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Sénégal–Gambie : Dakar et Banjul scellent un accord sur la délimitation de leur frontière commune.

Sénégal–Gambie : Dakar et Banjul scellent un accord sur la délimitation de leur frontière commune
Après plusieurs années de discussions et une récente montée des tensions à Bulock, les deux pays annoncent une avancée majeure vers une gestion concertée de leur frontière

Le Sénégal et la Gambie ont franchi une étape importante dans le règlement de leurs questions frontalières. Les deux pays sont parvenus à un accord définitif sur la délimitation de leur frontière commune, au terme d’un processus de dialogue et de concertation engagé depuis plusieurs années.

L’annonce a été faite par le Secrétariat permanent sénégalo-gambien, qui a salué l’aboutissement des travaux menés conformément aux orientations des chefs d’État des deux pays. Dakar et Banjul ont ainsi privilégié les mécanismes de dialogue bilatéral et l’esprit de fraternité pour parvenir à une solution consensuelle à une question sensible.

Les opérations de réaffirmation de la frontière reprendront le 15 août

Dans le prolongement de cet accord, les activités conjointes de réaffirmation et de densification de la frontière sud doivent reprendre à compter du 15 août 2026.

Les opérations concerneront dans un premier temps le tronçon compris entre Touba Tranquil–Dar Salam et Saré Yoro Guèye–Jahanka. Ces travaux doivent permettre de matérialiser plus clairement la ligne frontalière et de renforcer la coordination entre les administrations et les forces chargées de la surveillance des deux côtés de la frontière.

Cette reprise intervient alors que la question de la gestion de la frontière avait récemment suscité des tensions, notamment autour de la zone de Bulock, dans la région gambienne de la Côte-Ouest.

L’incident de Bulock avait ravivé les tensions entre les deux pays

Le 17 juillet dernier, le gouvernement gambien avait dénoncé un incident survenu au niveau du poste-frontière militaire de Bulock. Banjul avait alors accusé des éléments des Forces armées sénégalaises d’avoir détruit une partie de la clôture d’une installation militaire gambienne, sans concertation préalable avec les autorités concernées.

Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement gambien et conseiller présidentiel chargé de la diaspora, Ebrima G. Sankareh, avait qualifié l’incident de « profondément provocateur » et de « totalement inacceptable ».

Selon les autorités gambiennes, une partie de la clôture d’une installation des Forces armées gambiennes avait été démolie en dehors des mécanismes militaires et diplomatiques bilatéraux établis entre les deux pays.

Malgré la fermeté de sa réaction, Banjul avait indiqué privilégier une résolution pacifique du différend. Le gouvernement gambien avait précisé qu’un dialogue diplomatique avec Dakar était engagé et que la question devait être examinée dans le cadre du Comité militaire conjoint, ainsi que des autres mécanismes bilatéraux existants.

Les autorités gambiennes avaient également assuré que la situation sécuritaire restait « calme et totalement sous contrôle », tout en saluant la retenue de leurs forces armées afin d’éviter toute escalade.

Dakar rappelle l’existence de discussions bilatérales sur la zone

De son côté, le Sénégal avait également réaffirmé sa volonté de régler la question par le dialogue.

Dans une déclaration du ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Dakar avait rappelé que les relations entre les deux pays reposent sur des « liens historiques de fraternité, de bon voisinage et de coopération stratégique ».

Les autorités sénégalaises avaient toutefois indiqué avoir, à plusieurs reprises, attiré l’attention de la partie gambienne sur certaines installations et activités considérées comme des empiètements présumés sur le territoire sénégalais et incompatibles avec une gestion concertée de la frontière.

Dakar avait également précisé que l’incident du 16 juillet ne constituait pas une remise en cause de la souveraineté gambienne ni une volonté de détériorer les relations entre les deux États. Le Sénégal avait ainsi appelé à poursuivre les discussions dans le cadre des mécanismes diplomatiques et bilatéraux déjà établis.

Un accord qui intervient dans un contexte de coopération étroite

Au-delà des différends ponctuels, le Sénégal et la Gambie entretiennent des relations particulièrement étroites, liées à leur proximité géographique, historique et culturelle.

Les deux pays coopèrent notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité, du commerce, de la gestion des frontières et du développement économique. La configuration géographique de la Gambie, enclavée à l’intérieur du territoire sénégalais à l’exception de son ouverture sur l’océan Atlantique, rend par ailleurs la coopération transfrontalière particulièrement stratégique.

Dans ce contexte, la délimitation précise et consensuelle de la frontière apparaît comme un enjeu essentiel pour faciliter la circulation, sécuriser les zones frontalières et prévenir les incidents susceptibles d’affecter les relations entre les deux États.

Dakar et Banjul veulent désormais tourner la page

L’accord annoncé par le Secrétariat permanent sénégalo-gambien constitue ainsi une avancée significative dans le règlement de la question frontalière. Il intervient après une séquence de tensions qui aura rappelé l’importance d’une coordination permanente entre les autorités des deux pays.

Le Secrétariat permanent a salué les efforts déployés par Alieu Njie, président de la Commission nationale des frontières de Gambie, et le général de division Cheikh M. L. B. Camara, président de la Commission nationale de gestion des frontières du Sénégal, dont l’implication a contribué à l’aboutissement du processus.

