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Escalade au Moyen-Orient : le Sénégal exprime une vive inquiétude.

Dans un communiqué officiel publié le 28 février 2026, le gouvernement du Sénégal a fait part de sa « profonde préoccupation » face à la montée des tensions militaires au Moyen-Orient. Les autorités sénégalaises condamnent fermement le recours à la force et alertent sur les conséquences potentiellement graves de cette escalade pour la stabilité internationale.

Un appel pressant à la retenue et au cessez-le-feu

Fidèle à sa tradition diplomatique fondée sur le dialogue et la médiation, Dakar appelle l’ensemble des parties impliquées à observer un cessez-le-feu immédiat et à faire preuve de la plus grande retenue. Dans ce contexte, le ministère des Affaires étrangères insiste sur la primauté de la voie diplomatique, considérée comme « l’unique issue crédible et durable » à la crise.

Les autorités sénégalaises réaffirment également leur attachement au respect du droit international ainsi qu’aux principes consacrés par la Organisation des Nations unies, qu’elles jugent essentiels pour préserver la paix et la sécurité internationales.

Le Sénégal disposé à soutenir les initiatives de paix

Dans la continuité de ses positions, le Sénégal se dit prêt à appuyer toute initiative portée par la communauté internationale en faveur de la désescalade. Cette posture s’inscrit dans une volonté affirmée de contribuer activement aux efforts de stabilisation et de promotion de la paix dans une région marquée par des tensions récurrentes.

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Sénégal : le boom pétrolier de Sangomar face aux enjeux de redistribution

Le principal projet pétrolier offshore du Sénégal poursuit sa phase de montée en régime. Dans son rapport annuel 2025, la compagnie australienne Woodside Energy, opérateur du champ avec une participation de 82 %, fait état d’une production stabilisée autour de 100 000 barils par jour sur la majeure partie de l’année, avec un taux de fiabilité avoisinant les 99 %.

Entré en production en juin 2024, le champ de Sangomar s’impose progressivement comme un actif stratégique pour le pays. Depuis son démarrage, il aurait généré 2,6 milliards de dollars d’Ebitda pour la part de Woodside, traduisant, selon l’opérateur, une performance opérationnelle solide portée par une mise en production rapide et maîtrisée.

Une première année pleine de production rentable

L’année 2025 marque la première période complète d’exploitation et de commercialisation du projet. Sur cet exercice, la production attribuée à Woodside s’élève à 29,7 millions de barils équivalent pétrole, contre 13,3 millions en 2024, une année partielle marquée par les opérations de mise en service.

Cette montée en cadence s’est traduite par des revenus estimés à 1,9 milliard de dollars pour la compagnie australienne. Toutefois, aucune ventilation détaillée n’a été fournie concernant les parts revenant à l’État sénégalais ou à la société nationale Petrosen, laissant persister des zones d’ombre sur la répartition effective des revenus.

Des attentes élevées face à des recettes jugées modestes

La publication de ces résultats intervient dans un contexte de débat national sur les bénéfices réels des hydrocarbures pour l’économie sénégalaise. Lors d’une récente séance à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé ses réserves quant aux retombées budgétaires attendues.

Selon les projections gouvernementales, les recettes pétrolières devraient représenter environ 76 milliards de FCFA en 2026, sur un budget global estimé à 6 000 milliards de FCFA. Elles atteindraient près de 128,6 milliards de FCFA en 2027. Des montants jugés relativement faibles au regard des performances affichées par l’opérateur, ravivant les interrogations sur la structuration des contrats pétroliers et la capacité de l’État à capter une part significative de la rente.

Le chef du gouvernement a également mis en cause la gestion antérieure des ressources, évoquant des richesses insuffisamment valorisées dans les accords conclus par le passé.

Vers une deuxième phase de développement

Parallèlement, Woodside Energy indique étudier les options pour une éventuelle seconde phase de développement du champ. Celle-ci s’appuierait sur les infrastructures existantes, notamment le FPSO — unité flottante de production, de stockage et de déchargement — ainsi que sur les installations sous-marines déjà en place.

L’objectif affiché est d’optimiser la production, prolonger la durée de vie du champ et renforcer la création de valeur. Pour le Sénégal, l’enjeu sera désormais de transformer cette performance technique en gains économiques tangibles, dans un contexte de fortes attentes sociales autour de l’exploitation des ressources naturelles.

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Sénégal : un projet de loi controversé pour durcir la répression de l’homosexualité.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a présenté un projet de loi visant à renforcer significativement l’arsenal pénal encadrant les relations homosexuelles au Sénégal. Cette initiative intervient dans un contexte social et politique marqué par de vives tensions autour des questions de mœurs et de normes sociétales.

