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Santé : un projet de centre de thérapie par cellules souches de 10 millions de dollars annoncé à Dakar.

Le Sénégal pourrait franchir une nouvelle étape dans le développement de son offre de soins spécialisés. La société égyptienne Safe Call Bank envisage d’investir 10 millions de dollars dans la construction d’un centre thérapeutique consacré aux cellules souches à Dakar. Le projet a été présenté, dimanche 4 octobre 2026, au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, lors de son séjour à El-Alamein, en Égypte.

La proposition a été exposée par le Dr Hisham Issa, directeur général de l’entreprise égyptienne. Selon les informations communiquées, Safe Call Bank prévoit de financer la réalisation de cette infrastructure sur fonds propres. Aucun calendrier précis de construction ou de mise en service n’a toutefois été annoncé.

Dakar ciblée pour accueillir des patients de la sous-région

Le futur établissement devrait accueillir des patients sénégalais, mais également des personnes venant d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. À travers cette initiative, les promoteurs entendent rapprocher les soins spécialisés des populations de la région et réduire la nécessité pour certains patients de se rendre à l’étranger pour bénéficier de traitements spécifiques.

Si le projet se concrétise, il pourrait contribuer à diversifier l’offre médicale disponible au Sénégal et à renforcer l’attractivité de Dakar dans le domaine des soins spécialisés. Il s’inscrit également dans une dynamique de coopération économique entre le Sénégal et l’Égypte, qui explorent plusieurs possibilités de partenariat dans différents secteurs.

Les enjeux médicaux des thérapies par cellules souches

Les cellules souches suscitent un intérêt important dans la recherche biomédicale en raison de leur capacité à se différencier en plusieurs types de cellules. Certaines applications médicales sont déjà établies, tandis que d’autres font encore l’objet de recherches et d’essais cliniques.

Leur utilisation dépend notamment de la pathologie concernée, du type de cellules employé et des données scientifiques disponibles. Toutes les thérapies présentées comme fondées sur les cellules souches ne disposent donc pas du même niveau de validation médicale. La mise en place d’un centre spécialisé devra s’accompagner d’exigences rigoureuses en matière d’autorisation, de sécurité des traitements, de qualification des équipes et de suivi des patients.

À ce stade, les informations rendues publiques ne précisent pas les maladies qui seront prises en charge dans le futur établissement, les traitements qui y seront proposés ni les modalités de contrôle médical et réglementaire prévues.

Un projet au service des ambitions sanitaires du Sénégal

Au-delà de son volet médical, cet investissement annoncé s’inscrit dans l’ambition de positionner le Sénégal comme un pôle régional de santé capable d’attirer des capitaux privés, des technologies et des compétences spécialisées.

L’implantation d’infrastructures de pointe pourrait contribuer au renforcement des capacités nationales et à une meilleure prise en charge des patients dans la sous-région. Ses retombées dépendront toutefois de la concrétisation du projet, de son accessibilité financière et de la qualité des services proposés.

Pour le Sénégal, l’enjeu sera ainsi de transformer cette annonce d’investissement en une infrastructure opérationnelle, répondant aux normes médicales en vigueur et aux besoins réels des populations.

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Le gouvernement guinéen instaure un nouveau cadre strict pour l’exportation de l’or raffiné.

Le gouvernement de la République de Guinée vient de franchir une étape clé dans la structuration de sa filière aurifère. Par un décret rendu public le vendredi 2 octobre 2026 sur les antennes de la télévision nationale, les autorités ont formalisé une nouvelle procédure encadrant rigoureusement l’exportation de l’or et de ses métaux associés. Proposée par le ministre des Mines et de la Géologie, cette réforme place l’Office guinéen d’expertise de l’or, des diamants et autres matières précieuses (OGE) au centre du circuit de validation, tout en imposant une obligation de transformation locale avant toute sortie du territoire.
Le raffinage local comme condition obligatoire
Désormais, aucune demande d’exportation n’est recevable si l’or et les métaux connexes n’ont pas été préalablement traités au sein d’une raffinerie agréée et établie en Guinée. Les opérateurs économiques doivent adresser un dossier écrit complet à l’OGE comprenant :
  • Le certificat de raffinage ou d’affinage ainsi que le poids exact de la marchandise.
  • Les rapports d’analyse et de tirage (avant et après traitement).
  • Les justificatifs de régularité fiscale (certificat d’immatriculation et quitus fiscal à jour).
  • Les preuves de l’origine licite des matières précieuses.
  • Les détails logistiques du transport (date, heure, compagnie aérienne, numéro de vol et destination).
Un contrôle interinstitutionnel renforcé
Une fois le dossier validé par l’OGE, une procédure de sécurisation et de certification s’enclenche en coordination avec la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) et la Direction générale des douanes (DGD).
Les étapes de sécurisation à la raffinerie se déroulent comme suit :
  1. Pesage, emballage et scellage sur site en présence du propriétaire, des Douanes, de la BCRG et de la brigade antifraude.
  2. Escorte sécurisée vers l’aéroport ou stockage provisoire dans les caveaux de la raffinerie.
  3. Exportation finale dans un délai maximum de 15 jours calendaires.
Fiscalité et traçabilité accrue
Le texte rappelle que le règlement de l’ensemble des taxes est un prérequis absolu à l’exportation. La taxe sur la production industrielle ou semi-industrielle est calculée après titrage en se basant sur le fixing de l’après-midi de Londres. En cas de litige ou d’écart constaté lors des contrôles, l’exportateur bénéficie d’un délai de 72 heures pour régulariser sa situation financière.
Par ailleurs, les raffineries ont l’obligation de transmettre des rapports détaillés (quantités, origine, pureté obtenue, pertes techniques) à l’OGE, à la BCRG, aux Douanes et au Laboratoire national de la géologie pour garantir une transparence totale du secteur. Le convoyage et la logistique de sécurisation seront quant à eux encadrés par un arrêté conjoint fixant la répartition des frais entre les différents services étatiques et les sociétés de sécurité partenaires.
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CHEIKH HAMIDOU KANE : UNE GRANDE VOIX DES LETTRES AFRICAINES S’EST ÉTEINTE

