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Industrialisation : le Sénégal engage un changement d’échelle avec un ambitieux projet de loi.

L’État prévoit la création d’au moins 45 zones industrielles à l’échelle nationale

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a présidé, lundi 2 février, à Diamniadio, les travaux consacrés au projet de loi sur la promotion de l’industrialisation. À cette occasion, il a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie industrielle, présentée comme un pilier central du développement économique et du renforcement du patriotisme économique.

À travers le déploiement des agropoles et les programmes portés par l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (APROSI), l’État ambitionne de créer au moins 45 zones industrielles sur l’ensemble du territoire national. Pour soutenir cette dynamique, le budget alloué au secteur industriel a été porté à 350 milliards de FCFA, traduisant un changement de dimension par rapport aux dotations précédentes.

Trente zones agro-industrielles et une meilleure couverture territoriale

« Avec les agropoles, nous allons déjà créer 30 zones agro-industrielles sur l’ensemble du territoire », a annoncé le ministre. Cette orientation vise à renforcer la transformation locale des produits agricoles, à réduire la dépendance aux importations et à favoriser la création de valeur ajoutée dans les zones rurales.

Selon Serigne Guèye Diop, les appels d’offres ont d’ores et déjà été lancés, témoignant de la volonté des autorités de passer rapidement de la planification à l’exécution. L’un des objectifs majeurs de cette politique est d’assurer une meilleure répartition territoriale des infrastructures productives. « Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle », a-t-il assuré.

À ces projets s’ajoutent les initiatives de l’APROSI, qui prévoit la création de dix zones industrielles supplémentaires, notamment dans les filières du phosphate et de l’agroalimentaire, avec des implantations prévues à Touba, Matam et dans d’autres régions du pays. « Au total, nous aurons au moins 45 sites industriels », a précisé le ministre.

Combler le déficit d’infrastructures industrielles

Le ministre a rappelé que le Sénégal ne compte actuellement que trois zones économiques spéciales, situées à Diass, Diamniadio et Saint-Gérard, soulignant ainsi l’ampleur du retard à combler. Le projet de loi en discussion vise donc à poser un cadre juridique et institutionnel adapté à cette montée en puissance de l’industrie.

Selon lui, cette initiative traduit « la volonté des autorités de faire de l’industrialisation un levier central du développement économique et social », capable de stimuler l’emploi, de renforcer la compétitivité des entreprises nationales et de soutenir la croissance à long terme.

Le patriotisme économique au cœur de la stratégie

Un autre axe structurant de la politique industrielle défendue par le gouvernement repose sur le patriotisme économique. Le ministre a reconnu le caractère extraverti de l’économie sénégalaise, indiquant que « entre 46 et 50 % de l’économie est entre les mains d’acteurs étrangers ». Il a toutefois tenu à préciser que cette orientation ne constitue pas un rejet de l’investissement international.

« On n’a rien contre les étrangers. On veut simplement qu’il y ait un patriotisme économique », a-t-il déclaré, plaidant pour des partenariats plus équilibrés entre investisseurs étrangers, acteurs nationaux et État. « Cela signifie que ceux qui viennent investir au Sénégal puissent s’associer avec des Sénégalais, avec l’État, afin que le pays en tire un bénéfice durable », a-t-il ajouté.

Financement, protection et coordination des politiques publiques

Parmi les défis structurels identifiés figurent en priorité le manque de sites industriels dédiés et la question du financement. « L’un des gros problèmes au Sénégal, c’est l’absence de sites spécifiquement aménagés pour les activités industrielles », a déploré le ministre. Il a également insisté sur le coût élevé des investissements industriels, estimant qu’ils ne peuvent reposer uniquement sur le secteur privé.

« Pour l’industrie, ça coûte cher. On ne peut pas tout laisser au privé. Il faut financer, subventionner et accompagner », a-t-il affirmé, évoquant la nécessité d’un engagement fort de l’État.