Un durcissement des peines et un élargissement du cadre légal

Le texte prévoit de porter les peines d’emprisonnement de 5 à 10 ans, contre 1 à 5 ans actuellement. Il introduit également une circonstance aggravante : la peine maximale serait systématiquement appliquée lorsque les faits impliquent un mineur.

Au-delà du renforcement des sanctions, le projet innove en intégrant une définition explicite de l’homosexualité dans le Code pénal. Il crée en outre un nouveau délit d’« apologie de l’homosexualité », passible de trois à sept ans de prison. Les personnes condamnées pourraient également être privées de leurs droits civiques pendant une durée de dix ans.

Une disposition contre les accusations infondées

Dans un contexte marqué par une multiplication des interpellations liées à des accusations d’homosexualité présumée, le texte introduit une mesure visant à sanctionner les dénonciations sans preuve. Ces dernières semaines, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, certaines étant également poursuivies pour des faits connexes, notamment la transmission volontaire du VIH.

Entre pressions sociales et critiques politiques

Le chef du gouvernement affirme s’être appuyé sur les propositions de l’organisation conservatrice And Samm Jikko Yi pour élaborer ce projet. Toutefois, l’initiative suscite des critiques au sein de l’opposition, qui reproche à l’exécutif de ne pas être allé jusqu’à criminaliser explicitement l’homosexualité, comme annoncé lors de la campagne électorale.

Ce débat législatif s’inscrit dans un climat social particulièrement tendu, marqué par l’influence croissante de mouvements religieux dans l’espace public et par des affaires sensibles, dont le démantèlement récent d’un réseau de pédocriminalité. Il met en lumière les lignes de fracture persistantes au sein de la société sénégalaise sur les questions liées aux libertés individuelles et aux valeurs culturelles.

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Sénégal : l’État resserre l’encadrement du marché de la pomme de terre locale.

Le Sénégal renforce sa politique de régulation agricole en durcissant les règles encadrant la commercialisation de la pomme de terre locale. Dans une lettre circulaire datée du 25 février 2026, le ministère de l’Industrie et du Commerce annonce la suspension, à partir du 28 février, de la mise en vente des pommes de terre par les agro-industries, et ce jusqu’à nouvel ordre.

Une mesure pour accompagner l’arrivée des récoltes locales

Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’arrivée progressive des productions issues des exploitations familiales sur le marché national. Elle s’inscrit dans le prolongement du gel des importations décrété le 16 janvier 2025, visant à protéger la production nationale.

Face à l’afflux de l’offre locale, les autorités redoutent des difficultés d’écoulement pour les petits producteurs, souvent dépourvus de capacités de stockage adéquates. Sans régulation, cette situation pourrait entraîner des pertes post-récolte importantes et une baisse des prix préjudiciable à la rentabilité des exploitations.

Préserver l’équilibre entre industriels et producteurs

À travers cette suspension temporaire, les pouvoirs publics entendent instaurer une meilleure articulation entre les agro-industries et les petits exploitants. L’objectif est de permettre à ces derniers d’écouler leurs stocks dans des conditions plus favorables, avant une reprise progressive des activités des unités industrielles.

Cette approche vise à corriger les déséquilibres structurels du marché, où la concurrence des acteurs disposant de capacités logistiques supérieures peut fragiliser les producteurs les plus vulnérables.

Un dispositif de régulation renforcé

Le ministère annonce par ailleurs la mise en place d’un suivi régulier des prix afin de prévenir toute spéculation et de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs.

Les entreprises ne disposant pas d’infrastructures de conservation sont invitées à se rapprocher de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM), qui mettra à disposition des capacités de stockage, notamment en chambres froides.

Autre mesure importante : tout transport de pommes de terre devra désormais être accompagné d’une lettre de voiture signée par l’ARM, renforçant ainsi la traçabilité et le contrôle des flux sur le marché.

Soutenir durablement la filière agricole nationale

À travers cet encadrement renforcé, les autorités sénégalaises réaffirment leur volonté de soutenir les exploitations familiales, considérées comme un pilier essentiel de la filière agricole.

Au-delà de la gestion conjoncturelle de la campagne, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté alimentaire, visant à structurer durablement les chaînes de valeur agricoles et à sécuriser les revenus des producteurs locaux.

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Coopération artisanale : le Sénégal partage son modèle avec la République centrafricaine.

Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a reçu ce mercredi, au Musée des Civilisations Noires, une délégation officielle de la République Centrafricaine en mission de travail au Sénégal. Cette visite s’inscrit dans le processus d’opérationnalisation de la future Chambre nationale des métiers artisanaux centrafricaine.