La reprise des opérations de réaffirmation et de densification de la frontière, prévue à partir du 15 août, devrait désormais permettre de traduire l’accord politique en actions concrètes sur le terrain.

Pour Dakar comme pour Banjul, l’objectif est désormais de consolider cette dynamique afin de prévenir de nouveaux incidents, renforcer la coopération transfrontalière et préserver les relations historiques de fraternité et de bon voisinage qui unissent les deux peuples.

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Le départ d’un esprit lumineux : En mémoire du Pr Maguèye Kassé

On jauge parfois la portée d’une vie à la résonance du vide qu’elle laisse derrière elle. La disparition, intervenue le mercredi 22 juillet, du Professeur Maguèye Kassé à l’âge de 77 ans est de celles qui meurtrissent l’esprit. Ce n’est pas seulement un grand nom qui s’éteint, c’est tout un monde de culture, de rigueur et d’élégance qui s’en va, nous rappelant cette vérité cruelle : si la mort d’un seul homme est une tragédie, certains visages portent en eux un héritage si lumineux qu’il illumine durablement l’humanité entière.

Il avait cette prestance rare qu’on ne fabrique pas. On le reconnaissait entre mille à son chapeau feutre — parfois troqué pour une torpédo racée ou une casquette de marin —, sa pipe fumante, et ce regard perçant qui captait tout. Maître de sa parole, capable d’un rire communicatif ou d’une rigueur impériale selon l’heure, le « Tonton Professeur » incarnait l’enseignant dans sa noblesse la plus absolue, bien au-delà des titres académiques. Si sa trajectoire de professeur titulaire des universités en Langues et Civilisations germaniques forçait l’admiration, c’est parce qu’il semblait faire corps avec sa matière.

Tout avait commencé à Kaolack, sa ville natale où il vit le jour en mars 1949. C’est là, sur les bancs du lycée Gaston Berger (devenu Valdiodio Ndiaye), que le jeune « Meugueuy » croise le chemin de l’allemand. Grâce à un professeur d’anglais et d’allemand, Amadou Booker Sadji — formé à Leipzig —, et à l’épouse de ce dernier, l’adolescent découvre la langue de Goethe et l’art de vivre qui l’accompagne. Comme il le confiait en 2018 au journaliste Seydou Kâ dans les colonnes du Soleil : « J’étais en classe de 5e et dans nos cours d’anglais, il y mélangeait des mots d’allemand. J’ai trouvé qu’un Sénégalais qui maîtrisait l’allemand et l’anglais en même temps, ça avait du charme. »

Dès la classe de 4e, le choix de l’allemand devient une évidence. Ses mentors, M. Sadji et Uta Losche, le prennent sous leur aile, charmés par ses facilités, au point de le surnommer affectueusement « Wolfgang ».

Son envol vers la France, après le baccalauréat, cachait une facette moins connue que celle racontée à Seydou Kâ. Jeune militant syndicaliste et néo-communiste, il avait obtenu du président-poète Léopold Sédar Senghor une bourse pour une hypokhâgne à Nancy — choisissant finalement Orléans par goût de la ferveur. Une manière subtile pour le chef de l’État d’éloigner les esprits vifs de l’arène politique locale en les envoyant se forger l’excellence dans les classes préparatoires françaises.

À Orléans, berceau du jazz, le jeune Kassé parfait son apprentissage du monde tout en gardant ancré au fond de lui le socle de sa culture sénégalaise. Un temps béni qu’il chérissait, à l’image des liens indéfectibles qu’il tissera plus tard entre la France et l’Allemagne. C’est de cet homme de partage que témoigne son complice et ami, le Pr Jean-Louis Georget, germaniste et universitaire : un parcours jalonné de voyages, de nostalgie, mais surtout d’une immense gratitude.

De retour au pays après une thèse d’État soutenue à Paris-VIII sur les relations culturelles des deux Allemagnes avec l’Afrique de l’Ouest (1949-1980), le Pr Maguèye Kassé s’impose comme une sommité. Depuis sa chaire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), il insuffle à des générations d’étudiants la passion de la germanistique.

Au fil des ans, son réseau intellectuel s’internationalise. Après Francfort en 2014, il retrouve le Pr Georget en 2017 pour l’exposition sur l’art rupestre africain à l’IFAN, puis en 2022 à Paris pour Prehistomania au Musée de l’Homme, où il officie comme commissaire invité pour présenter l’œuvre du plasticien Abdoulaye Diallo (« Lebergerdel’îledenGor »).

Son empreinte s’étendait bien au-delà de sa discipline. Au cœur de la nuit précédant les obsèques, le Pr Jean-Louis Georget confiait, non sans émotion, son rôle clé dans les accords à venir avec les universités sénégalaises prévus pour l’automne 2026, ou encore son engagement d’expert au sein de son collège doctoral franco-allemand. Mais par-delà la science, ce sont les trajets en voiture vers Touba ou Saint-Louis, rythmés par des découvertes musicales jazz et de profonds dialogues spirituels, qui restaient le plus précieux viatique de leur amitié.

Inspecteur général de l’éducation et de la formation, homme de terroir et citoyen du monde, le Pr Maguèye Kassé laisse l’image indélébile d’un seigneur des lettres dont l’esprit continuera de souffler sur les rives du fleuve de la transmission.

