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Sénégal : S.E Bassirou Diomaye Faye saisit le Conseil constitutionnel pour contester la révision de la Constitution.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a engagé une nouvelle étape dans le débat institutionnel en saisissant officiellement le Conseil constitutionnel d’un recours en inconstitutionnalité contre la loi n°18/2026 portant révision de la Constitution. Le chef de l’État conteste la régularité de la procédure ayant conduit à l’adoption de ce texte par l’Assemblée nationale, estimant que les exigences constitutionnelles n’auraient pas été respectées.

Cette démarche place désormais le Conseil constitutionnel au cœur d’un dossier majeur pour les institutions sénégalaises, dans un contexte où les réformes constitutionnelles suscitent une attention particulière sur la scène politique nationale.

Une requête déposée au nom du chef de l’État

D’après le récépissé établi par le greffe du Conseil constitutionnel, la requête a été enregistrée le 6 juillet 2026 à 11h40 sous le numéro 6/C/26.

Le recours a été déposé par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat à la Cour, agissant pour le compte du président de la République.

Dans sa lettre de transmission, Bassirou Diomaye Faye a demandé que l’affaire soit examinée selon la procédure d’urgence prévue par l’alinéa 5 de l’article 17 de la loi organique régissant le Conseil constitutionnel. Le chef de l’État sollicite ainsi une décision dans un délai de huit jours.

Une procédure parlementaire au cœur du recours

Le recours vise la procédure ayant abouti à l’adoption, le 29 juin 2026, de la loi n°18/2026 par l’Assemblée nationale.

Selon la présidence, la contestation ne porte pas sur le fond de la réforme constitutionnelle, mais sur la conformité de son processus d’adoption aux dispositions de la Constitution et aux règles encadrant les révisions constitutionnelles.

Pour appuyer son argumentation, la présidence a constitué un dossier particulièrement étoffé composé de seize pièces.

Un dossier juridique appuyé par de nombreuses pièces

Les documents transmis au Conseil constitutionnel comprennent notamment le texte de la loi contestée, les échanges de correspondance entre la présidence de la République et l’Assemblée nationale, les amendements proposés par le gouvernement ainsi que le discours prononcé par le ministre de la Justice lors de la séance plénière.

Le dossier comporte également les procès-verbaux des débats parlementaires, des enregistrements audio et vidéo des travaux de l’Assemblée nationale ainsi que plusieurs références jurisprudentielles.

Parmi celles-ci figurent une décision rendue en 1960 par le Conseil constitutionnel français ainsi que deux décisions antérieures du Conseil constitutionnel du Sénégal, dont celle du 15 février 2024, invoquées pour étayer les arguments développés par les requérants.

Une décision attendue sur la régularité de la révision constitutionnelle

Avec cette saisine, le Conseil constitutionnel est désormais appelé à déterminer si la procédure ayant conduit à l’adoption de la loi de révision constitutionnelle est conforme aux exigences de la Constitution sénégalaise.

La décision à intervenir, attendue dans le délai d’urgence demandé par le président de la République, pourrait avoir des conséquences importantes sur la poursuite du processus de révision constitutionnelle et contribuer à préciser la jurisprudence en matière de contrôle des procédures de modification de la Loi fondamentale.

Au-delà de ses implications juridiques, cette affaire constitue un nouveau test pour les institutions sénégalaises, appelées à arbitrer un débat portant sur le respect des règles constitutionnelles et l’équilibre des pouvoirs dans le processus législatif.

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FORA’ESS 2026 : le Sénégal appelle l’Afrique à faire de l’économie sociale et solidaire un moteur de souveraineté et d’emploi.

Le Sénégal ambitionne de placer l’économie sociale et solidaire (ESS) au cœur de la transformation économique du continent. À l’ouverture de la deuxième édition du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (FORA’ESS), le Premier ministre, Mouhamadou Al Amine Lo, a invité les États africains à accélérer la mise en œuvre de la stratégie décennale de l’Union africaine afin de faire de l’ESS un levier de souveraineté économique, d’intégration régionale et de création d’emplois.

Organisé à Dakar du 6 au 9 juillet 2026, le forum rassemble plus de 1 500 participants issus de 30 pays, parmi lesquels des ministres, des représentants d’institutions internationales, des acteurs de l’économie sociale et solidaire ainsi que des partenaires techniques et financiers. Placée sous le thème « L’économie sociale et solidaire : moteur de transition, d’inclusion et de convergence en Afrique », cette rencontre vise à renforcer la coopération continentale autour d’un modèle de développement fondé sur la solidarité, l’inclusion et la valorisation des ressources locales.

Passer des engagements aux actions concrètes

Dans son discours d’ouverture, le chef du gouvernement sénégalais a rappelé que l’adoption par l’Union africaine de la Stratégie décennale de l’économie sociale et solidaire (2023-2032) constitue une avancée majeure. Il estime toutefois que le véritable défi réside désormais dans sa mise en œuvre effective.

