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SÉCURITÉ MARITIME : L’ARTP ET L’ANAM RENFORCENT LEUR PARTENARIAT POUR FIABILISER LES COMMUNICATIONS EN MER.

Les radiocommunications demeurent un maillon essentiel de la sécurité maritime. Conscientes de cet enjeu, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) et l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM) ont renouvelé leur partenariat afin d’améliorer la gestion des fréquences radioélectriques et de moderniser les dispositifs de communication destinés à la navigation.
Cette volonté commune a été réaffirmée lors d’un atelier consacré à la gestion des fréquences radioélectriques, des numéros MMSI (Maritime Mobile Service Identity) et des indicatifs d’appel, trois éléments indispensables au bon fonctionnement des communications maritimes et à la coordination des opérations de secours.

À cette occasion, le Directeur général de l’ARTP, Dahirou Thiam, a souligné que le spectre radioélectrique constitue une ressource stratégique dont la gestion conditionne l’efficacité des systèmes de sécurité en mer. Selon lui, une administration rigoureuse de ces fréquences permet de limiter les interférences, d’assurer la continuité des communications entre les navires et les centres de surveillance, tout en facilitant les interventions de recherche et de sauvetage.

« La sécurité maritime repose largement sur la fiabilité des systèmes de communication et sur une veille permanente en mer », a rappelé le responsable de l’ARTP, insistant sur la nécessité d’une utilisation conforme des fréquences pour garantir la protection des personnes et des biens.
Les échanges ont également porté sur les numéros MMSI, identifiants numériques attribués aux navires. Véritables cartes d’identité électroniques, ils permettent une identification immédiate des bâtiments et donnent accès à des informations essentielles sur leurs caractéristiques techniques et leur équipage, un atout déterminant lors des situations d’urgence.

En marge de l’atelier, Dahirou Thiam et le Directeur général de l’ANAM, Bécaye Diop, ont procédé au renouvellement de la convention de partenariat liant leurs deux institutions. Cet accord traduit leur ambition de renforcer la coordination entre les secteurs des télécommunications et des affaires maritimes, dans un contexte marqué par l’évolution rapide des technologies numériques. À travers cette coopération renouvelée, l’ARTP et l’ANAM entendent consolider un dispositif de gouvernance plus performant des ressources radioélectriques et contribuer au renforcement de la sécurité maritime, un enjeu majeur pour un pays comme le Sénégal, dont l’économie et les échanges demeurent fortement liés à son espace maritime.

Source : RTS 

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Sénégal : le procès civil entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang renvoyé au 22 juillet.

Le bras de fer judiciaire entre le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, et l’ancien ministre Mame Mbaye Niang connaît un nouveau rebondissement. Le tribunal de grande instance de Dakar a décidé de renvoyer au 22 juillet prochain l’examen du procès civil qui oppose les deux hommes autour du paiement de dommages et intérêts de 200 millions de francs CFA.

Cette nouvelle audience porte sur une procédure engagée par Mame Mbaye Niang pour obtenir l’annulation d’une mutation immobilière qu’il juge frauduleuse. L’ancien ministre estime qu’Ousmane Sonko aurait transféré un bien immobilier situé à Dakar au nom de membres de sa famille afin d’empêcher son éventuelle saisie par la justice.

Un contentieux hérité de l’affaire pour diffamation

L’affaire trouve son origine dans le procès en diffamation qui avait opposé les deux responsables politiques en 2023. À l’issue de cette procédure, Ousmane Sonko avait été condamné à verser 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Mame Mbaye Niang.

Estimant que cette condamnation n’a toujours pas été exécutée, l’ancien ministre cherche aujourd’hui à faire reconnaître ses droits sur un bien immobilier appartenant à l’actuel dirigeant du parti Pastef. Selon lui, la mutation de la propriété aurait été réalisée dans le but d’organiser son insolvabilité et d’empêcher toute mesure de recouvrement.

Une villa au cœur de la procédure

D’après les éléments présentés devant la justice, le litige concerne une villa située dans la cité Keur Gorgui à Dakar. Mame Mbaye Niang soutient que le droit sur ce bien aurait été transféré au profit de proches d’Ousmane Sonko pour soustraire l’immeuble à une éventuelle saisie judiciaire.

Les avocats de l’ancien ministre demandent donc l’annulation de cette opération afin que le bien puisse être utilisé dans le cadre du recouvrement des sommes qui lui sont dues.

Du côté de la défense d’Ousmane Sonko, les accusations sont contestées. Les conseils du président de l’Assemblée nationale ont demandé un délai supplémentaire pour répondre aux arguments déposés par la partie adverse, ce qui a conduit le tribunal à reporter l’audience au 22 juillet.