Serigne Guèye Diop a enfin souligné l’importance de la protection des industries et de l’agriculture naissantes, afin de leur permettre de gagner en compétitivité. « Il est hors de question de laisser nos petites industries et notre agriculture naissantes sans protection », a-t-il déclaré, justifiant ainsi la convergence des politiques industrielle et commerciale au sein d’un même département ministériel.

Poser les bases d’une industrie compétitive

À travers ce projet de loi, les autorités entendent structurer un cadre favorable à l’émergence d’une industrie nationale plus forte, mieux répartie sur le territoire et capable de jouer un rôle moteur dans la transformation de l’économie sénégalaise. « Avec ce texte, le Sénégal pose les bases d’une industrie compétitive, créatrice de valeur et au service du développement national », a conclu le ministre.

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Sanctions contre le Mali : la Cour de justice de l’UEMOA tranche en faveur de Bamako.

Les mesures de 2022 jugées contraires au droit communautaire

La Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a annulé les sanctions économiques et financières imposées au Mali entre janvier et juillet 2022, estimant qu’elles avaient été prises en dehors du cadre juridique de l’organisation. Dans un arrêt rendu public le 29 janvier, la juridiction communautaire donne ainsi raison aux autorités de transition maliennes, qui dénonçaient depuis le départ le caractère « illégal » de ces mesures.

Les sanctions concernées — fermeture des frontières entre États membres, gel des avoirs financiers et suspension de certains échanges commerciaux — avaient été adoptées par l’UEMOA à la suite de décisions initialement prises par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Elles visaient à contraindre les autorités de transition à présenter et à respecter un calendrier de retour à l’ordre constitutionnel après les changements politiques intervenus à Bamako.

Une compétence strictement économique rappelée

Dans sa décision, la Cour rappelle avec insistance la nature et les limites du mandat de l’UEMOA. Organisation à vocation essentiellement économique et monétaire, l’Union n’a, selon la juridiction, ni compétence politique ni pouvoir de sanction dans des contextes liés à des changements de régime ou à des transitions institutionnelles. En endossant des décisions prises par la CEDEAO, l’UEMOA a donc outrepassé ses prérogatives, estime la Cour.

Plusieurs juristes ont salué la clarté de cette position. L’ancien ministre malien de la Justice, Mamadou Ismaïla Konaté, souligne que la CEDEAO et l’UEMOA relèvent de cadres juridiques distincts, avec des missions, des instruments et des champs d’action clairement différenciés. Selon lui, l’arrêt vient rappeler un principe fondamental de droit communautaire souvent mis à l’épreuve dans les périodes de crise politique régionale.

Un succès juridique et politique pour les autorités maliennes

Sur le plan politique, cette décision constitue une victoire symbolique et stratégique pour Bamako. Dès février 2022, les autorités de transition avaient engagé une contestation formelle des sanctions, très impopulaires au Mali en raison de leur impact sur l’économie et le quotidien des populations. La saisine de la Cour de justice de l’UEMOA s’inscrivait dans une démarche assumée de contestation sur le terrain du droit.

Mamadou Ismaïla Konaté relève toutefois que ce choix procédural relevait d’une stratégie juridique bien calculée. Selon lui, une action similaire portée devant la Cour de justice de la CEDEAO n’aurait probablement pas abouti au même résultat, compte tenu du rôle politique assumé par cette organisation dans la gestion des crises institutionnelles au sein de l’espace ouest-africain.

Un arrêt aux implications régionales

Au-delà du cas malien, cet arrêt pourrait faire jurisprudence et relancer le débat sur l’articulation des compétences entre les organisations d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Il pose notamment la question de la coordination entre institutions économiques et politiques, ainsi que des limites à ne pas franchir en matière de sanctions communautaires. Autant d’enjeux susceptibles d’influencer, à l’avenir, la gestion des crises politiques dans la sous-région.

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Burkina Faso : le gouvernement dissout l’ensemble des partis politiques et engage une refonte du système partisan.