Mouhamadou Al Amine Lo a appelé les États africains à traduire cette vision en politiques publiques concrètes à travers l’adoption de cadres juridiques harmonisés, la création de mécanismes de financement adaptés, le renforcement des dispositifs d’accompagnement des acteurs de l’ESS et la mise en place d’outils statistiques capables de mesurer la contribution réelle du secteur aux économies nationales.

Selon lui, ces réformes sont indispensables pour faire de l’économie sociale et solidaire un moteur durable de croissance inclusive et de résilience économique.

Vers un modèle africain de développement

Au-delà des aspects économiques, le Premier ministre a défendu l’idée d’un modèle de développement inspiré des valeurs historiques de solidarité propres aux sociétés africaines.

Il a rappelé que les principes de l’économie sociale et solidaire trouvent leurs racines dans des références historiques telles que la Charte du Mandé de 1236 ou encore la Charte de la Révolution torodo de 1776, qui consacraient déjà les notions de responsabilité collective, de partage des richesses et de justice sociale.

Pour les autorités sénégalaises, ces héritages démontrent que l’Afrique dispose de ses propres fondements pour bâtir un modèle économique répondant à ses réalités, sans se limiter à reproduire des schémas extérieurs.

L’économie sociale et solidaire au cœur de la vision Sénégal 2050

Le gouvernement sénégalais inscrit cette ambition dans le cadre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui fait de l’économie sociale et solidaire un pilier de la stratégie de développement du pays.

Le Premier ministre a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye a décrété l’année 2026 « Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire », avec pour objectif de stimuler la création d’emplois décents, de renforcer les coopératives productives et de promouvoir un développement davantage ancré dans les territoires.

Pour Dakar, l’organisation de cette deuxième édition du FORA’ESS constitue également une reconnaissance du rôle joué par le Sénégal dans la promotion des politiques publiques dédiées à l’ESS et dans l’opérationnalisation de la stratégie continentale adoptée par l’Union africaine.

Renforcer la coopération continentale

Le chef du gouvernement a également plaidé pour une meilleure coordination des politiques publiques entre les États africains afin de favoriser l’émergence d’un véritable marché continental de l’économie sociale et solidaire.

Il a notamment proposé la création d’un Observatoire africain de l’ESS, chargé de suivre les progrès réalisés, d’évaluer l’impact des initiatives menées sur le continent et de faciliter le partage des bonnes pratiques entre les pays.

Selon lui, une gouvernance commune permettrait de faire de l’économie sociale et solidaire un instrument majeur de mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, tout en renforçant les capacités du continent à relever les défis liés à l’emploi, à l’inclusion sociale, à la résilience économique et au développement durable.

À travers le FORA’ESS Dakar 2026, le Sénégal entend ainsi contribuer à l’émergence d’une vision africaine du développement, fondée sur la solidarité, l’innovation sociale et la coopération entre les États, au service d’une croissance plus inclusive et durable.

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Gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle : le Sénégal plaide pour un accès équitable aux technologies lors du dialogue de l’ONU à Genève.

La première session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) s’est ouverte lundi 6 juillet 2026 à Genève sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Cette rencontre inédite réunit des représentants des États membres, des entreprises technologiques, des chercheurs, des universitaires ainsi que des organisations de la société civile autour d’un objectif commun : définir les bases d’une gouvernance internationale capable d’accompagner le développement rapide de l’intelligence artificielle tout en limitant les risques d’exclusion.

Organisée les 6 et 7 juillet 2026, cette première édition s’inscrit dans le prolongement du Pacte numérique mondial et d’une résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle vise à créer un cadre permanent de dialogue sur les enjeux liés à l’IA, alors que cette technologie transforme progressivement les économies, les administrations et les sociétés, tout en révélant de profondes disparités entre les pays.

Le Sénégal au cœur des discussions sur la fracture numérique

Lors de la première journée des travaux, le Sénégal a occupé une place importante en coprésidant une session consacrée à la réduction des inégalités liées à l’intelligence artificielle. Le pays a partagé cette responsabilité avec Jovan Kurbalija, directeur exécutif de DiploFoundation.

Prenant part aux échanges, le ministre sénégalais des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, a défendu une approche de l’IA fondée sur l’équité, le renforcement des capacités et l’accès universel aux opportunités offertes par ces technologies.

Il a alerté sur le risque d’une aggravation des fractures mondiales si les outils, les infrastructures et les compétences nécessaires au développement de l’IA restent concentrés entre les mains d’un nombre limité de pays et d’acteurs économiques.

« L’IA façonne aujourd’hui nos vies. L’IA façonne et oriente notre destin », a-t-il déclaré, appelant à construire un écosystème numérique permettant à tous les pays de participer pleinement à cette transformation technologique.

Selon le ministre, les pays en développement doivent dépasser le simple rôle d’utilisateurs des solutions d’intelligence artificielle pour devenir des acteurs capables de concevoir, d’adapter et d’innover. Cette ambition s’inscrit dans le cadre du « New Deal technologique » porté par le Sénégal, qui repose notamment sur le développement des compétences numériques, le renforcement des infrastructures, la création de plateformes publiques et le soutien à l’innovation.

