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Sénégal : la Banque mondiale annonce un financement de 340 milliards de FCFA pour soutenir les réformes.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a reçu, mercredi, Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette rencontre s’est conclue par l’annonce d’un nouveau financement de 340 milliards de FCFA destiné à accompagner plusieurs projets prioritaires du Sénégal.

Selon la présidence sénégalaise, ces ressources serviront à financer des initiatives dans les secteurs de l’agriculture, des transports, ainsi que des programmes de résilience économique et sociale en faveur des jeunes et des femmes.

La Banque mondiale a également confirmé un appui budgétaire direct à l’État sénégalais et l’élargissement des financements basés sur les résultats, témoignant de sa confiance dans les réformes engagées par les autorités.

Les échanges ont porté sur plusieurs priorités stratégiques, notamment la réduction du coût de l’énergie, l’accélération du développement du solaire, le renforcement de la résilience agricole afin de soutenir la souveraineté alimentaire, l’amélioration du climat des affaires, ainsi que la modernisation de la gouvernance et des finances publiques.

Les deux parties ont enfin évoqué la préparation d’un nouveau cadre de partenariat qui définira la coopération entre le Sénégal et la Banque mondiale pour les dix prochaines années, en cohérence avec les objectifs de la Vision Sénégal 2050.

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Hydrocarbures : les exportations pétrolières propulsent le Sénégal sur les marchés internationaux.

Le pétrole est devenu en l’espace de quelques années un moteur majeur des exportations sénégalaises. En 2025, les ventes de pétrole brut ont généré 1 528 milliards de FCFA, contre 464,6 milliards de FCFA en 2024, soit une progression de plus de 1 000 milliards de FCFA en un an, selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

Cette forte hausse s’inscrit dans le contexte de la montée en puissance du champ offshore de Sangomar et du démarrage des premières exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).

La progression des hydrocarbures a contribué à la forte croissance des exportations nationales. Celles-ci ont atteint 5 805,6 milliards de FCFA en 2025, contre 3 909,1 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 48,5 %.

Le pétrole brut représente ainsi une part croissante des échanges extérieurs du pays, renforçant la place du Sénégal sur le marché international de l’énergie.

Les cargaisons de brut sénégalais ont notamment été acheminées vers plusieurs grandes économies. Les Pays-Bas arrivent en tête des destinations avec 32 % des exportations pétrolières, suivis de la Chine (25,3 %), de l’Italie (14,7 %), de l’Espagne (13,6 %) et des États-Unis (7,4 %).

Cette dynamique est directement liée à la montée en régime du champ pétrolier de Sangomar, dont l’exploitation a démarré en juin 2024.

En 2025, le site a produit 36,1 millions de barils, dépassant les prévisions initiales grâce aux performances enregistrées par les installations et les puits.

La tendance s’est poursuivie en 2026. Au cours du premier semestre, la production de Sangomar a atteint 17,9 millions de barils, soit plus de la moitié de l’objectif annuel fixé à 31,6 millions de barils.

Depuis le début de l’exploitation du champ, 70,9 millions de barils ont été extraits, dont 70,47 millions ont déjà été commercialisés sur les marchés internationaux.

Au-delà de l’impact sur les exportations, le développement des hydrocarbures ouvre de nouvelles perspectives pour les finances publiques sénégalaises.

Selon les projections officielles, les revenus issus du pétrole et du gaz devraient générer 703,2 milliards de FCFA de recettes budgétaires entre 2027 et 2029.

Ces ressources pourraient ainsi contribuer au financement des investissements publics et au développement économique du pays, tout en renforçant sa capacité à financer ses priorités nationales.

Avec la montée en puissance de Sangomar et le développement de la production gazière, le Sénégal entre progressivement dans une nouvelle phase de son économie. Le défi sera désormais de transformer cette manne énergétique en croissance durable, en emplois et en investissements structurants, tout en veillant à une gestion transparente et responsable des revenus tirés des hydrocarbures.

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Sénégal–Gambie : Dakar et Banjul scellent un accord sur la délimitation de leur frontière commune.

Sénégal–Gambie : Dakar et Banjul scellent un accord sur la délimitation de leur frontière commune
Après plusieurs années de discussions et une récente montée des tensions à Bulock, les deux pays annoncent une avancée majeure vers une gestion concertée de leur frontière

Le Sénégal et la Gambie ont franchi une étape importante dans le règlement de leurs questions frontalières. Les deux pays sont parvenus à un accord définitif sur la délimitation de leur frontière commune, au terme d’un processus de dialogue et de concertation engagé depuis plusieurs années.

L’annonce a été faite par le Secrétariat permanent sénégalo-gambien, qui a salué l’aboutissement des travaux menés conformément aux orientations des chefs d’État des deux pays. Dakar et Banjul ont ainsi privilégié les mécanismes de dialogue bilatéral et l’esprit de fraternité pour parvenir à une solution consensuelle à une question sensible.