Une mission d’apprentissage et de partage d გამოცდილ

Conduite par le ministre centrafricain des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion du secteur privé, Hyppolite Jean Paul Ngate Robard, la délégation comprenait plusieurs hauts responsables, dont la directrice générale de la Promotion du secteur privé, Jeannick Assas Mbilaut, ainsi que le directeur de l’Artisanat, Donald Fabrice Ngbokoli Mokombo.

Au cœur des échanges : le modèle sénégalais d’organisation et de gouvernance des Chambres de métiers. Les autorités centrafricaines ont ainsi pu s’imprégner du cadre juridique et institutionnel structurant le secteur artisanal au Sénégal, mais aussi des dispositifs d’accompagnement, de formalisation et de professionnalisation des acteurs.

Un cadre institutionnel mobilisé

La rencontre s’est tenue en présence du secrétaire d’État chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Bakary Sarr, de la directrice de l’Artisanat, Dr Marie Ndeye Gnilane Diouf, du coordonnateur du Projet Mobilier national, Ibrahima Tall, ainsi que de plusieurs responsables techniques du ministère.

Cette mobilisation institutionnelle témoigne de l’importance accordée par les autorités sénégalaises au secteur artisanal, considéré comme un levier de développement économique, de création d’emplois et de valorisation des savoir-faire locaux.

Vers une structuration du secteur artisanal centrafricain

À travers cette mission d’échanges, la République centrafricaine ambitionne de se doter d’une Chambre nationale des métiers pleinement fonctionnelle, capable d’assurer la représentation, l’organisation et la promotion des artisans à l’échelle nationale.

Pour le Sénégal, cette initiative illustre la vitalité d’une coopération Sud-Sud fondée sur le partage d’expériences et le renforcement des capacités. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de valorisation des industries culturelles et artisanales africaines, dans un contexte où ces secteurs sont de plus en plus reconnus comme des piliers de croissance inclusive sur le continent.

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Sénégal–Conseil de l’Europe : vers un partenariat renforcé autour des valeurs démocratiques.

Le Sénégal et le Conseil de l’Europe affichent leur volonté commune de renforcer leur coopération institutionnelle et interculturelle. Cette ambition a été réaffirmée en marge du segment de haut niveau de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, tenue le 23 février 2026 à Genève.

Une rencontre diplomatique de haut niveau

À cette occasion, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, s’est entretenu avec le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset. Les échanges ont porté sur les perspectives de coopération entre les deux espaces, dans un contexte international marqué par des défis croissants en matière de gouvernance et de respect des droits fondamentaux.

Des valeurs communes au cœur du rapprochement

Selon le ministère sénégalais des Affaires étrangères, les discussions ont mis en évidence un intérêt partagé pour un approfondissement du partenariat entre l’Afrique et l’Europe. Ce rapprochement repose notamment sur des principes communs tels que la démocratie, l’État de droit et la promotion des droits humains.

Les deux parties ont ainsi convenu de promouvoir un dialogue institutionnel et interculturel renforcé, en s’appuyant sur une coopération accrue entre organisations régionales.

Une dynamique de coopération stratégique

Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large de consolidation des relations euro-africaines, fondée sur la solidarité internationale et la recherche de réponses concertées aux enjeux globaux.

À travers ce dialogue renforcé, Dakar et Strasbourg entendent poser les bases d’un partenariat stratégique durable, susceptible de contribuer à la stabilité institutionnelle et au développement des sociétés des deux continents.

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Sénégal : un projet de loi visant à durcir la répression des « actes contre nature » adopté en Conseil des ministres.

Le gouvernement du Sénégal, dirigé par le Pastef, a adopté en Conseil des ministres, mercredi 18 février, un projet de loi visant à durcir la législation sur l’homosexualité, conformément à une promesse électorale du parti au pouvoir.

Le texte modifie l’article 319 du Code pénal et propose d’augmenter considérablement les peines pour les personnes reconnues coupables d’« actes contre nature ». Les peines de prison pourraient désormais atteindre dix ans, contre cinq ans actuellement, tandis que les amendes maximales passeraient de 1,5 million à 10 millions de F CFA.

Extension des sanctions à l’apologie des relations homosexuelles

La nouveauté majeure du projet réside dans l’extension de la répression aux organisations et individus qui feraient l’« apologie » des relations homosexuelles. Selon Amadou Ba, ministre de la Culture, cette disposition concerne notamment les films, programmes télévisés, publications ou écrits promouvant la philosophie LGBT, jugée contraire aux mœurs, coutumes et culture sénégalaises.

