, économiques et sociales d’envergure. Il a souligné la complexité des responsabilités confiées au Premier ministre, appelant à une coordination rigoureuse de l’action gouvernementale et à une culture de résultats.

Prenant la parole, Amadou Oury Bah a déclaré mesurer « pleinement la portée politique et institutionnelle de la responsabilité » qui lui est confiée. Il a affirmé sa détermination à conduire un gouvernement « résolument aligné sur les orientations stratégiques du Président de la République, Son Excellence le général Mamadi Doumbouya », avec pour priorité la satisfaction des attentes essentielles des populations.

Le Premier ministre a également mis l’accent sur les principes devant guider l’action de son équipe, insistant sur la nécessité d’une gouvernance exemplaire fondée sur la responsabilité, la redevabilité et l’efficacité de l’action publique. Il a réaffirmé son engagement à renforcer la discipline gouvernementale et à accélérer la mise en œuvre des politiques publiques.

À l’issue de son intervention, le Vérificateur général a officiellement renvoyé Amadou Oury Bah dans l’exercice de ses fonctions, en lui rappelant son rôle central dans la coordination de l’action gouvernementale et la recherche de résultats tangibles au service de l’État et des citoyens. La cérémonie s’est achevée par son installation dans son bureau à la Primature.

Économiste et homme politique chevronné, Amadou Oury Bah est considéré comme l’un des acteurs clés du processus de refondation engagé sous le leadership du Président Mamadi Doumbouya. Sa reconduction à la tête du gouvernement, conjuguée à la nouvelle configuration de l’Exécutif, s’inscrit dans une logique de continuité politique et constitue l’un des premiers marqueurs institutionnels du septennat présidentiel en cours.

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Guinée : reconduit à la Primature, Bah Oury mesure « une responsabilité encore plus lourde ».

Reconduit à la tête du gouvernement guinéen, Bah Oury a livré ses premières réactions publiques, mêlant reconnaissance, humilité et sens aigu des responsabilités. Dans un message publié sur son compte X (anciennement Twitter), le Premier ministre a salué le renouvellement de la confiance que lui a accordée le président de la République, Mamadi Doumbouya, dans un contexte national et sous-régional qu’il qualifie d’exigeant.

Un renouvellement de confiance salué

« Je suis particulièrement ému, d’abord pour le renouvellement de la confiance que le Président de la République, Mamadi Doumbouya, m’a une nouvelle fois gratifié », a écrit le chef du gouvernement. Cette reconduction intervient à un moment charnière pour la Guinée, engagée dans une nouvelle phase institutionnelle et confrontée à des défis économiques, sociaux et sécuritaires majeurs.

Au-delà de l’acte institutionnel, Bah Oury dit avoir été profondément marqué par l’élan de soutien populaire qui a suivi l’annonce de sa reconduction. Il affirme avoir reçu, ces derniers jours, de nombreux messages de félicitations et d’encouragements, en provenance de citoyens guinéens de l’intérieur du pays, de la diaspora, mais aussi de personnes qui lui étaient jusque-là inconnues.

Une attente collective clairement exprimée

Pour le Premier ministre, cette mobilisation spontanée traduit une attente forte et transversale au sein de la société. « Lorsqu’une multitude de gens d’horizons divers, de sensibilités diverses, expriment cette empathie, cela veut dire que tout ce monde attend de moi une action qui permettra de répondre à leurs aspirations et à leurs besoins », a-t-il souligné.

Une lecture qui confère à sa reconduction une dimension dépassant le simple cadre gouvernemental, pour s’inscrire dans une exigence de résultats concrets, notamment en matière de gouvernance, de cohésion sociale et de développement.

Une mission jugée plus exigeante que par le passé

Conscient des enjeux, Bah Oury reconnaît que la tâche qui l’attend est aujourd’hui « encore beaucoup plus lourde que par le passé ». Il affirme néanmoins sa détermination à assumer pleinement cette responsabilité, en étroite collaboration avec le président Mamadi Doumbouya, dans le cadre de la mise en œuvre du programme présidentiel.