Le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté, jeudi, un décret actant la dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques légalement constitués sur le territoire national. Parallèlement, un projet de loi visant à abroger les textes encadrant leur fonctionnement, leur financement ainsi que le statut du chef de file de l’opposition a été approuvé. La décision a été prise au cours d’une réunion présidée par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État.

Selon le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette mesure s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP) et dans le processus de refondation institutionnelle engagé depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de transition. L’objectif affiché est de préserver l’unité nationale, de renforcer la cohésion sociale et de corriger ce que l’exécutif qualifie de « dérives structurelles » du système partisan burkinabè.

Un « diagnostic profond » du système politique

Prenant la parole à l’issue du Conseil, le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a expliqué que cette décision est le résultat d’un « diagnostic approfondi » du régime juridique des partis politiques. Selon les autorités, la multiplication des formations politiques au fil des années aurait contribué à fragmenter la société, à exacerber les clivages et à affaiblir la capacité de l’État à conduire des politiques publiques cohérentes.

Le gouvernement estime également que le cadre légal en vigueur n’a pas permis d’assurer une représentation politique efficace ni de répondre aux aspirations profondes des populations, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs.

Transfert des biens et fin du cadre légal existant

Le décret adopté prévoit le transfert à l’État de l’ensemble du patrimoine mobilier et immobilier des partis politiques dissous. En complément, un projet de loi sera prochainement soumis à l’Assemblée législative de transition pour abroger les textes régissant l’existence, le financement et l’organisation des partis politiques, ainsi que le dispositif institutionnel lié au chef de file de l’opposition.

Selon le gouvernement, cette étape législative vise à poser les bases d’un nouveau cadre politique, plus adapté à la vision de refondation portée par les autorités de transition.

Un tournant majeur pour la vie politique burkinabè

Cette décision marque un tournant historique dans la vie politique du Burkina Faso. Elle redessine en profondeur le paysage institutionnel et interroge sur les modalités futures de participation politique, de gouvernance et de représentation citoyenne.

Si les autorités affirment agir dans l’intérêt supérieur de la nation, les conséquences concrètes de cette dissolution générale sur l’organisation du pouvoir, le dialogue politique et la transition vers un ordre constitutionnel durable restent à observer. Le gouvernement assure, pour sa part, que cette réforme vise à jeter les bases d’un État plus fort, plus uni et davantage en phase avec les attentes du peuple burkinabè.

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Pollution plastique : le navire Plastic Odyssey fait escale à Dakar pour renforcer les solutions locales.

Après plusieurs étapes en Méditerranée et en Afrique du Nord, notamment au Liban, en Égypte, en Tunisie et au Maroc, le navire-laboratoire Plastic Odyssey a accosté à Dakar le 26 janvier. Cette escale sénégalaise, particulièrement symbolique, marque l’un des temps forts de l’expédition mondiale entamée il y a trois ans pour lutter concrètement contre la pollution plastique. Une conférence de lancement s’est tenue à l’Institut français de Dakar, en présence d’acteurs institutionnels, diplomatiques et de la société civile.

Dakar, cœur stratégique de l’aventure Plastic Odyssey

Si Dakar figure parmi les étapes majeures de cette tournée internationale, c’est parce que la capitale sénégalaise occupe une place centrale dans l’histoire du projet. C’est en effet à Dakar qu’a été implantée Plastic Odyssey Factories, la filiale opérationnelle du programme. À partir de cette base, des unités locales de recyclage sont conçues, adaptées aux réalités des territoires et déployées dans plusieurs pays, faisant du Sénégal un hub régional de l’innovation environnementale.

Cette escale vise ainsi à partager les enseignements accumulés au fil du tour du monde, à renforcer les partenariats locaux et à amplifier les actions de terrain au profit de la jeunesse, des entrepreneurs et des organisations de la société civile.