Les opérations de réaffirmation de la frontière reprendront le 15 août

Dans le prolongement de cet accord, les activités conjointes de réaffirmation et de densification de la frontière sud doivent reprendre à compter du 15 août 2026.

Les opérations concerneront dans un premier temps le tronçon compris entre Touba Tranquil–Dar Salam et Saré Yoro Guèye–Jahanka. Ces travaux doivent permettre de matérialiser plus clairement la ligne frontalière et de renforcer la coordination entre les administrations et les forces chargées de la surveillance des deux côtés de la frontière.

Cette reprise intervient alors que la question de la gestion de la frontière avait récemment suscité des tensions, notamment autour de la zone de Bulock, dans la région gambienne de la Côte-Ouest.

L’incident de Bulock avait ravivé les tensions entre les deux pays

Le 17 juillet dernier, le gouvernement gambien avait dénoncé un incident survenu au niveau du poste-frontière militaire de Bulock. Banjul avait alors accusé des éléments des Forces armées sénégalaises d’avoir détruit une partie de la clôture d’une installation militaire gambienne, sans concertation préalable avec les autorités concernées.

Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement gambien et conseiller présidentiel chargé de la diaspora, Ebrima G. Sankareh, avait qualifié l’incident de « profondément provocateur » et de « totalement inacceptable ».

Selon les autorités gambiennes, une partie de la clôture d’une installation des Forces armées gambiennes avait été démolie en dehors des mécanismes militaires et diplomatiques bilatéraux établis entre les deux pays.

Malgré la fermeté de sa réaction, Banjul avait indiqué privilégier une résolution pacifique du différend. Le gouvernement gambien avait précisé qu’un dialogue diplomatique avec Dakar était engagé et que la question devait être examinée dans le cadre du Comité militaire conjoint, ainsi que des autres mécanismes bilatéraux existants.

Les autorités gambiennes avaient également assuré que la situation sécuritaire restait « calme et totalement sous contrôle », tout en saluant la retenue de leurs forces armées afin d’éviter toute escalade.

Dakar rappelle l’existence de discussions bilatérales sur la zone

De son côté, le Sénégal avait également réaffirmé sa volonté de régler la question par le dialogue.

Dans une déclaration du ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Dakar avait rappelé que les relations entre les deux pays reposent sur des « liens historiques de fraternité, de bon voisinage et de coopération stratégique ».

Les autorités sénégalaises avaient toutefois indiqué avoir, à plusieurs reprises, attiré l’attention de la partie gambienne sur certaines installations et activités considérées comme des empiètements présumés sur le territoire sénégalais et incompatibles avec une gestion concertée de la frontière.

Dakar avait également précisé que l’incident du 16 juillet ne constituait pas une remise en cause de la souveraineté gambienne ni une volonté de détériorer les relations entre les deux États. Le Sénégal avait ainsi appelé à poursuivre les discussions dans le cadre des mécanismes diplomatiques et bilatéraux déjà établis.

Un accord qui intervient dans un contexte de coopération étroite

Au-delà des différends ponctuels, le Sénégal et la Gambie entretiennent des relations particulièrement étroites, liées à leur proximité géographique, historique et culturelle.

Les deux pays coopèrent notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité, du commerce, de la gestion des frontières et du développement économique. La configuration géographique de la Gambie, enclavée à l’intérieur du territoire sénégalais à l’exception de son ouverture sur l’océan Atlantique, rend par ailleurs la coopération transfrontalière particulièrement stratégique.

Dans ce contexte, la délimitation précise et consensuelle de la frontière apparaît comme un enjeu essentiel pour faciliter la circulation, sécuriser les zones frontalières et prévenir les incidents susceptibles d’affecter les relations entre les deux États.

Dakar et Banjul veulent désormais tourner la page

L’accord annoncé par le Secrétariat permanent sénégalo-gambien constitue ainsi une avancée significative dans le règlement de la question frontalière. Il intervient après une séquence de tensions qui aura rappelé l’importance d’une coordination permanente entre les autorités des deux pays.

Le Secrétariat permanent a salué les efforts déployés par Alieu Njie, président de la Commission nationale des frontières de Gambie, et le général de division Cheikh M. L. B. Camara, président de la Commission nationale de gestion des frontières du Sénégal, dont l’implication a contribué à l’aboutissement du processus.

La reprise des opérations de réaffirmation et de densification de la frontière, prévue à partir du 15 août, devrait désormais permettre de traduire l’accord politique en actions concrètes sur le terrain.

Pour Dakar comme pour Banjul, l’objectif est désormais de consolider cette dynamique afin de prévenir de nouveaux incidents, renforcer la coopération transfrontalière et préserver les relations historiques de fraternité et de bon voisinage qui unissent les deux peuples.

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Sénégal : le Grand Magal pèse 630 milliards de FCFA.

