Réunie en séance plénière extraordinaire à Libreville, sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, l’institution a justifié sa décision par le renforcement du cadre juridique encadrant l’utilisation des réseaux sociaux et par l’établissement d’une coopération avec plusieurs grandes plateformes numériques.
Un nouveau cadre juridique pour encadrer les usages numériques
Lors de l’annonce de la suspension, en février, les autorités gabonaises avaient invoqué la prolifération de contenus jugés diffamatoires, de discours haineux, de cas de cyberharcèlement et de publications susceptibles de menacer la cohésion sociale ou la sécurité des institutions.
La HAC estime désormais que les mesures réglementaires adoptées par le gouvernement permettent de mieux encadrer les échanges en ligne. Elle met notamment en avant trois ordonnances prises le 26 février 2026, portant sur l’utilisation des réseaux sociaux, la modification du Code de la communication et la réorganisation de l’autorité de régulation.
Cette évolution vise à renforcer les mécanismes de traitement des contenus illicites et à adapter la réglementation aux nouveaux enjeux du numérique, notamment ceux liés à la circulation de fausses informations et aux contenus générés par l’intelligence artificielle.
Une coopération renforcée avec les plateformes numériques
La HAC affirme avoir mis en place des protocoles d’échange avec Meta, qui possède notamment Facebook et Instagram, ainsi qu’avec TikTok et YouTube. Selon l’institution, ces mécanismes doivent faciliter le signalement et le traitement des contenus illicites, avec une capacité de régulation plus rapide.
Des délégations de Meta et de TikTok sont également attendues à Libreville afin de poursuivre les discussions sur cette coopération.
Parallèlement, le régulateur appelle les internautes à faire preuve de responsabilité dans leurs échanges et à respecter les droits d’autrui. Les modalités techniques du rétablissement de l’accès aux plateformes n’ont toutefois pas été détaillées dans son communiqué.
Une décision controversée après plusieurs mois de restrictions
La suspension du 17 février avait suscité des critiques de la part de responsables de l’opposition et d’acteurs de la société civile, qui dénonçaient ses conséquences sur la liberté d’expression et l’activité économique. Des utilisateurs avaient notamment eu recours à des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner les restrictions. Le fournisseur Proton avait signalé une hausse spectaculaire des téléchargements de son service au lendemain de l’interdiction.
La levée de la suspension intervient dans un contexte politique marqué par des tensions sociales et des débats sur les libertés publiques depuis l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, élu président en avril 2025 après le coup d’État de 2023.
Si la décision de la HAC rétablit officiellement l’accès aux réseaux sociaux, le dispositif juridique renforcé et la coopération avec les plateformes annoncent une régulation plus étroite des contenus publiés en ligne. L’équilibre entre la lutte contre les abus numériques et la protection de la liberté d’expression demeure ainsi au cœur des enjeux.

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