Cheikh Hamidou Kane, écrivain majeur de la littérature africaine francophone et ancien haut responsable de l’État sénégalais, est décédé ce 4 octobre 2026, à l’âge de 98 ans, a-t-on appris. Avec sa disparition s’éteint une figure intellectuelle dont le parcours aura été marqué à la fois par le service de l’État, la réflexion sur les sociétés africaines et le rayonnement des lettres du continent.

La levée du corps est prévue ce dimanche à 16 heures à l’hôpital de Fann, à Dakar. L’inhumation est annoncée au cimetière de Yoff.

Né le 2 avril 1928 à Matam, Cheikh Hamidou Kane a grandi au croisement de deux univers culturels. Il fréquente d’abord l’école coranique avant de rejoindre, vers l’âge de dix ans, l’école française. Cette double formation, islamique et occidentale, constituera par la suite l’un des fondements de sa pensée et de son œuvre littéraire.

Son parcours académique le conduit au Sénégal puis en France. À la Sorbonne, il obtient des licences en droit, en lettres et en philosophie, avant d’intégrer l’École nationale de la France d’Outre-mer, dont il sort diplômé en 1956.

Un haut serviteur de l’État

De retour au Sénégal en 1959, à la veille de l’indépendance, Cheikh Hamidou Kane s’engage dans la construction de l’État naissant. Il exerce plusieurs responsabilités administratives et gouvernementales, parmi lesquelles celles de gouverneur de la région de Thiès et de commissaire au Plan auprès du président du Conseil, Mamadou Dia.

Il occupe également des fonctions ministérielles, notamment au ministère du Plan et de la Coopération ainsi qu’au ministère du Développement industriel et de l’Artisanat. Son parcours professionnel s’étend par ailleurs au-delà du Sénégal. Il travaille notamment pour l’UNICEF à Lagos et à Abidjan.

Mais c’est surtout par la littérature que son nom s’est durablement inscrit dans l’histoire intellectuelle de l’Afrique.

« L’Aventure ambiguë », un roman devenu classique

Commencé en 1952 et publié en 1961, « L’Aventure ambiguë » connaît un retentissement considérable. Le roman reçoit en 1962 le Grand Prix littéraire d’Afrique noire et devient rapidement une œuvre majeure de la littérature africaine de langue française.

En partie autobiographique, le livre raconte le parcours de Samba Diallo, jeune élève d’une école coranique envoyé en France pour y poursuivre des études de philosophie. À travers son itinéraire, Cheikh Hamidou Kane met en scène la confrontation entre les valeurs héritées de la tradition africaine et islamique et celles de la civilisation occidentale.

L’œuvre dépasse cependant le seul cadre du conflit culturel né de la colonisation. Elle interroge plus largement la quête d’identité, le rapport au savoir et le déchirement intérieur de l’individu confronté à des univers de pensée différents.

La destinée de Samba Diallo, partagé entre deux héritages et deux conceptions du monde, a ainsi donné au roman une portée universelle. « L’Aventure ambiguë » sera traduite dans plusieurs langues et deviendra une œuvre étudiée dans les collèges, les lycées et les universités au Sénégal, en Afrique et au-delà du continent.

Un long silence avant « Les Gardiens du temple »

Après le succès de son premier roman, Cheikh Hamidou Kane observe un long silence littéraire. Près de trois décennies passent avant la publication, en 1995, de « Les Gardiens du temple », aux éditions Stock.