Touba. Dans la cité sainte du mouridisme, les foules convergent comme chaque année vers la Grande Mosquée.

Mais derrière la ferveur religieuse du Grand Magal se dessine une autre réalité : celle d’un événement devenu un acteur économique majeur du Sénégal. Selon une étude conjointe de l’Université Alioune Diop de Bambey et de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, les retombées économiques du pèlerinage atteindraient désormais près de 630 milliards de francs CFA, contre 250 milliards en 2017.

Pour un observateur extérieur, le Magal est d’abord une manifestation spirituelle commémorant l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba par l’administration coloniale française en 1895. Pour les économistes, il ressemble de plus en plus à un gigantesque marché temporaire dont l’influence s’étend bien au-delà des frontières de Touba. 

La croissance de son impact reflète plusieurs tendances. La ville de Touba elle-même a connu une expansion démographique spectaculaire, tandis que le pèlerinage attire un nombre croissant de fidèles sénégalais et issus de la diaspora. Les chercheurs évoquent une affluence pouvant dépasser cinq millions de personnes, créant une explosion de la demande en nourriture, transport, hébergement et services financiers. 

Comme souvent en Afrique de l’Ouest, les premiers bénéficiaires sont les secteurs agricole et pastoral. Des centaines de milliers de volailles et des dizaines de milliers de ruminants sont consommés pendant la période du Magal. Cette demande exceptionnelle irrigue les chaînes de valeur du pays, depuis les producteurs de Casamance jusqu’aux éleveurs du bassin arachidier. Plus de 600 000 poulets seraient consommés durant l’événement, illustrant l’ampleur de cette économie de pèlerinage. 

Les services financiers profitent également de ce boom saisonnier. Les opérateurs de mobile money enregistreraient une hausse d’au moins 60 % de leur chiffre d’affaires durant le Magal, portée par les transferts d’argent de la diaspora et des familles qui financent l’accueil des pèlerins. Dans un pays où les paiements numériques gagnent du terrain, le pèlerinage agit comme un accélérateur temporaire de l’activité financière. 

L’étude révèle cependant un paradoxe. Si le Magal génère une richesse considérable, une partie importante de la valeur ajoutée est produite hors de Touba. Les produits agricoles, les denrées alimentaires et de nombreux biens consommés durant l’événement proviennent d’autres régions du Sénégal. Certains économistes plaident donc pour une industrialisation accrue de la ville afin qu’elle capture une plus grande part des bénéfices générés par le pèlerinage. 

Les chercheurs avancent même des pistes concrètes. Le développement de filières de transformation du cuir à partir des peaux issues des sacrifices, ou encore le renforcement d’une production agricole locale destinée à remplacer certaines importations, pourraient créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois au cours des prochaines années. 

Cette évolution témoigne d’une tendance plus large observée dans plusieurs économies émergentes : les grands rassemblements religieux ne sont plus seulement des phénomènes culturels ou spirituels. Ils deviennent aussi des plateformes économiques capables de stimuler la consommation, l’investissement et l’entrepreneuriat à grande échelle. 

À Touba, le Grand Magal demeure avant tout une célébration de la foi mouride. Mais à mesure que le nombre de pèlerins augmente, son importance économique devient impossible à ignorer. Dans un Sénégal en quête de nouveaux moteurs de croissance, la ville sainte apparaît désormais comme un laboratoire singulier où spiritualité et économie avancent main dans la main. 

Source : LesNouvellesd’Afrique.

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Sénégal : Concours général 2026, la Nation célèbre ses cracks aujourd’hui.

Le Concours général sénégalais (Cgs) célèbre, ce jeudi 30 juillet, sa 60ᵉ édition au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose. Présidée par le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, la cérémonie solennelle mettra à l’honneur, comme à l’accoutumée, les meilleurs élèves du pays.

Soixante ans après sa création, le Concours général sénégalais (Cgs) demeure l’une des plus prestigieuses distinctions du système éducatif sénégalais. L’édition 2026, placée sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, s’inscrit dans une dynamique de célébration de l’excellence scolaire et de transmission des valeurs citoyennes fondées sur le mérite.

Organisée au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, la cérémonie réunira les meilleurs élèves de la Nation autour d’un thème en résonance avec un rendez-vous historique. Intitulé « Le Sénégal à l’heure des Joj 2026 : refonder le sens du bien commun à l’école des valeurs olympiques », celui-ci établit un lien entre la réussite scolaire et les idéaux de dépassement de soi, de solidarité et de respect portés par les Jeux olympiques de la jeunesse que le Sénégal accueillera du 31 octobre au 13 novembre 2026.

Lors de la cérémonie, un hommage sera rendu à la marraine de l’édition, le Professeur Awa Marie Coll Seck, ancienne ministre de la République, dont le parcours est salué comme une référence d’excellence, de compétence et d’engagement au service de la nation. Les résultats publiés par le ministère de l’Éducation nationale traduisent la bonne santé de cette compétition d’élite.