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Sénégal : Concours général 2026, la Nation célèbre ses cracks aujourd’hui.

Le Concours général sénégalais (Cgs) célèbre, ce jeudi 30 juillet, sa 60ᵉ édition au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose. Présidée par le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, la cérémonie solennelle mettra à l’honneur, comme à l’accoutumée, les meilleurs élèves du pays.

Soixante ans après sa création, le Concours général sénégalais (Cgs) demeure l’une des plus prestigieuses distinctions du système éducatif sénégalais. L’édition 2026, placée sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, s’inscrit dans une dynamique de célébration de l’excellence scolaire et de transmission des valeurs citoyennes fondées sur le mérite.

Organisée au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, la cérémonie réunira les meilleurs élèves de la Nation autour d’un thème en résonance avec un rendez-vous historique. Intitulé « Le Sénégal à l’heure des Joj 2026 : refonder le sens du bien commun à l’école des valeurs olympiques », celui-ci établit un lien entre la réussite scolaire et les idéaux de dépassement de soi, de solidarité et de respect portés par les Jeux olympiques de la jeunesse que le Sénégal accueillera du 31 octobre au 13 novembre 2026.

Lors de la cérémonie, un hommage sera rendu à la marraine de l’édition, le Professeur Awa Marie Coll Seck, ancienne ministre de la République, dont le parcours est salué comme une référence d’excellence, de compétence et d’engagement au service de la nation. Les résultats publiés par le ministère de l’Éducation nationale traduisent la bonne santé de cette compétition d’élite.

129 distinctions, dont 69 Prix et 60 Accessits

Au total, 3 690 candidats ont pris part aux épreuves ; soit une progression de 122 élèves par rapport à 2025. Les filles représentent 61,27 % des effectifs avec 2 261 candidates. À l’issue des délibérations, 129 distinctions, dont 69 Prix et 60 Accessits seront remises aux 118 lauréats. Les établissements publics confirment leur domination en remportant près de 80 % des distinctions, tandis que les filières scientifiques concentrent la majorité des lauréats avec 83 distinctions.

Pour la deuxième année consécutive, Ameth Babou, élève en Terminale S1 au Prytanée militaire, Charles N’Tchoréré de Saint-Louis, décroche le titre de meilleur élève du Sénégal. Avec 68 points et 4 premiers Prix, notamment en français, en citoyenneté et droits de l’homme, en dissertation philosophique et en physique, il confirme un parcours exceptionnel, renseigne un communiqué du ministère de l’Éducation nationale.

Cette édition marque également un tournant en matière d’inclusion. Pour la première fois, les élèves non-voyants de l’Institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles (Inefja) de Thiès ont concouru dans les mêmes conditions que les autres candidats. Le palmarès s’ouvre aussi à de nouveaux établissements, témoignant d’un élargissement de la carte de l’excellence scolaire à travers le pays.

Pour célébrer ce jubilé, le ministère de l’Éducation nationale procédera à la présentation d’un ouvrage intitulé : « Le Concours général au Sénégal, miroir de la nation » ainsi qu’au lancement d’une exposition immersive retraçant six décennies d’histoire d’une institution qui continue d’incarner l’excellence académique et le mérite dans notre système éducatif.

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Boxe : Mouhamed Abdallah Diallo s’impose par KO face au Burkinabè Mathias Napaongo.

Le public du stade Amadou Barry de Guédiawaye a assisté, le 25 juillet 2026, à un combat de boxe particulièrement disputé entre le Sénégalais Mouhamed Abdallah Diallo et le Burkinabè Mathias Napaongo, à l’occasion d’une soirée organisée par Africa Boxing Elite.

Opposé à un adversaire présenté comme l’un des boxeurs les plus expérimentés du continent, le Sénégalais a dû faire preuve de patience et de détermination avant de prendre définitivement le dessus. Face à lui, Mathias Napaongo, triple champion de boxe en Afrique, a rapidement imposé son rythme et semblé prendre une sérieuse option sur la victoire.

Napaongo prend les commandes en début de combat

Dès les premiers rounds, le boxeur burkinabè s’est montré particulièrement offensif. La puissance et la fréquence de ses frappes ont mis Mouhamed Abdallah Diallo sous pression, notamment jusqu’au troisième round.

Cette domination initiale a progressivement fait naître l’espoir chez les supporters burkinabè présents dans les tribunes. Au fil des échanges, le boxeur du « Pays des Hommes intègres » semblait alors en mesure de s’imposer face à son adversaire sénégalais.

Mais le scénario du combat allait connaître un spectaculaire retournement.

Diallo renverse la dynamique et reprend le contrôle

À partir du sixième round, Mouhamed Abdallah Diallo change de stratégie. Plus précis dans ses déplacements, le Sénégalais commence à multiplier les frappes ciblées et les feintes, obligeant son adversaire à revoir son dispositif défensif.

Progressivement, le rapport de force s’inverse. Le boxeur sénégalais gagne en confiance et en efficacité, tandis que Mathias Napaongo semble davantage subir les assauts de son adversaire.

Cette montée en puissance de Diallo atteint son paroxysme au neuvième round. Le Sénégalais enchaîne alors les frappes avec une intensité accrue jusqu’à provoquer le KO du boxeur burkinabè, mettant un terme à un combat qui semblait pourtant lui échapper dans sa première partie.