Dans ce second roman, l’écrivain poursuit sa réflexion sur les sociétés africaines confrontées aux mutations de l’époque postcoloniale. Il y explore notamment la tension entre la préservation des traditions, l’affirmation de soi et les influences venues de l’Occident.

Deux romans seulement auront suffi à installer durablement Cheikh Hamidou Kane dans le patrimoine littéraire africain. En 2019, le Grand Prix des Mécènes vient couronner l’ensemble de son œuvre.

Un héritage intellectuel durable

Au-delà de ses fonctions administratives et politiques, Cheikh Hamidou Kane laisse l’image d’un intellectuel attaché à la transmission et au dialogue entre les cultures. Son œuvre, particulièrement « L’Aventure ambiguë », continue de nourrir les réflexions sur l’identité, l’éducation, la modernité et la rencontre des civilisations.

La postérité de l’écrivain se lit également dans les institutions qui portent désormais son nom. Depuis janvier 2023, l’Université virtuelle du Sénégal (UVS) est officiellement devenue l’Université numérique Cheikh Hamidou KANE (UN-CHK), à la suite d’un décret présidentiel pris sous la présidence de Macky Sall.

À 98 ans, Cheikh Hamidou Kane s’en va ainsi après une vie consacrée à la pensée, à la littérature et au service public. Il laisse une œuvre relativement brève par son volume, mais considérable par son influence.

Avec « L’Aventure ambiguë », il avait posé une question qui demeure d’une profonde actualité : que reste-t-il de soi lorsque l’on apprend à connaître et à comprendre le monde des autres ? Une interrogation qui explique, sans doute, pourquoi son œuvre continue de parler à plusieurs générations de lecteurs.

Source : RTS 

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Indépendance de la Guinée : les premières délégations étrangères sont arrivées à Conakry.

À quelques heures de la célébration du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, Conakry a accueilli progressivement les premières délégations officielles venues de plusieurs pays voisins. Cette présence étrangère confère une dimension sous-régionale aux festivités de ce vendredi 2 octobre 2026.

Parmi les premières personnalités de haut rang à rejoindre la capitale guinéenne figure le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Arrivé jeudi en début de soirée à bord d’un vol spécial, il représente le président Bassirou Diomaye Faye aux cérémonies officielles. Il a été accueilli à l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré par son homologue guinéen, Amadou Oury Bah.

Le chef du gouvernement sénégalais a été précédé à Conakry par le vice-président de la Sierra Leone, Dr Mohamed Juldeh Jalloh, ainsi que par Samuel A. Stevquoah, ministre d’État chargé des Affaires présidentielles du Liberia. Leur présence témoigne de la participation de plusieurs États voisins aux célébrations guinéennes.

Cette 68ᵉ commémoration est organisée autour du thème : « S’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir : Notre jeunesse ». Les autorités guinéennes ont retenu ce fil conducteur pour mettre l’accent sur la place de la jeunesse dans les perspectives de développement et de construction nationale.

Les festivités s’inscrivent dans le prolongement de la Semaine de la fête nationale, lancée le 25 septembre 2026. Plusieurs activités ont été organisées à travers le pays avant le rendez-vous officiel du 2 octobre.

La célébration doit également être marquée par le retour du grand défilé à Conakry. Des délégations venues de différentes régions du pays ont été mobilisées pour prendre part aux cérémonies nationales.

Alors que les premières personnalités étrangères sont déjà présentes dans la capitale, d’autres délégations sont attendues dans les prochaines heures. Leur arrivée devrait se poursuivre jusqu’au début des cérémonies officielles.

 

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68ᵉ anniversaire de l’indépendance : Mamadi Doumbouya met la souveraineté et la jeunesse au cœur de son adresse à la nation.

À la veille de la célébration du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le président Mamadi Doumbouya s’est adressé à la nation, jeudi 1er octobre 2026. Son discours a porté sur plusieurs priorités, parmi lesquelles la souveraineté nationale, le développement économique, la jeunesse et la cohésion nationale.

Simandou 2040 présenté comme un levier de souveraineté économique

Le programme Simandou 2040 a occupé une place importante dans l’intervention présidentielle. Mamadi Doumbouya l’a présenté non seulement comme un projet lié à l’exploitation minière, mais comme un programme de transformation économique et sociale.

Selon le chef de l’État, l’exploitation des ressources du Simandou doit s’accompagner du développement d’infrastructures et d’investissements dans les secteurs sociaux et dans la formation. Il a notamment cité la construction d’écoles, d’hôpitaux, de routes et d’industries, ainsi que la formation d’ingénieurs, de techniciens et d’entrepreneurs à travers l’initiative Simandou Academy.

Le président a ainsi associé la valorisation des ressources minières au développement du capital humain, en insistant sur la nécessité que les richesses extraites du sous-sol contribuent à créer des perspectives durables pour les générations futures.