129 distinctions, dont 69 Prix et 60 Accessits

Au total, 3 690 candidats ont pris part aux épreuves ; soit une progression de 122 élèves par rapport à 2025. Les filles représentent 61,27 % des effectifs avec 2 261 candidates. À l’issue des délibérations, 129 distinctions, dont 69 Prix et 60 Accessits seront remises aux 118 lauréats. Les établissements publics confirment leur domination en remportant près de 80 % des distinctions, tandis que les filières scientifiques concentrent la majorité des lauréats avec 83 distinctions.

Pour la deuxième année consécutive, Ameth Babou, élève en Terminale S1 au Prytanée militaire, Charles N’Tchoréré de Saint-Louis, décroche le titre de meilleur élève du Sénégal. Avec 68 points et 4 premiers Prix, notamment en français, en citoyenneté et droits de l’homme, en dissertation philosophique et en physique, il confirme un parcours exceptionnel, renseigne un communiqué du ministère de l’Éducation nationale.

Cette édition marque également un tournant en matière d’inclusion. Pour la première fois, les élèves non-voyants de l’Institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles (Inefja) de Thiès ont concouru dans les mêmes conditions que les autres candidats. Le palmarès s’ouvre aussi à de nouveaux établissements, témoignant d’un élargissement de la carte de l’excellence scolaire à travers le pays.

Pour célébrer ce jubilé, le ministère de l’Éducation nationale procédera à la présentation d’un ouvrage intitulé : « Le Concours général au Sénégal, miroir de la nation » ainsi qu’au lancement d’une exposition immersive retraçant six décennies d’histoire d’une institution qui continue d’incarner l’excellence académique et le mérite dans notre système éducatif.

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Le Sénégal franchit une nouvelle étape vers une politique linguistique au service de l’école.

Le Sénégal amorce une nouvelle étape dans la transformation de son système éducatif avec l’élaboration de son premier Document de politique linguistique nationale (DPLN). Ce cadre stratégique entend redéfinir la place des langues nationales dans l’éducation, la transmission des savoirs et la préservation du patrimoine culturel, tout en renforçant leur contribution au développement du capital humain.

La validation technique du document s’est tenue mardi 28 juillet 2026 à Dakar, à l’occasion d’un atelier présidé par Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale. La rencontre a réuni plusieurs catégories d’acteurs engagés dans les politiques éducatives et linguistiques : universitaires, linguistes, chercheurs, spécialistes de l’éducation, représentants de la société civile ainsi que partenaires techniques et financiers.

À travers cette démarche, les autorités sénégalaises ambitionnent de construire un système éducatif davantage en phase avec les réalités linguistiques, culturelles et sociales du pays.

Un cadre stratégique pour repenser l’apprentissage

Fruit d’un processus de réflexion, de concertation et d’expertise, le DPLN est appelé à devenir un document de référence pour l’orientation des politiques publiques relatives aux langues. Son objectif est notamment de favoriser l’émergence d’un environnement éducatif dans lequel les langues nationales occupent une place plus importante dans l’acquisition et la transmission des connaissances.

Au-delà de leur fonction de communication, ces langues constituent en effet des vecteurs de savoirs endogènes, de mémoire collective et d’identité culturelle. Leur meilleure intégration dans le système éducatif est ainsi présentée comme un moyen de rapprocher l’école des réalités quotidiennes des apprenants et de renforcer leur capacité à comprendre et à assimiler les enseignements.

Cette orientation repose sur un principe central : la maîtrise de la langue première peut faciliter les apprentissages fondamentaux et favoriser une meilleure appropriation des connaissances. L’ambition est donc de permettre aux enfants d’accéder aux premiers enseignements dans une langue qu’ils comprennent et pratiquent, avant de développer progressivement leurs compétences dans d’autres langues, notamment le français.

Le plurilinguisme présenté comme un levier de réussite scolaire

Pour les autorités éducatives, la promotion des langues nationales ne s’inscrit pas dans une logique de substitution, mais dans une approche fondée sur le plurilinguisme. Il s’agit de valoriser les compétences linguistiques des élèves tout en leur permettant d’acquérir progressivement la maîtrise de plusieurs langues nécessaires à leur parcours scolaire, professionnel et citoyen.

Cette approche s’inscrit dans la dynamique de refondation curriculaire engagée par le Sénégal. Celle-ci vise à faire évoluer les contenus et les méthodes d’enseignement afin de construire une école plus inclusive, plus équitable et davantage adaptée aux réalités du pays.

Dans cette perspective, le plurilinguisme est considéré comme une richesse et un atout stratégique. Il doit permettre de mieux prendre en compte la diversité culturelle et linguistique du Sénégal, tout en préparant les jeunes générations à évoluer dans un environnement national, africain et international de plus en plus interconnecté.