Une victoire qui consacre le Sénégalais sur la scène africaine

Au terme de cette confrontation, Mouhamed Abdallah Diallo est déclaré vainqueur par le jury et s’adjuge le titre dans la catégorie WBA Africa Welterweight.

Cette victoire vient renforcer la position du boxeur sénégalais dans le paysage de la boxe africaine et lui permet de conserver sa ceinture WBA Africa dans la catégorie des poids welters. Face à un adversaire expérimenté et plusieurs fois titré sur le continent, son succès par KO constitue une performance particulièrement marquante.

Une soirée placée sous le signe du soutien et de la reconnaissance

La victoire de Mouhamed Abdallah Diallo a suscité une vive émotion au sein de son entourage et de son équipe. Son promoteur n’a pas caché sa joie au terme de cette confrontation, célébrant un succès qui récompense le travail accompli en amont du combat.

La soirée a également été marquée par la présence de M. Bangoura, consul de Guinée au Sénégal, venu apporter son soutien à l’événement et au boxeur sénégalais.

Avec cette victoire spectaculaire, Mouhamed Abdallah Diallo confirme ainsi son ambition sur la scène continentale. Son succès face à Mathias Napaongo, obtenu au terme d’un combat à rebondissements, pourrait constituer une nouvelle étape importante dans sa quête de reconnaissance parmi les meilleurs boxeurs africains de sa catégorie.

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Le Sénégal franchit une nouvelle étape vers une politique linguistique au service de l’école.

Le Sénégal amorce une nouvelle étape dans la transformation de son système éducatif avec l’élaboration de son premier Document de politique linguistique nationale (DPLN). Ce cadre stratégique entend redéfinir la place des langues nationales dans l’éducation, la transmission des savoirs et la préservation du patrimoine culturel, tout en renforçant leur contribution au développement du capital humain.

La validation technique du document s’est tenue mardi 28 juillet 2026 à Dakar, à l’occasion d’un atelier présidé par Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale. La rencontre a réuni plusieurs catégories d’acteurs engagés dans les politiques éducatives et linguistiques : universitaires, linguistes, chercheurs, spécialistes de l’éducation, représentants de la société civile ainsi que partenaires techniques et financiers.

À travers cette démarche, les autorités sénégalaises ambitionnent de construire un système éducatif davantage en phase avec les réalités linguistiques, culturelles et sociales du pays.

Un cadre stratégique pour repenser l’apprentissage

Fruit d’un processus de réflexion, de concertation et d’expertise, le DPLN est appelé à devenir un document de référence pour l’orientation des politiques publiques relatives aux langues. Son objectif est notamment de favoriser l’émergence d’un environnement éducatif dans lequel les langues nationales occupent une place plus importante dans l’acquisition et la transmission des connaissances.

Au-delà de leur fonction de communication, ces langues constituent en effet des vecteurs de savoirs endogènes, de mémoire collective et d’identité culturelle. Leur meilleure intégration dans le système éducatif est ainsi présentée comme un moyen de rapprocher l’école des réalités quotidiennes des apprenants et de renforcer leur capacité à comprendre et à assimiler les enseignements.

Cette orientation repose sur un principe central : la maîtrise de la langue première peut faciliter les apprentissages fondamentaux et favoriser une meilleure appropriation des connaissances. L’ambition est donc de permettre aux enfants d’accéder aux premiers enseignements dans une langue qu’ils comprennent et pratiquent, avant de développer progressivement leurs compétences dans d’autres langues, notamment le français.

Le plurilinguisme présenté comme un levier de réussite scolaire

Pour les autorités éducatives, la promotion des langues nationales ne s’inscrit pas dans une logique de substitution, mais dans une approche fondée sur le plurilinguisme. Il s’agit de valoriser les compétences linguistiques des élèves tout en leur permettant d’acquérir progressivement la maîtrise de plusieurs langues nécessaires à leur parcours scolaire, professionnel et citoyen.

Cette approche s’inscrit dans la dynamique de refondation curriculaire engagée par le Sénégal. Celle-ci vise à faire évoluer les contenus et les méthodes d’enseignement afin de construire une école plus inclusive, plus équitable et davantage adaptée aux réalités du pays.

Dans cette perspective, le plurilinguisme est considéré comme une richesse et un atout stratégique. Il doit permettre de mieux prendre en compte la diversité culturelle et linguistique du Sénégal, tout en préparant les jeunes générations à évoluer dans un environnement national, africain et international de plus en plus interconnecté.

Une ambition qui dépasse le cadre de l’école

La portée du DPLN dépasse toutefois la seule question de l’enseignement. À travers cette politique, le Sénégal entend également renforcer la reconnaissance institutionnelle des langues nationales et leur contribution à la construction d’une société fondée sur ses propres ressources culturelles, intellectuelles et scientifiques.

Cette orientation rejoint les ambitions affichées dans la vision « Sénégal 2050 », qui accorde une place importante à la valorisation du savoir, à l’innovation et au développement d’un capital humain capable de soutenir la transformation économique et sociale du pays.