Trois semaines de sensibilisation, de formation et d’actions concrètes

Du 26 janvier au 16 février, Plastic Odyssey déploiera à Dakar un programme dense mêlant ateliers de sensibilisation, formations techniques, tables rondes avec des experts, rencontres avec des élèves et échanges avec l’écosystème sénégalais engagé dans la lutte contre la pollution plastique. À bord du navire, des machines de recyclage « low-tech » seront également construites et présentées, illustrant des solutions accessibles, reproductibles et adaptées aux contextes locaux.

Malgré les efforts consentis par l’État sénégalais, notamment à travers la loi n°2020-04 du 8 janvier 2020 relative à la prévention et à la réduction de l’incidence des plastiques sur l’environnement, la pollution plastique demeure une problématique majeure. « Le Sénégal produit plus de 250 000 tonnes de déchets plastiques par an, dont à peine 30 000 tonnes sont recyclées, soit environ 10 % », a rappelé Ibrahima Diagne, conseiller technique en hydraulique, assainissement et environnement auprès du Premier ministre.

De la gestion des déchets à l’économie circulaire

Selon M. Diagne, la loi repose sur deux piliers : l’interdiction de certains plastiques et la promotion de l’économie circulaire. « Mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir une véritable économie circulaire et réduire durablement les déchets plastiques », a-t-il reconnu, saluant la contribution de Plastic Odyssey et de sa filiale Plastic Odyssey Factories. Il a également souligné la volonté des autorités, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, de changer de paradigme en passant « de la gestion des déchets à l’économie des déchets », dans la perspective d’un Sénégal zéro déchet.

Des micro-usines de recyclage au service des territoires

Pour la France, partenaire clé du projet, cette escale consacre le Sénégal comme un acteur majeur de la lutte contre la pollution plastique. « Sensibiliser ne suffit plus. Il faut agir, structurer, former et créer des solutions pérennes. C’est exactement ce que propose Plastic Odyssey », a déclaré Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal.

Elle a rappelé que le projet Sunu Plastic, soutenu par l’ambassade de France à hauteur d’environ 656 millions de FCFA, a permis le déploiement de micro-usines de recyclage low-tech exploitées par des entrepreneurs sénégalais. Installées dans des conteneurs, ces unités transforment les déchets plastiques en produits utiles tels que pavés, tuiles, poubelles ou tuyaux, répondant aux besoins des collectivités locales. Quatre micro-usines sont déjà opérationnelles à Saint-Louis, Kédougou, Kidira et Gandon, avec d’autres en perspective.

Une prise de conscience née à Dakar

Pour Simon Bernard, cofondateur de Plastic Odyssey, le projet trouve ses racines à Dakar. « Tout est parti d’ici, en 2016, lorsque j’ai découvert, depuis mon bateau, des montagnes de déchets plastiques sur une plage autrefois parmi les plus belles du pays », a-t-il confié. Une image fondatrice qui a donné naissance à une initiative aujourd’hui internationale, mais dont le Sénégal demeure l’un des piliers stratégiques.

Avec cette escale, Dakar s’affirme plus que jamais comme un laboratoire d’innovations environnementales et un acteur clé dans la construction de solutions durables face à un défi mondial.

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La CEDEAO entérine le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée et lève toutes les sanctions.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement pris acte du rétablissement de l’ordre constitutionnel en République de Guinée, mettant ainsi un terme au processus de transition politique engagé à la suite des événements de 2021. Cette décision marque une étape majeure dans la normalisation institutionnelle du pays au sein de l’espace communautaire ouest-africain.

La reconnaissance de cette normalité constitutionnelle intervient à la suite de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, suivie de l’investiture du nouveau chef de l’État, le 17 janvier 2026. Ces échéances ont scellé la fin de la transition et ouvert une nouvelle séquence politique pour la Guinée.