La défense du territoire réaffirmée

La question de la souveraineté nationale a également occupé une place centrale dans l’adresse présidentielle. Mamadi Doumbouya a renouvelé son engagement à défendre l’intégrité territoriale de la Guinée et à préserver les ressources appartenant à l’État.

Il a notamment déclaré qu’il continuerait à défendre « chaque mètre carré » du territoire national et a affirmé qu’il ne céderait rien de ce qui appartient au peuple guinéen.

Cette position s’inscrit dans le fil conducteur de son discours, consacré à l’indépendance, à la souveraineté et à la capacité de la Guinée à maîtriser ses ressources et ses choix de développement.

La jeunesse présentée comme une richesse nationale

Autre axe majeur de l’adresse : la place accordée à la jeunesse. Le président a présenté l’intelligence, l’énergie et la volonté des jeunes comme des ressources essentielles pour l’avenir du pays.

S’adressant directement à cette frange de la population, il a reconnu les difficultés et les incertitudes auxquelles certains jeunes sont confrontés, notamment ceux qui choisissent la migration au péril de leur vie. Il les a invités à envisager leur avenir en Guinée et à participer au développement national.

Le chef de l’État a également appelé les jeunes à privilégier le travail, l’excellence, l’ordre et la discipline, estimant que la construction du pays nécessite leur engagement et leurs compétences.

Cette place accordée à la jeunesse correspond au thème retenu pour la célébration du 68ᵉ anniversaire : « S’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir : notre jeunesse ».

L’unité nationale mise en avant

Le président a également consacré une partie de son discours à la cohésion nationale. Il a appelé les Guinéens à construire une République sans distinction liée à l’origine, à la région, aux opinions ou aux convictions.

« La République de Guinée n’appartient à aucun clan ; elle appartient à tous les Guinéens », a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, Mamadi Doumbouya a insisté sur l’importance du vivre-ensemble, de la paix et de la solidarité, qu’il présente comme des conditions nécessaires à la consolidation de la nation.

Travail, justice et solidarité

Dans la dernière partie de son adresse, le chef de l’État a également appelé les citoyens à s’appuyer sur la devise nationale : « Travail, Justice, Solidarité ».

Il a présenté le travail comme une condition du développement, la justice comme une base de la paix et la solidarité comme un principe nécessaire à l’inclusion.

À travers cette adresse à la veille du 2 octobre, Mamadi Doumbouya a donc articulé la commémoration de l’indépendance autour de plusieurs thèmes : la défense de la souveraineté, la transformation des ressources minières, la formation de la jeunesse et le renforcement de l’unité nationale.

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CAN 2032 et 2036 : la Guinée officialise sa candidature

La Guinée a officiellement franchi une nouvelle étape dans son ambition d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Le Premier ministre Amadou Oury Bah a signé, jeudi 20 août 2026 à Conakry, la demande de candidature du pays pour l’organisation des éditions 2032 et 2036 de la compétition.

La signature est intervenue à l’issue d’une réunion de travail réunissant plusieurs membres du gouvernement et les acteurs impliqués dans la préparation du dossier. Selon la Primature, cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités de positionner la Guinée parmi les pays capables d’accueillir de grands événements sportifs internationaux.

Un dossier préparé en amont

Le ministre des Sports, Mamadou Cellou Baldé, a indiqué qu’un travail préparatoire avait été mené avant l’officialisation de la candidature. Selon lui, les différentes exigences liées à l’organisation d’une CAN ont été examinées afin de constituer un dossier répondant aux critères de la Confédération africaine de football (CAF).

La candidature guinéenne doit désormais être transmise à la CAF par l’intermédiaire de la Fédération guinéenne de football. Le processus prévoit une évaluation des différents dossiers déposés avant la désignation des pays hôtes.

La CAF ouvre la course aux éditions 2028, 2032 et 2036

La démarche guinéenne intervient dans le cadre de l’appel à candidatures lancé par la CAF le 3 juillet 2026. L’instance africaine avait invité les 54 associations membres à soumettre leurs dossiers pour l’organisation des éditions 2028, 2032 et 2036.

La CAF précise avoir établi un cadre de candidature destiné à assurer une évaluation transparente et crédible des différents projets. Celui-ci porte notamment sur les dimensions techniques, financières et juridiques liées à l’organisation de la compétition.

L’édition 2027 est, pour sa part, déjà attribuée au Kenya, à la Tanzanie et à l’Ouganda, qui accueilleront conjointement la compétition du 19 juin au 17 juillet 2027.

Une candidature aux enjeux économiques et infrastructurels

Pour les autorités guinéennes, l’enjeu dépasse l’organisation des rencontres sportives. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a souligné les retombées potentielles d’une CAN sur l’image et le rayonnement du pays, mais également sur plusieurs secteurs économiques.

Le gouvernement met notamment en avant les perspectives de développement des infrastructures, du tourisme, des investissements et des activités économiques liées à l’accueil d’une compétition internationale.