La politique linguistique apparaît ainsi comme un élément d’une réflexion plus large sur la souveraineté éducative et culturelle. En donnant davantage de place aux langues nationales dans la production et la transmission des connaissances, les autorités souhaitent favoriser l’émergence d’un modèle éducatif mieux enraciné dans les réalités sénégalaises, tout en restant ouvert sur le monde.

Prenant la parole lors de l’atelier de validation technique, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre une démarche fondée sur la concertation et la co-construction.

Le ministre a salué l’implication des différents acteurs ayant contribué à l’élaboration du document, notamment le comité scientifique de la Refondation curriculaire, les experts nationaux et internationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La validation technique constitue désormais une étape importante dans le processus d’élaboration de cette politique linguistique nationale. Elle ouvre la voie à la poursuite des travaux nécessaires à sa mise en œuvre et à sa traduction concrète dans le système éducatif.

De la politique à la réalité des salles de classe

Le véritable enjeu résidera désormais dans la capacité du Sénégal à transformer les orientations du DPLN en actions concrètes. La généralisation de l’utilisation des langues nationales dans l’éducation suppose en effet de relever plusieurs défis, notamment la formation des enseignants, la production de supports pédagogiques adaptés, la standardisation et la disponibilité des ressources linguistiques ainsi que l’accompagnement des établissements scolaires.

La réussite de cette politique dépendra également de la capacité à articuler efficacement les différentes langues d’enseignement et à garantir aux élèves une continuité pédagogique tout au long de leur parcours.

Avec ce premier Document de politique linguistique nationale, le Sénégal pose néanmoins les bases d’une nouvelle réflexion sur le rôle des langues dans l’éducation et la construction du capital humain. Une démarche qui pourrait contribuer à rapprocher davantage l’école des réalités du pays et à faire des langues nationales non seulement des instruments de transmission culturelle, mais également de véritables leviers de réussite scolaire, d’inclusion et de développement.

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Grand Magal de Touba 2026 : la cité religieuse se prépare à accueillir plus de six millions de pèlerins.

La ville sainte de Touba se prépare à accueillir, le dimanche 2 août 2026, une nouvelle édition du Grand Magal, correspondant au 18 Safar 1448 de l’Hégire. À quelques jours de ce grand rendez-vous religieux, les organisateurs anticipent une mobilisation exceptionnelle, avec plus de six millions de fidèles et de visiteurs attendus dans la capitale du mouridisme.

Selon Serigne Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma, président de la commission Culture et Communication du comité d’organisation, 6 594 000 participants avaient été recensés lors de l’édition précédente. Une fréquentation qui pourrait encore progresser cette année, dans la continuité d’une tendance observée depuis plus d’une décennie.

« Depuis 2011, nous effectuons un décompte des participants au Magal et nous enregistrons une progression moyenne de 5 % par an. Nous nous attendons à recevoir autant de monde, voire davantage cette année », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’APS.

Assainissement, voirie et mobilité au cœur des préparatifs

Face à l’augmentation constante du nombre de pèlerins, les autorités religieuses et les services de l’État intensifient les préparatifs afin d’assurer les meilleures conditions d’accueil et de séjour aux millions de visiteurs.

Plusieurs interventions sont actuellement menées dans des secteurs stratégiques, notamment l’assainissement, la voirie, l’hydraulique et la mobilité urbaine. Ces travaux visent à répondre aux besoins immédiats liés à l’organisation du Magal, mais également à renforcer durablement les infrastructures de la cité religieuse.

Cette édition intervient toutefois dans un contexte particulier. Prévu en pleine saison des pluies, le rassemblement pourrait être confronté à des difficultés supplémentaires liées aux précipitations, notamment en matière de circulation et d’évacuation des eaux dans certains quartiers de Touba.

Les services concernés devront ainsi redoubler de vigilance pour limiter les risques d’inondation et garantir la fluidité des déplacements pendant les jours précédant et suivant le Magal.

L’approvisionnement en eau, une priorité pour les autorités

La question de l’accès à l’eau potable figure également parmi les principales préoccupations liées à l’accueil d’une population temporaire de plusieurs millions de personnes.

Sur ce volet, les responsables de l’organisation se montrent toutefois rassurants. Selon Serigne Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, la ville dispose désormais d’une quarantaine de forages permettant de répondre aux besoins croissants de la population.

Le principal défi ne résiderait donc plus dans la capacité de production, mais dans la distribution et l’acheminement de l’eau vers les différents quartiers de la ville. Des dispositions ont ainsi été prises avec l’appui de l’Office des forages ruraux afin d’assurer une alimentation suffisante et régulière pendant la période du Magal.

Une dernière évaluation avant le grand rendez-vous

À l’approche de l’événement, les réunions de coordination se poursuivent entre le comité d’organisation, les autorités administratives et les différents services techniques de l’État.

Une ultime rencontre d’évaluation est prévue avant le 2 août. Elle doit permettre de faire le point sur l’état d’avancement des travaux et des engagements pris, tout en identifiant les éventuelles difficultés nécessitant des interventions de dernière minute.

L’objectif est de finaliser les dispositifs liés à la sécurité, à la mobilité, à l’assainissement, à l’eau et à l’accueil des pèlerins afin que le rassemblement se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Une célébration au rayonnement international

Au-delà de son importance spirituelle, le Grand Magal de Touba constitue un événement majeur de la vie sociale, culturelle et économique du Sénégal. Institué pour commémorer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba en 1895, ce rassemblement religieux attire chaque année des millions de fidèles venus de toutes les régions du Sénégal, mais également de nombreux pays d’Afrique et de la diaspora.