Une transition menée à son terme selon la feuille de route convenue

Dans son communiqué final, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO rappelle les fondements juridiques de sa décision, notamment les protocoles communautaires relatifs aux changements anticonstitutionnels de gouvernement. L’organisation revient sur les différentes étapes du dialogue engagé avec les autorités guinéennes lors des sommets extraordinaires de septembre 2021 et février 2023, ainsi que lors de la session ordinaire de juillet 2023.

La CEDEAO souligne que la feuille de route de 24 mois, issue du compromis d’octobre 2022 entre les experts de la Commission et les autorités de Conakry, a été intégralement respectée. Ce calendrier avait pour piliers le référendum constitutionnel du 21 septembre 2025 et l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Le déroulement de ces consultations a été jugé satisfaisant par les missions d’observation internationales, notamment celles de la CEDEAO et de l’Union africaine.

Levée immédiate des sanctions et réintégration régionale

Sous l’impulsion du président en exercice de la Conférence, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, et après concertation avec l’ensemble des chefs d’État membres, la CEDEAO a décidé de lever immédiatement l’ensemble des sanctions imposées à la République de Guinée et aux acteurs de la transition. Cette décision consacre la réintégration pleine et entière du pays dans les instances de décision de l’organisation ainsi que dans les programmes d’intégration régionale.

Félicitations au peuple guinéen et attentes pour l’avenir

La Conférence a salué la maturité démocratique du peuple guinéen et félicité le président Mamady Doumbouya pour son élection. Elle l’invite désormais à œuvrer activement au renforcement de la cohésion sociale, à la consolidation de la paix et à la promotion d’une croissance inclusive, bénéfique à l’ensemble de la population.

Tout en exprimant sa reconnaissance aux Nations unies et aux partenaires bilatéraux pour leur accompagnement du processus de transition, la CEDEAO appelle les nouvelles autorités guinéennes à maintenir un dialogue national inclusif et à renforcer l’État de droit, notamment dans la perspective des prochaines élections législatives. L’organisation régionale assure enfin qu’elle continuera de suivre avec attention l’évolution de la situation politique, institutionnelle et sociale en Guinée.

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Coopération Guinée–Union européenne : 2026 annoncée comme une année charnière.

L’Union européenne ambitionne de faire de l’année 2026 un tournant décisif de son partenariat avec la Guinée. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à Conakry, l’ambassadeur de l’Union européenne a présenté un portefeuille de projets structurants destinés à améliorer durablement les conditions de vie des populations, renforcer la connectivité régionale et soutenir la transformation économique du pays.

S’inscrivant dans une logique de partenariat à long terme, ces interventions couvrent des secteurs clés tels que l’assainissement urbain, la sécurité routière, les infrastructures de transport et l’énergie.

Assainissement urbain : un centre de stockage des déchets à Zagope

L’amélioration de l’assainissement dans le Grand Conakry figure parmi les priorités annoncées. En partenariat avec le ministère en charge de l’Assainissement, l’Union européenne appuie la réalisation d’un centre de stockage temporaire des déchets à Zagope, dont la mise en service est prévue à l’horizon 2026.

Ce centre permettra de désengorger la décharge non réglementée de Dar-es-Salam, aujourd’hui saturée, et d’organiser plus efficacement la collecte et le transfert des déchets à partir des zones de tri et de transit implantées dans les quartiers. À terme, le projet vise une amélioration notable de l’hygiène urbaine, de la santé publique et du cadre de vie des habitants de la capitale.

Sécurité routière : vers la création d’un centre national de référence

Autre axe majeur de la coopération : la sécurité routière. L’Union européenne prévoit de soutenir la construction et l’équipement d’un centre national de sécurité routière, accompagné d’une assistance technique complète.

Cette structure aura pour mission de coordonner l’action des centres de contrôle technique, d’harmoniser les normes applicables aux véhicules et de contribuer à la réduction des accidents de la circulation. Un enjeu crucial dans un pays où l’insécurité routière engendre chaque année de lourdes pertes humaines, mais aussi des coûts élevés pour le système de santé et des impacts environnementaux liés à la circulation de véhicules vétustes et fortement polluants.

