BRT DAKAR 07 11 a 01 20 09 360x320

Sénégal : le Cetud renforce le transport urbain face à la grève des transporteurs.

Le Conseil exécutif des Transports urbains durables (Cetud) a annoncé la mise en place de mesures exceptionnelles pour assurer la continuité du service public de transport dans la région de Dakar, en réaction à la grève des transporteurs prévue du 30 mars au 1er avril 2026 sur l’ensemble du territoire national.

Une offre de transport renforcée et prolongée

Sous l’impulsion du ministère des Transports terrestres et aériens, le Cetud a décidé de renforcer l’offre de transport urbain, avec notamment une prolongation des horaires d’exploitation jusqu’à 22 heures sur les principales lignes du réseau.

Cette mesure vise à limiter l’impact du mouvement social sur les déplacements quotidiens des populations, dans un contexte de forte dépendance au transport collectif dans la capitale sénégalaise.

Une mobilisation des principaux opérateurs

Dans un communiqué publié lundi, le Cetud indique que l’ensemble des opérateurs du réseau urbain est mobilisé. Sont notamment concernés :

  • Dakar Dem Dikk ;
  • Association de financement des transports urbains ;
  • Dakar Mobilité, en charge du Bus Rapid Transit (BRT).

Selon les autorités, ces acteurs sont engagés à répondre aux besoins de mobilité des usagers malgré les perturbations annoncées.

Un service globalement maintenu malgré des perturbations

Concernant le réseau exploité par les opérateurs affiliés à l’AFTU, environ 98 % du service est assuré, même si des perturbations ponctuelles ont été signalées dans certaines gares routières.

Dispositif sécuritaire et appel au dialogue

Afin de garantir la sécurité des usagers et du personnel, les forces de défense et de sécurité ont été déployées. Le Cetud appelle par ailleurs les différentes parties à privilégier le dialogue et la concertation, dans l’intérêt des populations.

Ces mesures s’inscrivent dans une volonté des autorités de préserver la continuité du service public et de limiter les conséquences socio-économiques de la grève sur les activités quotidiennes à Dakar.

600341885 1198880939053300 4965273238497097192 n 360x320

Sénégal : l’aéroport de Ziguinchor attendu pour le 30 avril 2026.

Le ministre des Infrastructures, Dethié Fall, a confirmé l’ouverture de l’aéroport de Ziguinchor prévue le 30 avril 2026, réaffirmant l’engagement de l’État à respecter ce calendrier. Cette annonce intervient à l’issue d’une tournée dans le sud du pays, au cours de laquelle les autorités ont assuré que les travaux progressent conformément aux exigences de coût, de délai et de qualité.

Une modernisation accélérée des infrastructures aéroportuaires

Le ministre s’exprimait lors de la cérémonie d’inauguration du salon d’honneur de l’Aéroport international Blaise Diagne, où il a mis en avant la volonté du gouvernement d’accélérer la modernisation du réseau aéroportuaire national.

Dans cette dynamique, une visite de terrain est prévue le 7 avril, en présence du ministre des Transports aériens, afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux à Ziguinchor.

Une ouverture symbolique et opérationnelle

L’ouverture officielle pourrait être marquée par l’atterrissage d’un avion transportant de hautes autorités, soulignant la portée stratégique de cette infrastructure pour la région sud. Dès le 1er mai 2026, un vol commercial inaugural est également annoncé, traduisant la volonté des autorités de rendre rapidement l’aéroport pleinement opérationnel.

Un levier de développement pour la Casamance

Selon Dethié Fall, l’aéroport de Ziguinchor jouera un rôle déterminant dans le désenclavement de la Casamance, facilitant la mobilité des personnes et des biens, tout en stimulant le développement économique local, notamment dans les secteurs du tourisme et du commerce.

D’autres projets structurants en perspective

Au-delà de Ziguinchor, le gouvernement poursuit ses efforts de modernisation avec des projets d’extension de l’aéroport de Saint-Louis, ainsi que la relance du programme de reconstruction de plusieurs infrastructures aéroportuaires, notamment à Matam et Ourossogui.

Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie globale visant à renforcer la connectivité du territoire et à soutenir la croissance économique du Sénégal.

Aux martyrs de Thiaroye 360x320

Massacre de Thiaroye : l’État français condamné pour avoir dissimulé la mort d’un tirailleur africain

Plus de 80 ans après les faits, l’histoire du Massacre de Thiaroye continue de révéler ses zones d’ombre. La justice française vient de reconnaître la responsabilité de l’État pour avoir dissimulé les circonstances exactes de la mort d’un tirailleur africain tué lors de cette tragédie coloniale survenue en 1944 au Sénégal. 

Une décision judiciaire symbolique

Le tribunal administratif de Paris a condamné l’État français pour ne pas avoir entrepris toutes les démarches nécessaires afin d’éclaircir les circonstances du décès d’un tirailleur africain abattu lors du massacre. La justice estime que les autorités françaises ont manqué à leur devoir d’information et ont entretenu pendant des décennies une version incomplète, voire trompeuse, des faits. 

Dans cette affaire, le soldat avait été présenté à tort comme un « déserteur » dans les archives militaires. La décision du tribunal reconnaît désormais que cette version officielle a contribué à masquer la réalité de sa mort. L’État français a été condamné à verser 10 000 euros de réparation morale à son fils. 

Le drame de Thiaroye, une page sombre de l’histoire coloniale

Le massacre remonte au 1er décembre 1944, dans le camp militaire de Thiaroye, près de Dakar. Des tirailleurs africains, anciens prisonniers de guerre revenus d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, réclamaient le paiement de leurs soldes et indemnités promises par l’armée française. 

Face à cette revendication, la répression fut brutale. Les forces coloniales françaises ouvrirent le feu sur les soldats africains. Le bilan officiel a longtemps évoqué 35 morts, mais plusieurs historiens estiment que le nombre réel de victimes pourrait atteindre plusieurs centaines. 

Une bataille mémorielle toujours en cours

Pendant des décennies, les circonstances exactes du massacre ont été contestées. Des familles de tirailleurs et des chercheurs ont dénoncé un silence institutionnel et une sous-évaluation du nombre de victimes.

La décision judiciaire récente marque donc un tournant symbolique. Elle constitue une première reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la dissimulation d’une partie de la vérité sur cet épisode tragique de l’histoire coloniale. 

Vers une reconnaissance plus complète ?

Cette condamnation relance les appels à une transparence totale sur les archives et à une reconnaissance plus large du massacre. Au Sénégal comme ailleurs en Afrique, le souvenir de Thiaroye reste profondément ancré dans la mémoire collective, symbole du sacrifice de soldats africains qui ont combattu pour la France avant d’être victimes d’une répression sanglante.

Plus de huit décennies après les faits, la quête de vérité et de justice autour du massacre de Thiaroye se poursuit, portée par les familles des victimes, les historiens et les défenseurs de la mémoire coloniale.

95516891 66778568 360x320

Sénégal : Ousmane Sonko réaffirme ses priorités lors de son séjour en Casamance.

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, est attendu à Dakar ce lundi 23 mars, au terme d’un séjour en Casamance où il a pris part aux célébrations de la Korité. À Ziguinchor, sa ville d’origine, le chef du gouvernement a profité de cette occasion pour adresser ses vœux à la nation et revenir sur plusieurs dossiers stratégiques.

Souveraineté nationale : une ligne assumée

Intervenant au lendemain de la prière marquant la fin du Ramadan, Ousmane Sonko a réaffirmé son attachement à la souveraineté du pays, notamment sur le plan économique et politique. Il a réagi à l’annonce d’une possible révision de certains financements étrangers, évoquée par Cécile Neven, dans un contexte de tensions autour de la législation sénégalaise.

Le Premier ministre a adopté un ton ferme, indiquant que le Sénégal pourrait lui-même demander la fin de certains partenariats financiers, affirmant la volonté des autorités de privilégier des choix conformes aux aspirations nationales.