Un dossier à forte portée politique

Au-delà de son aspect civil, cette affaire conserve une importante dimension politique. Elle oppose deux figures majeures de la scène politique sénégalaise et constitue l’un des derniers épisodes d’un contentieux qui a profondément marqué la vie publique du pays ces dernières années.

Le rendez-vous du 22 juillet pourrait donc être déterminant pour la suite de cette procédure, alors que la justice devra se prononcer sur la validité de la mutation immobilière contestée et sur les moyens de recouvrement des 200 millions de francs CFA réclamés par Mame Mbaye Niang.

Source : LeSoleil

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Sénégal : l’ancien président Macky Sall attendu à Dakar le 17 juillet pour une rencontre annoncée avec S.E Bassirou Diomaye Faye.

L’ancien président sénégalais Macky Sall est attendu à Dakar le 17 juillet 2026, où il devrait être reçu en audience par le président de la République, SE Bassirou Diomaye Faye, selon des informations relayées par son entourage. Si elle est confirmée, cette rencontre constituerait l’un des premiers échanges officiels de haut niveau entre les deux hommes depuis l’alternance politique de 2024.

Au-delà de son caractère protocolaire, cette visite pourrait revêtir une dimension à la fois politique et diplomatique, dans un contexte où l’ancien chef de l’État poursuit plusieurs initiatives sur la scène internationale.

Un déplacement en préparation

Selon un message adressé à plusieurs proches collaborateurs de Macky Sall, les modalités de son accueil ainsi que le programme détaillé de son séjour au Sénégal seront communiqués dans les prochains jours.

Les responsables de son camp politique devraient également examiner cette visite lors d’une prochaine réunion de leurs instances dirigeantes, alors que ce retour ponctuel de l’ancien président suscite déjà de nombreuses attentes.

Une rencontre à forte portée symbolique

Si elle se concrétise, l’audience entre Macky Sall et S.E Bassirou Diomaye Faye marquera une étape importante dans les relations entre l’ancien président et son successeur.

Depuis la transmission du pouvoir en avril 2024, les rapports entre les nouvelles autorités et l’ancien régime ont été suivis de près par les observateurs politiques. Une rencontre officielle entre les deux dirigeants pourrait ainsi être interprétée comme un signal de continuité institutionnelle et de dialogue républicain, dans un contexte marqué par de profondes recompositions du paysage politique sénégalais.

Une dimension diplomatique en toile de fond

Selon plusieurs sources concordantes, ce déplacement intervient également alors que Macky Sall poursuit des démarches en vue d’une éventuelle candidature à une haute fonction au sein du système des Nations unies.

Dans cette perspective, le soutien officiel des autorités sénégalaises pourrait constituer un élément déterminant. En matière de candidatures internationales, l’appui de l’État d’origine demeure généralement un levier diplomatique important.

Fort du réseau de relations qu’il a développé au cours de ses douze années à la tête du Sénégal, l’ancien président multiplie depuis plusieurs mois les consultations avec différents dirigeants et partenaires internationaux afin de renforcer cette démarche.

Une visite suivie avec attention

À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par la présidence sénégalaise sur la tenue de cette audience ni sur les sujets qui pourraient être abordés.

L’annonce de ce déplacement alimente toutefois les commentaires dans les milieux politiques dakarois, où les relations entre Macky Sall et les nouvelles autorités restent au cœur de nombreuses analyses.

Les prochains jours devraient permettre de préciser les contours de cette visite, ainsi que les éventuelles implications politiques et diplomatiques qu’elle pourrait avoir pour le Sénégal et pour les ambitions internationales de l’ancien chef de l’État.

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Sénégal : la FSF engage la procédure de départ du sélectionneur Pape Bouna Thiaw après l’élimination au Mondial 2026.

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a décidé d’engager la procédure de cessation des fonctions du sélectionneur national Pape Bouna Thiaw et de l’ensemble de son staff technique, quelques jours après l’élimination des Lions en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026.

La décision a été entérinée à l’issue d’une réunion du Comité exécutif de la FSF, qui estime nécessaire d’ouvrir une nouvelle phase dans la gestion de la sélection nationale à la lumière des résultats enregistrés lors de la compétition mondiale.

Une décision motivée par le bilan sportif

Dans un communiqué officiel, la Fédération indique que cette mesure fait suite à une évaluation approfondie des performances de l’équipe nationale ainsi que des perspectives sportives à moyen terme.

« La Fédération sénégalaise de football informe l’opinion publique qu’à l’issue de la réunion du Comité exécutif, il a été décidé d’engager une procédure de cessation de fonction du sélectionneur national Monsieur Pape Thiaw, ainsi que de l’ensemble de son staff technique », précise le texte.