Le texte introduit également des sanctions contre les accusations infondées d’homosexualité. Toute « dénonciation calomnieuse » serait punie de deux à trois ans de prison et d’une amende comprise entre 200 000 et 500 000 F CFA, afin de limiter les abus et préserver la présomption d’innocence.

Un processus législatif encore en cours

Pour entrer en vigueur, ce projet de loi doit encore être soumis à l’examen et à l’adoption de l’Assemblée nationale du Sénégal. Il s’inscrit dans un contexte de débats intenses autour des droits humains et des normes socioculturelles, alors que la criminalisation de l’homosexualité reste l’un des sujets les plus sensibles de la société sénégalaise.

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Eau et assainissement : le Sénégal désigné hôte du Congrès africain de 2028.

Le Sénégal a officiellement été investi pays hôte du Congrès africain de l’eau 2028, au terme d’un processus salué comme une réussite diplomatique et institutionnelle. L’annonce, relayée par la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES), consacre le retour de ce rendez-vous continental à Dakar, 32 ans après l’édition de 1994.

Les symboles traditionnels de transmission — la pirogue et la pagaie — ont été remis au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, marquant officiellement le passage de témoin et l’ouverture d’un nouveau cycle pour la gouvernance de l’eau en Afrique.

Une passation symbolique entre Yaoundé et Diamniadio

La cérémonie de remise s’est tenue à Yaoundé, au Palais des Congrès, avant une transmission officielle organisée en marge d’une rencontre à Diamniadio. Ce double temps fort illustre à la fois la dimension continentale de l’événement et l’ancrage national de sa préparation.

Le directeur général de la SONES, Abdoul Niang, également président du Comité Sénégal, a salué l’implication du ministre, soulignant le rôle déterminant joué par ce dernier dans le repositionnement stratégique du pays. Présent à Yaoundé, Cheikh Tidiane Dièye y participait également en sa qualité de président du Conseil des ministres africains en charge de l’eau, renforçant la portée institutionnelle de la candidature sénégalaise.

Une mise en scène artistique porteuse de sens

Parmi les temps forts de cette investiture, la présentation d’une fresque réalisée par le Cameroun a retenu l’attention. L’œuvre illustre un itinéraire symbolique « de Douala à Dakar », mettant en scène une pirogue voguant vers le Monument de la Renaissance africaine, en passant par le monument « J’aime mon pays le Cameroun » à Yaoundé.

Cette représentation artistique, accompagnée d’une performance de l’Ensemble lyrique traditionnel, met en avant la pirogue et la pagaie comme des symboles de continuité, de leadership et de coopération. Elle traduit une ambition partagée : naviguer collectivement vers des solutions durables en matière d’eau et d’assainissement sur le continent.

Dakar 2028 en ligne de mire

 

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Au-delà de l’organisation logistique, les autorités sénégalaises entendent faire de ce congrès une plateforme stratégique pour débattre des défis liés à l’accès à l’eau, au financement des infrastructures et à la résilience face aux changements climatiques.

Avec cette désignation officielle, le Sénégal se projette vers 2028 avec l’ambition de positionner Dakar comme un hub africain de réflexion, d’innovation et de décisions autour des enjeux hydriques. Un rendez-vous continental qui s’annonce déterminant pour l’avenir de « l’Afrique de l’eau ».

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Sénégal : lancement d’un projet stratégique pour la conservation des produits horticoles.

Le Sénégal accélère sa stratégie de souveraineté alimentaire avec la pose, ce mardi 17 février 2026 à Thiès, de la première pierre d’un réseau de stockage frigorifique et sous atmosphère contrôlée destiné à préserver 250 000 tonnes de produits horticoles. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a supervisé cette étape clé du projet Agricool, dont l’objectif est de sécuriser les stocks d’oignons (200 000 tonnes) et de pommes de terre (50 000 tonnes) et de réduire drastiquement les pertes post-récolte.

Un projet stratégique au service de la souveraineté alimentaire

Pour le ministre, ce projet dépasse la simple dimension infrastructurelle : il représente un levier d’innovation, de modernisation et de croissance pour le secteur agricole et agroalimentaire du pays. « Chaque pierre posée aujourd’hui symbolise notre détermination à garantir des revenus stables aux producteurs, à renforcer notre indépendance alimentaire et à bâtir un système agricole résilient et performant », a-t-il expliqué.

Selon lui, le développement d’infrastructures modernes de stockage est également un facteur clé pour faciliter l’accès au financement, sécuriser les investissements et renforcer la confiance des partenaires économiques. Il a insisté sur l’importance de disposer de ressources optimisées et de marchés régulés, afin de dynamiser les chaînes de valeur agricoles et de transformer les pertes post-récolte en opportunités de croissance.