Justice : appel à une accélération des procédures

Sur le plan judiciaire, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’accélérer la reddition des comptes. Sans citer explicitement de responsables, il a dénoncé la persistance de dysfonctionnements et de dossiers en suspens.

Le chef du gouvernement a appelé à une application rigoureuse et équitable de la justice, estimant que la confiance des citoyens dépend de la capacité des institutions à traiter efficacement les affaires en attente, quel que soit le statut des personnes concernées.

Casamance : entre sécurité et dialogue

Évoquant la situation en Casamance, région marquée par des opérations militaires visant à démanteler des cultures illicites, notamment de cannabis, Ousmane Sonko s’est dit ouvert à une approche combinant fermeté et dialogue. Il a notamment évoqué la possibilité d’engager des discussions avec certains groupes impliqués dans ces activités, dans une logique de stabilisation durable.

Relance des infrastructures : réouverture annoncée de l’aéroport de Ziguinchor

Enfin, le Premier ministre a annoncé la réouverture de l’aéroport de Aéroport de Ziguinchor d’ici la fin du mois d’avril, après des travaux de rénovation. Cette infrastructure stratégique devrait contribuer à désenclaver davantage la région et à soutenir son développement économique.

À travers cette prise de parole, Ousmane Sonko réaffirme les axes prioritaires de l’action gouvernementale, entre souveraineté, justice et développement territorial, dans un contexte de fortes attentes au sein de l’opinion publique.

Permis mine 360x320

Gouvernance extractive : le Sénégal s’impose comme une référence mondiale de transparence

Le Sénégal continue de renforcer sa crédibilité sur la scène internationale en matière de gouvernance des ressources naturelles. Le pays est désormais considéré comme l’un des modèles mondiaux en matière de transparence dans la gestion du secteur extractif.

Cette reconnaissance s’inscrit dans le cadre des efforts menés pour améliorer la gouvernance des industries extractives, notamment dans les secteurs du pétrole, du gaz et des mines. Le Sénégal s’est illustré par la mise en œuvre rigoureuse des principes de l’Extractive Industries Transparency Initiative (EITI), une norme internationale visant à promouvoir la transparence et la responsabilité dans la gestion des revenus issus des ressources naturelles.

Une gouvernance axée sur la transparence

Depuis plusieurs années, le Sénégal s’est engagé dans une politique visant à rendre plus transparentes les activités du secteur extractif. Cela passe par la publication régulière des revenus générés par les industries minières et pétrolières, ainsi que par la communication des contrats et des données relatives aux projets.

Cette démarche vise à renforcer la confiance entre l’État, les entreprises et les citoyens, tout en garantissant une meilleure gestion des ressources naturelles du pays.

Un enjeu stratégique pour l’économie

La question de la gouvernance extractive est devenue centrale pour le Sénégal, notamment avec l’entrée du pays dans l’ère de la production pétrolière et gazière. Les projets offshore comme ceux liés au bassin de Sangomar et au champ gazier de Grand Tortue Ahmeyim représentent des opportunités économiques majeures pour le pays.

Dans ce contexte, la transparence apparaît comme un élément clé pour assurer une gestion durable de ces nouvelles ressources et éviter les dérives souvent observées dans certains pays riches en matières premières.

Une reconnaissance internationale

La performance du Sénégal en matière de gouvernance extractive lui permet aujourd’hui de se positionner comme une référence à l’échelle internationale. Cette reconnaissance renforce l’attractivité du pays auprès des investisseurs et contribue à consolider son image de partenaire fiable dans le secteur des ressources naturelles.

Pour les autorités sénégalaises, l’objectif reste clair : faire en sorte que l’exploitation des ressources naturelles devienne un levier de développement économique durable et bénéficie réellement aux populations.