L’accès aux infrastructures, un enjeu majeur pour les pays en développement

Les discussions de Genève ont mis en évidence un constat partagé : les inégalités liées à l’intelligence artificielle ne sont pas uniquement d’ordre technologique, mais constituent également un enjeu majeur de développement économique et social.

Plusieurs participants ont souligné les écarts persistants entre les pays en matière de puissance de calcul, d’accès aux données, de connectivité et de formation spécialisée. Les infrastructures indispensables au développement de l’IA — notamment les centres de données, les réseaux haut débit, l’accès à une énergie fiable et les systèmes de gouvernance des données — demeurent concentrées dans un nombre restreint de régions du monde.

Pour Pedro Manuel Moreno, représentant de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, ces capacités techniques jouent un rôle déterminant dans la capacité des pays à attirer les investissements et à tirer profit de l’économie mondiale de l’intelligence artificielle.

Une intelligence artificielle au service du développement humain

Au-delà des enjeux économiques, les participants ont également insisté sur le potentiel de l’IA comme outil d’inclusion et d’amélioration des services publics.

Le vice-président d’El Salvador, Félix Ulloa, a notamment présenté des initiatives utilisant l’intelligence artificielle dans les domaines de l’éducation et de la santé, à travers l’enseignement numérique et la télémédecine, afin d’élargir l’accès aux services essentiels.

De son côté, le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, a appelé à promouvoir une intelligence artificielle « éthique, inclusive et sûre ». Il a rappelé l’importance des travaux menés par son organisation sur l’éthique de l’IA, ainsi que sur le renforcement des capacités des administrations publiques et des établissements éducatifs.

Les débats ont également insisté sur le rôle des normes internationales, des données ouvertes, des logiciels libres et des modèles accessibles pour réduire les écarts entre les différents acteurs de l’écosystème numérique.

La question linguistique au cœur des préoccupations

Parmi les défis soulevés figure également celui de la diversité linguistique. Sur environ 7 000 langues recensées dans le monde, seule une minorité bénéficie aujourd’hui de ressources numériques suffisantes pour être intégrée dans les systèmes d’intelligence artificielle.

Cette situation risque d’exclure de nombreuses communautés des bénéfices liés aux nouvelles technologies, en limitant notamment leur accès aux outils éducatifs, administratifs et économiques développés grâce à l’IA.

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de considérer les pays en développement non pas comme de simples consommateurs de technologies, mais comme des partenaires capables de contribuer à leur conception et à leur évolution.

Vers un cadre multilatéral de gouvernance de l’IA

À l’ouverture du dialogue, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné l’importance stratégique de cette initiative pour construire une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Il a appelé les États à transformer les échanges en actions concrètes afin de promouvoir une IA plus sûre, plus équitable et accessible au plus grand nombre.

Selon les données présentées lors de la rencontre, plus de 1 500 contributions ont été recueillies depuis le lancement des consultations. Les États membres placent notamment le renforcement des capacités parmi leurs principales priorités, tandis que la sécurité demeure une préoccupation majeure pour plusieurs autres acteurs.

Les conclusions de cette première session serviront de base à un rapport de synthèse élaboré par les coprésidents. Une deuxième rencontre est prévue à New York en 2027 afin de poursuivre les travaux visant à établir les fondations d’une gouvernance mondiale durable de l’intelligence artificielle.

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Sénégal : les autorités alertent sur la prolifération de sachets d’eau et de boissons fabriqués clandestinement.

Dans un communiqué publié lundi, le ministère indique que ces sachets d’eau et de boissons sont souvent produits sans respecter les exigences d’hygiène, de sécurité sanitaire et de traçabilité imposées aux fabricants agréés. Les autorités précisent que certains de ces produits peuvent être conditionnés à partir d’eau non traitée ou d’ingrédients de qualité incertaine, dans des installations ne répondant pas aux standards requis.

Des risques sanitaires importants pour les consommateurs

Selon le ministère, la consommation de ces produits expose la population à de nombreux risques pour la santé. Les autorités évoquent notamment des intoxications alimentaires, des diarrhées aiguës ainsi que plusieurs maladies d’origine hydrique, dont la fièvre typhoïde et le choléra.

Les enfants, les personnes âgées ainsi que les personnes souffrant de pathologies ou en situation de vulnérabilité sont considérés comme les plus exposés aux conséquences de la consommation de produits non conformes.

Face à cette situation, le ministère invite les consommateurs à faire preuve de vigilance en privilégiant les boissons et sachets d’eau issus d’unités de production agréées. Il recommande également de vérifier que les produits sont vendus dans des emballages correctement scellés et comportent un étiquetage conforme permettant d’identifier leur origine.

Les autorités encouragent par ailleurs les citoyens à signaler aux services compétents toute activité suspecte de fabrication ou de commercialisation de produits clandestins.

Des contrôles renforcés et des sanctions prévues

Le ministère rappelle que les producteurs et distributeurs impliqués dans ces activités illicites s’exposent à des sanctions prévues par la législation sénégalaise. Celles-ci peuvent inclure la saisie et la destruction des marchandises, des amendes, la fermeture des unités de production concernées ainsi que des poursuites judiciaires.