Une ambition qui dépasse le cadre de l’école

La portée du DPLN dépasse toutefois la seule question de l’enseignement. À travers cette politique, le Sénégal entend également renforcer la reconnaissance institutionnelle des langues nationales et leur contribution à la construction d’une société fondée sur ses propres ressources culturelles, intellectuelles et scientifiques.

Cette orientation rejoint les ambitions affichées dans la vision « Sénégal 2050 », qui accorde une place importante à la valorisation du savoir, à l’innovation et au développement d’un capital humain capable de soutenir la transformation économique et sociale du pays.

La politique linguistique apparaît ainsi comme un élément d’une réflexion plus large sur la souveraineté éducative et culturelle. En donnant davantage de place aux langues nationales dans la production et la transmission des connaissances, les autorités souhaitent favoriser l’émergence d’un modèle éducatif mieux enraciné dans les réalités sénégalaises, tout en restant ouvert sur le monde.

Prenant la parole lors de l’atelier de validation technique, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre une démarche fondée sur la concertation et la co-construction.

Le ministre a salué l’implication des différents acteurs ayant contribué à l’élaboration du document, notamment le comité scientifique de la Refondation curriculaire, les experts nationaux et internationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La validation technique constitue désormais une étape importante dans le processus d’élaboration de cette politique linguistique nationale. Elle ouvre la voie à la poursuite des travaux nécessaires à sa mise en œuvre et à sa traduction concrète dans le système éducatif.

De la politique à la réalité des salles de classe

Le véritable enjeu résidera désormais dans la capacité du Sénégal à transformer les orientations du DPLN en actions concrètes. La généralisation de l’utilisation des langues nationales dans l’éducation suppose en effet de relever plusieurs défis, notamment la formation des enseignants, la production de supports pédagogiques adaptés, la standardisation et la disponibilité des ressources linguistiques ainsi que l’accompagnement des établissements scolaires.

La réussite de cette politique dépendra également de la capacité à articuler efficacement les différentes langues d’enseignement et à garantir aux élèves une continuité pédagogique tout au long de leur parcours.

Avec ce premier Document de politique linguistique nationale, le Sénégal pose néanmoins les bases d’une nouvelle réflexion sur le rôle des langues dans l’éducation et la construction du capital humain. Une démarche qui pourrait contribuer à rapprocher davantage l’école des réalités du pays et à faire des langues nationales non seulement des instruments de transmission culturelle, mais également de véritables leviers de réussite scolaire, d’inclusion et de développement.

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Hépatites virales au Sénégal : une urgence sanitaire face à une maladie encore trop silencieuse.

Les hépatites virales s’imposent comme l’un des défis majeurs de santé publique au Sénégal. Leur forte prévalence, combinée à leur évolution souvent silencieuse et au risque de complications graves, en fait une priorité sanitaire qui nécessite, selon les spécialistes, une mobilisation accrue en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge.

À l’approche de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée chaque année le 28 juillet, le coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH), le professeur Bamba Kane, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la situation. Dans un entretien accordé à l’APS, il a notamment évoqué des niveaux de prévalence particulièrement préoccupants pour les virus des hépatites B et C.

Une circulation importante du virus de l’hépatite B

Selon les données communiquées par le PNLH, 85 % de la population sénégalaise présentent des marqueurs indiquant un contact antérieur avec le virus de l’hépatite B (VHB). Parmi ces personnes, entre 5,7 % et 10 % seraient des porteurs chroniques du virus. Par ailleurs, environ 2 % de la population vivraient avec une infection chronique au virus de l’hépatite C (VHC).

« Au Sénégal, 85 % de la population ont un marqueur de l’hépatite B, 5,7 à 10 % sont des porteurs chroniques du VHB qui est la première cause de cancer du foie et 2 % sont des porteurs chroniques du virus de l’hépatite C », a expliqué le professeur Bamba Kane.

Ces chiffres illustrent, selon le spécialiste, l’importance de la circulation des virus des hépatites dans le pays et la nécessité de renforcer les dispositifs de lutte contre ces infections.

L’hépatite B constitue notamment une préoccupation majeure en raison de ses complications potentielles. Lorsqu’elle devient chronique et n’est pas correctement prise en charge, l’infection peut entraîner des lésions progressives du foie, évoluer vers une cirrhose et, dans certains cas, conduire à un cancer primitif du foie.

Des modes de transmission multiples

Les hépatites virales regroupent plusieurs infections provoquées par différents virus, généralement désignés par les lettres A, B, C, D et E. Leur mode de transmission et leur évolution diffèrent selon le type de virus.

Les hépatites A et E sont principalement liées à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés. Elles guérissent généralement sans évoluer vers une infection chronique. Les hépatites B et C, en revanche, présentent un risque plus important de complications à long terme.