Ousmane Sonko 360x320

Emploi au Sénégal : les leviers d’Ousmane Sonko pour accélérer l’insertion des jeunes

Face à l’urgence du chômage, notamment chez les jeunes, le gouvernement sénégalais entend intensifier ses actions pour favoriser l’insertion professionnelle et stimuler la création d’opportunités économiques. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment présenté plusieurs axes stratégiques visant à répondre à ce défi majeur pour le pays.

Miser sur la formation et l’adéquation avec le marché du travail

L’un des principaux leviers identifiés par le gouvernement repose sur le renforcement de la formation professionnelle. L’objectif est d’adapter les compétences des jeunes aux besoins réels du marché du travail, notamment dans les secteurs porteurs comme l’agriculture, l’industrie, le numérique et les services.

Selon le Premier ministre, il est essentiel de réduire le décalage entre les formations disponibles et les attentes des entreprises, afin de faciliter l’accès des jeunes à l’emploi.

Encourager l’entrepreneuriat et l’auto-emploi

Au-delà de l’emploi salarié, l’exécutif sénégalais souhaite également promouvoir l’entrepreneuriat comme un moteur de création d’emplois. Des dispositifs d’accompagnement, de financement et de formation devraient être renforcés pour soutenir les initiatives des jeunes entrepreneurs.

Cette orientation vise à encourager l’auto-emploi et à favoriser l’émergence de petites et moyennes entreprises capables de dynamiser l’économie locale.

Mobiliser les secteurs stratégiques de l’économie

Le gouvernement mise également sur le développement de secteurs à fort potentiel pour générer de nouveaux emplois. L’agriculture, l’économie numérique, l’industrialisation et les projets liés aux ressources naturelles figurent parmi les domaines prioritaires.

Ces secteurs sont perçus comme des moteurs capables de créer des opportunités durables et d’absorber une partie importante de la main-d’œuvre.

Une priorité nationale pour le développement

Pour Ousmane Sonko, la question de l’emploi est au cœur du développement économique et social du Sénégal. L’amélioration de l’insertion professionnelle constitue ainsi un pilier central des politiques publiques visant à réduire la précarité et à renforcer la stabilité économique.

Dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et une demande croissante d’emplois, la réussite de ces réformes sera déterminante pour l’avenir économique du pays.

Joie Senegal 360x320

CAN 2025 : le Sénégal conteste la décision de la CAF et annonce un recours.

La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a réagi à la décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) concernant la finale de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc.

Dans un communiqué publié le 17 mars 2026, l’instance sénégalaise indique « prendre acte » de la décision ayant conduit à attribuer officiellement le titre au Maroc sur tapis vert (3-0), à la suite des incidents ayant perturbé la rencontre.

Une décision contestée par Dakar

Cette issue tranche avec le résultat initial du match, remporté sur le terrain par la sélection sénégalaise avant l’interruption liée aux tensions survenues en fin de partie. La décision de la CAF fait suite à un recours introduit par la Fédération royale marocaine de football, finalement jugé recevable par le Jury d’appel.

L’instance continentale considère que le comportement de l’équipe sénégalaise constitue une infraction aux règlements, notamment en matière d’abandon de match. En conséquence, le Sénégal a été déclaré forfait, entraînant l’homologation du score de 3-0 en faveur du Maroc.

La FSF dénonce une décision « inique »

Dans sa réaction officielle, la Fédération sénégalaise de football a vivement critiqué cette décision, qu’elle qualifie d’« inique, sans précédent et inacceptable ». Elle estime qu’un tel verdict porte atteinte à la crédibilité des compétitions africaines et jette le discrédit sur la gouvernance du football continental.

Un recours annoncé devant le Tribunal arbitral du sport

Face à cette situation, la FSF annonce son intention de saisir « dans les plus brefs délais » le Tribunal arbitral du sport (TAS), juridiction compétente pour trancher les litiges sportifs internationaux.

L’instance sénégalaise affirme vouloir faire valoir ses droits dans le respect des procédures, tout en réitérant son attachement aux principes d’intégrité et de justice sportive.