Selon l’instance dirigeante, cette décision répond à la volonté de préserver « l’intérêt supérieur du football sénégalais » et d’engager une nouvelle dynamique pour les prochaines échéances internationales.

Une réorganisation globale des sélections nationales

Le Comité exécutif a chargé le président de la Fédération, Abdoulaye Fall, de notifier officiellement cette décision à Pape Bouna Thiaw, conformément aux dispositions statutaires, réglementaires et contractuelles en vigueur.

Il a également reçu mandat pour conduire une réorganisation plus large des différentes sélections nationales, avec pour objectif de renforcer l’efficacité de l’encadrement technique et de préparer les futures compétitions.

La FSF prévoit de détailler les motivations de cette réorganisation lors d’une conférence de presse programmée le 13 juillet à Dakar, au cours de laquelle seront également présentées les orientations retenues pour l’avenir de la sélection nationale.

Une Coupe du monde en deçà des attentes

Cette décision intervient dans le sillage d’un parcours jugé décevant des Lions de la Teranga lors de la Coupe du monde 2026.

Le Sénégal a quitté la compétition dès les seizièmes de finale après une défaite 3-2 après prolongation face à la Belgique, malgré un avantage conservé durant une grande partie de la rencontre.

En phase de groupes, les Lions avaient connu un début de tournoi difficile avec deux revers contre la France (3-1) puis la Norvège (3-2).

Une large victoire 5-0 contre l’Irak leur avait néanmoins permis d’accéder à la phase à élimination directe parmi les meilleurs troisièmes.

L’élimination face à la Belgique a suscité de nombreuses réactions au Sénégal, où plusieurs observateurs et supporters ont critiqué les choix tactiques opérés durant la rencontre.

Un sélectionneur au bilan contrasté

Arrivé à la tête de la sélection en 2024, après avoir assuré un intérim concluant, Pape Bouna Thiaw avait rapidement gagné la confiance de la Fédération.

Sous sa direction, le Sénégal avait notamment atteint la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, confirmant sa place parmi les grandes nations du football africain.

En deux années à la tête des Lions, le technicien sénégalais aura dirigé 27 rencontres, pour un bilan de 16 victoires, plusieurs résultats positifs mais également des performances jugées insuffisantes lors du rendez-vous mondial.

Une nouvelle page s’ouvre pour les Lions

À travers cette décision, la Fédération sénégalaise de football souhaite amorcer une nouvelle étape dans la préparation de la sélection nationale.

L’instance assure que la procédure sera conduite dans le respect des règles de gouvernance, des engagements contractuels et des principes de transparence.

Le choix du futur sélectionneur constituera désormais l’un des principaux dossiers de la FSF, qui entend rapidement redonner une nouvelle impulsion aux Lions en vue des prochaines compétitions continentales et internationales.

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Sénégal : S.E Bassirou Diomaye Faye saisit le Conseil constitutionnel pour contester la révision de la Constitution.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a engagé une nouvelle étape dans le débat institutionnel en saisissant officiellement le Conseil constitutionnel d’un recours en inconstitutionnalité contre la loi n°18/2026 portant révision de la Constitution. Le chef de l’État conteste la régularité de la procédure ayant conduit à l’adoption de ce texte par l’Assemblée nationale, estimant que les exigences constitutionnelles n’auraient pas été respectées.

Cette démarche place désormais le Conseil constitutionnel au cœur d’un dossier majeur pour les institutions sénégalaises, dans un contexte où les réformes constitutionnelles suscitent une attention particulière sur la scène politique nationale.

Une requête déposée au nom du chef de l’État

D’après le récépissé établi par le greffe du Conseil constitutionnel, la requête a été enregistrée le 6 juillet 2026 à 11h40 sous le numéro 6/C/26.

Le recours a été déposé par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat à la Cour, agissant pour le compte du président de la République.

Dans sa lettre de transmission, Bassirou Diomaye Faye a demandé que l’affaire soit examinée selon la procédure d’urgence prévue par l’alinéa 5 de l’article 17 de la loi organique régissant le Conseil constitutionnel. Le chef de l’État sollicite ainsi une décision dans un délai de huit jours.

Une procédure parlementaire au cœur du recours

Le recours vise la procédure ayant abouti à l’adoption, le 29 juin 2026, de la loi n°18/2026 par l’Assemblée nationale.

Selon la présidence, la contestation ne porte pas sur le fond de la réforme constitutionnelle, mais sur la conformité de son processus d’adoption aux dispositions de la Constitution et aux règles encadrant les révisions constitutionnelles.

Pour appuyer son argumentation, la présidence a constitué un dossier particulièrement étoffé composé de seize pièces.