Le virus de l’hépatite B peut notamment se transmettre de la mère à l’enfant, lors de l’accouchement, mais aussi par contact avec du sang infecté ou lors de rapports sexuels non protégés. Le virus de l’hépatite C est principalement transmis par exposition au sang contaminé. Quant à l’hépatite D, elle ne peut infecter qu’une personne déjà porteuse du virus de l’hépatite B.

La diversité des modes de transmission souligne l’importance d’une approche globale combinant vaccination, prévention, sécurité des soins, sensibilisation et dépistage.

Une maladie souvent silencieuse jusqu’aux complications

L’un des principaux obstacles à la lutte contre les hépatites réside dans leur caractère souvent asymptomatique. De nombreuses personnes infectées peuvent vivre pendant plusieurs années sans présenter de signes apparents, tout en développant progressivement des lésions hépatiques.

Lorsque les symptômes apparaissent, ils peuvent se traduire par une fatigue persistante, une perte d’énergie, des nausées, des vomissements ou encore une diminution de l’appétit. Dans les formes plus avancées, un ictère, reconnaissable à la coloration jaunâtre de la peau et du blanc des yeux, peut également survenir.

Cette évolution silencieuse rend le dépistage particulièrement important. Une personne qui ignore son statut peut en effet ne pas bénéficier d’une prise en charge précoce et, dans certains cas, transmettre le virus à son entourage.

Le dépistage et la prévention au cœur de la riposte

Face à cette situation, le coordonnateur du PNLH plaide pour une intensification des efforts de sensibilisation et de prévention. Le renforcement de la vaccination contre l’hépatite B, l’élargissement de l’accès au dépistage et l’amélioration de la prise en charge des personnes infectées figurent parmi les principaux leviers de lutte contre la maladie.

L’enjeu est également de mieux informer les populations sur les modes de transmission et sur l’importance d’un diagnostic précoce. Pour les professionnels de santé, l’identification rapide des personnes infectées permet de les orienter vers une prise en charge adaptée et de limiter le risque d’évolution vers des complications sévères.

À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, le Sénégal est ainsi appelé à renforcer sa mobilisation contre ces infections qui demeurent largement méconnues du grand public. Dans un contexte où les hépatites B et C peuvent évoluer durant de longues années sans symptômes apparents, le message des autorités sanitaires reste clair : se faire dépister constitue une étape essentielle pour connaître son statut, accéder aux soins à temps et prévenir les conséquences les plus graves de la maladie.

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Aflatoxines dans le riz : le ministère de l’Industrie et du Commerce dément une contamination généralisée au Sénégal.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a formellement démenti les informations faisant état d’une contamination généralisée du riz par les aflatoxines au Sénégal. Dans un communiqué rendu public dimanche 26 juillet, le département ministériel assure que les produits alimentaires destinés à la consommation font l’objet de contrôles sanitaires réguliers et invite les populations à ne pas céder à la psychose.

Plus de 2 000 analyses réalisées au premier semestre 2026

Selon le ministère, les informations relayées ces derniers jours ne reflètent pas la réalité du système national de surveillance de la qualité des denrées alimentaires. Les autorités rappellent que les produits alimentaires, qu’ils soient importés ou issus de la production locale, sont soumis à des contrôles de conformité avant leur mise sur le marché, puis à des inspections régulières effectuées par les services compétents et les laboratoires de référence.

Entre janvier et juin 2026, plus de 2 000 analyses auraient ainsi été réalisées par plusieurs structures spécialisées, parmi lesquelles le Laboratoire national d’analyse et de contrôle (Lanac), l’Institut de technologie alimentaire (Ita), l’Institut Pasteur de Dakar (Ipd), l’École supérieure polytechnique (Esp) et le Centre de recherche en écotoxicologie (Ceres-Locustox).

Pour le ministère, ces dispositifs visent à garantir la conformité des denrées alimentaires aux normes sanitaires en vigueur et à protéger la santé des consommateurs.

Un débat sur la méthodologie de l’étude à l’origine des inquiétudes

Le département de l’Industrie et du Commerce conteste également la portée des résultats d’une étude récemment relayée dans l’espace public. Selon les autorités, celle-ci repose sur un échantillon de 200 prélèvements effectués dans seulement trois localités : Dakar, Thiès et Kaolack.

Une base d’échantillonnage que le ministère juge insuffisante pour permettre d’étendre les conclusions à l’ensemble du territoire national. Les autorités estiment ainsi que les résultats obtenus ne peuvent être considérés comme représentatifs de la situation globale du riz commercialisé ou produit au Sénégal.

Le ministère met également en avant une différence dans les seuils réglementaires utilisés pour évaluer la présence d’aflatoxines. D’après son communiqué, l’étude aurait retenu le seuil fixé par la réglementation européenne, soit 4 microgrammes par kilogramme, tandis que le Sénégal se réfère à la norme internationale du Codex Alimentarius, qui établit la limite maximale à 20 microgrammes par kilogramme.