Une affaire appelée à se poursuivre

Ce recours ouvre un nouveau chapitre dans ce dossier, qui dépasse désormais le cadre continental. En attendant une éventuelle décision du TAS, cette affaire continue d’alimenter les débats autour de la gestion des compétitions africaines et du respect des règlements en situation de crise.

653973534 1421223236711039 613495615510195436 n653702538 1421223260044370 4786443564113489460 n

1 Photo Us 1200x798 1 360x320

Coopération sanitaire : le Sénégal et les États-Unis concluent un accord de 54 milliards de FCFA.

Le Sénégal et les États-Unis ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération sanitaire avec la signature, le 13 mars à Dakar, d’un protocole d’accord bilatéral d’une valeur de 90 millions de dollars, soit environ 54 milliards de francs CFA.

D’une durée de cinq ans, ce partenariat stratégique vise à renforcer la souveraineté sanitaire du Sénégal à travers des investissements ciblés dans plusieurs domaines prioritaires de la santé publique.

Un partenariat renforcé pour consolider le système de santé

Selon un communiqué de l’ambassade des États-Unis au Sénégal, cet accord marque une étape importante dans la coopération sanitaire entre les deux pays, qui dure depuis plus de deux décennies. L’objectif est de soutenir le renforcement du système de santé sénégalais, de prévenir la propagation des maladies infectieuses et d’améliorer les indicateurs sanitaires à l’échelle nationale.

Ce nouveau cadre de collaboration repose sur une vision commune des deux gouvernements : sauver des vies, garantir un financement durable du secteur de la santé et soutenir les priorités sanitaires nationales. Parmi les axes d’intervention figurent notamment la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme, la surveillance des maladies et la préparation aux épidémies.

Un financement partagé entre Washington et Dakar

Dans le cadre de ce protocole d’accord, le Département d’État américain, avec l’appui du Congrès, prévoit de mobiliser jusqu’à 63 millions de dollars, soit environ 37,8 milliards de francs CFA, sur une période de cinq ans. Ces fonds serviront à soutenir plusieurs programmes de santé, des initiatives de santé numérique ainsi que des actions d’assistance technique.

De son côté, le gouvernement du Sénégal s’est engagé à cofinancer le partenariat à hauteur de 27,3 millions de dollars supplémentaires, soit près de 16,3 milliards de francs CFA. Cet engagement vise à renforcer la responsabilité nationale dans la prise en charge des services de santé essentiels, notamment en matière d’approvisionnement en produits médicaux, de ressources humaines et de développement des solutions numériques.

Au total, l’État sénégalais prévoit d’investir 71,4 millions de dollars, soit environ 42,8 milliards de francs CFA, dans le secteur de la santé au cours des cinq prochaines années.

Une transition progressive vers une plus grande autonomie

Selon les autorités américaines, le partenariat maintiendra intégralement, durant la première année, le financement des agents de santé communautaires et des produits médicaux. Une transition progressive est toutefois prévue sur cinq ans afin de transférer progressivement certaines responsabilités aux autorités sénégalaises, notamment en matière d’approvisionnement et de financement des ressources humaines de santé.

Les autorités diplomatiques américaines ont également précisé que cet accord n’entraîne ni une réduction de l’engagement financier des États-Unis ni un transfert immédiat de l’ensemble des programmes actuellement financés. Par ailleurs, il ne prévoit aucun accès aux données médicales privées des patients, lesquelles restent protégées par la législation sénégalaise.

Un partenariat stratégique pour la santé mondiale

Au-delà du renforcement du système sanitaire sénégalais, ce partenariat s’inscrit également dans une logique de coopération internationale en matière de santé publique. Les autorités américaines soulignent qu’un système de santé plus résilient au Sénégal contribue également à limiter les risques de propagation des épidémies à l’échelle mondiale.

Ce nouvel accord illustre ainsi la volonté des deux pays de consolider leurs efforts communs pour améliorer durablement la santé des populations et renforcer la capacité de réponse face aux crises sanitaires futures.