Une telle candidature implique toutefois de disposer d’infrastructures répondant aux exigences de la CAF, aussi bien pour les stades que pour les terrains d’entraînement, l’hébergement, les transports, la sécurité, les installations médicales et les dispositifs technologiques.

La mise à niveau des infrastructures au cœur du dossier

La candidature intervient alors que la Guinée poursuit ses efforts de modernisation de ses infrastructures sportives. La question des enceintes capables d’accueillir des rencontres internationales constitue notamment un élément important de la préparation du pays.

Les autorités devront ainsi démontrer leur capacité à mettre à disposition des infrastructures adaptées aux standards de la CAF et à as

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Secteur spatial : Le Sénégal mise sur la coopération africaine et la maîtrise technologique post-GAINDESAT-1A.

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa stratégie spatiale en transformant le succès du satellite GAINDESAT-1A, lancé il y a deux ans, en un levier de coopération continentale. Lors de l’Africa Space Expo 2026, le professeur Gayane Faye, coordonnateur de la SENSAT, a réaffirmé l’ambition de Dakar de structurer un écosystème spatial africain intégré, notamment à travers un partage d’expérience avec la Côte d’Ivoire, qui a officialisé la création de son Agence spatiale en 2025.
Au-delà de l’orbite : bâtir une chaîne de valeur nationale
L’objectif initial du programme sénégalais dépasse la simple présence dans l’espace. GAINDESAT-1A a été conçu comme un catalyseur pour le développement des compétences locales et la création d’une chaîne de valeur nationale complète. Le programme repose sur quatre axes majeurs :
  • Le transfert de compétences technologiques dans la fabrication de satellites.
  • Le déploiement d’infrastructures terrestres de réception de données.
  • L’expérimentation de collectes de données en conditions réelles.
  • La démonstration de l’autonomie opérationnelle du pays.
Aujourd’hui, l’exploitation de ces données s’avère stratégique pour la gestion environnementale, notamment le suivi des ressources hydriques, de la couverture forestière et des indicateurs climatiques. Les récentes phases de test de transmission de données vers Dakar se sont révélées concluantes.
Une feuille de route ambitieuse et commerciale
Pour soutenir cette dynamique, la SENSAT a engagé la construction d’un deuxième satellite. Ce nouvel équipement permettra d’étendre le réseau des stations de collecte au niveau régional, ouvrant ainsi des perspectives de commercialisation de services d’observation aux pays tiers. À plus long terme, la feuille de route prévoit la fabrication intégrale de deux autres satellites par des ingénieurs sénégalais, marquant la transition définitive d’une phase d’apprentissage vers une maîtrise technologique totale.
La Côte d’Ivoire et le Sénégal : une synergie stratégique
Cette trajectoire sert désormais de modèle pour la Côte d’Ivoire. Sous la direction de Tidiane Ouattara, l’Agence spatiale ivoirienne privilégie actuellement la mise en place d’un cadre juridique et d’une gouvernance solide avant le déploiement de ses propres outils. S’appuyant sur l’expérience acquise par le Sénégal auprès du Centre spatial universitaire de Montpellier, la SENSAT prône une logique de mutualisation plutôt que de compétition, visant à accélérer la montée en compétences à l’échelle régionale et à éviter la duplication des erreurs passées.
Du spatial au géospatial : l’intégration de l’intelligence artificielle
La concrétisation de cette vision s’est manifestée lors de l’événement ASPEX 2026, où la délégation sénégalaise a exposé le projet de constellation d’observation de la Terre NINKI-NANKA ainsi que le prototype de fusée FUSEX MALAAW. Au-delà des présentations techniques, la signature d’un accord de partenariat avec une start-up ivoirienne spécialisée dans le géospatial et l’intelligence artificielle illustre la volonté de Dakar de dépasser le seul cadre industriel pour bâtir un écosystème d’applications commerciales et de services à haute valeur ajoutée.
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ONU – BURKINA FASO : Guterres souligne l’importance des priorités nationales.

En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU et le chef de la diplomatie burkinabè ont tenu une séance de travail stratégique. Au cœur des échanges : la sécurité au Sahel, le financement climatique et la sous-représentation chronique de l’Afrique dans les instances décisionnelles internationales.
L’agenda diplomatique de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a été marqué par une rencontre bilatérale de haut niveau entre le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le ministre burkinabè des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré. Cette audience, qui s’est tenue le 28 septembre au siège de l’organisation à New York, a permis de passer au crible les grands axes du partenariat entre l’ONU et le Burkina Faso, dans un contexte régional en pleine mutation.