Dans un registre empreint de spiritualité, le Premier ministre a également invoqué l’aide divine, appelant à la force et à la sagesse nécessaires pour transformer les attentes populaires en actions concrètes. « Je mesure avec gravité la charge que le Président Doumbouya m’a confiée », a-t-il insisté, promettant de faire de son mieux pour être à la hauteur de la confiance placée en lui.

Un engagement au service de la Guinée et de la sous-région

Au-delà des frontières nationales, Bah Oury a rappelé que les choix et orientations de la Guinée s’inscrivent dans un environnement ouest-africain interconnecté. Il a réaffirmé sa volonté de travailler pour répondre aux aspirations des populations guinéennes, tout en contribuant à la stabilité et au progrès de la sous-région.

Cette prise de parole marque ainsi le ton d’un nouveau mandat placé sous le signe de la responsabilité, de l’écoute et de l’action, dans un contexte où les attentes citoyennes demeurent particulièrement élevées.

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Guinée : le président Mamadi Doumbouya fixe l’architecture du nouveau gouvernement.

Le président de la République de Guinée, le général Mamadi Doumbouya, a procédé à la structuration officielle du gouvernement à travers un décret présidentiel lu ce lundi 26 janvier 2026 à la télévision nationale. Cette décision, prise sur proposition du Premier ministre, chef du gouvernement, marque une étape institutionnelle majeure dans la mise en place de la nouvelle équipe exécutive.

Une organisation gouvernementale clarifiée

Le décret présidentiel définit de manière précise l’architecture de l’Exécutif, en établissant la liste complète des départements ministériels appelés à conduire l’action gouvernementale. Cette structuration vise à renforcer la lisibilité de l’action publique, à mieux répartir les compétences sectorielles et à répondre aux priorités économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Aux termes de l’article premier du décret, le gouvernement de la République de Guinée est désormais composé des départements suivants :

Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme

Ministère de la Défense nationale

Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation

Ministère de la Sécurité et de la Protection civile

Ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger

Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget

Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement

Ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique

Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale

Ministère des Mines et de la Géologie

Ministère de l’Agriculture

Ministère de l’Élevage

Ministère de la Pêche et de l’Économie maritime

Ministère de l’Industrie et du Commerce

Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle

Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat

Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

Ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité

Ministère de la Jeunesse et des Sports

Ministère des Infrastructures

Ministère des Transports

Ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation

Ministère de l’Environnement et du Développement durable

Ministère de l’Énergie

Ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures

Ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire

À ces départements s’ajoutent deux structures transversales essentielles au fonctionnement de l’État :

le Secrétariat général du Gouvernement,

le Secrétariat général des Affaires religieuses.

Un cadre pour l’action gouvernementale

Cette nouvelle architecture gouvernementale constitue le socle institutionnel sur lequel reposera l’action de la prochaine équipe ministérielle. Elle traduit la volonté des autorités de doter la Guinée d’un appareil exécutif structuré, capable de conduire les réformes prioritaires, d’assurer la coordination des politiques publiques et de répondre aux attentes des citoyens en matière de gouvernance, de développement et de cohésion sociale.

La publication de ce décret ouvre désormais la voie à la nomination des ministres appelés à diriger ces départements, étape attendue dans la consolidation du nouvel exécutif guinéen.

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Bauxite en Guinée : une reprise d’activité sous haute surveillance juridique et institutionnelle.

Le lundi 29 décembre, plusieurs médias guinéens ont annoncé la reprise des activités d’extraction de bauxite par la société AGB2A-GIC dans les zones de Boffa et Fria, sur des périmètres auparavant couverts par un titre minier détenu par Axis Minerals. Présentée comme un dénouement heureux après plusieurs mois d’arrêt, l’information a suscité un vif soulagement au sein des communautés locales, au point de donner lieu à une cérémonie de lecture du Coran, symbole d’espoir et de retour à une activité vitale pour l’économie locale.

Dans un pays où le secteur minier constitue un levier stratégique pour l’emploi, les recettes publiques et la stabilité macroéconomique, cet enthousiasme est compréhensible. Il ne dissipe cependant pas les zones d’ombre juridiques, économiques et institutionnelles que soulève cette reprise, largement commentées ces derniers jours, notamment par nos confrères de Africa Intelligence.