Ousmane Sonko 360x320

Renégociation des contrats miniers : un tournant stratégique pour la gouvernance des ressources au Sénégal

La décision de l’État du Sénégal de ne pas renouveler les trois concessions minières exploitées par les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) marque une étape importante dans la redéfinition de la politique nationale de gestion des ressources naturelles. Cette orientation s’inscrit dans le cadre plus large du processus de réévaluation des contrats stratégiques engagé par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Au-delà d’une simple décision administrative, cette mesure révèle une volonté politique affirmée : rééquilibrer les rapports entre l’État et les opérateurs industriels afin d’assurer une meilleure valorisation des ressources nationales.

Un secteur clé de l’économie sénégalaise

Le phosphate constitue depuis plusieurs décennies l’un des piliers de l’industrie extractive sénégalaise. Exploité principalement par les Industries Chimiques du Sénégal, ce minerai joue un rôle central dans la production d’acide phosphorique et d’engrais, produits largement utilisés dans l’agriculture mondiale.

Les réserves du pays placent le Sénégal parmi les acteurs importants de cette filière en Afrique de l’Ouest. Toutefois, malgré ce potentiel, les retombées économiques pour l’État ont souvent fait l’objet de débats, notamment en ce qui concerne les conditions fiscales, les redevances minières et la gouvernance des concessions.

La renégociation des contrats apparaît ainsi comme une tentative de corriger les déséquilibres historiques et d’adapter les accords aux nouvelles ambitions économiques du pays.

Une volonté de souveraineté économique

La non-reconduction des concessions minières des ICS traduit une orientation stratégique plus large : renforcer la souveraineté économique sur les ressources naturelles.

Plusieurs objectifs semblent guider cette démarche :

  • améliorer la part de revenus captée par l’État dans l’exploitation des ressources ;

  • renforcer la transparence dans la gestion des contrats miniers ;

  • favoriser une transformation locale plus poussée des matières premières ;

  • créer davantage de valeur ajoutée pour l’économie nationale.

Cette approche s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs pays africains qui cherchent à passer d’un modèle extractif à un modèle industriel, où les ressources naturelles servent de levier pour le développement d’industries locales.


Les enjeux industriels et agricoles

La filière phosphatière possède un potentiel stratégique considérable, notamment dans la production d’engrais. Dans un contexte mondial marqué par des tensions sur les marchés agricoles et par la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire, la maîtrise de cette chaîne de valeur devient un enjeu majeur.

Pour le Sénégal, l’enjeu ne se limite donc pas à l’exploitation minière. Il s’agit également de développer une industrie capable de transformer localement les phosphates en produits à forte valeur ajoutée, notamment des fertilisants destinés aux marchés africains.

Une telle stratégie pourrait contribuer à :

  • soutenir la productivité agricole régionale,

  • réduire la dépendance aux importations d’engrais,

  • et positionner le pays comme hub industriel dans la chaîne des intrants agricoles en Afrique de l’Ouest.

Trouver l’équilibre entre attractivité et souveraineté

La décision concernant les concessions des ICS soulève néanmoins une question essentielle : comment concilier souveraineté économique et attractivité pour les investisseurs internationaux ?

L’industrie minière nécessite des investissements lourds, des technologies spécialisées et une expertise technique souvent détenue par des partenaires internationaux. La capacité de l’État à instaurer un cadre contractuel équilibré sera donc déterminante.

Un environnement réglementaire clair, stable et transparent permettra de sécuriser les investissements tout en garantissant une meilleure redistribution de la richesse générée.

Vers une nouvelle doctrine de gestion des ressources

La renégociation des contrats miniers pourrait annoncer l’émergence d’une nouvelle doctrine de gouvernance des ressources naturelles au Sénégal. Cette doctrine reposerait sur trois piliers :

  1. La souveraineté économique, à travers un meilleur contrôle des ressources stratégiques.

  2. La création de valeur locale, via la transformation industrielle.

  3. La transparence et la redevabilité, pour garantir une gestion durable et équitable.

Si cette orientation se confirme, elle pourrait redéfinir durablement le rôle du secteur extractif dans l’économie nationale.