Un partenariat onusien inféodé aux priorités de Ouagadougou

Selon le compte rendu officiel transmis par la diplomatie burkinabè, Antonio Guterres a formellement réaffirmé la doctrine d’intervention des Nations Unies à Ouagadougou. Le Secrétaire général a souligné que le programme d’action de l’ONU au Burkina Faso est strictement aligné sur les priorités souveraines définies par les autorités nationales de transition. Cette clarification intervient alors que le pays fait face à des défis humanitaires et sécuritaires complexes, exigeant une coordination sans faille entre les agences onusiennes sur le terrain et l’exécutif burkinabè.
Le ministre Traoré a, pour sa part, salué l’engagement opérationnel de l’ONU sur le territoire national. Il a profité de cette tribune pour adresser ses « vives et sincères félicitations » à Antonio Guterres, saluant l’héritage politique et institutionnel qu’il s’apprête à léguer au terme de son mandat de dix ans à la tête de l’organisation mondiale.

Le réquisitoire de Guterres contre l’asymétrie financière et politique mondiale

L’entretien a également pris une dimension continentale, les deux hommes ayant longuement statué sur la place de l’Afrique dans l’architecture multilatérale de demain. Antonio Guterres s’est montré particulièrement incisif sur la nécessité de corriger les injustices historiques qui frappent le continent :
  • Réforme du Conseil de sécurité : Le patron de l’ONU a de nouveau dénoncé la sous-représentation flagrante de l’Afrique au sein de l’organe décisionnel suprême des Nations Unies, appelant à une refonte de sa composition.
  • Gouvernance économique : Guterres a exigé une restructuration des instances dirigeantes des institutions de Bretton Woods (Fonds monétaire international et Banque mondiale) pour donner une voix équitable aux économies africaines.
  • Étranglement financier : Le Secrétaire général a pointé du doigt l’insoutenabilité de la dette publique qui asphyxie le développement africain, couplée à l’insuffisance chronique des financements internationaux dédiés à l’adaptation au changement climatique.

Sahel : Ouagadougou fustige l’instrumentalisation de la crise sécuritaire

Le volet le plus politique de la rencontre a porté sur la situation géopolitique au Sahel. Face à Antonio Guterres, Karamoko Jean Marie Traoré a opposé une fin de non-recevoir aux analyses occidentales de la crise, dénonçant avec vigueur des discours « tronqués » et déconnectés des réalités du terrain.
Le chef de la diplomatie burkinabè a vigoureusement défendu l’approche de la Confédération des États du Sahel (AES), l’alliance stratégique qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Selon lui, les pays membres de l’AES ont réussi à poser un diagnostic endogène et précis de leurs difficultés sécuritaires. Le ministre Traoré est allé plus loin en affirmant que la crise sécuritaire sahélienne était désormais délibérément convertie en « un instrument de politique étrangère pour certains États » tiers, visant à déstabiliser la région ou à y maintenir des sphères d’influence.
Cette rencontre de haut niveau réaffirme la volonté du Burkina Faso de maintenir des canaux diplomatiques constructifs avec le sommet des Nations Unies, tout en réitérant sa ligne de conduite souverainiste et sa rupture avec les grilles de lecture géopolitiques traditionnelles.
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Samory Touré et Bocar Biro : Conakry demande à Paris un calendrier pour les restitutions.

La Guinée veut donner un nouvel élan à ses démarches de restitution auprès de la France. Au Musée national, où s’est tenu mardi 29 septembre un panel consacré au « retour des ancêtres : mémoire, dignité, transmission », les autorités et les chercheurs ont fait le point sur deux dossiers officiellement transmis à Paris en juillet 2026 : le retour des biens liés à l’Almamy Samory Touré et celui des restes humains de l’Almamy Bocar Biro et de ses compagnons. Alors que la France indique que les deux requêtes sont en cours d’instruction, Conakry réclame désormais davantage de visibilité sur leur calendrier, tout en poursuivant un important travail scientifique destiné à documenter les provenances, les conditions de départ et les cadres juridiques susceptibles d’encadrer ces restitutions.

La rencontre, organisée à l’occasion du 68e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, a été largement consacrée à un dossier désormais au cœur de la politique patrimoniale du pays : les demandes officielles de restitution adressées à la France concernant les biens de l’Almamy Samory Touré, ainsi que les restes humains de l’Almamy Bocar Biro et de ses compagnons.

« Si les murs de ce Musée national pouvaient parler, ils nous diraient sûrement que l’histoire ne s’efface pas. Elle patiente », a déclaré à l’ouverture des travaux le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla.

Deux demandes officiellement adressées à la France

Pour les autorités guinéennes, l’enjeu dépasse la seule restitution matérielle de biens ou de restes humains. Il touche à la mémoire collective, à la dignité et à la manière dont la Guinée entend renouer avec une partie de son histoire. « Nous sommes réunis aujourd’hui pour aborder l’un des chantiers mémoriels les plus cruciaux de notre République : le retour de nos ancêtres et le retour de nos biens culturels », a souligné le ministre.