Avec une affluence qui pourrait dépasser une nouvelle fois les six millions de participants, l’édition 2026 confirme l’ampleur exceptionnelle prise par le Grand Magal au fil des années. Pour les organisateurs comme pour les autorités, le défi consiste désormais à accompagner cette croissance en renforçant les infrastructures et les services essentiels, tout en préservant le caractère spirituel et l’organisation particulière de ce grand rendez-vous du mouridisme.

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JOJ Dakar 2026 : le Sénégal renforce la mobilisation contre la pollution plastique.

À quelques semaines des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le Gouvernement sénégalais intensifie ses actions en faveur de la protection de l’environnement et de l’amélioration du cadre de vie. Le samedi 25 juillet 2026, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Aliou Gori Diouf, a donné le coup d’envoi d’une vaste opération de ramassage des déchets plastiques sur les plages des communes de Dalifort et de Hann Bel-Air.

Initiée par la Direction de la Réglementation environnementale et du Contrôle (DIREC), dans le cadre du projet SOLUPLAST, cette campagne a mobilisé les collectivités territoriales concernées, les services techniques de l’État, les organisations de la société civile ainsi que de nombreux habitants. L’objectif est double : contribuer à la préservation du littoral sénégalais et améliorer durablement le cadre de vie, à l’approche d’un événement international qui devrait accueillir des milliers de visiteurs et de délégations.

Faire de Dakar 2026 un rendez-vous sportif écoresponsable

Lors du lancement de l’opération, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a souligné l’importance de cette initiative dans la stratégie gouvernementale visant à faire des JOJ Dakar 2026 un modèle d’événement sportif respectueux des exigences environnementales.

Pour Dr Aliou Gori Diouf, l’organisation des Jeux représente une occasion de valoriser l’image du Sénégal et son célèbre esprit d’hospitalité. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’offrir aux athlètes, aux délégations et aux visiteurs un environnement propre, sain et conforme aux valeurs associées à la « Teranga ».

Cette démarche s’inscrit également dans une perspective plus large de sensibilisation à la protection des écosystèmes. La pollution plastique constitue en effet une menace majeure pour le littoral et les milieux marins, en raison de l’accumulation des déchets et de leurs conséquences sur la biodiversité et la qualité des espaces côtiers.

Une mobilisation citoyenne appelée à se poursuivre au-delà des Jeux

Le ministre a par ailleurs salué l’engagement des collectivités locales, des organisations de la société civile et des populations, dont la participation contribue à renforcer les efforts engagés pour préserver le littoral. Cette mobilisation collective apparaît comme un élément essentiel de la politique environnementale, alors que la lutte contre les déchets plastiques nécessite des actions coordonnées et une implication durable de l’ensemble des acteurs.

Au-delà de la seule préparation des JOJ Dakar 2026, l’opération vise ainsi à encourager l’adoption de comportements plus responsables en matière de gestion des déchets et de protection de l’environnement. Les autorités souhaitent que les efforts déployés à l’occasion des Jeux puissent produire des effets durables et contribuer à l’émergence d’une véritable culture citoyenne de préservation du cadre de vie.

À travers cette initiative, le Sénégal entend donc conjuguer l’organisation d’un grand rendez-vous sportif international avec la promotion d’un modèle de développement plus respectueux de l’environnement. Un enjeu qui dépasse largement le cadre des Jeux et qui vise à inscrire la protection du littoral et la lutte contre la pollution plastique dans la durée.

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Sénégal : Bassirou Diomaye Faye officialise le lancement de son parti « KIIRAAY – Les Patriotes Républicains »

Au sortir de la réorganisation de la majorité présidentielle et de sa rupture avec Ousmane Sonko, le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, passe à l’offensive. Ce samedi 25 juillet 2026 à Dakar, il a lancé « KIIRAAY – Les Patriotes Républicains », une formation politique destinée à structurer son camp et préparer les futures échéances électorales.

C’est dans le cadre feutré du King Fahd Palace de Dakar que s’est tenu le congrès constitutif transformant la coalition « Diomaye Président » en parti politique unifié. Devant ses partisans et les responsables de sa majorité, Bassirou Diomaye Faye a scellé l’acte de naissance de « KIIRAAY – Les Patriotes Républicains » (Kiiraay signifiant la protection/couverture en wolof), affichant la volonté de fédérer mouvements, partis et personnalités alliés sous une même bannière.

L’éthique et le service public comme pierres angulaires

Dans son discours d’orientation, le président de la République a tenu à poser des bases morales strictes pour ce nouvel appareil politique, promettant de privilégier la rigueur institutionnelle à l’ambition partisane :

« La maison KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, qui naît aujourd’hui, se donnera des règles avant de se donner des ambitions. Elle aura l’éthique pour fondation », a martelé le chef de l’État, ajoutant que « l’on y entrera pour servir et jamais pour se servir ».

Soucieux de répondre aux attentes de justice et de gouvernance vertueuse exprimées par la population, le président a rappelé que la nouvelle formation ne servirait en aucun cas de bouclier juridique pour ses membres : « Nul ne trouvera un abri contre ses fautes, car la justice de ce pays est et restera indépendante. »

De la même manière, la gestion financière interne du parti est promise à une totale transparence, avec des ressources publiques et identifiables où « l’argent gardera sa place, celle d’un moyen, jamais celle d’un maître ».