Afin de garantir la sécurité des consommateurs, les opérations de contrôle seront intensifiées sur l’ensemble du territoire national. Les services compétents auront pour mission d’identifier, de retirer du marché et de détruire les produits jugés non conformes aux normes sanitaires.

Un produit de grande consommation au cœur d’un double enjeu sanitaire et environnemental

Très répandus au Sénégal, notamment pendant les périodes de fortes chaleurs, les sachets d’eau vendus à 50 FCFA constituent une source d’hydratation accessible pour une large partie de la population. Leur faible coût explique leur forte consommation dans les grandes villes, les transports publics et les zones à forte affluence.

Toutefois, au-delà des préoccupations liées à la santé publique, ces emballages plastiques alimentent également les débats sur la protection de l’environnement. Leur abandon dans les rues, les caniveaux et les espaces publics contribue à la pollution urbaine et à l’obstruction des réseaux d’évacuation des eaux pluviales, malgré les efforts engagés par les autorités pour limiter l’utilisation des plastiques à usage unique et promouvoir des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

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Sénégal : Bassirou Diomaye Faye annonce un projet de parti pour fédérer ses soutiens

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’apprête à franchir une nouvelle étape majeure dans sa gouvernance. À l’issue d’une intense rencontre avec les élus locaux de sa majorité, le chef de l’État a exprimé son intention de créer une formation politique unifiée pour rassembler ses soutiens. Cette annonce stratégique survient en pleine période de reconfiguration politique, marquée par des divergences profondes avec son ancien allié Ousmane Sonko autour d’un projet de révision constitutionnelle.
C’est à la suite d’une audience de quatre heures au Palais de la République avec les 306 maires de la « Coalition Diomaye Président » que la décision a été officialisée. Venus des 14 régions du pays, ces élus locaux ont réitéré leur adhésion au projet de transformation systémique et territoriale promu par le pouvoir exécutif. Saisissant cette tribune, Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa volonté d’évoluer vers une « unité plus organique » des forces politiques qui l’accompagnent au quotidien en jetant les bases d’un parti présidentiel.

Aminata Touré à la manœuvre pour concevoir la nouvelle structure

Afin de donner corps à cette ambition dans les plus brefs délais, le président de la République a officiellement confié les rênes de la réflexion à Aminata Touré, superviseuse générale de la coalition. Elle est chargée de piloter un comité de réflexion dont la mission consistera à définir et préparer l’ensemble des éléments constitutifs de cette future cellule politique.
Pour les responsables de la coalition, cette initiative marque un « tournant historique ». Les élus territoriaux y voient l’opportunité de consolider un bloc uni et structuré en perspective des prochaines échéances électorales, tout en garantissant un relais politique direct entre le sommet de l’État et les différentes collectivités locales du pays.

Le contexte d’une rupture consommée avec Ousmane Sonko

Ce choix d’officialiser un appareil politique propre intervient alors que le paysage politique sénégalais subit de profondes mutations. Les relations entre le président Faye et Ousmane Sonko se sont progressivement détériorées, aboutissant en mai 2026 à l’éviction de ce dernier de son poste de Premier ministre. Désormais installé au perchoir en tant que président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko conserve le contrôle d’une solide majorité parlementaire, positionnant l’appareil législatif dans une dynamique d’équilibre — ou de confrontation — face à l’exécutif.

Arbitrage par référendum : le nœud du débat constitutionnel

Les frictions entre les deux figures de l’ex-parti Pastef se cristallisent de façon aiguë autour de la révision de la Constitution adoptée le 29 juin par les députés. Ce projet prévoit des modifications institutionnelles substantielles, à savoir la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, l’extension des prérogatives du Parlement, ainsi qu’une clause interdisant formellement au président de la République de diriger simultanément une formation politique.
C’est sur la modalité de validation de cette réforme que le désaccord est total :

  • La position d’Ousmane Sonko : Le président de l’Assemblée nationale soutient que le texte, ayant réuni la majorité qualifiée requise au Parlement, peut faire l’objet d’une promulgation directe par le chef de l’État, s’appuyant pour cela sur la jurisprudence constitutionnelle.
  • La position de Bassirou Diomaye Faye : À l’inverse, le chef de l’État refuse de contourner l’expression directe des citoyens. Il a annoncé sa ferme volonté de soumettre cette réforme globale à l’arbitrage d’un référendum populaire, estimant qu’un tel bouleversement institutionnel doit être directement tranché par le peuple sénégalais.

Bien qu’aucun calendrier officiel n’ait encore été arrêté pour la tenue de ce scrutin référendaire, la création imminente de ce nouveau parti apparaît clairement comme le fer de lance de la stratégie présidentielle pour aborder les batailles électorales à venir.

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Coupe du monde 2026 : le Sénégal renversé par la Belgique après avoir mené de deux buts.