Le ministère conteste les affirmations sur le riz produit localement

Sur cette base, le département ministériel souligne que la concentration la plus élevée relevée dans l’étude, estimée à 18,6 microgrammes par kilogramme, reste inférieure au seuil de 20 microgrammes par kilogramme retenu par la réglementation à laquelle le Sénégal se conforme.

Le ministère réfute par ailleurs l’affirmation selon laquelle la moitié du riz produit localement serait contaminée par les aflatoxines. Il souligne qu’aucun des échantillons analysés dans l’étude ne proviendrait de la vallée du fleuve Sénégal, principale zone de production rizicole du pays.

Pour les autorités, cette absence d’échantillons provenant de cette importante zone agricole ne permet donc pas d’extrapoler les résultats de l’étude à l’ensemble du riz produit localement.

Les autorités veulent rassurer les consommateurs

Alors que les informations sur une éventuelle contamination ont suscité des inquiétudes parmi les consommateurs, le ministère de l’Industrie et du Commerce entend ainsi rassurer l’opinion publique sur la qualité des denrées disponibles sur le marché.

Tout en réaffirmant l’importance du contrôle sanitaire et de la vigilance des autorités, le département appelle les populations à se fier aux résultats des dispositifs officiels de surveillance et à éviter toute conclusion générale fondée sur des données jugées limitées.

Le débat met néanmoins en lumière l’importance d’un suivi scientifique régulier et transparent de la qualité des produits alimentaires, notamment du riz, qui occupe une place centrale dans l’alimentation des Sénégalais.

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Lutte contre le VIH : le Sénégal réaffirme son engagement pour une riposte durable et une meilleure souveraineté sanitaire.

Le Sénégal entend maintenir le cap dans la lutte contre le VIH/Sida et renforcer sa contribution aux efforts continentaux visant à accélérer l’élimination de l’épidémie. En marge du Sommet extraordinaire de l’Union africaine consacré à la santé, organisé les 21 et 22 juillet 2026 à Accra, au Ghana, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, accompagné de la secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), Dr Safiatou Thiam, s’est entretenu avec la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima.

Cette rencontre de haut niveau a permis d’examiner les perspectives de la riposte contre le VIH, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle mondiale, dans un contexte marqué par l’évolution de l’épidémie, les transformations du système multilatéral et la nécessité de repenser les mécanismes de financement de la santé.

La recrudescence des infections chez les jeunes au cœur des préoccupations

Les échanges ont notamment porté sur la progression préoccupante des nouvelles infections chez les adolescentes, les jeunes filles et les jeunes garçons. Face à cette tendance, les participants ont insisté sur la nécessité d’adapter les stratégies de prévention et de renforcer les interventions ciblées en direction des populations les plus exposées.

Pour les autorités sénégalaises et l’ONUSIDA, l’inversion de cette dynamique passe par une approche globale combinant prévention, accès au dépistage, prise en charge précoce et lutte contre les facteurs sociaux qui favorisent la propagation du virus. La mobilisation des jeunes eux-mêmes et le renforcement de leur accès à l’information et aux services de santé apparaissent également comme des leviers essentiels.

Vers une souveraineté pharmaceutique africaine

Un autre axe majeur des discussions a concerné la souveraineté sanitaire du continent. Les interlocuteurs ont souligné l’importance d’accélérer le développement de capacités africaines de production de médicaments et de produits de santé.

Cette orientation vise à réduire la dépendance du continent aux importations, à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à garantir un accès plus régulier aux traitements. Elle doit également permettre aux systèmes de santé africains de mieux résister aux crises sanitaires et aux perturbations internationales.

Un sommet continental consacré aux grands défis sanitaires

Placée sous le thème « Éliminer le VIH d’ici à 2030, mettre fin aux décès maternels évitables, lutter contre les maladies transmissibles et non transmissibles endémiques sur le continent et renforcer les systèmes de santé d’ici 2030 », la rencontre d’Accra a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement, des ministres de la Santé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants d’institutions africaines et internationales.

Les travaux ont permis d’évaluer les progrès réalisés dans le secteur sanitaire, tout en mettant en lumière les défis persistants qui compromettent l’atteinte des objectifs fixés à l’horizon 2030. Les participants ont également identifié plusieurs priorités destinées à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable dans le domaine de la santé.

Dakar veut maintenir la mobilisation face au recul des financements

Au cours de leur entretien, les représentants sénégalais et la directrice exécutive de l’ONUSIDA ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une riposte durable, équitable et résiliente contre le VIH. Une ambition qui intervient dans un contexte international marqué par une diminution des financements consacrés à la lutte contre la pandémie, faisant peser de nouvelles incertitudes sur les progrès enregistrés ces dernières années.

À travers sa participation au sommet d’Accra et ses échanges avec les principaux partenaires internationaux, le Sénégal réaffirme ainsi son engagement dans la lutte contre le VIH et dans le renforcement des systèmes de santé africains.