Cap sur les élections locales de 2027

Ce virage politique intervient dans un paysage institutionnel sénégalais en plein redécoupage. Après le compagnonnage historique et la séparation actée avec son premier ministre et allié Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye entend désormais se doter de son propre ancrage partisan et d’une machine électorale autonome.

En structurant « KIIRAAY », le pouvoir en place prépare en ligne de mire les élections locales prévues pour 2027. L’objectif affiché est d’implanter durablement la nouvelle formation sur l’ensemble du territoire national afin de bâtir une majorité solide pour la seconde moitié de son mandat.

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ONU : Macky Sall face aux autres prétendants à New York.

Les candidats au poste de secrétaire général des Nations Unies participent jeudi à New York à une réunion publique destinée à présenter leurs visions aux États membres et à la société civile. Parmi eux, l’ancien président sénégalais Macky Sall, dont la candidature bénéficie du soutien officiel de Dakar, entend franchir une nouvelle étape dans la bataille pour succéder à António Guterres.

Les candidats au poste de secrétaire général des Nations Unies prennent part jeudi à une réunion publique à New York, une nouvelle étape dans le processus de sélection du successeur d’António Guterres, auquel participe l’ancien président sénégalais Macky Sall, officiellement soutenu par Dakar.

Baptisée « Réunion publique des Nations Unies : le prochain secrétaire général » (UN Town Hall: The Next Secretary-General), cette rencontre se tient de 17h00 à 18h30 dans la salle de l’Assemblée générale de l’ONU. Elle offre aux candidats l’occasion d’échanger directement avec les États membres et la société civile sur les priorités et les défis auxquels devra répondre le prochain dirigeant de l’organisation.

Organisé par le Cabinet de la présidence de l’Assemblée générale des Nations Unies, cet événement vise également à renforcer la transparence du processus de sélection et à permettre au public de mieux comprendre les enjeux liés à cette succession.

Une procédure encadrée par l’Assemblée générale

La sélection du prochain secrétaire général de l’ONU s’inscrit dans une procédure fondée sur l’article 97 de la Charte des Nations Unies et encadrée par les résolutions de l’Assemblée générale relatives à la revitalisation de ses travaux.

Le 5 septembre 2025, l’Assemblée générale a adopté la résolution 79/327, qui définit les principes de sélection et de nomination du secrétaire général, notamment la transparence, l’inclusivité et l’implication des États membres.

La procédure a été officiellement lancée le 25 novembre 2025 par une lettre conjointe de la présidente de l’Assemblée générale et du président du Conseil de sécurité invitant les États membres à présenter leurs candidats.

Selon les règles établies, les candidatures doivent être présentées par un État membre ou un groupe d’États membres. Chaque prétendant doit fournir une déclaration de vision, un curriculum vitae ainsi que des informations relatives au financement de sa campagne.

Dans ce cadre, la présidence de l’Assemblée générale organise des dialogues interactifs avec les candidats, retransmis sur UN WebTV, afin de permettre aux États membres et au public de connaître leurs orientations.

Macky Sall, candidat soutenu par Dakar

Parmi les candidats en lice figure Macky Sall, ancien président du Sénégal (2012-2024), dont la candidature bénéficie depuis lundi du soutien officiel des autorités sénégalaises.

À la suite d’une rencontre tenue le 17 juillet au Palais de la République à Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a décidé que « le Sénégal va apporter son plein soutien » à la candidature de son prédécesseur, selon un communiqué du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères.

Le chef de l’État sénégalais a également demandé au gouvernement et au réseau diplomatique du pays de se mobiliser pour promouvoir cette candidature auprès des États membres des Nations Unies.

Macky Sall avait présenté officiellement sa candidature lors de cet entretien et exposé l’évolution de sa campagne internationale pour succéder à António Guterres, dont le mandat expire le 31 décembre 2026.

Sa campagne l’a conduit dans plusieurs capitales et centres diplomatiques, notamment à Banjul, Pékin et Athènes, ainsi qu’au siège des Nations Unies à New York où il a rencontré plusieurs représentants permanents.

Six candidatures officiellement enregistrées

La liste officielle des candidats comprend six personnalités : Macky Sall, présenté par le Burundi le 2 mars 2026 ; l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, initialement soutenue par le Chili, le Brésil et le Mexique ; le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Mariano Grossi, proposé par l’Argentine ; la secrétaire générale de la CNUCED Rebeca Grynspan, présentée par le Costa Rica ; l’ancienne présidente de l’Assemblée générale María Fernanda Espinosa, proposée par Antigua-et-Barbuda ; et l’ancienne ministre guyanaise des Affaires étrangères Carolyn Rodrigues Birkett, candidate présentée par le Guyana.

La candidate Virginia Gamba, désignée par les Maldives en mars 2026, a retiré sa candidature quelques semaines plus tard.

Les dialogues interactifs avec les candidats se sont déroulés en avril, juin et juillet 2026 sous l’égide de l’Assemblée générale. Macky Sall a notamment participé à cette audition le 22 avril.