Les deux demandes ont été officiellement formulées auprès des autorités françaises en juillet 2026. La première porte sur les objets et biens associés à l’Almamy Samory Touré. La seconde concerne les restes humains de l’Almamy Bocar Biro et de ses compagnons, tués à Porédaka.

Conakry souhaite désormais obtenir davantage de visibilité sur le calendrier de traitement de ces dossiers. Moussa Moïse Sylla a ainsi plaidé pour « l’établissement d’un calendrier clair et précis pour l’aboutissement de ces deux demandes de restitution ».

Le ministre a néanmoins insisté sur la volonté de la Guinée de privilégier le dialogue avec la France. « La République de Guinée n’inscrit pas cette demande dans une dynamique de rancœur, ni dans des querelles belliqueuses héritées de la période coloniale. Nous nous inscrivons résolument dans une dynamique de co-construction, de justice historique et de réhabilitation respectueuse de nos ancêtres », a-t-il affirmé.

En parallèle du processus diplomatique, le CIRD mène un travail de recherche destiné à documenter l’histoire et le parcours des objets et des restes humains concernés. Pour sa directrice, Safiatou Diallo, une restitution ne peut être envisagée sans un travail scientifique approfondi sur la provenance des pièces, les dates, les circonstances de leur départ et leurs lieux actuels de conservation.

Deux comités ont ainsi été constitués, l’un consacré à Samory Touré et l’autre à Bocar Biro. Ils réunissent historiens, chercheurs et spécialistes afin de documenter les dossiers et d’examiner notamment les différents cadres juridiques susceptibles de permettre leur restitution.

Les membres de ces comités se réunissent chaque semaine et poursuivent leurs recherches sur les itinéraires des objets et des restes humains concernés. « Nous avons voulu que ces comités travaillent avec une grande rigueur scientifique, quelles que soient les évolutions politiques ou diplomatiques », a expliqué Safiatou Diallo, évoquant un « vœu de vérité », expression empruntée au philosophe Jacques Derrida.

Le dossier Bocar Biro connaît également des avancées. La directrice du CIRD a annoncé que son institution transmettrait prochainement au ministère des recommandations formelles concernant la restitution des restes humains de l’Almamy et de ses compagnons. « C’est avant tout une démarche d’équité et de justice historique », a-t-elle déclaré.

Ces travaux s’inscrivent dans un programme plus large : le Programme national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine culturel de Guinée, lancé en juillet dernier.

Le programme repose sur six axes majeurs : renforcer les compétences nationales, inventorier et documenter le patrimoine à travers les différentes régions du pays, numériser les collections et les archives, travailler sur la restitution des biens culturels et des restes humains, favoriser la transmission et la valorisation du patrimoine et renforcer les démarches d’inscription de sites et de biens guinéens sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le volet consacré à la formation prévoit notamment le développement de nouvelles compétences dans le domaine de la conservation. Le CIRD a ainsi contribué à la création d’un master consacré à la gestion et à la conservation du patrimoine avec l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, avec l’appui du ministère de la Culture.

La numérisation doit également couvrir un large éventail de supports : manuscrits, objets de musée, photographies, archives sonores et traditions orales.

Le CIRD ambitionne par ailleurs de développer des outils de transmission dans les langues nationales, à travers des supports pédagogiques, des expositions, des applications éducatives et, à terme, des solutions faisant appel à l’intelligence artificielle.

L’objectif est également de renforcer la préparation des dossiers guinéens destinés à l’UNESCO, notamment en enrichissant la liste indicative nationale.

Pour Safiatou Diallo, la politique patrimoniale ne doit toutefois pas se limiter à la question des objets conservés à l’étranger. « Il faut être fier d’avoir hérité de tout ce que le passé avait de meilleur et de noble », rappelle-t-elle, en citant l’historien Joseph Ki-Zerbo.

Paris confirme l’examen des deux dossiers

Présent à Conakry, Jean-Luc Martinez, ambassadeur chargé de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine, a apporté le point de vue français sur les demandes formulées par la Guinée.

Il a confirmé que les deux requêtes officiellement transmises en juillet 2026 sont actuellement en cours d’instruction. Il a également insisté sur l’importance du travail scientifique préalable. « La création de ce comité et le développement de ces études témoignent du sérieux de la démarche. Celle-ci n’est pas seulement politique : elle se fonde avant tout sur la rigueur scientifique », a-t-il déclaré.

« Il faut savoir confier ces questions aux spécialistes », a-t-il ajouté.

Jean-Luc Martinez a par ailleurs souligné la particularité du dossier guinéen au regard de l’évolution récente du droit français. Il a rappelé l’existence de la loi de 2023 relative à la restitution des restes humains et celle du 9 mai 2026 concernant les biens culturels.
Selon lui, « la Guinée pourrait devenir, d’ici quelques mois, le premier pays à bénéficier simultanément de ces deux cadres législatifs ».
Le représentant français a également salué les efforts engagés par les institutions guinéennes pour mieux connaître, documenter et conserver le patrimoine national, notamment à travers les recherches de provenance et les projets de valorisation numérique.