Un déploiement national progressif et ambitieux

La première phase, située dans le village de Ngomène (commune de Keur Moussa), marque le démarrage d’un cycle vertueux de développement. À terme, 2 500 tonnes supplémentaires seront ajoutées d’ici 2027, renforçant le dispositif national de conservation et la compétitivité des filières horticoles. Par ailleurs, le marché de Noto sera modernisé avec le soutien de la coopération japonaise, pour un investissement de 4 milliards de FCFA, améliorant la commercialisation, réduisant les pertes et offrant un cadre moderne aux producteurs et commerçants.

Une réponse aux enjeux de souveraineté alimentaire

Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a rappelé que l’initiative répond à un enjeu majeur pour le pays. « Nos secteurs agricoles et industriels représentent plus de 80 % de l’emploi national, mais nous perdons encore plus du tiers de nos récoltes, faute d’infrastructures adaptées pour conserver les produits frais, notamment horticoles », a-t-il souligné.

L’ensemble de ces mesures traduit une vision cohérente : structurer la chaîne de valeur, de la production à la mise en marché, pour renforcer l’efficacité, la transparence et les revenus des acteurs économiques.

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Le Sénégal engage une dynamique structurée vers l’autosuffisance en blé

Le Sénégal amorce un tournant stratégique dans sa politique agricole. Longtemps dépendant des importations pour couvrir ses besoins en blé, le pays affiche désormais une ambition claire : produire localement une part significative de cette céréale essentielle à la consommation nationale.

Cette orientation a été réaffirmée par le chercheur Amadou Tidiane Sall, de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), à l’occasion d’une visite de terrain dans la zone de Dagana, au nord du pays. L’information a été relayée par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Une dépendance structurelle coûteuse

Le blé constitue la deuxième céréale la plus consommée au Sénégal, derrière le riz. Pain, pâtes alimentaires, farine industrielle : la demande nationale est soutenue et en constante progression.

Pourtant, la production locale demeure marginale. Le pays importe chaque année plusieurs centaines de milliers de tonnes de blé, représentant une facture estimée à plus de 150 milliards de francs CFA. Cette dépendance expose l’économie nationale aux fluctuations des marchés internationaux, aux tensions géopolitiques et aux perturbations logistiques mondiales.

Dans un contexte marqué par la volatilité des prix et les crises d’approvisionnement, la question n’est plus seulement agricole : elle est stratégique.

Des expérimentations techniques encourageantes

Pour inverser la tendance, des essais de culture de blé sont en cours dans la vallée du fleuve Sénégal, notamment sur des périmètres irrigués. L’approche repose sur :

  • l’introduction de variétés adaptées aux conditions agroclimatiques locales,

  • la maîtrise de l’irrigation,

  • l’accompagnement technique des producteurs.

L’ISRA a déjà homologué plusieurs variétés de blé tendre et de blé dur adaptées au contexte sénégalais. Les premiers résultats sont jugés prometteurs, démontrant que, malgré un climat tropical, une production viable est envisageable sous irrigation contrôlée.

Il ne s’agit pas d’une expérimentation symbolique, mais d’une démarche structurée visant à tester la rentabilité, la productivité et la durabilité du modèle.

Enjeux économiques et souveraineté alimentaire

Au-delà de la performance agronomique, l’enjeu est double :

  1. Réduction du déficit commercial : substituer progressivement les importations par une production nationale.

  2. Renforcement de la souveraineté alimentaire : sécuriser l’approvisionnement en produits de base.

La stratégie s’inscrit dans une vision plus large de transformation agricole, où la recherche scientifique, les politiques publiques et l’investissement privé doivent converger.

Toutefois, atteindre l’autosuffisance complète à court terme reste un défi ambitieux. Les contraintes sont réelles : compétitivité face au blé importé, coûts de production, structuration de la filière, mécanisation, accès aux intrants et financement.

La réussite du projet dépendra donc d’une coordination rigoureuse entre l’État, les instituts de recherche, les producteurs et les industriels meuniers.

Une ambition réaliste, mais progressive

L’objectif affiché n’est pas une rupture brutale avec les importations, mais une montée en puissance progressive. L’expérience d’autres filières agricoles montre que la durabilité repose sur la planification, la discipline et la constance dans l’exécution.

Le Sénégal pose ainsi les bases d’une politique agricole plus résiliente, ancrée dans l’innovation locale et la valorisation de ses ressources hydriques.

Le chantier est exigeant. Mais il répond à une évidence économique : produire ce que l’on consomme renforce non seulement l’économie, mais aussi la souveraineté.