Après cette phase publique, le Conseil de sécurité doit examiner les candidatures avant de formuler une recommandation à l’Assemblée générale. Le choix final reviendra à l’ensemble des États membres, conformément à la Charte des Nations Unies.

Le futur secrétaire général prendra ses fonctions au 1er janvier 2027, pour succéder à António Guterres, qui dirige l’organisation depuis 2017.

Source : APANews.

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Souveraineté pharmaceutique : Duopharm accélère la transformation de l’industrie du médicament au Sénégal.

Un nouveau siège et une future usine pour renforcer la production locale

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa quête de souveraineté pharmaceutique. Le groupe Duopharm a marqué, mardi 21 juillet, une double avancée stratégique avec l’inauguration de son nouveau siège à Rufisque Est et la pose de la première pierre de l’usine Défi Pharma. Deux projets qui ambitionnent de renforcer à la fois la distribution et la production locale de médicaments.

Présidées par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, les cérémonies ont réuni des représentants de l’Ordre des pharmaciens, des organisations syndicales et professionnelles du secteur, ainsi que des autorités publiques et des partenaires techniques et financiers.

Pour le ministre, ces réalisations constituent une véritable « révolution silencieuse » dans le secteur pharmaceutique. Elles pourraient contribuer à positionner progressivement le Sénégal comme un pôle régional de référence, à la faveur d’une industrie davantage intégrée et moins dépendante des importations.

Duopharm, quinze ans après : le pari de l’industrie pharmaceutique nationale

Le nouveau siège du groupe, réalisé grâce à un investissement de 7 milliards de FCFA, vient couronner quinze années de développement et de structuration de l’entreprise.

Pour la présidente du Conseil d’administration de Duopharm, Dr Sokhna Diagne Ndiaye, cette infrastructure représente l’aboutissement d’un pari porté depuis plusieurs années par les pharmaciens sénégalais : celui de construire collectivement un outil national de distribution pharmaceutique.

Le groupe revendique aujourd’hui une position importante sur le marché national. Avec 555 pharmaciens actionnaires, Duopharm détient environ 19 % de parts de marché, dessert plus de 1 200 officines et emploie 250 collaborateurs, dont 35 % de femmes.

Au-delà de son activité économique, l’entreprise met également en avant sa contribution aux finances publiques. Selon sa présidente, le groupe a versé 23 milliards de FCFA à l’État au cours des quinze dernières années.

Duopharm revendique par ailleurs un engagement dans le domaine social, avec plus de 150 millions de FCFA consacrés à des actions de lutte contre le cancer et au soutien à l’hôpital Dalal Jamm, notamment dans le domaine du diagnostic de l’infertilité.

Défi Pharma, un projet industriel de 23,3 milliards de FCFA

La deuxième étape de cette dynamique est incarnée par le projet Défi Pharma, dont la première pierre a été posée mardi.

Cette future unité industrielle, qui nécessitera un investissement de 23,3 milliards de FCFA, sera implantée sur un site de 2,5 hectares. Sa vocation sera de produire localement plusieurs catégories de médicaments afin de contribuer à réduire la dépendance du Sénégal aux importations.

À terme, l’usine devrait afficher une capacité annuelle de 450 millions de comprimés, 50 millions de gélules, 20 millions de flacons de sirop et 10 millions de tubes de pommade.

L’ambition affichée est de permettre au pays de couvrir 50 % de ses besoins en médicaments à l’horizon 2035, grâce au développement d’une production pharmaceutique nationale compétitive.

L’État vise jusqu’à 70 % de production locale

Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large de transformation de l’industrie pharmaceutique sénégalaise. Serigne Guèye Diop souhaite voir la part de la production locale atteindre progressivement 60 à 70 % des besoins nationaux au cours des dix prochaines années.

L’État entend accompagner cette transition, notamment à travers la mise en place d’un cadre réglementaire favorable et le soutien aux investissements industriels.

La recherche et l’innovation occuperont également une place centrale dans le dispositif. Selon Dr Sokhna Diagne Ndiaye, un laboratoire-école devrait être mis en place afin de favoriser la valorisation des ressources naturelles du pays et de rapprocher davantage l’industrie du monde universitaire.

« Il n’y a pas d’industrie durable sans recherche », a-t-elle souligné, plaidant ainsi pour une meilleure articulation entre la recherche scientifique, la formation et les besoins du secteur pharmaceutique.

Un projet créateur d’emplois et soutenu par des partenaires internationaux

Le projet Défi Pharma bénéficie également de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, parmi lesquels la Société financière internationale (SFI) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

Au-delà de la production de médicaments, le projet devrait générer 130 emplois directs qualifiés et environ 400 emplois indirects, contribuant ainsi au développement des compétences et à la création d’opportunités dans le secteur industriel.

Selon le calendrier annoncé, une première phase de conditionnement devrait démarrer à partir de juillet 2027, avant le lancement de la production industrielle prévu en mai 2028.

Avec ces deux investissements majeurs, Duopharm entend ainsi participer à une transformation structurelle du secteur pharmaceutique sénégalais. Pour les autorités comme pour les acteurs de l’industrie, l’enjeu dépasse désormais la seule réduction des importations : il s’agit de bâtir une véritable filière pharmaceutique nationale, capable de produire, d’innover et de répondre durablement aux besoins de santé des populations.