Dakar entend poursuivre ses efforts pour contribuer à l’objectif d’élimination du sida à l’horizon 2030, tout en consolidant les bases d’une santé publique plus autonome et plus résiliente. Cette démarche s’inscrit dans les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et dans la perspective de la réalisation de la Couverture sanitaire universelle sur le continent.

Rapport ONLP 2024 2025 1024x681 1 360x320

Sénégal : Bassirou Diomaye Faye annonce de nouvelles mesures pour améliorer les conditions de détention.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé son engagement en faveur du respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Le chef de l’État a reçu, jeudi, les rapports annuels 2024 et 2025 de l’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL), mécanisme national chargé de contribuer à la prévention de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Cette rencontre a été l’occasion pour le président sénégalais d’annoncer plusieurs orientations destinées à améliorer les conditions de détention, réduire la surpopulation carcérale et moderniser le système pénitentiaire.

Un « moment de vérité » pour l’État

À l’occasion de la remise des rapports, Bassirou Diomaye Faye a estimé que cet exercice ne devait pas être considéré comme une simple formalité administrative ou un acte de transparence institutionnelle. Il constitue, selon lui, un véritable « moment de vérité » permettant à l’État d’évaluer la manière dont il traite les personnes auxquelles il a retiré la liberté.

Le chef de l’État a rappelé le rôle spécifique de l’ONLPL, qui n’a vocation ni à se substituer aux agents chargés de l’application des lois ni à défendre directement les personnes privées de liberté. Il représente plutôt, a-t-il souligné, le regard que la République porte sur elle-même pour mesurer la réalité de son engagement en faveur de la dignité humaine.

Au cours des deux dernières années, l’institution a effectué 124 visites dans différents lieux de privation de liberté à travers le pays et formulé plus d’une centaine de recommandations. Le président Faye a salué une démarche fondée sur le dialogue, la coopération et le discernement.

Il a assuré que les recommandations formulées feront l’objet d’un examen approfondi par les départements ministériels concernés, sous la coordination du Premier ministre, afin d’en favoriser la mise en œuvre effective.

Vers un renforcement du cadre juridique

Le président de la République a également mis en avant les évolutions législatives récentes, notamment l’adoption de la loi n° 2026-02 du 26 février 2026, qui actualise le cadre juridique de l’Observateur national.

Le nouveau dispositif rattache désormais le mécanisme à la Primature, une évolution présentée comme un moyen de renforcer son caractère transversal et son efficacité dans la prévention de la torture et la protection des droits fondamentaux.

Dans cette même dynamique, Bassirou Diomaye Faye a demandé aux ministres concernés de réaliser un état des lieux de la prise en charge alimentaire et sanitaire des personnes placées en garde à vue et de veiller au respect effectif des dispositions légales en vigueur. Il a également chargé le Garde des Sceaux de finaliser la révision des textes concernés.

La surpopulation carcérale au cœur des préoccupations

La question de la surpopulation carcérale constitue également une priorité pour l’exécutif. Le président Faye a appelé à approfondir la réflexion sur les peines alternatives à l’emprisonnement et à renforcer l’encadrement de la détention provisoire.

L’objectif est de réduire la pression exercée sur les établissements pénitentiaires et de favoriser une politique pénale mieux adaptée aux réalités du système carcéral.

Sur la question des fouilles, le chef de l’État a également plaidé pour l’utilisation accrue de solutions technologiques, notamment les portiques de détection. Une approche destinée à renforcer la sécurité dans les lieux de détention tout en limitant les pratiques susceptibles de porter atteinte à la dignité des personnes.

Les personnels pénitentiaires au cœur de la réforme

Bassirou Diomaye Faye a, par ailleurs, réaffirmé son soutien aux agents de l’administration pénitentiaire, dont les conditions de travail constituent un élément essentiel du bon fonctionnement du système carcéral.

Il a annoncé que les mesures nécessaires seront prises pour finaliser le projet de loi portant statut des personnels pénitentiaires. Cette réforme doit notamment ouvrir la voie à l’élaboration d’un futur Code pénitentiaire, destiné à moderniser et à mieux structurer le cadre juridique du secteur.

Hommage à Mamadou Yandé Boye

En clôture de son intervention, le président de la République a présenté ses condoléances à l’ONLPL à la suite du décès du commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle Mamadou Yandé Boye, qui exerçait les fonctions d’observateur délégué.

Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage à la mémoire de ce haut fonctionnaire, qui a consacré 47 années de service à l’État et continué, jusqu’à ses derniers jours, à contribuer à la préparation des rapports remis au chef de l’État.

À travers les orientations annoncées, le gouvernement entend ainsi inscrire la réforme du système pénitentiaire dans une approche combinant respect des droits humains, prévention de la torture, amélioration des conditions de détention et modernisation de l’administration pénitentiaire.