Les Lions de la Teranga quittent la compétition au terme d’un scénario cruel à Seattle

Le Sénégal a vu son parcours s’arrêter en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 après une défaite renversante face à la Belgique (3-2), ce mercredi à Seattle. Longtemps dominateurs et en contrôle de la rencontre, les Lions de la Teranga ont laissé filer un avantage de deux buts avant de céder dans les derniers instants face à des Diables Rouges plus réalistes.

Cette élimination laisse un goût amer à la sélection sénégalaise, qui semblait avoir les cartes en main pour décrocher une qualification historique en huitièmes de finale.

Un Sénégal entreprenant récompensé avant la pause

Dès les premières minutes, les hommes de Pape Thiaw ont affiché leurs intentions en imposant un pressing agressif et un jeu vertical qui a rapidement mis en difficulté la défense belge.

Le premier avertissement est intervenu à la 15e minute lorsque la reprise d’Ismaïla Sarr est venue heurter le poteau. Quelques instants plus tard, les Lions ont concrétisé leur domination. Après une tête de Sarr repoussée par le montant, Habib Diarra a parfaitement suivi l’action pour ouvrir le score à la 25e minute.

Solides dans les duels, disciplinés tactiquement et efficaces dans leurs transitions offensives, les Sénégalais ont pris l’ascendant sur une équipe belge en manque d’inspiration malgré une possession de balle largement favorable.

Avant la pause, les Diables Rouges ont tenté de réagir sous l’impulsion de Kevin De Bruyne. Jérémy Doku s’est montré dangereux sur une tentative détournée, tandis que Maxim De Cuyper a contraint Mory Diaw à une intervention décisive, sans toutefois parvenir à rétablir l’équilibre.

Ismaïla Sarr fait le break

Au retour des vestiaires, le Sénégal a semblé prendre une option sérieuse sur la qualification.

Profitant d’un long ballon de Moussa Niakhaté et d’une erreur d’alignement de la défense belge, Ismaïla Sarr a parfaitement contrôlé avant de conclure d’une puissante volée face à Thibaut Courtois à la 50e minute.

À 2-0, les Lions semblaient maîtriser leur sujet. Malgré les changements opérés par le sélectionneur belge Rudi Garcia, notamment avec l’entrée de Romelu Lukaku, la Belgique peinait à désorganiser un bloc sénégalais compact et parfaitement structuré.

Pendant plus d’une heure de jeu, le Sénégal a sans doute livré sa prestation la plus aboutie depuis le début du tournoi.

Le réveil belge change le cours du match

La rencontre a pourtant basculé sur une erreur de relance des Sénégalais dans leur propre camp. Cette perte de balle a permis à la Belgique de réduire l’écart et de retrouver confiance.

Portés par cette dynamique, les Diables Rouges ont intensifié leur pression, multipliant les offensives face à une équipe sénégalaise qui reculait progressivement.

L’égalisation est intervenue quelques minutes plus tard, récompensant la domination belge dans cette seconde partie de période.

Alors que les prolongations semblaient se profiler, la Belgique a porté le coup décisif en fin de rencontre grâce à une nouvelle attaque conclue avec sang-froid, scellant définitivement le sort de la rencontre.

Une élimination frustrante pour les Lions

Cette défaite met un terme au parcours du Sénégal dans cette Coupe du monde 2026, malgré une prestation qui aura longtemps laissé entrevoir une qualification.

Les Lions de la Teranga quittent le tournoi avec le sentiment d’avoir laissé échapper une occasion majeure. Dominateurs pendant une grande partie de la rencontre, ils ont payé au prix fort deux moments de déconcentration face à une sélection belge expérimentée, capable de faire la différence dans les instants décisifs.

Si la Belgique poursuit son aventure mondiale, le Sénégal peut nourrir des regrets au regard de la qualité du jeu produit et de la maîtrise affichée durant une grande partie de cette confrontation.

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Coupe du monde 2026 : le Sénégal face à la Belgique, un duel décisif pour une place en huitièmes.

Qualifié pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 au terme d’une phase de groupes mouvementée, le Sénégal s’apprête à disputer un rendez-vous capital ce mercredi à Seattle. Les Lions de la Teranga affrontent la Belgique avec un objectif clair : décrocher une place en huitièmes de finale et poursuivre leur parcours dans le tournoi.

Cette confrontation met aux prises deux équipes aux dynamiques contrastées, mais portées par une même ambition : prolonger leur rêve mondial.

Les Lions retrouvent leur confiance au meilleur moment

Après un début de compétition marqué par des difficultés à trouver leur rythme, les Sénégalais ont progressivement retrouvé leur identité de jeu. Leur prestation spectaculaire face à l’Irak, conclue par une large victoire 5-0, a relancé la confiance du groupe dirigé par Pape Thiaw et permis aux Lions de valider leur qualification pour la phase à élimination directe.

Cette montée en puissance arrive au moment le plus important de la compétition. Solide dans les duels, discipliné dans son organisation et capable d’exploiter rapidement les espaces offensifs, le Sénégal dispose d’atouts importants pour rivaliser avec les meilleures nations engagées dans ce Mondial.