Un dossier juridique appuyé par de nombreuses pièces

Les documents transmis au Conseil constitutionnel comprennent notamment le texte de la loi contestée, les échanges de correspondance entre la présidence de la République et l’Assemblée nationale, les amendements proposés par le gouvernement ainsi que le discours prononcé par le ministre de la Justice lors de la séance plénière.

Le dossier comporte également les procès-verbaux des débats parlementaires, des enregistrements audio et vidéo des travaux de l’Assemblée nationale ainsi que plusieurs références jurisprudentielles.

Parmi celles-ci figurent une décision rendue en 1960 par le Conseil constitutionnel français ainsi que deux décisions antérieures du Conseil constitutionnel du Sénégal, dont celle du 15 février 2024, invoquées pour étayer les arguments développés par les requérants.

Une décision attendue sur la régularité de la révision constitutionnelle

Avec cette saisine, le Conseil constitutionnel est désormais appelé à déterminer si la procédure ayant conduit à l’adoption de la loi de révision constitutionnelle est conforme aux exigences de la Constitution sénégalaise.

La décision à intervenir, attendue dans le délai d’urgence demandé par le président de la République, pourrait avoir des conséquences importantes sur la poursuite du processus de révision constitutionnelle et contribuer à préciser la jurisprudence en matière de contrôle des procédures de modification de la Loi fondamentale.

Au-delà de ses implications juridiques, cette affaire constitue un nouveau test pour les institutions sénégalaises, appelées à arbitrer un débat portant sur le respect des règles constitutionnelles et l’équilibre des pouvoirs dans le processus législatif.

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Gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle : le Sénégal plaide pour un accès équitable aux technologies lors du dialogue de l’ONU à Genève.

La première session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) s’est ouverte lundi 6 juillet 2026 à Genève sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Cette rencontre inédite réunit des représentants des États membres, des entreprises technologiques, des chercheurs, des universitaires ainsi que des organisations de la société civile autour d’un objectif commun : définir les bases d’une gouvernance internationale capable d’accompagner le développement rapide de l’intelligence artificielle tout en limitant les risques d’exclusion.

Organisée les 6 et 7 juillet 2026, cette première édition s’inscrit dans le prolongement du Pacte numérique mondial et d’une résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle vise à créer un cadre permanent de dialogue sur les enjeux liés à l’IA, alors que cette technologie transforme progressivement les économies, les administrations et les sociétés, tout en révélant de profondes disparités entre les pays.

Le Sénégal au cœur des discussions sur la fracture numérique

Lors de la première journée des travaux, le Sénégal a occupé une place importante en coprésidant une session consacrée à la réduction des inégalités liées à l’intelligence artificielle. Le pays a partagé cette responsabilité avec Jovan Kurbalija, directeur exécutif de DiploFoundation.

Prenant part aux échanges, le ministre sénégalais des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, a défendu une approche de l’IA fondée sur l’équité, le renforcement des capacités et l’accès universel aux opportunités offertes par ces technologies.

Il a alerté sur le risque d’une aggravation des fractures mondiales si les outils, les infrastructures et les compétences nécessaires au développement de l’IA restent concentrés entre les mains d’un nombre limité de pays et d’acteurs économiques.

« L’IA façonne aujourd’hui nos vies. L’IA façonne et oriente notre destin », a-t-il déclaré, appelant à construire un écosystème numérique permettant à tous les pays de participer pleinement à cette transformation technologique.

Selon le ministre, les pays en développement doivent dépasser le simple rôle d’utilisateurs des solutions d’intelligence artificielle pour devenir des acteurs capables de concevoir, d’adapter et d’innover. Cette ambition s’inscrit dans le cadre du « New Deal technologique » porté par le Sénégal, qui repose notamment sur le développement des compétences numériques, le renforcement des infrastructures, la création de plateformes publiques et le soutien à l’innovation.

L’accès aux infrastructures, un enjeu majeur pour les pays en développement

Les discussions de Genève ont mis en évidence un constat partagé : les inégalités liées à l’intelligence artificielle ne sont pas uniquement d’ordre technologique, mais constituent également un enjeu majeur de développement économique et social.

Plusieurs participants ont souligné les écarts persistants entre les pays en matière de puissance de calcul, d’accès aux données, de connectivité et de formation spécialisée. Les infrastructures indispensables au développement de l’IA — notamment les centres de données, les réseaux haut débit, l’accès à une énergie fiable et les systèmes de gouvernance des données — demeurent concentrées dans un nombre restreint de régions du monde.

Pour Pedro Manuel Moreno, représentant de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, ces capacités techniques jouent un rôle déterminant dans la capacité des pays à attirer les investissements et à tirer profit de l’économie mondiale de l’intelligence artificielle.