Infrastructures et intégration régionale : un axe stratégique vers la Guinée-Bissau

Sur le plan des infrastructures de transport, l’ambassadeur de l’UE a mis en lumière un projet routier stratégique reliant la région de Boké à la frontière avec la Guinée-Bissau. Le programme prévoit la construction d’un tronçon de route de 42 kilomètres, ainsi que d’un pont d’environ 300 mètres sur la rivière Kogon, destiné à remplacer un bac aujourd’hui hors service.

Cette infrastructure est appelée à faciliter les échanges commerciaux, améliorer la mobilité des populations et renforcer l’intégration économique entre les deux pays. Le projet s’inscrit dans le cadre de Global Gateway, l’initiative européenne de connectivité mondiale visant à promouvoir des infrastructures durables, résilientes et de qualité dans les pays partenaires.

Énergie : des investissements massifs pour renforcer l’accès à l’électricité

Dans le secteur énergétique, l’Union européenne, en collaboration avec la Banque européenne d’investissement et d’autres partenaires financiers tels que l’Agence française de développement, prévoit de mobiliser des centaines de millions d’euros.

Ces financements visent à renforcer la production, le transport et la distribution d’électricité, avec pour objectif d’améliorer l’accès à une énergie fiable et abordable, condition essentielle au développement industriel, à la création d’emplois et à la compétitivité de l’économie guinéenne.

Un partenariat orienté vers des résultats concrets

À travers ces projets, l’Union européenne affirme sa volonté d’accompagner la Guinée dans des réformes structurelles et des investissements à fort impact social et économique. Pour la délégation européenne, l’année 2026 doit marquer une montée en puissance de cette coopération, avec des résultats visibles pour les populations et un ancrage renforcé de la Guinée dans les dynamiques régionales et internationales de développement.

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Incidents lors de la finale de la CAN 2025 : la CAF prononce de lourdes sanctions disciplinaires et financières

La Confédération africaine de football (CAF) a rendu publiques les décisions disciplinaires consécutives aux incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, opposant le Sénégal au Maroc. Ces sanctions concernent aussi bien des acteurs sportifs que les fédérations nationales impliquées, traduisant la volonté de l’instance continentale de préserver l’ordre, le fair-play et l’intégrité des compétitions africaines.

Sanctions infligées au Sénégal

La Commission disciplinaire de la CAF a décidé de sanctionner plusieurs membres de l’encadrement et de l’équipe nationale sénégalaise :

  • Pape Bouna Thiaw, sélectionneur national du Sénégal, écope d’une suspension de cinq (5) matchs officiels, pour comportement antisportif et violation des principes de fair-play.

  • Les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye sont chacun suspendus pour deux (2) matchs, en raison de leur attitude jugée inappropriée envers l’arbitre à l’issue de la rencontre.

Sur le plan financier, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a été condamnée à une amende globale de 615 000 dollars américains, soit plus de 400 millions de francs CFA.

Cette sanction financière se décompose comme suit :

  • 300 000 dollars pour le comportement des supporters sénégalais,

  • 300 000 dollars pour la conduite antisportive des joueurs et du staff,

  • 15 000 dollars pour le cumul de cartons jaunes enregistrés durant la finale.

Décisions concernant le Maroc

La CAF a également sanctionné plusieurs acteurs marocains :

  • Le joueur Achraf Hakimi a écopé de deux (2) matchs de suspension, dont un avec sursis, pour comportement antisportif.

  • Ismaël Saibari a été suspendu pour trois (3) matchs, assortis d’une amende individuelle de 100 000 dollars.

  • La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a été condamnée à une amende de 315 000 dollars, notamment pour des incidents liés au comportement des ramasseurs de balles, à l’envahissement de la zone VAR et à l’usage de lasers par certains supporters.