Avec des cadres comme Sadio Mané, Ismaïla Sarr, Idrissa Gana Gueye ou encore Édouard Mendy, la sélection sénégalaise possède une expérience internationale précieuse. La capacité des Lions à gérer les grands rendez-vous pourrait être déterminante face à une équipe belge habituée aux rencontres à haute pression.

La Belgique, un favori en quête de confirmation

De son côté, la Belgique aborde cette rencontre avec le statut de favorite. Les Diables Rouges ont terminé premiers de leur groupe après une démonstration offensive contre la Nouvelle-Zélande (5-1), affichant une efficacité retrouvée après des premiers matchs plus hésitants.

La sélection belge peut compter sur un effectif riche en talents, avec notamment Kevin De Bruyne, Jérémy Doku et Leandro Trossard, capables de faire basculer une rencontre sur une inspiration individuelle ou une action collective.

Toutefois, malgré son statut et son expérience, la Belgique sait qu’elle devra se méfier d’une équipe sénégalaise capable de hausser son niveau dans les moments décisifs.

Un rendez-vous qui dépasse le cadre sportif

Cette affiche revêt une importance particulière pour le football africain. Seul représentant du continent dans cette partie du tableau, le Sénégal porte les espoirs de nombreux supporters africains qui espèrent voir une sélection du continent franchir un nouveau cap dans cette Coupe du monde élargie.

Pour les Lions de la Teranga, l’enjeu est également historique. Après avoir marqué les esprits lors de précédentes campagnes internationales, la génération actuelle ambitionne d’écrire une nouvelle page de l’histoire du football sénégalais.

Face à une Belgique ambitieuse mais pas inaccessible, le Sénégal sait qu’il faudra livrer une prestation complète, alliant solidité défensive, maîtrise tactique et efficacité offensive. Une seule rencontre décidera de la suite de l’aventure : 90 minutes pour continuer à rêver d’un exploit mondial.

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Sénégal : des chercheurs de l’UCAD découvrent une nouvelle bactérie prometteuse pour la lutte contre la malnutrition infantile.

Une équipe de chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a identifié une nouvelle espèce bactérienne, baptisée Neobacillus camarae, à partir du microbiote du lait maternel sénégalais. Cette découverte scientifique, publiée dans une revue internationale spécialisée, ouvre de nouvelles perspectives dans la prévention et le traitement de la malnutrition chez les jeunes enfants grâce au développement de probiotiques innovants.

Cette avancée est le résultat d’un programme de recherche mené en collaboration entre l’UCAD, l’IHU Méditerranée Infection et l’Université d’Aix-Marseille. Les travaux s’inscrivent dans une dynamique de recherche visant à mieux comprendre le rôle du microbiote humain dans la santé infantile et à développer des solutions thérapeutiques adaptées aux défis nutritionnels auxquels sont confrontés de nombreux pays, notamment en Afrique.

Une découverte issue du microbiote du lait maternel

Les chercheurs ont isolé cette nouvelle espèce bactérienne à partir d’échantillons de lait maternel recueillis au Sénégal. Le microbiote du lait maternel est aujourd’hui reconnu comme un élément essentiel du développement immunitaire et digestif du nourrisson, en raison des micro-organismes bénéfiques qu’il transmet au nouveau-né dès les premiers jours de vie.

Selon les scientifiques, l’identification de Neobacillus camarae constitue une étape importante dans la compréhension des bactéries naturellement présentes dans le lait maternel et de leur potentiel thérapeutique.

À terme, cette découverte pourrait contribuer à la mise au point de nouveaux probiotiques capables de renforcer la santé nutritionnelle des enfants et de prévenir certaines formes de malnutrition.

Un hommage au professeur Makhtar Camara

La nouvelle espèce bactérienne a été nommée Neobacillus camarae en hommage au professeur Makhtar Camara, enseignant-chercheur à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’UCAD.

Cette distinction scientifique vient saluer sa contribution aux recherches en microbiologie ainsi que son engagement dans le développement des sciences biomédicales au Sénégal.

Une reconnaissance du savoir-faire scientifique sénégalais

Pour les responsables de l’UCAD, cette découverte illustre la capacité des chercheurs sénégalais à produire des travaux de haut niveau répondant à des enjeux majeurs de santé publique.

Le recteur de l’université, le professeur Alioune Badara Kandji, a adressé ses félicitations au professeur Makhtar Camara ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe de recherche. Il estime que cette reconnaissance internationale contribue au rayonnement de l’UCAD, du Sénégal et, plus largement, de la recherche scientifique africaine.

L’université souligne que cette avancée confirme son engagement en faveur d’une recherche d’excellence, tournée vers l’innovation et la recherche de solutions concrètes aux défis sanitaires auxquels le continent est confronté.

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Sénégal : la Sonaged mise sur les déchets pour accélérer la transition énergétique et écologique.

Longtemps perçus comme un simple défi environnemental, les déchets sont aujourd’hui considérés comme un levier de développement durable. Au Sénégal, la Société nationale de gestion intégrée des déchets solides (Sonaged) entend faire de l’économie circulaire un pilier de la transition écologique en valorisant les déchets organiques pour produire de l’énergie renouvelable, réduire les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles opportunités économiques.