La décision de ne pas renouveler certaines concessions minières constitue un signal fort envoyé par l’État sénégalais. Elle reflète une volonté de réexaminer les modèles d’exploitation des ressources naturelles afin de mieux aligner les intérêts économiques nationaux avec les dynamiques industrielles futures.

Dans un contexte mondial où les ressources stratégiques deviennent de plus en plus déterminantes pour la souveraineté économique, le Sénégal semble vouloir ouvrir un nouveau chapitre : celui d’une gestion plus stratégique, plus équilibrée et plus ambitieuse de son patrimoine minier.

26035e2 ftp 1 aadhjpret286 5439081 01 06 360x320

Sénégal : l’Assemblée nationale adopte une loi durcissant les sanctions contre les relations homosexuelles.

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, mercredi, un projet de loi renforçant les sanctions pénales visant les relations homosexuelles. Le texte prévoit désormais une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour les personnes reconnues coupables d’« actes contre nature », expression utilisée dans la législation pour désigner les relations entre personnes de même sexe.

Adoptée à une large majorité par le Parlement, la loi doit encore être promulguée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour entrer en vigueur.

Des peines alourdies et de nouvelles infractions introduites

Au terme de plusieurs heures de débat, les députés ont approuvé le texte par 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions. La nouvelle disposition modifie le cadre pénal existant en portant la peine d’emprisonnement pour relations homosexuelles de un à cinq ans auparavant à cinq à dix ans.

Le projet de loi prévoit également de nouvelles sanctions visant toute personne accusée de promouvoir, défendre ou financer des relations homosexuelles. Dans ces cas, les peines pourraient atteindre trois à sept ans de prison.

Le texte introduit en outre un dispositif aggravant lorsque les faits impliquent un mineur. Dans ce cas, la peine maximale est susceptible d’être appliquée.

Par ailleurs, les amendes encourues ont été sensiblement revues à la hausse. Elles pourront désormais varier entre deux et dix millions de francs CFA, contre 100 000 à 1,5 million de francs CFA dans la législation précédente.

La loi prévoit toutefois des sanctions contre les accusations infondées : toute personne dénonçant une autre pour des faits liés à l’homosexualité sans preuve pourra également faire l’objet de poursuites.

Un climat de tensions et une vague d’arrestations

L’adoption de ce texte intervient dans un contexte marqué par plusieurs arrestations liées à l’application des lois existantes. Selon des informations relayées par divers médias locaux, des dizaines d’hommes auraient été interpellés depuis février, notamment après l’arrestation d’un groupe de douze personnes par la police.

Certaines procédures judiciaires se sont appuyées sur des dénonciations ou sur l’examen de téléphones portables dans le cadre d’enquêtes. Les identités de personnes arrêtées ont parfois été rendues publiques, alimentant un débat particulièrement vif sur les réseaux sociaux.

Dans certains dossiers, les autorités judiciaires ont également évoqué des accusations de transmission volontaire du VIH, ce qui a contribué à accentuer les tensions autour du sujet.

Un débat sociétal profondément ancré

La question des droits des personnes LGBTQ demeure particulièrement sensible au Sénégal, pays majoritairement musulman où l’homosexualité est largement rejetée sur les plans social et religieux. Plusieurs organisations religieuses ont, ces dernières années, organisé des mobilisations pour réclamer un durcissement des sanctions.

Dans l’espace public, les débats autour de ces questions sont souvent associés à une critique de ce qui est perçu comme une tentative d’imposition de valeurs occidentales.

Le projet de loi a également ravivé les discussions autour des engagements politiques pris ces dernières années. Avant son accession au pouvoir en 2024, l’actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, avait évoqué la possibilité de requalifier l’homosexualité en infraction criminelle plutôt qu’en délit. Le texte adopté maintient toutefois la qualification actuelle dans le code pénal.