Une intelligence artificielle au service du développement humain

Au-delà des enjeux économiques, les participants ont également insisté sur le potentiel de l’IA comme outil d’inclusion et d’amélioration des services publics.

Le vice-président d’El Salvador, Félix Ulloa, a notamment présenté des initiatives utilisant l’intelligence artificielle dans les domaines de l’éducation et de la santé, à travers l’enseignement numérique et la télémédecine, afin d’élargir l’accès aux services essentiels.

De son côté, le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, a appelé à promouvoir une intelligence artificielle « éthique, inclusive et sûre ». Il a rappelé l’importance des travaux menés par son organisation sur l’éthique de l’IA, ainsi que sur le renforcement des capacités des administrations publiques et des établissements éducatifs.

Les débats ont également insisté sur le rôle des normes internationales, des données ouvertes, des logiciels libres et des modèles accessibles pour réduire les écarts entre les différents acteurs de l’écosystème numérique.

La question linguistique au cœur des préoccupations

Parmi les défis soulevés figure également celui de la diversité linguistique. Sur environ 7 000 langues recensées dans le monde, seule une minorité bénéficie aujourd’hui de ressources numériques suffisantes pour être intégrée dans les systèmes d’intelligence artificielle.

Cette situation risque d’exclure de nombreuses communautés des bénéfices liés aux nouvelles technologies, en limitant notamment leur accès aux outils éducatifs, administratifs et économiques développés grâce à l’IA.

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de considérer les pays en développement non pas comme de simples consommateurs de technologies, mais comme des partenaires capables de contribuer à leur conception et à leur évolution.

Vers un cadre multilatéral de gouvernance de l’IA

À l’ouverture du dialogue, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné l’importance stratégique de cette initiative pour construire une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Il a appelé les États à transformer les échanges en actions concrètes afin de promouvoir une IA plus sûre, plus équitable et accessible au plus grand nombre.

Selon les données présentées lors de la rencontre, plus de 1 500 contributions ont été recueillies depuis le lancement des consultations. Les États membres placent notamment le renforcement des capacités parmi leurs principales priorités, tandis que la sécurité demeure une préoccupation majeure pour plusieurs autres acteurs.

Les conclusions de cette première session serviront de base à un rapport de synthèse élaboré par les coprésidents. Une deuxième rencontre est prévue à New York en 2027 afin de poursuivre les travaux visant à établir les fondations d’une gouvernance mondiale durable de l’intelligence artificielle.

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CEDEAO : le Cabo Verde apporte son soutien à la candidature du général Birame Diop à la présidence de la Commission.

Cette rencontre s’inscrit dans la tournée diplomatique engagée par Dakar auprès des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en vue de présenter officiellement la candidature de Birame Diop, ancien ministre des Forces armées du Sénégal, au poste de président de la Commission de l’organisation régionale.

Une candidature au cœur des échanges

Selon une note publiée par le ministère sénégalais des Affaires étrangères, les discussions ont porté sur les enjeux liés à cette candidature, mais également sur les relations de coopération entre le Sénégal et le Cabo Verde.

Les deux parties ont salué la qualité du partenariat bilatéral qui unit les deux pays et réaffirmé leur convergence de vues sur plusieurs dossiers inscrits à l’agenda régional et international, notamment ceux examinés dans le cadre de la CEDEAO.

Au-delà de la campagne menée par Dakar, cette audience a permis de réaffirmer la volonté des deux États de poursuivre leur coopération dans les domaines politique, diplomatique et économique, dans un contexte où l’organisation ouest-africaine est confrontée à d’importants défis liés à la sécurité, à l’intégration régionale et à la stabilité institutionnelle.

José Maria Neves affiche son soutien

À l’issue de l’entretien, le président capverdien José Maria Neves s’est félicité de voir la présidence de la Commission de la CEDEAO revenir au Sénégal. Il a également salué le parcours, les compétences et l’expérience du Général Birame Diop, avant d’exprimer son soutien à cette candidature.

Selon le ministère sénégalais, le chef de l’État capverdien a assuré de son plein appui en vue du prochain Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, au cours duquel sera désigné le futur président de la Commission pour le mandat 2026-2030.

Cette étape diplomatique renforce la stratégie de mobilisation engagée par le Sénégal afin de rallier le soutien des États membres de l’organisation régionale autour de la candidature de Birame Diop, dont le profil est présenté par Dakar comme un atout pour accompagner les réformes et relever les défis auxquels la CEDEAO est aujourd’hui confrontée.

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Coupe du monde 2026 : le Sénégal renversé par la Belgique après avoir mené de deux buts.

Les Lions de la Teranga quittent la compétition au terme d’un scénario cruel à Seattle

Le Sénégal a vu son parcours s’arrêter en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 après une défaite renversante face à la Belgique (3-2), ce mercredi à Seattle. Longtemps dominateurs et en contrôle de la rencontre, les Lions de la Teranga ont laissé filer un avantage de deux buts avant de céder dans les derniers instants face à des Diables Rouges plus réalistes.

Cette élimination laisse un goût amer à la sélection sénégalaise, qui semblait avoir les cartes en main pour décrocher une qualification historique en huitièmes de finale.

Un Sénégal entreprenant récompensé avant la pause

Dès les premières minutes, les hommes de Pape Thiaw ont affiché leurs intentions en imposant un pressing agressif et un jeu vertical qui a rapidement mis en difficulté la défense belge.

Le premier avertissement est intervenu à la 15e minute lorsque la reprise d’Ismaïla Sarr est venue heurter le poteau. Quelques instants plus tard, les Lions ont concrétisé leur domination. Après une tête de Sarr repoussée par le montant, Habib Diarra a parfaitement suivi l’action pour ouvrir le score à la 25e minute.

Solides dans les duels, disciplinés tactiquement et efficaces dans leurs transitions offensives, les Sénégalais ont pris l’ascendant sur une équipe belge en manque d’inspiration malgré une possession de balle largement favorable.

Avant la pause, les Diables Rouges ont tenté de réagir sous l’impulsion de Kevin De Bruyne. Jérémy Doku s’est montré dangereux sur une tentative détournée, tandis que Maxim De Cuyper a contraint Mory Diaw à une intervention décisive, sans toutefois parvenir à rétablir l’équilibre.

Ismaïla Sarr fait le break

Au retour des vestiaires, le Sénégal a semblé prendre une option sérieuse sur la qualification.

Profitant d’un long ballon de Moussa Niakhaté et d’une erreur d’alignement de la défense belge, Ismaïla Sarr a parfaitement contrôlé avant de conclure d’une puissante volée face à Thibaut Courtois à la 50e minute.

À 2-0, les Lions semblaient maîtriser leur sujet. Malgré les changements opérés par le sélectionneur belge Rudi Garcia, notamment avec l’entrée de Romelu Lukaku, la Belgique peinait à désorganiser un bloc sénégalais compact et parfaitement structuré.

Pendant plus d’une heure de jeu, le Sénégal a sans doute livré sa prestation la plus aboutie depuis le début du tournoi.

Le réveil belge change le cours du match

La rencontre a pourtant basculé sur une erreur de relance des Sénégalais dans leur propre camp. Cette perte de balle a permis à la Belgique de réduire l’écart et de retrouver confiance.

Portés par cette dynamique, les Diables Rouges ont intensifié leur pression, multipliant les offensives face à une équipe sénégalaise qui reculait progressivement.

L’égalisation est intervenue quelques minutes plus tard, récompensant la domination belge dans cette seconde partie de période.

Alors que les prolongations semblaient se profiler, la Belgique a porté le coup décisif en fin de rencontre grâce à une nouvelle attaque conclue avec sang-froid, scellant définitivement le sort de la rencontre.

Une élimination frustrante pour les Lions

Cette défaite met un terme au parcours du Sénégal dans cette Coupe du monde 2026, malgré une prestation qui aura longtemps laissé entrevoir une qualification.

Les Lions de la Teranga quittent le tournoi avec le sentiment d’avoir laissé échapper une occasion majeure. Dominateurs pendant une grande partie de la rencontre, ils ont payé au prix fort deux moments de déconcentration face à une sélection belge expérimentée, capable de faire la différence dans les instants décisifs.

Si la Belgique poursuit son aventure mondiale, le Sénégal peut nourrir des regrets au regard de la qualité du jeu produit et de la maîtrise affichée durant une grande partie de cette confrontation.

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Sénégal : la Sonaged mise sur les déchets pour accélérer la transition énergétique et écologique.

Longtemps perçus comme un simple défi environnemental, les déchets sont aujourd’hui considérés comme un levier de développement durable. Au Sénégal, la Société nationale de gestion intégrée des déchets solides (Sonaged) entend faire de l’économie circulaire un pilier de la transition écologique en valorisant les déchets organiques pour produire de l’énergie renouvelable, réduire les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles opportunités économiques.

Pour le Dr Zeynab Thiam Ndiaye, cheffe du département Économie circulaire de la Sonaged, cette transformation repose sur une conviction forte : les déchets représentent désormais une ressource stratégique capable de contribuer simultanément aux objectifs énergétiques, environnementaux et agricoles du pays.

Transformer les déchets en source d’énergie renouvelable

Au cœur de cette stratégie figure la valorisation des déchets organiques, encore largement sous-exploitée au Sénégal.

Résidus agricoles, effluents d’élevage ou encore déchets biodégradables issus des centres urbains constituent un gisement important pour la production de biogaz. Selon le Dr Zeynab Thiam Ndiaye, cette ressource offre une réponse concrète à plusieurs enjeux majeurs : améliorer la gestion des déchets, diversifier les sources d’énergie et réduire l’empreinte carbone du pays.

Elle souligne que cette filière pourrait jouer un rôle déterminant dans la transition énergétique nationale tout en favorisant une meilleure gestion des déchets produits quotidiennement par les ménages, les marchés et les activités agricoles.

Réduire les émissions de méthane

L’un des principaux défis reste la destination finale des déchets organiques, dont une grande partie est encore enfouie dans des décharges à ciel ouvert.

Cette pratique favorise la libération de méthane, un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement climatique est nettement supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Pour la responsable de la Sonaged, la valorisation énergétique de ces déchets permettrait non seulement de limiter ces émissions polluantes, mais également de transformer une source de nuisance environnementale en un véritable facteur de production d’énergie propre.

Des projets structurants pour développer la filière biogaz

Afin d’accélérer cette transformation, la Sonaged participe à plusieurs projets d’envergure destinés à structurer la filière.

Parmi eux figure le Methane Emission Reduction Program, qui sera déployé au Centre intégré de valorisation des déchets de Touba. Ce programme vise à capter les émissions de méthane afin de réduire leur impact sur le climat tout en générant des crédits carbone susceptibles de soutenir les engagements environnementaux du Sénégal.

La société publique est également engagée dans le projet Biomasse, développé en partenariat avec le ministère chargé de l’Énergie, ainsi que dans plusieurs initiatives de renforcement des capacités des acteurs de la filière biogaz, associant institutions publiques, partenaires techniques et secteur privé.

Ces programmes visent à créer un écosystème capable de soutenir durablement le développement des énergies renouvelables issues des déchets.

Les marchés urbains au cœur du potentiel énergétique

La Sonaged collabore également avec le Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD) afin d’évaluer le potentiel énergétique des déchets organiques produits dans plusieurs marchés sénégalais.

Les études menées montrent que ces déchets pourraient alimenter de futures unités industrielles de production de biogaz et de gaz naturel comprimé, notamment pour répondre aux besoins du secteur des transports.

Une étude financée par le réseau C40 Cities révèle que les marchés, établissements scolaires, structures sanitaires et autres sites non résidentiels de Dakar génèrent près de 160 tonnes de déchets organiques chaque jour.

Selon cette analyse, le traitement par compostage ou méthanisation de seulement la moitié des déchets issus des marchés permettrait de réduire de 20 à 30 % les émissions de méthane actuellement produites.

L’économie circulaire comme moteur du développement durable

Pour le Dr Zeynab Thiam Ndiaye, ces résultats illustrent le changement de paradigme engagé dans la gestion des déchets au Sénégal.

Au-delà de leur traitement, les déchets deviennent progressivement une ressource économique susceptible de contribuer à la sécurité énergétique, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la création d’emplois verts et au développement d’une agriculture plus durable grâce à la production de compost.

Cette vision s’inscrit pleinement dans les objectifs nationaux de transition écologique et dans les engagements climatiques du Sénégal, qui mise de plus en plus sur l’économie circulaire pour concilier croissance économique, protection de l’environnement et amélioration du cadre de vie des populations.

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Réforme constitutionnelle au Sénégal : un nouvel équilibre institutionnel sur fond de rivalité entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

L’adoption par l’Assemblée nationale d’une réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre constitue l’un des événements politiques les plus marquants depuis l’alternance de 2024 au Sénégal. Présentée par ses promoteurs comme une étape vers un meilleur équilibre des institutions, cette réforme intervient toutefois dans un contexte de tensions grandissantes entre les deux principales figures de l’exécutif : le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor politique, Ousmane Sonko.

Au-delà des dispositions juridiques qu’elle introduit, cette révision constitutionnelle reflète une recomposition du rapport de forces au sommet de l’État et ouvre une nouvelle séquence politique dont les conséquences pourraient durablement influencer la gouvernance du pays.

Une réforme dans un contexte de recomposition du pouvoir

Le climat politique sénégalais a profondément évolué ces dernières semaines. Le départ d’Ousmane Sonko de la Primature à la fin du mois de mai, suivi de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, a modifié l’architecture du pouvoir au sein de la majorité.

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye demeure le chef de l’État, Ousmane Sonko dispose désormais d’un levier institutionnel majeur à la tête d’un Parlement largement dominé par les députés du Pastef.

Dans ce contexte, la réforme constitutionnelle apparaît comme un élément supplémentaire de cette redistribution des responsabilités institutionnelles.

Un recul assumé de l’hyperprésidentialisme

Depuis l’indépendance, le Sénégal fonctionne selon un régime marqué par une forte concentration des pouvoirs entre les mains du président de la République.

La réforme adoptée vise à corriger cet héritage institutionnel en renforçant plusieurs contre-pouvoirs.

Parmi les principales innovations figurent l’élargissement des prérogatives du Parlement, le renforcement de son pouvoir de contrôle sur l’action gouvernementale, l’accès aux informations relatives aux contrats stratégiques, notamment dans le secteur des ressources naturelles, ainsi qu’un rôle accru du Premier ministre dans la définition et la conduite des politiques publiques.

Les auteurs du texte estiment que ces évolutions permettront d’instaurer une gouvernance davantage fondée sur l’équilibre institutionnel, la transparence et la responsabilité politique.

Cette orientation correspond d’ailleurs aux engagements portés depuis plusieurs années par le Pastef, qui dénonçait régulièrement les dérives de l’hyperprésidentialisme et plaidait pour une modernisation des institutions.

Une réforme aux fortes implications politiques

Si les arguments institutionnels occupent une place centrale dans les débats, de nombreux observateurs soulignent que le calendrier de cette réforme lui confère également une dimension politique majeure.

Son adoption intervient au moment où les divergences entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko deviennent de plus en plus visibles.

Pour plusieurs analystes, le renforcement du Parlement bénéficie indirectement à Ousmane Sonko, désormais président de l’institution et disposant d’une majorité confortable pour orienter l’agenda législatif.

La nouvelle architecture institutionnelle pourrait ainsi faire de l’Assemblée nationale un véritable centre de décision politique, renforçant l’influence de son président dans la conduite des affaires publiques.

Cette évolution intervient alors que Sonko demeure l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays et conserve une forte capacité de mobilisation au sein de la majorité présidentielle.

Le président Diomaye Faye face à un nouveau défi

Dans ce contexte, le chef de l’État se retrouve confronté à un défi inédit : préserver son autorité tout en composant avec un Parlement renforcé et dirigé par son principal allié politique devenu, de fait, un acteur institutionnel incontournable.

En évoquant la possibilité de soumettre la réforme à référendum, Bassirou Diomaye Faye semble vouloir replacer le débat sur le terrain de la légitimité populaire plutôt que dans la seule arène parlementaire.

Une telle initiative lui permettrait de réaffirmer son rôle de garant des institutions tout en sollicitant directement l’arbitrage des citoyens.

Cette stratégie comporte toutefois une part d’incertitude. Une consultation populaire pourrait rapidement dépasser le seul cadre constitutionnel pour devenir un test politique portant sur les équilibres internes du pouvoir.

Une opposition fragilisée mais attentive

Face à cette réforme, les partis d’opposition disposent d’une marge de manœuvre limitée au sein d’une Assemblée largement acquise au Pastef.

Le boycott d’une partie des débats parlementaires illustre cette faiblesse institutionnelle.

Néanmoins, l’ancien camp présidentiel pourrait tenter de tirer profit des tensions actuelles en se présentant comme le défenseur de la stabilité des institutions face aux divisions de la majorité.

Plusieurs organisations de la société civile ont également exprimé leurs réserves, estimant qu’une réforme aussi structurante aurait gagné à faire l’objet d’un processus plus inclusif associant l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.

Une nouvelle phase pour la démocratie sénégalaise

Au-delà de la confrontation politique du moment, cette réforme ouvre une réflexion plus large sur l’évolution du régime sénégalais.

Deux scénarios semblent désormais se dessiner.

Le premier verrait l’émergence d’un système institutionnel plus équilibré, où le Parlement exercerait pleinement ses missions de contrôle et où le Premier ministre disposerait de responsabilités renforcées, dans le respect des principes démocratiques.

Le second pourrait conduire à une coexistence plus conflictuelle entre un président de la République et un président de l’Assemblée nationale disposant chacun d’une forte légitimité politique et de bases d’influence distinctes.

L’histoire institutionnelle montre que ce type de configuration peut favoriser l’équilibre des pouvoirs lorsqu’elle repose sur une coopération durable. À l’inverse, lorsque les rivalités personnelles prennent le dessus, elle peut devenir une source de blocages institutionnels.

L’adoption de cette réforme dépasse ainsi largement le cadre d’une simple modification constitutionnelle. Elle marque l’ouverture d’une nouvelle séquence politique dont dépendra, en grande partie, l’évolution des institutions sénégalaises dans les années à venir.

Plus qu’un débat juridique, c’est désormais la capacité du tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko à préserver son unité politique tout en partageant l’exercice du pouvoir qui constitue l’un des principaux enjeux de la vie politique sénégalaise.