Pour le Dr Zeynab Thiam Ndiaye, cheffe du département Économie circulaire de la Sonaged, cette transformation repose sur une conviction forte : les déchets représentent désormais une ressource stratégique capable de contribuer simultanément aux objectifs énergétiques, environnementaux et agricoles du pays.

Transformer les déchets en source d’énergie renouvelable

Au cœur de cette stratégie figure la valorisation des déchets organiques, encore largement sous-exploitée au Sénégal.

Résidus agricoles, effluents d’élevage ou encore déchets biodégradables issus des centres urbains constituent un gisement important pour la production de biogaz. Selon le Dr Zeynab Thiam Ndiaye, cette ressource offre une réponse concrète à plusieurs enjeux majeurs : améliorer la gestion des déchets, diversifier les sources d’énergie et réduire l’empreinte carbone du pays.

Elle souligne que cette filière pourrait jouer un rôle déterminant dans la transition énergétique nationale tout en favorisant une meilleure gestion des déchets produits quotidiennement par les ménages, les marchés et les activités agricoles.

Réduire les émissions de méthane

L’un des principaux défis reste la destination finale des déchets organiques, dont une grande partie est encore enfouie dans des décharges à ciel ouvert.

Cette pratique favorise la libération de méthane, un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement climatique est nettement supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Pour la responsable de la Sonaged, la valorisation énergétique de ces déchets permettrait non seulement de limiter ces émissions polluantes, mais également de transformer une source de nuisance environnementale en un véritable facteur de production d’énergie propre.

Des projets structurants pour développer la filière biogaz

Afin d’accélérer cette transformation, la Sonaged participe à plusieurs projets d’envergure destinés à structurer la filière.

Parmi eux figure le Methane Emission Reduction Program, qui sera déployé au Centre intégré de valorisation des déchets de Touba. Ce programme vise à capter les émissions de méthane afin de réduire leur impact sur le climat tout en générant des crédits carbone susceptibles de soutenir les engagements environnementaux du Sénégal.

La société publique est également engagée dans le projet Biomasse, développé en partenariat avec le ministère chargé de l’Énergie, ainsi que dans plusieurs initiatives de renforcement des capacités des acteurs de la filière biogaz, associant institutions publiques, partenaires techniques et secteur privé.

Ces programmes visent à créer un écosystème capable de soutenir durablement le développement des énergies renouvelables issues des déchets.

Les marchés urbains au cœur du potentiel énergétique

La Sonaged collabore également avec le Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD) afin d’évaluer le potentiel énergétique des déchets organiques produits dans plusieurs marchés sénégalais.

Les études menées montrent que ces déchets pourraient alimenter de futures unités industrielles de production de biogaz et de gaz naturel comprimé, notamment pour répondre aux besoins du secteur des transports.

Une étude financée par le réseau C40 Cities révèle que les marchés, établissements scolaires, structures sanitaires et autres sites non résidentiels de Dakar génèrent près de 160 tonnes de déchets organiques chaque jour.

Selon cette analyse, le traitement par compostage ou méthanisation de seulement la moitié des déchets issus des marchés permettrait de réduire de 20 à 30 % les émissions de méthane actuellement produites.

L’économie circulaire comme moteur du développement durable

Pour le Dr Zeynab Thiam Ndiaye, ces résultats illustrent le changement de paradigme engagé dans la gestion des déchets au Sénégal.

Au-delà de leur traitement, les déchets deviennent progressivement une ressource économique susceptible de contribuer à la sécurité énergétique, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la création d’emplois verts et au développement d’une agriculture plus durable grâce à la production de compost.

Cette vision s’inscrit pleinement dans les objectifs nationaux de transition écologique et dans les engagements climatiques du Sénégal, qui mise de plus en plus sur l’économie circulaire pour concilier croissance économique, protection de l’environnement et amélioration du cadre de vie des populations.

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Réforme constitutionnelle au Sénégal : un nouvel équilibre institutionnel sur fond de rivalité entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

L’adoption par l’Assemblée nationale d’une réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre constitue l’un des événements politiques les plus marquants depuis l’alternance de 2024 au Sénégal. Présentée par ses promoteurs comme une étape vers un meilleur équilibre des institutions, cette réforme intervient toutefois dans un contexte de tensions grandissantes entre les deux principales figures de l’exécutif : le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor politique, Ousmane Sonko.

Au-delà des dispositions juridiques qu’elle introduit, cette révision constitutionnelle reflète une recomposition du rapport de forces au sommet de l’État et ouvre une nouvelle séquence politique dont les conséquences pourraient durablement influencer la gouvernance du pays.

Une réforme dans un contexte de recomposition du pouvoir

Le climat politique sénégalais a profondément évolué ces dernières semaines. Le départ d’Ousmane Sonko de la Primature à la fin du mois de mai, suivi de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, a modifié l’architecture du pouvoir au sein de la majorité.

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye demeure le chef de l’État, Ousmane Sonko dispose désormais d’un levier institutionnel majeur à la tête d’un Parlement largement dominé par les députés du Pastef.

Dans ce contexte, la réforme constitutionnelle apparaît comme un élément supplémentaire de cette redistribution des responsabilités institutionnelles.

Un recul assumé de l’hyperprésidentialisme

Depuis l’indépendance, le Sénégal fonctionne selon un régime marqué par une forte concentration des pouvoirs entre les mains du président de la République.

La réforme adoptée vise à corriger cet héritage institutionnel en renforçant plusieurs contre-pouvoirs.

Parmi les principales innovations figurent l’élargissement des prérogatives du Parlement, le renforcement de son pouvoir de contrôle sur l’action gouvernementale, l’accès aux informations relatives aux contrats stratégiques, notamment dans le secteur des ressources naturelles, ainsi qu’un rôle accru du Premier ministre dans la définition et la conduite des politiques publiques.

Les auteurs du texte estiment que ces évolutions permettront d’instaurer une gouvernance davantage fondée sur l’équilibre institutionnel, la transparence et la responsabilité politique.

Cette orientation correspond d’ailleurs aux engagements portés depuis plusieurs années par le Pastef, qui dénonçait régulièrement les dérives de l’hyperprésidentialisme et plaidait pour une modernisation des institutions.

Une réforme aux fortes implications politiques

Si les arguments institutionnels occupent une place centrale dans les débats, de nombreux observateurs soulignent que le calendrier de cette réforme lui confère également une dimension politique majeure.

Son adoption intervient au moment où les divergences entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko deviennent de plus en plus visibles.

Pour plusieurs analystes, le renforcement du Parlement bénéficie indirectement à Ousmane Sonko, désormais président de l’institution et disposant d’une majorité confortable pour orienter l’agenda législatif.

La nouvelle architecture institutionnelle pourrait ainsi faire de l’Assemblée nationale un véritable centre de décision politique, renforçant l’influence de son président dans la conduite des affaires publiques.

Cette évolution intervient alors que Sonko demeure l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays et conserve une forte capacité de mobilisation au sein de la majorité présidentielle.

Le président Diomaye Faye face à un nouveau défi

Dans ce contexte, le chef de l’État se retrouve confronté à un défi inédit : préserver son autorité tout en composant avec un Parlement renforcé et dirigé par son principal allié politique devenu, de fait, un acteur institutionnel incontournable.

En évoquant la possibilité de soumettre la réforme à référendum, Bassirou Diomaye Faye semble vouloir replacer le débat sur le terrain de la légitimité populaire plutôt que dans la seule arène parlementaire.

Une telle initiative lui permettrait de réaffirmer son rôle de garant des institutions tout en sollicitant directement l’arbitrage des citoyens.

Cette stratégie comporte toutefois une part d’incertitude. Une consultation populaire pourrait rapidement dépasser le seul cadre constitutionnel pour devenir un test politique portant sur les équilibres internes du pouvoir.

Une opposition fragilisée mais attentive

Face à cette réforme, les partis d’opposition disposent d’une marge de manœuvre limitée au sein d’une Assemblée largement acquise au Pastef.

Le boycott d’une partie des débats parlementaires illustre cette faiblesse institutionnelle.

Néanmoins, l’ancien camp présidentiel pourrait tenter de tirer profit des tensions actuelles en se présentant comme le défenseur de la stabilité des institutions face aux divisions de la majorité.

Plusieurs organisations de la société civile ont également exprimé leurs réserves, estimant qu’une réforme aussi structurante aurait gagné à faire l’objet d’un processus plus inclusif associant l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.

Une nouvelle phase pour la démocratie sénégalaise

Au-delà de la confrontation politique du moment, cette réforme ouvre une réflexion plus large sur l’évolution du régime sénégalais.

Deux scénarios semblent désormais se dessiner.

Le premier verrait l’émergence d’un système institutionnel plus équilibré, où le Parlement exercerait pleinement ses missions de contrôle et où le Premier ministre disposerait de responsabilités renforcées, dans le respect des principes démocratiques.

Le second pourrait conduire à une coexistence plus conflictuelle entre un président de la République et un président de l’Assemblée nationale disposant chacun d’une forte légitimité politique et de bases d’influence distinctes.

L’histoire institutionnelle montre que ce type de configuration peut favoriser l’équilibre des pouvoirs lorsqu’elle repose sur une coopération durable. À l’inverse, lorsque les rivalités personnelles prennent le dessus, elle peut devenir une source de blocages institutionnels.

L’adoption de cette réforme dépasse ainsi largement le cadre d’une simple modification constitutionnelle. Elle marque l’ouverture d’une nouvelle séquence politique dont dépendra, en grande partie, l’évolution des institutions sénégalaises dans les années à venir.

Plus qu’un débat juridique, c’est désormais la capacité du tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko à préserver son unité politique tout en partageant l’exercice du pouvoir qui constitue l’un des principaux enjeux de la vie politique sénégalaise.