Validation du résultat sportif

Malgré les tensions observées et les contestations formulées, la CAF a rejeté la réclamation introduite par le Maroc. Le résultat sportif de la finale est donc maintenu, et le Sénégal conserve officiellement son titre de champion d’Afrique 2025.

Un signal fort de la CAF

À travers ces décisions, la CAF entend adresser un message clair à l’ensemble des acteurs du football africain : la passion du jeu ne saurait justifier des comportements contraires à l’éthique sportive. L’instance continentale réaffirme ainsi son engagement en faveur du respect des règles, de l’autorité arbitrale et des valeurs fondamentales du sport.

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Niamey, carrefour stratégique du numérique ouest-africain.

Niamey a accueilli, le 27 janvier 2026, la première session ordinaire de l’année du Réseau Ouest Africain des Backbones Nationaux (ROA-BN). Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique régionale visant à accélérer le développement des infrastructures numériques et à renforcer l’interconnexion des réseaux nationaux en Afrique de l’Ouest.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Madame la Ministre de la Fonction publique et du Travail, assurant l’intérim du Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information. Elle s’est déroulée en présence du représentant du Président de la République, du Vice-président du réseau, du Secrétaire exécutif, du commissaire aux comptes, des membres statutaires du ROA-BN ainsi que de plusieurs invités institutionnels et partenaires techniques.

Cette session a réuni les délégations des pays membres, notamment le Niger, le Burkina Faso, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, la Guinée et la Sierra Leone. Les travaux ont porté sur des enjeux stratégiques majeurs, parmi lesquels le développement des backbones nationaux, leur interconnexion transfrontalière, la sécurité et la résilience des réseaux, ainsi que les mécanismes de gouvernance et de financement des infrastructures numériques.

Les participants ont également échangé sur les actions prioritaires à mener pour améliorer la connectivité, réduire les coûts d’accès à Internet et renforcer l’accessibilité des services numériques, considérés comme des leviers essentiels du développement économique, social et de l’inclusion numérique dans la sous-région.

La tenue de cette rencontre à Niamey, avec l’appui de Niger Télécoms, témoigne de la volonté commune des acteurs du secteur de consolider l’intégration régionale et de promouvoir des infrastructures numériques performantes, fiables et inclusives. À cette occasion, Niger Télécoms a exprimé sa satisfaction d’avoir accueilli cette session stratégique et a réaffirmé son engagement en faveur du développement du numérique et du renforcement de la coopération régionale en Afrique de l’Ouest.

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Mémoire et héritage : le ministère de la Culture reçoit des afro-descendants du Prince Abdourahamane.

Le ministère de la Culture et de l’Artisanat a accueilli, ce lundi, une délégation d’afro-descendants du Prince Abdourahamane, actuellement en séjour en Guinée, dans le cadre d’une démarche de reconnexion mémorielle et de valorisation du patrimoine historique. L’audience s’est tenue dans la salle de réunion du ministère, sous la conduite de la Secrétaire générale, Ramatoulaye Camara, en présence du chef de cabinet, Thierno Hamidou Bah, du conseiller principal Elhadji Mamadou Aliou Barry, ainsi que des représentants de l’ONG Le Prince.

Un projet de réhabilitation mémorielle au cœur des échanges

Cette rencontre visait à examiner les modalités d’accompagnement institutionnel du ministère dans la mise en œuvre d’un projet porté par l’ONG Le Prince, consacré à la réhabilitation et à la transmission de la mémoire du Prince Abdourahamane. L’initiative s’inscrit en droite ligne des missions du département en matière de sauvegarde du patrimoine culturel, de promotion de l’histoire nationale et de dialogue avec les diasporas africaines.

Au cours des échanges, les membres de la délégation ont présenté leur démarche, centrée sur le retour symbolique vers la terre d’origine de leur aïeul et sur la reconnexion avec les racines historiques et culturelles de la Guinée. Ils ont notamment exprimé leur volonté de se rendre à Timbo, haut lieu de l’histoire guinéenne et espace étroitement lié à la mémoire du Prince Abdourahamane, afin de renforcer les liens avec les communautés locales et de construire des relations durables fondées sur une histoire partagée.