Un socle juridique fragilisé

Au cœur des interrogations figure le titre minier initial, détenu par Axis Minerals, qui a été retiré par l’État guinéen puis réintégré dans le patrimoine public. Dès lors, une question centrale se pose : sur quelle base légale la reprise des activités peut-elle aujourd’hui s’opérer ?

Cette question est d’autant plus sensible que la Guinée est déjà engagée dans un arbitrage international lié à ce retrait de permis, avec des réclamations d’Axis Minerals évaluées à 28,9 milliards de dollars. Toute décision concernant l’exploitation des mêmes périmètres est donc scrutée avec attention, tant par les observateurs que par les partenaires économiques du pays.

Une reprise annoncée dans un climat de tensions persistantes

La relance des opérations intervient dans un contexte déjà tendu entre les différents partenaires du projet. Depuis plusieurs mois, des sources font état de désaccords profonds, de difficultés de gouvernance et de fragilités dans la gestion sociale. Autant de facteurs perçus comme des éléments de vulnérabilité pour la pérennité du projet.

Derrière l’annonce d’un redémarrage se pose ainsi une série de questions fondamentales :
– Comment reprendre une activité minière lorsque le titre qui en constituait le socle juridique n’existe plus ?
– Sur quelle base une autorisation administrative qualifiée de provisoire peut-elle être accordée dans le cadre du Code minier guinéen ?
– Quels bénéfices l’État guinéen et les communautés locales tirent-ils de cette reprise, notamment en matière de transformation locale ?
– Quel impact cette décision peut-elle avoir sur les procédures en cours, notamment devant la CRIEF, et sur les autres contentieux pendants ?

À défaut de réponses claires, le risque est de voir s’installer une pratique exceptionnelle, susceptible de créer un précédent difficile à encadrer dans l’avenir.

Une autorisation provisoire encore peu explicitée

Les articles annonçant la reprise évoquent l’obtention par Ahmed Kanté, administrateur général d’AGB2A-GIC, d’une autorisation délivrée par le ministère des Mines et de la Géologie, permettant la reprise de l’extraction et de l’exportation de la bauxite.

À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a toutefois précisé la base légale, la durée, ni les conditions exactes de cette autorisation. Une clarification officielle serait pourtant de nature à rassurer les travailleurs, les partenaires économiques et les bailleurs internationaux.

La période précédant cette reprise a également été marquée par une mobilisation institutionnelle et médiatique inhabituelle autour du projet. Sans préjuger des intentions des parties prenantes, la concomitance entre cette mobilisation et l’octroi d’une autorisation exceptionnelle alimente des interrogations sur la lisibilité et la cohérence du processus décisionnel.

Des zones d’ombre sur les modalités financières

Selon plusieurs sources concordantes, cette autorisation provisoire aurait été assortie du versement d’un montant très élevé, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, au profit du ministère des Mines et de la Géologie. La nature juridique de cette somme demeure toutefois floue : s’agit-il d’une caution, d’une redevance exceptionnelle, d’un paiement anticipé ou d’un mécanisme prévu par les textes en vigueur ?

L’absence d’information publique détaillée entretient une zone d’incertitude préoccupante, alors même que la traçabilité et la transparence des flux financiers constituent des critères essentiels pour les partenaires et investisseurs du secteur extractif.

Une recomposition des partenariats sous tension

Contrairement à certaines présentations médiatiques, AGB2A-GIC n’a jamais été une filiale d’Axis Minerals, mais un partenaire lié par un contrat d’amodiation. Faute de capacités financières suffisantes pour développer seule le projet, la société a fait appel, dès 2023, à des partenaires industriels étrangers, notamment Sinohydro et Wenfen.

Des accords ont alors été conclus, confiant à ces partenaires l’exécution de travaux en contrepartie de droits d’achat sur la production. Cette architecture contractuelle n’a cependant pas empêché l’émergence de désaccords majeurs entre les parties. La question demeure donc entière : dans quelles conditions cette reprise pourra-t-elle être durablement sécurisée ?

Un test grandeur nature pour le cadre minier guinéen

Au-delà du seul cas d’AGB2A-GIC, la gestion de cette reprise est observée comme un test pour la crédibilité du cadre minier guinéen. Elle pourrait faire jurisprudence pour d’autres projets confrontés, à l’avenir, à des retraits ou suspensions de titres.

Dans un secteur aussi stratégique que les mines, la crédibilité institutionnelle repose autant sur les décisions prises que sur la clarté avec laquelle elles sont expliquées et encadrées. La question n’est pas de savoir si une reprise est souhaitable — elle l’est indéniablement pour l’économie et l’emploi — mais dans quelles conditions elle peut être juridiquement solide, économiquement viable et socialement durable.

Une clarification officielle apparaît aujourd’hui indispensable pour rassurer les partenaires, protéger les intérêts de l’État et préserver la réputation de la Guinée dans un contexte international déjà marqué par de nombreux litiges miniers. Dans le secteur extractif, la transparence reste le socle le plus sûr d’une reprise durable.

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Guinée : Mamadi Doumbouya dépose sa déclaration de patrimoine à la Cour suprême.

Conformément aux exigences constitutionnelles en vigueur, le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a procédé ce jeudi 22 janvier 2026 au dépôt officiel de sa déclaration de patrimoine auprès de la Cour suprême de Guinée.

Dans un geste à forte portée institutionnelle, le Chef de l’État s’est personnellement rendu au siège de la plus haute juridiction du pays afin de s’acquitter de cette obligation légale. Cette démarche intervient cinq jours seulement après son investiture officielle, tenue le 17 janvier 2026, et s’inscrit dans le respect strict des principes de transparence et de responsabilité qui fondent l’exercice de la magistrature suprême.

Une exigence constitutionnelle encadrée par la loi

Le dépôt de la déclaration de patrimoine est prévu par l’article 60 de la Constitution, qui impose au Président de la République de déclarer l’ensemble de ses biens dans un délai maximal de dix jours suivant son entrée en fonction. Cette disposition vise à renforcer la probité dans la gestion des affaires publiques et à prévenir tout enrichissement illicite au sommet de l’État.

En se conformant à cette exigence dès les premiers jours de son mandat, le président Mamadi Doumbouya envoie un signal fort en faveur du respect de l’État de droit et du renforcement de la confiance entre les institutions et les citoyens.

Confidentialité du contenu de la déclaration

À ce stade, aucune information n’a été communiquée sur le contenu de la déclaration déposée. La procédure est en effet couverte par la confidentialité prévue par la loi, la Cour suprême étant seule habilitée à en assurer la conservation et le contrôle, dans les conditions fixées par les textes en vigueur.

Cet acte marque ainsi l’une des premières étapes institutionnelles du nouveau mandat présidentiel, dans un contexte où les attentes sont fortes en matière de gouvernance, de transparence et d’exemplarité au sommet de l’État.

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Guinée : la Transition s’achève, l’heure des choix s’ouvre pour la Cinquième République.

 Ce jeudi 22 janvier 2026, le Premier ministre Amadou Oury Bah a présenté la démission de son gouvernement au président Mamadi Doumbouya. Un acte institutionnel fort, intervenu cinq jours seulement après l’investiture solennelle du chef de l’État, qui marque la fin d’un cycle politique exceptionnel et l’entrée formelle dans l’ère du mandat septennal de la Cinquième République.

Au Palais Mohammed V, l’heure n’est plus à la gestion de l’urgence, mais à la consolidation d’un pouvoir désormais adossé à la légitimité des urnes. Cette séquence, hautement symbolique, ouvre un nouveau chapitre de la vie politique guinéenne, tout en posant une question centrale : assiste-t-on à une simple reconfiguration institutionnelle ou à une véritable refondation de l’exécutif ?

Après la Transition, l’exigence de cohérence politique

Durant la période transitoire, les ministres avaient pour mission principale de stabiliser le pays, conduire des réformes prioritaires et préparer le retour à l’ordre constitutionnel. Ils étaient, pour l’essentiel, des gestionnaires de transition, évoluant dans un cadre d’exception, avec des marges d’action dictées par l’urgence et l’instabilité héritée du passé.

La donne a radicalement changé. Fort d’un plébiscite électoral – 86 % des suffrages en faveur du président Doumbouya – le pouvoir exécutif s’inscrit désormais dans une temporalité longue. Cette nouvelle légitimité démocratique impose une autre exigence : celle de la responsabilité politique, de la vision stratégique et de la redevabilité devant les citoyens.

Un moment de vérité pour le pouvoir exécutif

La formation du prochain gouvernement apparaît ainsi comme un test décisif pour le président Mamadi Doumbouya. Elle devra traduire, dans les faits, la promesse de refondation institutionnelle, de bonne gouvernance et de renouveau de l’action publique.

Au-delà du protocole et des symboles, c’est bien la capacité du nouveau pouvoir à rompre avec les pratiques du passé, à instaurer une gouvernance efficace et à répondre aux attentes sociales et économiques qui déterminera si cette transition vers la Cinquième République marque une simple continuité ou un véritable tournant historique pour la Guinée.

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Union africaine : la Guinée retrouve sa place après le rétablissement de l’ordre constitutionnel.

La République de Guinée a franchi, ce jeudi 22 janvier 2026, une étape majeure de son parcours politique et diplomatique. À l’issue de la 1325ᵉ réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), le président de la Commission de l’organisation, Mahmoud Ali Youssouf, a annoncé que la Guinée remplissait désormais toutes les conditions requises pour réintégrer pleinement l’Union africaine.

Cette décision fait suite à l’adoption d’une nouvelle Constitution et à la tenue d’élections présidentielles, deux étapes déterminantes qui ont permis au pays de renouer avec l’ordre constitutionnel, conformément aux principes et instruments normatifs de l’UA.

Un signal fort de retour à la légalité constitutionnelle

« La Guinée a retrouvé les conditions nécessaires pour réintégrer pleinement l’Union africaine », a déclaré S.E. Mahmoud Ali Youssouf, invitant formellement le Conseil de paix et de sécurité à officialiser la levée de la suspension qui frappait le pays depuis plusieurs années.

La suspension de la Guinée avait été décidée à la suite de troubles politiques et de transitions jugées non conformes aux normes constitutionnelles de l’organisation panafricaine. Sa levée marque aujourd’hui la fin d’une période d’isolement diplomatique et le retour du pays au sein des instances décisionnelles africaines.

Des attentes claires en matière de gouvernance et de démocratie

Présidant la session, Y. Mahmoud Ali a rappelé que cette réintégration devait s’inscrire dans une dynamique durable.
« Il ne s’agit pas seulement de lever une suspension, mais de garantir que la Guinée poursuive son chemin vers une gouvernance transparente, inclusive et respectueuse de l’État de droit », a-t-elle souligné.

L’UA a ainsi insisté sur la nécessité de consolider les acquis démocratiques, de renforcer les institutions républicaines et de promouvoir la cohésion sociale afin de prévenir toute rechute politique.

La Guinée salue l’accompagnement de l’Union africaine

Au nom des autorités guinéennes, Dr Kouyaté a exprimé la gratitude du pays pour le soutien constant de l’UA tout au long du processus de transition. Il a réaffirmé l’engagement de la Guinée à jouer un rôle actif et responsable au sein de l’organisation continentale.

« Sous le leadership du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, la Guinée fait son retour plein et entier au sein de l’Union africaine ce 22 janvier 2026 à Addis-Abéba. Nous revenons dans la maison que nous avons bâtie avec nos frères et sœurs africains dès les premières heures de la lutte pour la décolonisation », a-t-il déclaré.

Un accompagnement renouvelé de l’UA

Le président de la Commission de l’UA a, de son côté, réaffirmé la disponibilité de l’organisation à accompagner la Guinée dans la consolidation de la paix, de la stabilité politique et du développement durable. L’UA entend rester un partenaire clé dans la mise en œuvre de réformes politiques, institutionnelles et sociales, afin de renforcer durablement la gouvernance démocratique.

La fin de l’isolement et un nouveau départ continental

La levée de la suspension, qui doit être formellement entérinée dans les prochains jours par le Conseil de paix et de sécurité, consacre la reconnaissance par la communauté africaine des efforts fournis par la Guinée pour rétablir l’ordre constitutionnel, promouvoir le dialogue national et organiser des élections jugées inclusives.

Ce retour marque un nouveau départ diplomatique et politique pour la Guinée, désormais pleinement réintégrée dans la famille africaine et appelée à contribuer activement aux idéaux de paix, d’unité et de développement du continent.