Il a assuré qu’il repartirait à Paris avec le message porté par les autorités et les chercheurs guinéens.

Reconstruire une mémoire nationale

Le panel a également permis de mettre en lumière d’autres initiatives consacrées à la mémoire et au patrimoine national. Parmi elles figurent notamment le projet de Musée du Livre, porté avec Sansy Kaba Diakité, ainsi que la transformation envisagée du mausolée de Camayenne en Panthéon national.

Ces projets s’inscrivent dans une ambition plus large : documenter, conserver et transmettre l’histoire de la Guinée, au-delà des collections actuellement conservées à l’étranger.

Pour le ministre de la Culture, le retour des biens et des restes humains possède ainsi une dimension à la fois patrimoniale, historique et symbolique. « Faisons en sorte, ensemble, que l’Almamy Samory Touré, l’Almamy Bocar Biro et leurs compagnons retrouvent le chemin de leur maison, non plus comme des captifs de l’histoire, mais comme les gardiens éternels de notre souveraineté », a-t-il conclu.

À ce stade, les deux demandes restent en cours d’instruction du côté français. En Guinée, les équipes scientifiques poursuivent parallèlement leur travail de documentation.

La prochaine étape reposera donc sur un double processus, scientifique et diplomatique : établir les faits, consolider les dossiers et poursuivre les démarches susceptibles d’aboutir à la restitution des biens et des restes humains réclamés par Conakry.

Source : Guinée360.

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Ouagadougou franchit un cap historique : RAFFINOR-BF, la première raffinerie d’or du pays est inaugurée.

Ouagadougou franchit un cap historique : la première raffinerie d’or du pays est inaugurée
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique de transformation locale de l’or. Le président Ibrahim Traoré a inauguré, ce lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou, RAFFINOR-BF, la première raffinerie d’or du pays. L’investissement, estimé à 11 milliards de FCFA, soit environ 18 millions de dollars, doit permettre au pays de mieux valoriser ses ressources en retenant la valeur ajoutée sur son propre sol.
Longtemps cantonné au rôle d’exportateur de métal brut, le Burkina Faso s’offre désormais les moyens de sa souveraineté minière. Érigée sur une superficie de cinq hectares au cœur du quartier de Ouaga 2000, l’usine RAFFINOR-BF concrétise la volonté des autorités de la Transition de rompre avec l’ancien modèle d’exploitation. « L’or des Burkinabè doit briller pour les Burkinabè », a martelé le chef de l’État lors de la coupure du ruban symbolique, marquant le lancement officiel des activités de ce complexe industriel de pointe.

Une capacité de production d’envergure industrielle

Portée par la Société nationale des substances précieuses (SONASP) en partenariat avec des investisseurs privés nationaux, la nouvelle infrastructure affiche des ambitions techniques particulièrement élevées.
Dans sa première phase d’exploitation, l’usine est calibrée pour traiter entre 164 et 167 tonnes d’or par an, soit un rythme de traitement quotidien d’environ 400 kilogrammes de matière brute. À terme, la phase 2 devrait propulser cette capacité jusqu’à 515 tonnes annuelles. L’usine dispose de technologies de dernière génération capables de raffiner le métal jaune à un taux de pureté maximal de 99,99 %, correspondant aux standards internationaux de l’or fin 24 carats.

Contrôle, traçabilité et lutte contre les flux illicites

Au-delà de l’impact purement comptable sur le produit intérieur brut (PIB), cette usine répond à un enjeu sécuritaire et de gouvernance majeur. En centralisant l’affinage à Ouagadougou, l’État burkinabè entend reprendre la main sur la traçabilité de sa production. L’objectif affiché est de couper l’herbe sous le pied des réseaux de contrebande qui alimentent le marché clandestin et privent le Trésor public de recettes fiscales cruciales.
La certification locale des lingots permettra ainsi d’intégrer le secteur artisanal et semi-mécanisé dans un circuit formel, transparent et plus facilement contrôlable par la direction des mines.

Le défi logistique de l’approvisionnement

Si l’inauguration de RAFFINOR-BF est saluée comme une victoire politique et économique par les observateurs, le plus dur reste à faire : alimenter l’usine de manière régulière. Le secteur minier burkinabè opère dans un contexte sécuritaire complexe qui pèse sur l’exploitation de certains gisements. Les autorités devront rapidement harmoniser les circuits de collecte des comptoirs privés et des mines industrielles pour garantir que l’usine tourne à plein régime et rentabilise au plus vite les 11 milliards de FCFA investis.
Avec cette infrastructure, le Burkina Faso envoie un signal fort au reste du continent africain, s’inscrivant dans la dynamique régionale de transformation locale des matières premières avant toute exportation.