Un appel à l’accompagnement de l’État guinéen

Dans cette perspective, l’ONG Le Prince a sollicité l’appui de l’État guinéen, tant sur le plan institutionnel que technique et financier, pour la concrétisation d’un projet visant à valoriser, préserver et transmettre cet héritage mémoriel aux générations futures. Les porteurs du projet ont souligné l’importance de faire de cette initiative un espace de dialogue interculturel, de recherche historique et de coopération académique.

La mémoire comme levier de coopération et de rapprochement

En réponse, la Secrétaire générale du ministère de la Culture et de l’Artisanat a réaffirmé la disponibilité et l’engagement de son département à accompagner ce type d’initiatives. Elle a insisté sur le fait que la mémoire ne doit pas être appréhendée uniquement comme un retour vers le passé, mais également comme un outil de rapprochement entre les peuples, de construction de passerelles culturelles et de coopération durable.

L’audience s’est tenue dans un climat d’écoute, de respect mutuel et de collaboration constructive. Elle ouvre la voie à une réflexion conjointe sur les mécanismes concrets par lesquels l’État guinéen pourrait soutenir efficacement ce projet mémoriel. En conclusion, Ramatoulaye Camara a salué la démarche de la délégation et exprimé la reconnaissance des autorités guinéennes pour la confiance accordée à la Guinée dans cette initiative de portée historique et symbolique.

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Industrie minière : le Mali se dote d’une capacité nationale de production d’explosifs civils.

Le Mali franchit une nouvelle étape dans la structuration de son secteur minier avec son entrée directe dans la production d’explosifs civils. L’État malien a acquis une participation majoritaire dans une société spécialisée dans la fabrication d’articles pyrotechniques, marquant ainsi une avancée stratégique vers l’industrialisation locale et la sécurisation des intrants sensibles utilisés dans les mines.

Selon un communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres, cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre des réformes engagées depuis l’adoption du nouveau Code minier, qui vise à renforcer la souveraineté nationale sur les ressources extractives et les chaînes de valeur associées.

Une prise de contrôle stratégique

L’État détient désormais 51 % du capital de la Société Industrielle du Centre du Mali FARATCHI-CO-SA, une entreprise créée en partenariat avec la société chinoise Auxin, à la suite d’un pacte d’actionnaires signé en novembre 2024. Cette prise de participation majoritaire permet à l’État de jouer un rôle central dans la gouvernance, l’orientation stratégique et le contrôle des activités de la société.

Sécuriser l’approvisionnement et renforcer la surveillance

L’objectif affiché est multiple : améliorer la gestion et la traçabilité des explosifs à usage civil, développer une industrie locale capable de répondre aux besoins nationaux et renforcer les mécanismes de surveillance et de sécurité liés à l’utilisation de ces produits sensibles. Les explosifs civils sont en effet indispensables à l’exploitation aurifère industrielle, aux carrières, ainsi qu’à certains travaux de génie civil.

Dans un contexte sécuritaire marqué par des défis persistants, les autorités entendent également réduire les risques de détournement et mieux encadrer l’utilisation de ces substances à haut potentiel.

Réduire la dépendance aux importations

Pays parmi les premiers producteurs d’or en Afrique, le Mali dépendait jusqu’ici largement des importations pour son approvisionnement en explosifs civils. La création de FARATCHI-CO-SA vise à corriger cette vulnérabilité structurelle, tout en favorisant le transfert de compétences, la création d’emplois qualifiés et l’essor d’un tissu industriel local.

À travers cette initiative, Bamako affirme sa volonté de reprendre la main sur des segments stratégiques de l’activité minière, en cohérence avec sa politique de valorisation nationale des ressources et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement.